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4 juin 2014 3 04 /06 /juin /2014 02:18

 

Poroshenko and Kerry shake hands prior to a meeting during the Munich Security Conference

 

PCN-SPO / Focus / 2014 02 01 /

Focus : Le fait du jour décrypté par Luc MICHEL

pour le Service de Presse du PCN / PCN-SPO

Lu sur le Fil de l’AFP (Paris)

Ce 1er février 2014 :

« Ukraine: les opposants, soutenus par Kerry, craignent une intervention de l’armée (…) Les Occidentaux ont assuré de leur soutien samedi à Munich les dirigeants de l’opposition ukrainienne, qui les ont alertés sur les risques d’une intervention de l’armée à Kiev » …

# A Munich, la ‘Conférence sur la Sécurité’ est transformée par les USA et l’OTAN en plate-forme de soutien au coup d’état rampant pro-occidental en Ukraine. Malgré (ou à cause de) la présence du ministre russe Lavrov et du ministre ukrainien Leonid Kojara, venus là portés par la schizophrénie russe héritée de l’ère Eltsine. Décryptage d’un événement où la confrontation Est-Ouest éclipse une fois de plus les illusions sur la « coopération » et la « sécurité » auxquelles Moscou s’accroche …

LA 50e CONFERENCE SUR LA SECURITE DE MUNICH

Ce 1er février se tenait la ‘50e Conférence sur la sécurité de Munich’, forum annuel consacré aux questions de sécurité et de défense. Cet événement rassemblait 20 chefs d’État et de gouvernement et 50 ministres des Affaires étrangères et de la Défense aux côtés de commissaires européens et de responsables d’organisations internationales telles que les Nations unies, l’OTAN et l’AIEA. Plusieurs organisations non gouvernementales étaient également représentées. Et l’opposition ukrainienne pro-occidentale, UDAR (la filiale de la CDU-CSU) et le Bloc Timochenko. On n’avait pas été jusqu’à inviter les néonazis antisémites de Svoboda (30 députés à la Rada, le parlement), qui commencent à énerver inquiéter sérieusement les milieux juifs de Paris, Bruxelles, New-York et Londres …

Officiellement, ce forum devait être « l’occasion d’aborder les questions de sécurité régionales, telles que la crise syrienne, l’Iran ou le processus de paix au Proche-Orient. L’avenir de l’Europe de la Défense, la sécurité climatique et énergétique ou la conciliation de la liberté et de la sécurité dans le cyberespace devaient être également évoqués ».

On notera une table ronde consacrée à l’Europe, avec la participation d’Anders Fogh Rasmussen, secrétaire général de l’OTAN, de Herman Van Rompuy, président du Conseil européen, de Sergueï Lavrov, ministre russe des Affaires étrangères, et de Frank-Walter Steinmeier, ministre allemand des Affaires étrangères. Et plusieurs rencontres bilatérales, notamment avec Yukiya Amano, directeur général de l’Agence internationale de l’énergie atomique, Najib Mikati, Premier ministre libanais, Laurent Fabius (*), ministre français des Affaires étrangères.

LA CONFERENCE TRANSFORMEE EN PLATE-FORME ANTI-RUSSE SUR L’UKRAINE

Etaient encore venus pour le dossier ukrainien, John McCain, ancien candidat à la présidence des Etats-Unis et un des patrons des Réseaux OTPOR/CANVAS – qui rencontra Fabius -, Radoslaw Sikorski, ministre des Affaires étrangères de Pologne. Fabius et Mc Cain ont évoqué la situation en Ukraine avec Leonid Kojara, ministre des Affaires étrangères d’Ukraine. Et rencontré l’opposition ukrainienne.

Les chefs de file de l’opposition ukrainienne, Vitali Klitschko (UDAR) et Arseni Iatseniouk, (Bloc Timochenko) ont mené une vaste campagne de propagande – de « sensibilisation » dit sans rire l’AFP – rencontrant tour à tour le secrétaire d’Etat américain, John Kerry et ses homologues français Laurent Fabius et allemand Frank-Walter Steinmeier, réunis pour la Conférence. « Les opposants ont de leur côté mis en garde contre le risque d’un recours à la force à Kiev », dit l’AFP. « Le governement a préféré emprunter la voie de l’escalade », a osé déclarer Vitali Klitschko. « Cette voie n’est pas acceptable pour nous », a ajouté l’ancien boxeur, très applaudi lors de son intervention devant les conférenciers occidentaux.

