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28 octobre 2010 4 28 /10 /octobre /2010 01:35

Pour justifier la probable augmentation du forfait hospitalier, en attendant une possible hausse du forfait des franchises, le ministre des comptes publics Elliot Eric Woerth parle "de mesure pour enrayer les dépenses".

Rappelons lui quand même que le déficit des comptes de la sécurité sociale prévu à  plus de 20 milliards d'Euros en 2009 est  plus surement du à une baisse mécanique des recettes qu'à un accroissement des dépenses. La hausse sans précédent du chômage implique de fait une contraction de la masse salariale qui est la principale base des prélévements sociaux. Or rien qu'au premier trimestre de cette année la masse salariale a chuté de 2.2% .  Et comme  la baisse d'un point de pourcentage de la masse salariale équivaut à deux milliards d'euros de recettes perdues par la Sécu on arrive à  une perte de 4.4 milliards. On peut aussi prendre en compte le manque à gagner engendré par l'éxonération de charges patronales sur les indemnités de chomage partiel. Ainsi au deuxieme trimestre de cette année 319000 personnes étaient en chomage technique ou partiel. Si ce nombre se maintient jusqu'à la fin de l'année (et le rélévement du plafond autorisé à 1000 heures par an au lieu de 800 devrait y contribuer),  cela représentera  une perte supplémentaire  de 1 milliard d'Euros pour 2009.
N'oublions pas non plus le manque à gagner endémique et donc la hausse du  déficit que constituent les nombreux allégements ou éxonérations accordés aux entreprises  par Sarkozy et ses sbires pour des motifs qui ne sont pas toujours le maintien de l'emploi. Ces "cadeaux" faits aux entreprises sont  trés partiellement et souvent avec retard compensés par l'Etat.

Mais il est évident que Woerth, Darcos, Fillon et bien sur Sarkozy ne s'attaqueront jamais à la baisse des recettes tous soumis qu'ils sont au crédo libéral "qu'il ne faut pas augmenter les prélévements". Le gouvernement  a ainsi renoncé à appliquer ce que préconisait la cour des comptes et son président Philippe Séguin :supprimer l'éxonération de cotisation sociales dont bénéficient les stock options. Cette mesure selon le rapport de la cour des comptes aurait permis de récupérer 3 milliards d'Euros.

On peut dire que ce crédo de non augmentation des impots, taxes et charges sociales est quand même mis à mal. Et les solutions envisagées pour diminuer les dépenses telles que l'augmentation du forfait hospitalier, la hausse du plafond annuel des franchises jusqu'à 100€ ou le déremboursement de certains médicaments certes n'augmenteront pas la pression des prélévements des bien portants  mais plus surement auront un impact direct sur le pouvoir d'achat des malades. Et ce de manière beaucoup plus significative que veulent le laisser croire  l'UMP ses parlementaires, ses ministres et son président. Quand Darcos dit que 20€ ce n'est pas un grosse somme on peut lui rétorquer que ça depend pour qui. Ainsi la moitié des salariés en France gagnent moins de 1500€ par mois. Une journée d'hopital leur coutera au moins 1.33% de leur salaire. Les 17% de Smicards devront quant à eux y consacrer 3% de leur salaire. Il est vrai que pour Monsieur Darcos le forfait hospitalier, s'il y est soumis, ne devrait couter que 0.25% de ses émoluments.
En s'attaquant aux malades directement le gouvernement se livre à l'un de ses exercices favoris : la stigmatisation d'une partie de la population. Le trou de la sécurité sociale augmente, c'est la faute à ces fainéants de malades qui se prélassent dans leur lit d'hopital pendant que d'autres triment. Il faut donc les pénaliser (en langage UMP on dit responsabiliser) en leur faisant payer ce qui tout compte fait se révéle être un véritable impôt sur l'hospitalisation.

Pourtant d'autres pistes sont à explorer. On pourrait par exemple s'interesser  aux laboratoires pharmaceutiques qui sont quand même les principaux bénéficaires de la hausse de consommation de médicaments. Ou encore aux cliniques privées qui en refusant d'exécuter certains actes qui ne sont pas assez rentables conduisent à la surcharge des hopitaux publics en actes "non rentables" et donc des dépenses supplémentaires pour le secteur public. Et pourquoi pas aller voir du coté des compagnies d'assurances qui se font de plus en plus pressentes. pour entrer dans les structures de gestion de l'Assurance Maladie (Ce qu'elles vont probablement obtenir incessement sous peu)
Pourquoi ne pas mettre en place une contribution de 11% sur les bénéfices des laboratoires pharmaceutiques, des cliniques privées et des compagnies d'assurance.
Ce serait faire preuve de plus de justice, étant donné que ce sont là trois des principaux bénéficiaires du déficit de la Sécu.

Tenir et Résister

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Published by avocatdespauvres.over-blog.com
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