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4 juin 2014 3 04 /06 /juin /2014 02:41

 

LM - ELAC coup d'état a tripoli Hafter (2014 02 14) FR

 

Luc MICHEL pour ELAC & ALAC Committees/

avec El Arabia – PCN-SPO – ELAC Website / 2014 02 14 /

http://www.elac-committees.org/

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https://www.facebook.com/ALAC.org

Des rumeurs de coup d’état ont secoué Tripoli ce vendredi.

Le général (du CNT) Hifter, agent de la CIA depuis 1987, et vrai patron de la ‘nouvelle armée libyenne’ néocoloniale après avoir été celui des katibas du CNT, annonce « le gel du gouvernement et la dissolution du Parlement en Libye ».

Mais le premier ministre Zeidan, lui aussi agent de la CIA depuis 1980, dément et s’en prend volemment à son collègue Hifter.

Analyse sérieuse des événements de Tripoli et de leur perspective.

Au moment où rumeurs et ‘hoax’ du Net sont reprises sans fin par des « spécialistes » qui n’ont jamais mis un pied en Libye. Mais cherchent uniquement le scoop. L’un d’eux confondant même la ville de Sebha ou Sabha (Sud saharien libyen) avec la marque d’aliments pour chats Sheba …

Retour donc à l’analyse et à l’expertise documentée …

I : LES EVENEMENTS : COUP D’ETAT A TRIPOLI ?

ENTRE FAITS, RUMEURS ET INTIMIDATIONS …

La chaîne satellitaire El Arabia a diffusé l’information sur son site web selon laquelle l’ancien chef d’état major libyen Khelifa HIFTER (ou HAFTER ou HAFTAR, les noms libyens ne sont pas fixés. On connaît ainsi pas moins de 47 variantes de Kadhafi) a annoncé, via un document télévisé, le gel du gouvernement et la dissolution du Parlement en Libye. L’ex-chef d’état major a tenu à « préciser qu’il ne s’agissait pas d’un coup d’Etat mais d’une réponse aux appels du peuple libyen ». Il a par ailleurs annoncé « la mise en place d’une feuille de route en cinq points ».

La chaîne El Arabia ajoute qu’elle « a reçu des informations confirmant l’interruption des télécommunications et de l’internet dans la capitale », Tripoli, alors que « des troupes fidèles à Haftar auraient pris le contrôle de plusieurs positions stratégiques ». Les mêmes sources ajoutent que « l’ex-chef d’état major dispose de l’appui de nombreuses directions militaires ».

Al Arabia ajoute que Fadhil el Amine, président de la commission nationale du dialogue national et Ezzedine Akil de l’Union républicaine libyenne ont déclaré que « rien ne confirme les déclarations de Haftar », ajoutant que « tout semble normal à Tripoli ». Par ailleurs, dans une dépêche urgente, la chaîne Al Arabia a annoncé que le Premier ministre (fantoche) de  Libye, Ali Zeyden, a « démenti l’annonce faite par l’ex-chef d’état major et a appelé l’armée à intervenir ».

POUR QUI ROULE KHELIFA HAFTAR ?

« Les rumeurs les plus contradictoires  circulent depuis ce vendredi matin à Tripoli à propos d’un coup d’Etat conduit par le général  Khalifa Hafter », s’interrogeaient les médias arabes. Ancien opposant à Kadhafi et colonel félon, le ‘général’ (qui a reçu ses étoiles du CNT) a choisi curieusement, une chaîne étrangère, la Saoudienne, El Arabya pour annoncer son coup d’Etat. Il s’en est donc pris au Chef du gouvernement, Ali Zidane et aux groupes jihadistes, prononcé « la dissolution » des institutions fantoches mises en place après le renversement de Kadhafi par l’OTAN et le « gel de la constitution ». Il n’en fallait pas plus pour que le sociologue tunisien, Moncef Ouannès, «spécialiste» autoproclamé des affaires libyennes, parle « d’une réédition du scénario égyptien, évoque une probable connivence égypto-saoudienne » et souhaite son …succès.

