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23 janvier 2015 5 23 /01 /janvier /2015 18:32

Que se passe-t-il en Grèce ? Une dérive pour le moins autoritaire, une répression permanente, quasi-systématique des mouvements sociaux, la mise à bas d’un pays qui sombre dans une crise humanitaire. Responsable de Syriza à Paris, Vangelis Goulas a fait parvenir à l’humanite.fr un texte dans lequel il décrypte la situation dans son pays. Il en appelle à la résistance.

Quinze mois après le verdict du peuple grec, qui, dans les urnes, a ordonné l’annulation  du mémorandum, qui a ordonné de mettre fin aux mesures d’austérité brutales et inefficaces, maintenant nous sommes tous au courant que le gouvernement de Samaras a échoué !

Le Parlement a perdu les dernières traces d’une relative autonomie face aux financiers ; le Gouvernement est soumis aveuglement aux dictats de la troïka après avoir perdu toute souveraineté en votant le mémorandum, cet accord qui traite la Grèce comme une Compagnie et non pas comme un pays, traite les Grecs comme des salariés prêts à être licenciés au nom de la compétitivité de l’économie, traite les Grecs comme une main d’œuvre qui coûte chère et non pas comme des citoyens.

Récession, démolition de tous les droits des salariés de privatisations, licenciements, nouvelles baisses dans les salaires et les prestations sociales, en réponse aux luttes syndicales le gouvernement grec réquisitionne les grévistes en invoquant des lois d’exception, applicables en temps de guerre ou lors de catastrophes naturelles !

La réduction brutale des dépenses publiques de santé et de protection sociale et l’augmentation continue du nombre des personnes privées de couverture sociale crée une situation proche de la catastrophe humanitaire. Fermetures d’hôpitaux et d’écoles, la grande « braderie » des biens publics grecs, mise en vente d’infrastructure publique à un prix scandaleux, le vol en bande organisé de la propriété du peuple. Mise en disponibilité forcée de dizaines de milliers de salariés du public.

Le contrat social mis en place par le bipartisme depuis 40 ans après la chute du régime des colonels a pris fin ! Le peuple subit un régime en pleine dérive autoritaire.

Ainsi à Skouries, au Nord de la Grèce, lieu emblématique des luttes écologiques. L’État grec a vendu les droits d’exploitation d’une surface de 317.000 km2, dans de scandaleuses conditions, à la société canadienne Eldorado Gold et sa filiale grecque, Ellinikos Hrisos (Or grec). La valeur de ces mines est estimée à 12 milliards d’euros, Eldorado Gord n’ayant payé que 11 millions à l’État grec pour leur acquisition. La police, au lieu de protéger les intérêts du peuple, est utilisée comme une armée de mercenaires pour servir les intérêts des colonialistes modernes.

C’est un nouveau Guantanamo ! Des militants kidnappés, battus, sans droit à la présence d’avocat, pendant plusieurs heures, c’est la réponse du gouvernement aux luttes sociales et écologique des habitants de la région qui veulent empêcher la destruction de l’ancien foret des Skouries, planifiée par les prospecteurs d’or.

Récemment le journaliste Costas Baxevanis à relever un scandale de première ampleur : le secrétaire d’état au développement, et responsable d’investissement de l’or dans le pays, a, dans le passé récent et longtemps été cadre dirigeant de la société américaine Fidelity, qui a récemment obtenu, grâce à sa participation dans le groupe d’entreprises «Eldorado Gold» - des licences pour l’exploitation des mines d’or en Chalcidique.

La criminalisation des luttes politiques et syndicales est aussi scandaleuse.

Le gouvernement grec a procédé en juin à la fermeture par décret de l’organisme de l’audiovisuel public (ERT) sous prétexte d’économies. Cette décision, non légitime, entraine le licenciement de 3000 travailleurs.

Cette mesure porte atteinte à la liberté d’expression. L’assemblée générale des travailleurs d’ERT a décidé l’occupation du siège et des studios de l’organisme, ainsi que la poursuite du programme afin d’en informer la population. Des milliers de personnes ont afflué chaque soir autour du siège de la télévision publique.

