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4 juin 2014 3 04 /06 /juin /2014 03:16

 

LM - ELAC libye somalie sur la mediterranee (2014 03 13) FR

Luc MICHEL pour ELAC & ALAC Committees/
Avec AFP – Lana – PCN-SPO – ELAC Website / 2014 03 13 /
http://www.elac-committees.org/
https://www.facebook.com/elac.committees
https://www.facebook.com/ALAC.org

Libye, le chaos s’installe et le pays explose.
J’expliquais dans mon éditorial de ce 12 mars comment un nouveau coup d’état rampant mis en action par le Parlement libyen avait chassé Zeidan (*), un des hommes clés chargés par les américains de gouverner la « nouvelle Libye » made in NATO, chassé brutalement du pouvoir et en fuite …

Après la destruction de la prospère Jamahiriya de Kadhafi, Washington a tenté d’appliquer le ‘Plan A’ du soi-disant « printemps arabe » : l’association des islamistes et des Frères musulmans à un pouvoir militarisé, celui du trio ‘libyen’ de la CIA, Megaryef-Zeidan-Hifter.
La puissance de nombreuses milices islamistes et de Cités-Milices – toutes issues des Katibas du CNT organisées par l’OTAN – a rendu ce scénario impossible.
Reste le ‘Plan B’, la Somalisation de la Libye, la théorie géostratégique du Chaos mise en application.

RETOUR SUR LE LABORATOIRE SOMALIEN

La Somalie a été un laboratoire géopolitique en Afrique pour Washington.
La Somalie est un état disparu qui a servi de laboratoire à l’impérialisme mercantile américain – il faut cesser de qualifier stupidement d’ « empire » la thalassocratie marchande américaine, puissance de la Mer, qui n’est que la nouvelle Carthage – pour concevoir son projet de Nouvel Ordre en Afrique et au « Grand Moyen-Orient ». Qui se souvient aujourd’hui de l’Etat somalien en développement, la puissance régionale des années 80, et du régime socialiste de Siyaad Barre ?

Comme dans l’Afghanistan socialiste, allié à l’URSS, ou dans la Jamahiriya socialiste de Kadhafi, Siyaad Barre avait brisé la gangue du destin clanique et tribal. Le destin de la Somalie sera aussi similaire à celui de l’Afghanistan socialiste. Une descente aux enfers provoquée par l’impérialisme américain et ses manipulations des tribus, des ethnies, des clans et des islamistes. Sans oublier le feu attisé des querelles entre la Somalie et ses voisins.
Depuis 2011, avec les mêmes méthodes, le même scénario et les même acteurs, c’est aussi le destin tragique de la Libye …

LA ‘THEORIE DU CHAOS’ EN APPLICATION :
MILICES – PARTIS – CITES-ARMEES – AUTONOMISTES – DJIHADISTES … LA LIBYE EXPLOSE !

« Les islamistes gagnent du terrain en Libye après l’éviction mardi du Premier ministre Ali Zeidan, au moment où les manoeuvres des forces loyales au Parlement face aux rebelles autonomistes de l’Est font planer la menace d’une guerre civile » commente l’AFP. Analyse trop courte qui ne rend pas compte de l’explosion de la la Libye.

On en sait désormais plus sur le renversement du premier ministre pro-US. Car c’est bien d’un coup d’état rampant qu’il s’agit. Pas d’une péripétie parlementaire. Zeidan n’a pas survécu mardi à un énième vote de confiance au Congrès général national (CGN, Parlement fantoche issu d’élections truquées par le NATO) – qui usurpe le nom du « Congrès Général Populaire » la plus haute autorité de la Jamahiriya occupée -, la plus haute autorité politique du pays, « où des blocs islamistes tentaient depuis des mois de faire tomber le gouvernement pour mettre la main sur l’exécutif ».

Le ministre de la Défense Abdallah al-Theni doit assurer l’intérim jusqu’à la nomination d’un nouveau chef du gouvernement, dans un délai de deux semaines, selon le CGN. Le procureur général a émis une interdiction de voyager à M. Zeidan, mais le Premier ministre maltais Joseph Muscat a déclaré mercredi à la presse « qu’un avion privé transportant l’ancien responsable libyen avait fait escale deux heures à Malte mardi soir avant de repartir vers un autre pays européen ».

Le coup a été organisé par les factions islamistes. « Même s’ils ne sont pas majoritaires au sein des quelque 200 membres du Congrès, les islamistes ont réussi à gagner en influence, en recrutant des députés, en particulier au sein du bloc du Parti pour la justice et la construction (PJC, issu des Frères musulmans) et du bloc Wafa, plus radical » écrit l’AFP.