Réagissant aussitôt à cette annonce, le Chef du gouvernement Zeidan se montre serein : « Il n’a pas de troupes. C’est un fieffé menteur. Il sera traduit en justice. Les  institutions fonctionnent normalement ». Depuis, aucune information n’est venu infirmer, ni confirmer le coup d’Etat. A noter que l’ambassadrice américaine a ajouté dans un tweet que les déclarations du général n’avaient « aucun fondement ».

# II : ANALYSE : QUI DIRIGE L’ETAT-CROUPION LIBYEN ?

POURQUOI LES FACTIONS DE LA CIA SE DECHIRENT ?

L’intéressant dans cette affaire est qu’elle met en lumière une nouvelle fracture dans la ‘nouvelle Libye’ : après la guerre larvée entre factions islamistes, milices-Villes (Misratta, Zlintan, Dernah …), gouvernement fantoche, autonomistes divers (Cyrénaïque, Toubous, Berbères, Amazighs), après la guerre ouverte entre ces factions et la RESISTANCE VERTE pro-Kadhafi, voici les leaders du ‘parti américain’ en Libye qui se déchirent. Car Zeidan et Hafter sont tous deux de vieux complices et des agents avérés de la CIA.

QUI SONT LES AGENTS DE LA CIA QUI DIRIGENTS LE ‘PARTI AMERICAIN’ EN LIBYE ?

En Libye, trois citoyens américains (la nationalité de leurs passeports depuis les Années 80), traîtres à leur patrie et agents de la CIA, sont aujourd’hui, dans la réalité et non dans la fiction des « institutions » de la ‘nouvelle Libye’ made in NATO, aux commandes : Zeidan, Megaryef, Hifter. Depuis les années 80, inlassablement, avec des moyens sans limite, ces trois défecteurs devenus agents de la CIA ont organisé des vagues de coups d’état – quinze de 1982 à 2011 – contre la Jamahirya de Kadhafi.

Leurs alliés la plupart du temps, du coup de 1982 à celui de Benghazi en 2011 (à l’exception des années Bush de 2003 à 2008)  : les hommes de Ben Laden en Libye. Entre eux et le trio de la CIA il y a trois décennies de complots, de coups d’état, de complicités. Et depuis la rupture amorcée en Libye septembre 2012 et celle en Syrie de juin 2013, la haine des djihadistes qui se considèrent comme trahis par les hommes de Washington.

Voilà les laquais des USA, citoyens américains et agents de la CIA, qui dirigent l’état-croupion libyen et leur passé de comploteurs et de putchistes. Oui Zeidan sait de quoi il parle quand il évoque un coup d’état à Tripoli. Il en est un expert !

Revenons sur le parcours de ces hommes de Washington en Libye …

MEGARYEF, PATRON DES FORCES LIBERALES, L’HOMME-CLE DE WASHINGTON EN LIBYE

Le premier président de l’ « Assemblée nationale libyenne » fantoche – ce « Congrès national général » -, installée par les USA et l’OTAN, est en effet un traître libyen naturalisé américain et employé de la CIA depuis le début des Années 80. Megaryef, comme son complice Khalifa Hifter « général libyen » au service de la CIA depuis trois décennies et en charge de la réorganisation de la nouvelle Armée coloniale libyenne au service de l’OTAN, est l’exemple typique de cette clique de traîtres qui a organisé la recolonisation de la Libye.

Premier président du « Congrès général national libyen » (le nom a été choisi pour usurper celui du « Congrès Populaire général », la plus haute institution de la Démocratie Directe libyenne sous Kadhafi), la nouvelle Assemblée nationale fantoche, issue des élections législatives truquées du 7 juillet 2012, Mohamed al-Megaryef est à la fois un citoyen américain depuis plus de 30 ans et un économiste libéral, mais néanmoins réputé proche des islamistes. Ce qui n’est pas un hasard puisque les islamistes libyens ont été instrumentalisés dès 1980 par la CIA contre le régime révolutionnaire de Kadhafi. Megaryef dirige aussi actuellement le Front national libyen, une formation néo-conservatrice très à droite, le cœur du « parti américain » en Libye.