Il y a cinq mois, ils ont décidé comme des putschistes en légiférant par ordonnance de fermer ERT sans consulter le parlement.

Pendant des mois, ils ont refusé de se conformer à la décision du  Conseil d’État. ERT doit rester ouverte, ils continuent d’être hors la loi car ils n’ont pas soumis au vote du parlement même cette décision par ordonnance.

Hier, de façon provocante, ils ont décidé de donner les licences aux propriétaires de chaînes privées fonctionnant pendant des années avec des permis temporaires qu’ils n’ont jamais payé ils ont par la même occasion donné la propriété publique de fréquences numériques.

Et deux jours plus tard, ils ont envahi avec les forces de police, le bâtiment de la radio publique grecque et de la télévision.

Il ne fait aucun doute qu’ils n’ont plus aucune base sociale, aucune légitimité populaire. Leur seul allié, une petite oligarchie des entrepreneurs qu’ils favorisent par leurs décisions. Mais juste parce qu’ils ont perdu toute légitimité sociale et populaire, ils deviennent de plus en plus dangereux pour la démocratie.

Syriza conformément à l’article 142 du Parlement hellénique, en réponse à l’actuelle intervention autoritaire dans les bâtiments de la ERT a déposé une motion de censure en raison des violations persistantes de la légitimité démocratique et les politiques d’austérité menées par ce gouvernement, ils ont plongé le pays dans le chaos .Le gouvernement des mémorandums et des serviteurs de la Troïka doit partir ! ! ! Hier soir pendant la discussion de la motion de censure le président de SYRIZA premier opposition du pays Alexis Tsipras a prononcé un discours brillant, sans manger ses mots en dénonçant les intérêts des oligarques du pays de manière nominative.

Le premier ministre Samaras sans avoir d’autres arguments a applaudi d’une manière ironique.

Selon la constitution et le règlement intérieur du parlement le discours du chef de l’opposition est suivi par celui du premier Ministre.

Hier soir le discours de  Alexis Tsipras a été suivi par celui du vice-président du gouvernement E. Venizélos et par celui du ministre de la économie Stournaras pour préparer le terrain pour le discours de Samaras, mais toujours pas des arguments, toujours de mauvaise foi et des attaques personnels a A.Tsipras .Discours pour rigoleur mais en même temps pour pleurer. Le discours le plus pathétique par le premier ministre le plus pathétique dans l’histoire du parlement. La dégradation volontaire  de la vie politique et  du parlement.

Ils sont au courant eux-mêmes que ça ne peut pas durée ! Le peuple grec a déposé sa motion de censure, ils doivent lui rendre compte !

Nous appelons à une révolution citoyenne et pacifique, ce gouvernement doit partir.

SYRIZA et les forces politiques qui militons ensemble,  nous devons viser à contribuer de toutes nos forces à la formation et au développement d’un mouvement populaire massif et puissant, un mouvement de résistance aux mesures impopulaires que cherchent à imposer les mémorandums, un mouvement de désobéissance à l’autoritarisme droitier de l’état et du patronat ,nous devons annuler des mémorandums et des lois applicables, mettre en place un plan de relance économique et sociale.

Le grand pari pour Syriza et le peuple de gauche, c’est d’organiser la solidarité, c’est d’accueillir tous ces citoyens qui nous soutiennent pour qu’ils viennent en aide aux plus faibles gravement touchés par les mesures d’austérité.

Aucun concitoyen ne doit manquer de médicaments, d’électricité.

Le peuple grec, la classe ouvrière, les jeunes, les femmes et les immigrés tous ensemble nous devons organiser la solidarité et la résistance : nous devons continuer à nous battre au parlement et dans la rue pour faire reculer et annuler ce pacte budgétaire afin de regagner la souveraineté de notre pays, de retrouver une justice sociale, de faire renaître la démocratie dans son berceau et dans toute l’Europe.

Nous sommes déterminés à gagner : Résistance !

 

http://www.humanite.fr/le-peuple-grec-depose-sa-motion-de-censure-nous-devons-organiser-la-solidarite-et-la-resistance

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Published by Stéphane Parédé
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