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23 janvier 2015 5 23 /01 /janvier /2015 18:22

 

 

Manifestations en Europe contre la rigueur budgétaire

De notre envoyé spécial à Athènes. A l’issue de l’altersommet, le mouvement social promet de se revoir et de continuer à agir ensemble, soutenu par les partis politiques qui s’accordent avec le manifeste des peuples.

Dans le vaste vélodrome du stade olympique d’Athènes, ils ne sont plus que quelques dizaines rassemblés. En ce dimanche 9 juin, ces responsables d’associations, ONG, réseaux et coordinateurs nationaux de l’altersommet ne profiteront pas du soleil qui dore la capitale. Et pourtant, ils ont la mine réjouie, malgré la fatigue. Ce sont eux qui ont impulsé le mouvement, qui ont pensé l’événement qui s’achève, en ce dimanche ensoleillé, eux qui sont les relais d’information avec l’ensemble des organisations de ce réseau européen. Ils sont récompensés. L’altersommet a été un lieu d’échanges intenses, d’émergence de propositions, de construction d’alternatives et d’émergence d’actions. C’est l’heure du bilan. L’assemblée est calme, on s’écoute, on se répond, on plaisante. Les propositions fusent. La première question : comment continuer ? Après deux jours de débats riches, faisant entendre ces voix contestant la pensée unique, la réponse à la question pourrait paraître couler de source. Elle ne va pas tout à fait de soi. Comme le processus d’altersommet n’était pas, non plus, gagné d’avance.

 

« En Europe, le mouvement social est fragmenté », explique l’autrichien Walter Baier, du réseau Transform, alors que les dirigeants européens sont organisés et unis. A Athènes, dans sa diversité, ce mouvement a su s’accorder sur un « manifeste des peuples avec un contenu important », il a été « capable de mener une discussion sur un agenda commun d’actions ». Bref, il a commencé à s’unifier. En ce sens, il est « un pas en avant, formant un mouvement contre l’austérité et l’autoritarisme de l’Union européenne », poursuit le responsable de Transform. Car, à ses yeux, « il faut accélérer les mouvements car la crise s’accélère, devient de plus en plus grave, particulièrement dans le sud de l’Europe. Il faut donc construire quelque chose. Nous avons une stratégie ». Elisabeth Gautier, qui fait aussi partie de ce réseau, ajoute : « Nous avons dégagé les priorités les plus efficaces en lien avec les mouvements existant dans les différents pays. Mais nous ne cherchons pas à nous inventer une supra-structure déconnectée. »

En fait, ce qui unit tous ces mouvements, c’est d’abord un constat commun : l’austérité est un échec. « Les organisations de l’altersommet acceptent de discuter ensemble de priorités communes et de dépasser la seule addition d’initiatives nationales », constate Elisabeth Gautier. Visiblement, la convergence est de mise. « Nous allons nous battre ensemble », lance, pour Attac, Aurélie Trouvé ; « il n’y a pas d’avenir sans justice, sans démocratie et sans solidarité », déclare Alexis Tsipras, le chef de file de Syriza (gauche grecque) rappelant que « ce qui a le plus augmenté ces dernières années, c’est le nombre de suicides et de millionnaires ». Ce constat, Brid Brennan du Transnational Institut lui fait écho. Pour elle, « nous avons assisté à une offensive concertée » avec des « politiques visant à démanteler l’Etat social ». La réponse ? la lutte en commun, ou pour reprendre les propos du norvégien Asbjorn Wahl : « Nous allons contre-attaquer ! C’est pourquoi nous avons créé l’altersommet. Nous n’allons pas nous permettre d’être divisés par l’oligarchie » !

Au cours d’assemblées thématiques et de réunions plénières, des propositions alternatives ont donc été peaufinées ; elles concernent le rôle des banques, la question de la dette, la lutte contre le fascisme, l’éducation… Des actions concrètes ont été décidées : action envers la Banque centrale européenne, participation à la conférence des peuples à Londres… C’est ce qui a séduit Bruno, un jeune activiste portugais. « J’étais très curieux de rencontrer des camarades présents dans les luttes européennes, de connaître la situation en Grèce et dans d’autres pays, de voir comment s’organisent les résistances, explique-t-il. Nous avons un ennemi commun : la troïka. Ici, nous avons montré qu’il est possible de débattre ensemble, de s’écouter sans a priori et d’arriver dans une rencontre alternative avec des gens de tout bord. Ici, nous avons rassemblé nos idées et créé de nouveaux contacts. Nous avons aussi décidé, en atelier, d’actions précises à mener, et de dates ». Et, pour lui, autre aspect novateur, des personnalités politiques ou partis ont soutenu le « manifeste des peuples » et se sont engagés à le soutenir. C’est le cas de la GUE. Sur son stand, les débats ont été particulièrement suivis et appréciés. Ou encore du Parti de la gauche européenne, qui « se reconnait pleinement » dans ce texte, expliquait Pierre Laurent à L’Humanité.

La première rencontre de cet altersommet s’est achevée et ils sont nombreux à savoir, déjà, qu’ils continueront à échanger, à débattre, et bientôt à se retrouver pour des initiatives d’opposition à l’austérité.

 

http://www.humanite.fr/altersommet-dathenes-tous-debout-et-tous-ensemble-contre-lausterite

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Published by Stéphane Parédé
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