Né en 1940 à Benghazi, berceau de la révolte libyenne, Mohamed al-Megaryef est l’ancien ambassadeur de Libye en Inde. Ambassade où travaillait aussi Zeidan. Cette « grande figure de l’opposition à Mouammar Kadhafi », selon les médias de l’OTAN, a choisi de s’exiler dans les années 80.

Il dirigeait alors le « Front national pour le salut de la Libye » – groupuscule armé, encadré et financé par la CIA, une formation politique à l’étranger chargée par les américains de regrouper les opposants en exil, et dont sa formation actuelle est issue – qui a tenté à plusieurs reprises par des coups d’état et des campagnes de terrorisme de mettre fin au régime de du leader libyen. Le premier en 1982, le plus important en 1998 avec comme alliés al-Qaida de Ben Laden (la Jamahiriya lance alors le premier mandant international chez Interpol contre Ben Laden, immédiatement bloqué par Washington …). Le dernier à Benghazi et Tripoli lres 15-17 février 2011 …

LE COLONEL FELON HIFTER, L’HOMME DE MAIN DES COUPS TORDUS

Derrière ces coups d’états depuis 25 ans, un autre américano-libyen, lui aussi employé de la CIA. Le vieux complice de Megaryef et avec lui le vrai patron de la Libye post CNT : Khalifa Hifter (encore écrit Haftar ou Hafter). Lui aussi un parcours de traître exemplaire au service des ennemis de son pays. Dès mars 2011, le journal McCaltchy révélait que Khalifa Hifter, un ex-colonel déserteur de l’armée de Kaddhafi, avait « été envoyé pour diriger les rebelles libyens »  du pseudo CNT appuyés par l’ONU, les Etats-Unis et la coalition.  Hifter depuis vingt ans vivait « dans la banlieue de la Virginie » (où est installée la CIA, à Langley), « où il s’est établi mais l’ancien officier de Kaddhafi a maintenu des liens avec des groupes restés au pays », écrivait  Chris Adams l’auteur de l’article. Une connaissance de Khalifa a dit à Adams que  » on ne savait pas ce que faisait réellement Hifter pour nourrir sa nombreuse famille »

Hifter a commandé au début des années 80, le corps expéditionnaire libyen au Tchad avec pour mission : occuper la bande d’Aouzzou qui appartenait à la Libye mais qui avait rattachée au Tchad  par la France. L’opération s’est soldée par un échec cuisant pour les Libyens et la capture de Khélifa Hafter par les Tchadiens. « Retourné par les Américains, il formera une véritable légion de 2000 hommes, tous déserteurs du corps expéditionnaire qui seront entraînés et armés par les Américains en prévision d’une invasion de la Libye à partir du Tchad. Devant les réticences de ce pays, Hifter et ses hommes seront rapatriés aux Etats unis. Ils y resteront une bonne vingtaine d’années avant de retourner en Libye après la révolution. »

Hifter est donc un agent de la CIA ce qui explique son long séjour en Virginie. En  1996, le Washington Post (26 mars 1996) informait lui qu’un « Colonel Haftar était arrivé aux Etats-Unis ».  Et qu’ « il était le leader d’un groupe de « contra » établi aux Etats-Unis,  l’Armée Nationale Libyenne ». Ce groupe est soutenu par les Etats-Unis, où il dispose de camps d’entrainement. « Il est probable  que le groupe du Colonel Haftar opère en Libye avec la bénédiction de notre gouvernement », soulignait le Washington Post.  Deux ans plus tard c’était le coup d’état de Ben Laden en Libye …

14 ans plus tard, Hifter réapparaissait à Benghazi, en Mars 2011, appointé « général » et commandant des katibas du CNT. A la grande colère du général Younes, lui déserteur de l’Armée libyenne depuis seulement quelques jours et comploteur depuis quelques semaines, et qui se voyait déjà en général en chef des rebelles de Benghazi. Gageons que l’exécution sauvage fin juillet 2011 de Younes par des djihadistes du même CNT proches de son leader Mustapha Abdeljalil n’a pas du peiner beaucoup Hifter …

