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3 juin 2014 2 03 /06 /juin /2014 00:33

 

LM.NET - EN BREF que veut Moscou en ukraine (2014 04 17) FR

Luc MICHEL / En Bref (2) /
Avec Libération – PCN-SPO/ 2014 04 17 /

Vous êtes nombreux à m’avoir écrit pour me poser la question « Que veut Moscou en Ukraine ? ». Vous êtes aujourd’hui trop nombreux pour que je puisse répondre personnellement à chacun. Mais je vous lis tous et je tiens comte de vos questions et préoccupations dans mes éditoriaux d’actu rapide « EN BREF ».

Ce que veut Moscou dépendra de ce que les Occidentaux voudront de leur côté, et de leur degré d’agression contre la Russie. Une chose est certaine sans respect – ce respect dont ils ont manqué totalement depuis 1991 – ils n’obtiendront rien et les claques seront rendues par deux. L’affaire de Crimée est un tournant.

1/ LE PLAN A : NEUTRALISATION

Il y a tout d’abord la réunion de Genève.
Moscou y présentera son PLAN A : la fédéralisation et la neutralisation de l’Ukraine. C’est la solution raisonnable.
Le ministre russe des affaires étrangères Sergueï Lavrov, souvent surnommé «monsieur niet» par les médias de l’OTAN qui aiment les allusions à la Guerre froide, expliquera sans doute à Genève ce que veut la Russie: une « fédéralisation » de l’Ukraine qui accorde une large autonomie aux régions de l’est et du sud-est comptant une forte proportion de russophones (qui ne sont pas forcément des Russes ethniques comme c’était le cas en Crimée). « Au départ, la Russie avait même voulu faire asseoir à Genève des partisans de cette décentralisation. Aujourd’hui elle s’efforce de démontrer que l’Etat ukrainien est si faible ce que révèlent tous les jours l’inaction de sa police et les atermoiements de son armée qui a perdu la Crimée sans un coup de feu – qu’il faut pratiquement la mettre sous tutelle. Pour Moscou, il ne s’agit pas de négocier avec l’Ukraine sous médiation internationale une solution à la crise mais de trouver avec les Occidentaux un modèle pour décider de l’avenir de l’Ukraine. Bruxelles et Washington repoussent la vision russe ».

Mon avis est que Genève est une farce, comme l’as été Genève I et II pour la Syrie.
La diplomatie est un théâtre pour amuser les médias et les opinions publiques. Les diverses parties ne donnent pas le même sens aux mots et les « accords » sont inapplicables. Par exemple « désarmer les groupes armés illégaux », c’est désarmer l’Armée du Donbass pour les occidentaux et Kiev. Mais c’est désarmer les milices de la Junte de Kiev – à commencer par celles de Svoboda et Praviy Sektor –, un projet qui signifierait la guerre civile à Kiev même. Ce fait semble avoir échappés aux journalistes occidentaux (voir Libé ce soir). Pendant que les négociations quadripartites de Genève, le Parlement européen appelle à des sanctions lourdes contre Moscou et la Junte de Kiev organise des mesures répressives développées.
Pour une fois je serai d’accord avec Libération (Paris). Le fait que Poutine n’ait pas reporté ce jour sa conference de presse-marathon indique clairement le peu d’importance qu’il accorde à Genève. Il y a soufflé le chaud et le froid, alternant la carotte et le gros baton (le seul que les américains comprennent).

La fédéralisation de l’Ukraine implique aussi le dossier Moldavie et Transdniestrie.

* Lire mon analyse pour EODE Think Tank :
Géopolitique : Poutine déplace ses pions sur le ‘grand échiquier’ et propose la neutralisation de Kiev et de la Moldavie…
http://www.lucmichel.net/2014/04/01/eode-think-tank-geopolitique-poutine-deplace-ses-pions-sur-le-grand-echiquier-et-propose-la-neutralisation-de-kiev-et-de-la-moldavie

2/ LE PLAN B : ‘NOVY ROSSIA’ OU LA ‘TRANS-DNIEPR’ ?

Le Plan A représente la dernière chance de préserver un état ukrainien au coût finalement modique en géopolitique de la Crimée.
Mais cette dernière chance qu’est la fédéralisation est refusée à la fois par la Junte de Kiev, ultranationaliste dans la ligne bendériste, et ses maîtres occidentaux. Qui ne veulent pas la neutralisation de Kiev mais in fine l’Ukraine dans l’OTA N. Etape indispensable à la défaite finale de Moscou (relire Brezinski et son « grand chessboard »).

Restera alors le PLAN B pour Moscou, au prix cette fois d’une nouvelle guerre froide et sans aucun doute de graves problèmes économiques. Mais la Puissante Russie stalinienne s’était bâtie sur un isolement global de 1918 à 1939. Ce plan ce serait une PMR à la puissance 1000 : la ‘Novi Rossia’. Qui fait trembler les géopolitologues US comme Edward Luttwak …

* Lire mon analyse pour EODE Think Tank sur les thèses de Luttwak et les miennes :
Géopolitique / Crimée et ‘Transdniestrie’ entre géopolitique et répétition de l’histoire…
http://www.eode.org/eode-think-tank-geopolitique-crimee-et-transdniestrie-entre-geopolitique-et-repetition-de-lhistoire

Luc MICHEL
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Published by Stéphane Parédé
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