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19 avril 2015 7 19 /04 /avril /2015 01:30

 

EODE TT - LM geopol chine et eurasie (2015 03 16) FR

Verbatim mis en forme de l’analyse de Luc MICHEL
pour PCN-TV « Quel avenir pour la Chine au XXIe siècle ? »/
2015 03 16 /

L’interview sur : https://vimeo.com/57313705

« La Chine sera-t-elle la nouvelle superpuissance du XXIe Siècle ?
Quel impact aura-t-elle sur l’avenir de l’Eurasie et de la Grande-Europe ?
Alors que vient de se terminer à Pékin le 18e Congrès du Parti Communiste Chinois (PCC), Luc MICHEL rappelle le rôle historique du PCC dans la renaissance de l’Etat chinois et analyse du point de vue géopolitique – vu d’Eurasie, mais aussi vu de Washington par les géopoliticiens américains – les grands axes de l’avenir de la Chine. Au-delà des lieux communs des médias du Système, mais aussi à contre-courant des analyses simplistes de trop de « spécialistes » auto-proclamés, Luc MICHEL nous explique qu’en Géopolitique les choses ne sont jamais simples. « L’avenir n’est pas rectiligne comme la Perspective Nevski » disait déjà V.I. LÉNINE … »

VERBATIM :

# LM : Le congrès du Parti Communiste Chinois qui vient de s’achever consacre l’arrivée d’une nouvelle génération de dirigeants à Pékin.

On peut sans doute contester le caractère socialiste de l’économie chinoise, on peut contester le caractère communiste du parti, mais on ne peut pas contester que le PCC a pris place parmi les grandes dynasties qui ont unifié la Chine depuis l’aube des temps historiques.
Il s’agit, en effet, d’un Dynaste collectif, au sens où l’entendait par exemple Jean THRIART, d’un Parti historique, qui a fait d’une nation divisée et colonisée une grande puissance… On a oublié le temps où les armées occidentales occupaient Shanghai, Pékin, Nankin, on a oublié le temps où le Japon, par exemple, occupait toute la Chine du Nord et la Mandchourie.

Certains voient dans cette Chine du XXIeme siècle la future super grande puissance destinée à remplacer les Etats-Unis.
D’autres, aux Etats-Unis même, ne prédisent pas cet avenir à la Chine.
Ainsi Georges Friedman, le grand géopolitologue américain, le directeur de l’agence Stratfor, dans son livre « Les 100 prochaines années à venir » prédit dans moins de trente ans l’explosion de la Chine et une nouvelle vague de néocolonialisme. Notamment une puissance japonaise reconstruite, reprenant le contrôle des deux Corées, de la Mandchourie et de la Chine du Nord.

La Chine a des atouts : une économie dynamique, une population industrieuse, une grande civilisation. Elle a aussi, on l’oublie trop souvent en Europe, de grandes lacunes. elle a tout d’abord d’énormes problèmes de minorités ethniques. Les chinois ethniques, les Hans, constituent en effet à peine la moitié de la population. Au nord, près des frontières de la Mongolie et de la Russie, près du Tibet, existent d’importantes populations musulmanes qui pourront être instrumentalisées. Comme elles le sont actuellement contre la Russie dans le Caucase.

LE DILEMME CHINOIS

La Chine a aussi une économie qui a comme principal débouché des économies malades. L’Europe mais surtout les Etats-Unis.
Ceux qui voient une grande compétition géopolitique entre la Chine et les Etats-Unis oublient ce problème principal. C’est que le principal créancier des Etats-Unis, c’est la Chine ! Et que la Chine a tout à perdre, à la fois dans un effondrement de l’économie américaine, mais aussi dans une confrontation directe.

Pour le moment, la Chine est entre deux chaises. A la fois au niveau économique et politique. Le congrès du PCC a vu en effet s’opposer deux lignes. Une ligne réformiste que l’on peut comparer un peu aux libéraux russes et une ligne plus populiste ou nationaliste.
Le congrès a vu aussi avant même son déroulement, l’élimination de ceux que l’on appelle les « néomaoistes » avec Bo Xilai, l’ex-haut cadre aujourd’hui poursuivi en justice.

