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25 janvier 2015 7 25 /01 /janvier /2015 00:55

 

Rena Dourou, gouverneur de la région Attique, dans son bureau avec vue sur l'Acropole. (Stefania Mizara pour L'Obs)

 

INTERVIEW de Rena Douro

"Redonner une crédibilité à la classe politique"


Lors d'une distribution de nourriture dans les quartiers populaires (crédit : Stefania Mizara pour "l'Obs")

Que signifie votre arrivée au pouvoir dans la région du Grand Athènes ?
- Pour la première fois, depuis la création de l’état grec moderne, la gauche gouverne une des grandes régions du pays, en l’occurrence la plus grande. Les critiques contre nous sont presque caricaturales. Ce sont les mêmes voix qui prédisaient que jamais nous ne pourrions gagner la région. Mais nous y sommes. Bien que pendant la campagne tous les médias étaient contre nous.

Vous allez, personnellement, bien au-delà de la rhétorique et des stratégies habituelles de la gauche grecque…
- Oui, par exemple, je suis athée mais je crois que l’Eglise comme institution est importante pour notre pays. La Grèce est loin d’être un état laïc. Il faut prendre acte de la réalité et bâtir des liens, collaborer pour le bien commun dans la mesure du possible. Je suis internationaliste mais je considère qu’on ne peut pas l’être si on n’aime pas sa propre patrie.

Quels ont été vos priorités depuis trois mois que vous gouvernez la région ?
- J’essaie surtout de montrer l’exemple, en montant au front mais surtout en travaillant sept jours sur sept, 18 heures par jour. Les employés de la région doivent savoir qu’on les protègera mais que de leur côté ils doivent aussi faire tout leur possible. J’ai refusé d’aider le gouvernement à licencier des gens au nom de l’austérité mais nous avons nous-mêmes renvoyé des gens embauchés avec des faux diplômes.
Nous nous battons contre le gouvernement et contre  la Troïka (F
ΜI, Banque centrale européenne, Commission Européenne) qui veulent tout privatiser, santé et éducation inclus. Il faut aussi se battre pour redonner une crédibilité aux politiques et aux institutions. Car sinon, l’idée du "tous pourris" laisse le terrain libre à Aube Dorée [le parti d’extrême droite néonazi, NDLR].

Que va-t-il se passer avec l’Europe et pour l’euro si Syriza arrive au pouvoir ?
- Rien (rires). C’est l’une des questions auxquelles je ne veux plus répondre, typique de la propagande contre la gauche. Ne devrions-nous pas plutôt demander : "Que s’est-il passé depuis que ce gouvernement est au pouvoir" ? L’épouvantail communiste n’est pas encore aux affaires mais pourtant la dette reste insoutenable, les réformes ne sont pas faites tandis que la population souffre.
Notre ascension montre surtout un changement de paradigme au niveau européen. Regardez ce qui se passe en Espagne. Les peuples ne se réveillent pas d’un jour à l’autre pour tout changer… Nous avons un programme cohérent et c’est pour cela que nous arriverons au pouvoir. La société grecque se souvient que depuis le début de la crise nous combattons le tout austérité : nous n’avons pas changé de cap et les faits prouvent que nous avons raison.

Propos recueillis par P.K. et J.-B.N.

 

http://tempsreel.nouvelobs.com/monde/20150123.OBS0597/grece-l-amazone-de-syriza-a-l-epreuve-du-pouvoir.html

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Published by Stéphane Parédé
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