Le livre de Pierre Péan MANIPULATIONS AFRICAINES, fait de Hifter un employé de la CIA dès 1987, « Haftar, alors colonel de l’armée de Kadhafi, avait été capturé au Tchad où il combattait avec une rébellion soutenue par la Libye contre le gouvernement d’Hissène Habré, soutenu par les États-Unis. Il fit défection pour le Front National de Salut Libyen (FNSL), la principale force d’opposition à Kadhafi, qui avait le soutien de la CIA ». Le groupuscule armé de Megaryef pour rappel, le monde des traîtres libyens est bien petit. « Il organisa sa propre milice qui opéra au Tchad jusqu’à la déposition d’Hissène Habré en 1990 par Idriss Déby,  son rival appuyé par la France ». Selon Péan, « la force de Haftar, créée et financée par la CIA au Tchad, disparut dans la nature avec l’aide de la CIA peu de temps après le renversement du gouvernement par Idriss Déby ». What else ?

ZEIDAN, L’INTELLECTUEL

Zeidan, lui, le troisième homme, avait fait défection en 1980 depuis l’Inde où il travaillait à l’ambassade libyenne de Megaryef. Il avait alors passé trois décennies en exil, au service de la CIA. Il a été l’un des dirigeants du « Font National pour le Salut de la Libye. Il fut ensuite avocat à Genève. Réapparaissant en février 2011 à Genève au nom d’une fantomatique et inconnue « Ligue libyenne des droits de l’Homme » dénonçant au bon moment les « crimes du régime ». “En Europe il fut une vitrines (poster-boy) de la révolution libyenne » , chargé de vendre – avec BHL – la cause de Benghazi à Sarkozy. Et faisant oublier dans les médias de l’OTAN les djihadistes et les forces d’al-Qaida – les vieux complices du trio de la CIA – qui constituent en fait les « katibas du CNT ».

POURQUOI LES FACTIONS DE LA CIA EN LIBYE SE DECHIRENT …

L’appareil politico-militaire américain est en plein questionnement. Il faut lire, sans les diaboliser comme certains journalistes ‘non-mainstream’, les analyses de STRATFOR, le Think Tank US proche du Pentagone. Et de son patron Friedman, l’un de géopolitologues américains de la nouvelle génération. Tous sont d’accord pour maintenir la domination mondiale de l’hyperpuissance américaine, « pour un XXIe siècle américain ».

Mais deux courants, deux écoles s’opposent : l’une veut le maintien du Hard power, de la vieille politique du ‘big stick’ yankee, des agressions militaires, de la domination directe. L’autre entend combiner Hard power et Soft power, style « printemps arabe » et manipulations politico-médiatiques. Y compris en appliquant la fameuse ‘Théorie géostratégique du Chaos’. L’Egypte post Moubarak voit ces factions américaines  – toutes, ne jamais l’oublier – s’opposer.

C’est maintenant le tour en Libye. Zeidan, qui s’inscrit dans la ligne du State Department, la seconde école, entend maintenir la fiction politique de la ‘nouvelle Libye’.

Hifter, lui, est un homme de main, un ‘chien de guerre’, organisateur de coups tordus et de coups d’état. Un pirate formé par la Division des Opérations spéciales de la CIA, les « hommes de cape et d’épée » (le héros des romans géopolitiques SAS est l’un d’eux). Il tente donc de jouer son va-tout, et de jouer, sans avoir les moyens du général égyptien, le rôle d’un Sissi libyen. Il est trop tôt pour savoir si une partie de l’establishment US le soutient …

Pendant ce temps, la RESISTANCE VERTE s’implante dans le Sud libyen, hisse le drapeau vert de la Jamahiriya sur Sebha. Mais cette montée en force peut aussi expliquer le coup de force de Hifter.

Luc MICHEL

Pour PCN-SPO / ELAC Website

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Published by Stéphane Parédé
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