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10 mars 2013 7 10 /03 /mars /2013 01:00

Il y a 9 ans !

# PCN-Infos du 23 août 2004
VICTOIRE DU PEUPLE VENEZUELIEN
CONTRE L'OLIGARCHIE COMPRADORE
ET SES MAITRES DE WASHINGTON :
CHAVEZ SI, YANKI NO !!!

 

 

PCN-INFOS

Le réseau d'information téléphonique du PCN

 

PCN-Infos du 23 août 2004

 

VICTOIRE DU PEUPLE VENEZUELIEN
CONTRE L'OLIGARCHIE COMPRADORE 
ET SES MAITRES DE WASHINGTON :
CHAVEZ SI, YANKI NO !!!

 

Ce 15 août 2004, la présidence de Hugo Chávez était soumise à référendum, pour décider si le mandat de six ans du chef de l'Etat devait être révoqué avant son terme de janvier 2007.

Les Vénézuéliens ont confirmé leur président Hugo Chávez à son poste par 58,25 % des voix contre 41,74 %, avec 1,4 million de votes de plus que ses adversaires bourgeois. Selon les deux observateurs extérieurs présents sur place, le Centre Carter et l'Organisation des Etats Américains (OEA), le processus démocratique a été respecté.

Pourtant, dés l’annonce du résultat, tant l’opposition oligarchique que le gouvernement Bush ont contesté la victoire de Chávez. 

Washington ayant annoncé dès le mois de juin que les USA n’accepteraient que la défaite de Chávez. Et pour faire partir Chávez, tous les moyens sont et seront employés. Le quotidien espagnol EL MUNDO  révèle ainsi que « la CIA élabore actuellement une stratégie, financée par le ministère du Trésor américain, pour neutraliser l’expansion de la 'conspiration chaviste révolutionnaire' à des pays voisins comme la Colombie et la Bolivie. L’administration étasunienne craint la transformation de l’Amérique latine en une gigantesque réplique du Cuba de Fidel Castro (…) L’effet domino pourrait s’étendre jusqu’au Pérou et 'l’action corrosive' se propagerait ensuite en Equateur, où les groupes politiques d’origine ethnique s’opposent au néolibéralisme de l’école de Washington, ou encore vers l’Argentine et le Brésil, là où demeure latent un fort sentiment anti-nord-américain ».

 

La victoire de ChAvez
est une lourde défaite pour les USA

Comme l’analyse Maurice Lemoine, rédacteur en chef adjoint du MONDE DIPLOMATIQUE et spécialiste de l'Amérique Latine : « Quant aux Etats-Unis, ils se trouvent dans une position très difficile. Washington déteste Chávez, au point d'avoir participé au coup d'Etat de 2002 et de financer l'opposition à travers le National Endowment for Democracy, proche de l'Institut Républicain International. Mais le Venezuela est un des principaux fournisseurs des USA en pétrole. Face à l'instabilité au Proche orient, Washington ne peut pas prendre le risque de déstabiliser le Venezuela en poussant Chávez vers la sortie. Il incarne la stabilité et sa re-légitimation par le référendum laisserait craindre une révolte populaire en cas d'arrivée au pouvoir forcée de l'opposition. Les Etats-Unis n'ont donc d'autre solution que de traiter avec lui, ce qui ne les empêchera pas forcément de continuer à soutenir l'opposition en sous-main ».

Le Venezuela est une puissance pétrolière et Chávez, s’inspirant des exemples libyens et irakiens, utilise le pétrole à la fois comme outil de modernisation et d’indépendance. La hausse des prix du pétrole – qui constitue 80 % des revenus des exportations du pays – a permis à Chávez de disposer de millions de dollars supplémentaires « pour promouvoir l’assistance sanitaire gratuite et la création de nouveaux centres éducatifs pour les pauvres », considère le quotidien EL MUNDO.

 

La victoire de ChAvez est avant tout
le soutien du peuple à son programme de justice sociale

« C’est la multiplication des programmes sociaux »qui lui assure « le soutien d'une majorité de Vénézuéliens ». « Chávez est un pur produit de quarante ans de politique vénézuélienne perpétuant l'inégalité, il est le symbole du ras-le-bol », reconnaît l'opposant Eddie Ramirez. « Grâce au boom des recettes pétrolières, le gouvernement a lancé dix « missions », couvrant l'accès aux soins, l'alphabétisation, la vente d'aliments à des tarifs subventionnés, et la création de micro-entreprises », commente LE FIGARO (Paris).