La Chine a d’autres problèmes.
Elle se tient aussi entre deux chaises au niveau géopolitique :

* D’une part en Eurasie, elle participe à toutes les opérations russes de containment des USA et de l’OTAN. Par exemple avec l’OTCS ou la groupe de Shanghai. Elle soutient notamment la position russe sur la Syrie par exemple (1). Elle participe aussi à d’autres grandes opérations de containment de l’influence américaine en Eurasie.

* Mais à côté de cela, évidemment, la Chine avec ses liens économique avec les Etats-Unis est contrainte en ce domaine à un grand écart, un pas de côté permanent.

Quel sera l’avenir de la Chine ?
Sera-t-il celui qu’annonce un George Friedman, c’est-à-dire à une Chine de nouveau désunie. Ou sera-t-elle à l’avenir la super puissance du XXIeme siècle ?

LA CHINE ET L’ALTERNATIVE EURASIATIQUE

De ceci va dépendre également ce que deviendra l’Eurasie.
Une Eurasie forte, unifiée par exemple par la réunification de la Russie et de l’UE, obligera la Chine à choisir. Soit définitivement à se tourner vers une politique eurasiatique et anti-américaine, soit à se détourner du bloc UE-Russie pour rechercher précisément l’alternative américaine.

Lorsqu’au milieu des années 80 nous animions avec Jean THRIART l’ « Ecole Euro-soviétique » de Géopolitique (2), nous insistions particulièrement sur cela. C’est que, entre la grande Europe et la Chine, il n’y a pas de rivalité et que toute guerre serait suicidaire.

Les intérêts sont d’ailleurs compatibles. La Chine chaque fois qu’elle a été une grande puissance n’a jamais été tentée par une expansion précisément vers les frontières de Sibérie. La Chine s’est toujours répandue, s’est toujours engagée dans une politique vers le Pacifique, vers l’Indochine, vers l’Indonésie. Notamment au temps où les grandes flottes chinoises dominaient le Pacifique.

Tel est l’avenir de la Chine. Telle est la façon dont il se dessine au regard de son histoire.

Luc MICHEL
(interview originale le 21 Novembre 2012)

(1) Cfr. Luc MICHEL, LE « GROUPE DE SHANGHAI », AVEC LA CHINE ET LA RUSSIE, FAIT REMPART AUTOUR DE LA SYRIE !

(2) Au début des Années 80, THIRIART fonde avec José QUADRADO COSTA et Luc MICJHEL l’Ecole « euro-soviétique » de Géopolitique, où il prône une unification continentale de Vladivostok à Reykjavik sur le thème de « l’Empire euro-soviétique » et sur base de critères géopolitiques.
Cfr Luc MICHEL, CONCEPTIONS GEOPOLITIQUES DE JEAN THIRIART : LE THEORICIEN DE LA NOUVELLE ROME, Conférence donnée pour la première fois à Bruxelles le 19 septembre 2003, dans le cadre du CYCLE DE CONFERENCES « JEAN THIRIART : L’HOMME, LE MILITANT ET L’ŒUVRE », organisé par l’ « Institut d’Etudes Jean THIRIART » et l’ « Ecole des Cadres Jean THIRIART » (Départements de l’Asbl « Association Transnationale des Amis de Jean THIRIART »),
A consulter sur : http://www.pcn-ncp.com/Institut-Jean-THIRIART/cf/cf01.htm
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# English summary :
Geopolitics. What future for China in the twenty-first century?
Will China be the new superpower of the twenty-first century?
What impact will it have on the future of Eurasia and Greater Europe?
While just ended in Beijing the 18th Congress of the Communist Party of China (CPC), Luc MICHEL recalls the historic role of the CPC in the revival of the Chinese state and analyses in a geopolitical perspective – seen from Eurasia, but also seen from Washington by the American geopoliticians – the main lines of the future of China.
Beyond platitudes of the media of the System, but also against the current of too simplistic analyses of self-proclaimed « experts », Luc MICHEL explains us that in Geopolitics things are never simple. « The future is not straight as Nevsky Prospekt » VI Lenin said already …
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https://www.facebook.com/EODE.Think.Tank
http://www.eode.org

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Published by Stéphane Parédé
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