Depuis son élection en juillet 2012, le Congrès s’est accaparé quasiment tous les pouvoirs, laissant peu de marge de manoeuvre au gouvernement fantoche, chaque jour plus impuissant, n’ayant même pas d’autorité sur Tripoli. L’ex-Premier ministre dénonçait régulièrement cet empiètement du législatif sur l’exécutif. Samedi encore, il avait précisé que « le chef d’état-major de l’armée ne recevait des ordres que du Congrès, et non du ministre de la Défense ».
Ajoutons que le gouvernement lui-même, où ce qui en tenait le rôle, n’était qu’un syndicat de divers intérêts, où partis, milices, cités-milices s’était octroyé postes et prébendes en fonction de leur puissance locale.

Malgré la pression des islamistes, Zeidan refusait de démissionner : « Nous n’insistons pas pour rester. Mais nous sommes soucieux de ne pas livrer le pays à une certaine partie qui risque de le mener vers une direction qui ne sert pas l’intérêt national », avait-il expliqué samedi. Mahmoud Chamman, pro libéral, chef d’une télévision privée et ancien ministre de l’Information, a accusé le Congrès de « banditisme constitutionnel » et une dizaine d’élus ont dénoncé des « irrégularités » dans la procédure du vote de confiance contre le gouvernement.

« Après ce coup de force politique, les islamistes semblent aussi déterminés à gagner du terrain sur le plan militaire et à exclure leurs principaux rivaux », selon un diplomate occidental.

Diverses forces s’opposent (entre autres) :
- les puissantes milices de la ville Zenten dans l’ouest (organisées et armées par les généraux français e l’OTAN en juin-juillet 2011), loyales au courant libéral et à l’ex-Premier ministre, c’est-à-dire aux américains ;
- les autonomistes de l’Est, en Cyrénaïque, qui bloquent depuis des mois d’importants sites pétroliers. Et qui sont (ou furent, car en Libye tout est instable) sous contrôle des Services britanniques MI5 et MI6, parrains traditionnels des monarchistes pro Senoussi ;
- et les diverses milices islamistes, issues des Katibas du CNT elles aussi, qui dominent Tripoli ou Misratta ;
- sans oublier les réseaux d’al-Qaida et d’AQMI ;
- et les outsiders, ceux dont les médias de l’OTAN parlent peu ou pas : la RESISTANCE VERTE des pro-Kadhafis, qui monte en puissance partout en Libye …

Ainsi, peu après le limogeage de Zeidan, le ‘Conseil local et militaire de Tripoli’ a publié un communiqué réclamant « le départ de toutes les formations positionnées dans les sites stratégiques, particulièrement à l’intérieur de l’aéroport international de Tripoli et sur la route de l’aéroport », en allusion aux milices de Zenten .

SCISSION DU PAYS ET FORCES AUTONOMISTES : VERS LA GUERRE CIVILE ?

En outre, le CGN a ordonné lundi de former une « force armée pour libérer et lever le blocage sur les ports pétroliers ». Cette force devrait être composée d’unités de l’armée et d’ex-rebelles ayant combattu Mouammar Kadhafi en 2011, « même si les rivalités au sein des factions et groupes d’ex-rebelles et la prolifération des armes récupérées en grande partie (…) forment un cocktail dangereux ».

Le Bouclier de Libye, une milice islamiste composée essentiellement d’ex-rebelles de Misrata (ouest), a été la première force à progresser vers Syrte, plus à l’est, où elle a obligé mardi soir des rebelles de la Cyrénaïque (Est) à quitter leurs positions. « Nos forces se sont retirées vers Wadi Lahmar », à 90 km à l’est de Syrte, frontière historique de la Cyrénaïque selon la Constitution de 1951 (abolie par la Révolution de Kadhafi), a expliqué une source rebelle sous couvert de l’anonymat. Cette source a cependant dénoncé l’intervention d’une « milice tribale » plutôt que de l’armée régulière et mis en garde contre un risque de « guerre civile ».

Des chefs de tribu et des dignitaires de la région orientale ont prévenu mardi soir qu’une attaque contre la Cyrénaïque conduirait à une partition du pays. Ces autonomistes avaient déjà annoncé en août la formation d’un gouvernement local et la création d’une banque et d’une compagnie de pétrole.

La Libye en ce mois de Mars 2014 c’est le chaos en marche, qui comme les tremblements de terre se développent en cercles et en ondes. La guerre de tous contre tous. Ce sont les fruits vénéneux de la politique occidentale. « Protéger les civils libyens » nous disaient-ils … Que pensent aujourd’hui de ce désastre Obama et Sarkozy ? BHL, le chantre mégalomaniaque de l’ « interventionisme humaniaire », lui n’en pense rien. Lui et ses amis sont bien trop occupés à appliquer la théorie du Chaos à l’Ukraine. L’Ukraine pas en Afrique mais au cœur de l’Europe !

Luc MICHEL
Pour PCN-SPO / ELAC Website

(*) http://www.afriqueredaction.com/article-chaos-libyen-zeidan-chasse-par-un-coup-d-etat-rampant-du-parlement-122922623.html
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Published by Stéphane Parédé
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