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23 janvier 2015 5 23 /01 /janvier /2015 19:40

 

Copie écran/FTV
Une dizaine de milliers de militants et sympathisants Syriza étaient réunis ce jeudi soir place Omonia pour écouter le dernier grand meeting de leur leader Alexis Tsipras à quelques jours d’un scrutin historique. Pour la première fois dans l’histoire de l’Union Européenne, un pays pourrait être dirigé par un parti de la gauche radicale.

Pour fêter son héraut, Syriza a fait les choses en grand : écrans géants (sur la place et dans les rues avoisinantes), grues avec caméra rasant la foule à 360 degrés,  multi podiums pour journalistes venus du monde entier. L’événement médiatique doit être à la hauteur du choc politique qui se prépare. Dans la foule, l’anxiété, l’espoir et le scepticisme traversent les corps de ce peuple malmenés depuis trop longtemps par sa classe politique. Mais à l’approche du discours de Tsipras, c’est l’espoir qui prend le dessus, les yeux commencent à s’allumer, les corps à vibrer  un peu. Des banderoles flanquées du slogan « l’espoir arrive » et des drapeaux rouge, violet et vert invitant les Grecs  à « Changer la Grèce, changer l'Europe » sont brandis de ci de là tandis que des haut-parleurs diffusent en boucle « The Wall » de Pink Floy.

 


Toutes les générations et les classes sont représentées:   « C’est aujourd’hui ou jamais,  raconte cette ancienne directrice d’école, « la Grèce a une chance unique, il ne faut pas la laisser passer » reprend cette sympathisante qui nourrit un espoir réel mais mesuré « Il y a des gens qui voit en Tsipras l’homme providentiel, et c’est exactement ce qu’il ne faut pas ;  Le pays s’en sortira à condition que nous autres les Grecs soyons derrière lui ! »  Plus loin un couple d’étudiants s’embrassent goulument au dessous du podium des journalistes : « Tsipras est notre seule chance, notre avenir, il sait d’où on vient, il connaît notre situation, il est jeune lui aussi pas comme les autres… vous trouvez ça normal vous d’avoir offert à la jeunesse de votre pays, chômage et anxiété ? » s’emporte Rania, une étudiante. « C’est vrai, renchérit son petit ami, j’en ai ras le bol de vivre chez mes parents qui eux aussi aimeraient bien se débarrasser de moi, que je trouve du boulot, que je parte. Eux aussi ont du mal à joindre les deux bouts ». Soudain,  l’ambiance monte d’un ton quand la silhouettes d’Alexis Tsipras apparait sur la scène.

 
C’est dans la peau d’un futur Premier ministre que leader de Syrisa prend la parole devant une mer agitée de drapeaux multicolore. « Lundi, nous en aurons fini avec l'humiliation nationale. Nous en aurons fini avec les ordres venus de l'étranger » lance le tribun aussitôt recouvert par un tonnerre d’applaudissements, « Nous demandons une première chance pour Syriza, ce sera peut-être la dernière pour la Grèce » a-t-il ajouté.
 
Alexis Tsipras a en effet de quoi être confiant. Quatre sondages publiés jeudi placent Syriza vainqueur avec 4,8 à 6,2 points d'avance sur le parti Nouvelle Démocratie du Premier Ministre sortant Andonis Samaras, à la veille de la clôture de la campagne électorale. L'institut Metron le crédite même de 36% des intentions de vote, un score qui pourrait lui permettre de décrocher seul la majorité absolue à la Vouli, le parlement grec où siègent 300 députés.
 
Le vent semble aller dans le bon sens pour Alexis Tsipras qui n’est pas non plus isolé pour tenter de rééquilibrer le bateau européen qui penche beaucoup trop dangereusement à tribord. Pablo Iglesias, le chef de file du parti de gauche espagnole Podemos qui visera lui aussi la victoire aux élections prévue à l'automne prochain en Espagne, le rejoint dans une ambiance qui reprend de la force. « Le vent d'un changement démocratique s'est levé, d'un changement en Europe, d'un changement en Grèce. Il s'appelle Syriza en Grèce, il s'appelle Podemos en Espagne », clame le dirigeant du parti espagnol né du Mouvement des Indignés, qui avait estimé dans une conférence de presse que Syriza répondait « à un  besoin de souveraineté nationale  nécessaire aux pays qui se perçoivent  comme des  colonies des puissances du Nord et des pouvoirs financiers ». Avec le dirigeant de la formation espagnole créée en janvier 2014 et issue du mouvement des Indignés, une vingtaine de leaders de la gauche européenne ont aussi fait le déplacement dont Pierre Laurent, secrétaire national du Parti communiste français (PCF) et président du Parti de la gauche européenne (PGE).
 
Après une heure et demi de discours et d’applaudissements, la foule s’est ensuite dispersée les uns en direction de l’Acropole les autres vers la place Syntagma croisant au passage d’autres militants d’un ancien parti de la gauche européenne qui avaient investi la place faisant face au parlement à la même heure que Syrisa: le KKE. (parti communiste grec). Une image en forme de bémol pour Syrza qui rappelle qu’en cas de victoire, la bataille sera âpre et rude à mener pour Tsipras et son gouvernement, qui devra non seulement négocier avec la Troïka (FMI, BCE, Commission européenne) et les forces néo libérales grecques, mais qui devra aussi composer avec les composantes sceptiques de la gauche grecque qu'il faudra convaincre sinon de rejoindre le combat au moins  à ne pas saboter la partie babord du navire qui commence à peine à se rétablir.
http://www.humanite.fr/grece-tsipras-quelques-marches-dune-victoire-historique-pour-la-gauche-radicale-europeenne-563533

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Published by Stéphane Parédé
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