A cette occasion, les USA ont jeté bas le masque et sont apparus en pleine lumière comme les maîtres d’œuvre du coup de Kiev. « Les Etats-Unis et l’Union européenne se tiennent au côté du peuple ukrainien dans son combat » pour se rapprocher de l’Europe (sic), a assuré M. Kerry, dont c’est la prise de position la plus forte à ce jour en faveur de l’opposition. On notera que Kerry parle aussi au nom de l’UE, démontrant là la soumission totale de Bruxelles aux intérêts américains.

Présent à ses côtés pour débattre, le ministre ukrainien des Affaires étrangères, Leonid Kojara, a rétorqué et appelé l’opposition « à partager les responsabilités ». « Si vous dirigez l’opposition, assumez vos responsabilités », a-t-il dit à M. Klitschko, rappelant les récentes concessions du président Viktor Ianoukovitch comme l’abrogation de certaines lois répressives.

Arseni Iatseniouk a encore exigé du gouvernement qu’il « mette fin à toute implication de l’armée ukrainienne dans ce conflit ». Car la mise en garde de l’Armée ukrainienne hier a glacé les valets de Washington. L’armée avait exigé vendredi des mesures d’urgence, affirmant fort justement que l’escalade de la contestation menaçait « l’intégrité territoriale » de l’ancienne république soviétique (**).

OUEST VERSUS EST. VERS LA NOUVELLE GUERRE FROIDE …

Le chef de la diplomatie française, Laurent Fabius, un de ceux qui ont aligné Paris sur Washington et l’OTAN et définitivement enterré la Grande politique du général de Gaulle, a déclaré, après avoir rencontré les dirigeants de l’opposition, que « la situation ukrainienne donne des signes inquiétants de dégradation » et condamné « les appels gouvernementaux à mettre en place l’état d’urgence ».

A Kiev, le parti de l’opposante emprisonnée (pour corruption et abus de pouvoir) Ioulia Timochenko a indiqué à l’AFP que « le pouvoir ukrainien était en train de préparer l’instauration de l’état d’urgence pour mettre fin à plus de deux mois de contestation ».

« En rencontrant les principaux dirigeants de l’opposition, les Occidentaux montrent qu’ils les considèrent comme des interlocuteurs à part entière qui ne peuvent plus être écartés », commente l’AFP. Vous avez dit ‘ingérence’ ?

Dans une claire allusion à la Russie, M. Kerry a affirmé que les Ukrainiens « considèrent que leur avenir ne dépend pas d’un seul pays et certainement pas sous la contrainte ».

Touchés au vif, les Russes ont d’abord tenté d’ironiser sur ces réunions entre opposants et Occidentaux. « En quoi les encouragements à des manifestations de rue de plus en plus violentes sont-ils liés à la promotion de la démocratie? », s’est interrogé Sergueï Lavrov, le ministre des Affaires étrangères …

Luc MICHEL

(*) On notera, hors sujet ukrainien, que Fabius a été à Munich l’invité d’honneur d’un déjeuner de travail avec les « Young Leaders », « personnalités appelées à devenir de futurs dirigeants » selon le Website des Affaires étrangères françaises. « Il leur présentera les principales priorités de la politique extérieure de la France ».

Sur les « Young leaders » et leur rôle dans la vassalisation de la France aux USA, lire :

LM, PCN-INFO / COMPRENDRE CE QUI SE PASSE EN FRANCE (2) : LA ‘FRENCH-AMERICAN FOUNDATION’ MATRICE DE LA COLLABORATION FRANCAISE

http://www.lucmichel.net/2014/01/11/pcn-info-comprendre-ce-qui-se-passe-en-france-2-la-french-american-foundation-matrice-de-la-collaboration-francaise/

(**) Lire mon édito d’hier pour PCN-INFO :

ULTIMATUM DE L’ARMEE UKRAINIENNE A L’OPPOSITION PRO-OCCIDENTALE

http://www.lucmichel.net/2014/01/31/pcn-info-ultimatum-de-larmee-ukrainienne-a-lopposition-pro-occidentale/

Photo :

Le ‘parti américain’, le parti des agents l’étranger, version ukrainienne. Ou ‘la Voix de son maître’ … Aujourd’hui aux ordres de Kerry à Munich.

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 http://www.scoop.it/t/pcn-spo

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Published by Stéphane Parédé
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