Maurice Lemoine dresse le bilan positif de Chávez : « Je ne suis pas surpris de cette victoire. Contrairement à certains, j'ai toujours considéré que Chávez bénéficiait d'un soutien solide de la population. Bien avant la montée des prix du pétrole, Hugo Chávez a mis en place toutes sortes de réformes (réforme agraire, programme d'alphabétisation, introduction de médecins dans des zones pauvres…) qui ont permis aux masses populaires ignorées par la IVeme République de sortir la tête de l'eau. Il faut savoir que 70% de la population vit en dessous du seuil de pauvreté. C'est pourquoi l'enjeu de ce scrutin n'était pas Chávez lui-même, mais les réformes qu'il a instiguées. L'opposition avait en effet annoncé qu'elle reviendrait sur ces réformes en cas de victoire. Or, si parler de réforme agraire semble archaïque pour nous, cela évoque au contraire une réalité pour les Vénézuéliens. Le gouvernement Chávez, en donnant des titres de propriété à des paysans qui occupaient illégalement des terres, leur a donné un accès à la citoyenneté. Ces actions restent peut-être invisibles sur le plan macro-économique, mais elles comptent beaucoup pour la population (…) le bilan globalement positif de Chávez explique l'appui qu'il a reçu. Tout d'abord, le président Chávez a toujours respecté le jeu démocratique. Il a d'ailleurs été confirmé à huit reprises dans ses fonctions par le processus démocratique, ce dont aucun autre dirigeant d'Amérique (Bush y compris…), ne peut se targuer (…) il a redonné sa dignité à la masse populaire délaissée, malgré les attaques de l'opposition qui ont absorbé bien 60% de l'énergie de son gouvernement ».

Chávez a eu beau jeu de mettre en garde – avec raison – la population contre un triomphe de l’adversaire, qui signifierait l’interruption immédiate des « missions » chères au chef de l’Etat, telles que les programmes ayant permis à des millions de Vénézuéliens d’être alphabétisés ou de bénéficier de soins médicaux, dispensés notamment par des professionnels cubains.

 

Mais ChAvez a surtout fait campagne
sur l’anti-amEricanisme profond des masses vEnEzueliennes

« Plus une goutte de pétrole ne parviendra en territoire américain », a affirmé Hugo Chávez au journal espagnol ABC, « si Washington continue de vouloir s’ingérer dans les affaires de Caracas ». Une véritable corde sensible car le Venezuela exporte vers les Etats-Unis la moitié des 2,7 millions de barils de pétrole brut qu’il produit quotidiennement.

Le président vénézuélien a également laissé entendre qu’il n’avait pas l’intention de laisser son pays devenir une « colonie » des Etats-Unis.

« Le message le plus récurrent du président à ses électeurs consiste à leur rappeler les liens étroits existant entre l’opposition vénézuélienne et la politique du président des Etats-Unis, George W. Bush », souligne le quotidien espagnol EL PAIS. « Dites non à l’impérialisme ! » a martelé Hugo Chávez. En effet, que Chávez soit à couteaux tirés avec la Maison-Blanche n’est un secret pour personne, surtout depuis que « les ambassades des Etats-Unis et d’Espagne ont instrumentalisé un coup d’Etat contre le gouvernement de Chávez, en avril 2002 », remarque le quotidien mexicain LA JORNADA. Coup d’Etat mené par l’opposition actuelle, que Maurice Lemoine qualifie de « réellement pinochettiste » et « responsable du coup d'état de 2002 et du lockout de l'économie qui a abouti à la ruine du pays en 2003 (-9% du PIB) ».

 

Une opposition financEe par Washington
organise une insurrection permanente

Regroupée dans la « Coordination démocratique » (sic), composée de 20 partis politiques et 20 organisations non gouvernementales (ONG), l’opposition est bâtie avec l’aide de Washington, sur le modèle de la DOS serbe, qui a organisé le coup d’état rampant contre Milosevic en 2000.

La « Coordination démocratique » est pointée du doigt pour un financement massif en provenance des Etats-Unis. La « National Endowment for Democracy », une pseudo « ONG » américaine, aurait versé plus de 53 000 dollars à une entreprise vénézuélienne convertie en « bras technologique et cerveau de l’opposition », révèle La Jornada. Une technique développée par Washington en Yougoslavie ou au Belarus.

L’opposition a volontairement ruiné le pays en accord avec Washington. Elle a pourtant le culot de tenter de discréditer le président vénézuélien par tous les moyens. « Sa stratégie est de persuader les électeurs pauvres que l’éviction du président est nécessaire pour laisser les entreprises créer des emplois et freiner ainsi un chômage alarmant », explique EL PAIS.

Pendant la campagne, les détracteurs « pinochettistes » de Chávez n’y sont pas allés de main morte. Leurs attaques rappellent étrangement celles développées contre Milosevic en Yougoslavie ou encore contre le président du Belarus Lukashenko. Et on y décèle la main des officines de propagande yankee.

Pour preuve, les propos de l’ex-président vénézuélien Carlos Andrés Pérez, aujourd’hui poursuivi par la justice, qui est allé jusqu’à proférer des menaces de mort contre Hugo Chávez, rapporte LA JORNADA. « Nous, les Vénézuéliens, devons liquider Chávez par la violence, il n’y a pas d’autre choix possible », a-t-il lancé à la presse en mai 2004. Un mois plus tard, Carlos Andrés Pérez renchérissait en déclarant au quotidien vénézuélien EL NACIONAL : « Chávez doit mourir comme un chien, c’est tout ce qu’il mérite, avec le pardon de ces nobles animaux ».

Pour sa part, le gouverneur de l’Etat de Miranda, Enrique Mendoza, chef de l’opposition, a vertement critiqué Hugo Chávez, l’accusant d’être « un dictateur ayant ruiné le pays et dilapidé l’argent du pétrole » (sic). Henry Ramos, autre important leader de la « Coordination démocratique », qualifie plutôt Chávez de « délinquant et de dérangé » et prétend que « depuis son divorce, il comble ses carences affectives et sexuelles en se montrant cruel avec le peuple vénézuélien » (resic).

 

Hugo ChAvez entend poursuivre 
la REvolution bolivarienne au Venezuela

Fort de sa victoire au référendum qui lui permet de continuer son mandat présidentiel, Hugo Chávez entend poursuivre la révolution bolivarienne au Venezuela et centraliser les pouvoirs, justice et police y compris. Le gouvernement révolutionnaire au pouvoir normalement jusqu'en 2006 « va approfondir la révolution sociale et démocratique au Venezuela », a promis le vice-président Jose Vicente Rangel, bras droit de Chávez. Ce dernier avait de son côté déclaré quelques heures auparavant qu'il comptait notamment « achever la transformation de la branche judiciaire ». Le Congrès, déjà entièrement contrôlé par les chavistes, a récemment approuvé une mesure leur permettant de limoger ou nommer les juges à la Cour suprême. Un juge de cette instance aurait déjà été remercié pour avoir falsifié son curriculum vitae. L'exécutif étudie aussi la possibilité de réunir les polices municipale et d'Etat dans une force nationale afin d'en retirer le contrôle aux maires et gouverneurs dont beaucoup sont anti-Chávez.

Le gouvernement tente aussi de reprendre le contrôle de la télévision et la radio, dont de nombreuses chaînes et stations sont favorables à l'opposition et payées par l’Oligarchie et les USA. Il compte soumettre au Congrès une loi de censure des émissions calomnieuses ou incitant à la violence comme les appels aux meurtres de l’opposition bourgeoise.

 

La Victoire de ChAvez est une victoire 
pour toute l’AmErique Latine !

La dimension de leader latino-américain acquise par Chávez prend place dans un processus d’émancipation du continent qui tente de se dégager de l’emprise des USA. La plupart des pays d'Amérique latine ont donc salué la victoire du président vénézuélien Hugo Chávez au référendum, depuis les alliés traditionnels de Chávez, l'Argentine et le Brésil, jusqu'à son voisin critique, la Colombie.

Cuba a évidemment salué une victoire qui est aussi celle de son camp. Le gouvernement cubain estime que les résultats du référendum au Venezuela ont légitimé « de manière indiscutable » le président Hugo Chávez. « Il a été démontré de manière incontestable que son gouvernement dispose aujourd'hui d'une légitimité qui n'est pas discutable, en contraste aigu avec le manque de soutien populaire aujourd'hui de plusieurs gouvernements en Amérique latine, soumis aux recettes des Etats-Unis et du Fonds monétaire international (…) Le gouvernement cubain exprime ses chaleureuses et solidaires félicitations au président Chávez pour ce résultat brillant et glorieux ». Le référendum « est une leçon historique de démocratie véritable et de souveraineté nationale. D'amples secteurs de la société vénézuélienne traditionnellement exclus de l'exercice de leurs droits politiques ont manifesté pour la première fois leur volonté. Les critiques les plus acerbes du Venezuela devront reconnaître qu'ils ne disposent pas (chez eux) d'institutions comparables et que leurs gouvernements ne survivraient pas à une consultation similaire. L'opposition vénézuélienne est incapable de présenter une seule preuve des fraudes qu'elle dénonce ».

Chavez si, Yanki no ! 
Sa victoire est aussi la nôtre !

 

Luc MICHEL
(Sources : AFP, AP, Reuters, Courrier International, Le Figaro, Granma (Cuba), El Païs, La Jordana (Mexique), El Mundo, El Nacional, Le Nouvel Observateur on line).

*****

Editoriaux sur ChAvez :

WASHINGTON ET L' "AXE DU MAL LATIN" : CHAVEZ ET SA "REVOLUTION BOLIVARIENNE" CONTRE L'IMPERIALISME YANKEE !, PCN-Infos Hebdo du 29 juin 2004.

L' "AXE DU MAL" PASSE PAR CARACAS ! POURQUOI WASHINGTON VEUT FAIRE TOMBER CHAVEZ PRESIDENT DU VENEZUELA ?, PCN-Infos du 27 janvier 2003.

Editoriaux sur l'AmErique Latine :

L'AMERIQUE LATINE SE DEGAGE DE L'EMPRISE YANKEE !, PCN-Infos Hebdo du 20 janvier 2004.

LE "CHE", LES GUERRES DE LIBERATION NATIONALE ET NOUS : DELENDA AMERICA !, PCN-Infos Hebdo du 14 octobre 2003.

35 ANS APRÈS L'ASSASSINAT DU CHE EN BOLIVIE, LE COMBAT POUR LA CAUSE DES PEUPLES CONTINUE !, PCN-Infos Hebdo du 14 octobre 2002.

Nombreux articles sur Peron, le Che, Cuba : Notre Dossier "Amérique Latine"

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Published by Stéphane Parédé
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