Overblog Suivre ce blog
Editer l'article Administration Créer mon blog
26 janvier 2015 1 26 /01 /janvier /2015 19:55

Merci la Grèce

L’éditorial de Jean-Paul Piérot. "Le peuple grec vient de donner à l’Europe tout entière une magnifique leçon de démocratie, de maturité politique et de courage."

Le peuple grec vient de donner à l’Europe tout entière une magnifique leçon de démocratie, de maturité politique et de courage. Les deux partis qui ont dominé la vie politique pendant des décennies – le parti socialiste Pasok et la droite Nouvelle Démocratie – ont conduit le pays au bord du gouffre avant que les politiques d’austérité, dictées par la troïka (Commission européenne, FMI et la BCE), ne commencent à l’y précipiter tout à fait. Leur discrédit a été sanctionné dans les urnes, clairement, puissamment, calmement. Tous les dirigeants européens et des institutions financières qui se sont employés pendant des semaines à menacer, à faire la leçon, tels des docteurs Diafoirus, sur l’air d’il n’y a pas d’alternative à la saignée, se sont également disqualifiés.

La dévastation sociale qui a été imposée, au nom du remboursement de la dette et du renflouement des banques, aux salariés, aux retraités, à la jeunesse aurait pu – il y a des exemples ailleurs – favoriser un vote de repli, de vaine protestation. Il n’en a rien été. En plaçant largement en tête Syriza et son chef de file, Alexis Tsipras, les Grecs ont choisi la gauche qui propose une alternative progressiste, sociale et démocratique à la politique d’austérité.

L’espoir vient, ont répété les militants de la gauche pendant toute la campagne. Aujourd’hui, l’espoir est là pour la Grèce, mais aussi pour l’Europe. Rarement scrutin national n’avait été autant observé dans toute l’UE que celui qui vient d’ouvrir une brèche dans l’eurolibéralisme. Bien sûr, dimanche, les grands prêtres de la politique d’austérité étaient rongés d’inquiétude, et ils avaient raison de l’être. Mais, dans toute l’Europe, chez les salariés, au sein d’une gauche qui ne renonce pas à la transformation sociale, le vote grec est une excellente nouvelle. Il ouvre la possibilité de remettre en cause, à une échelle beaucoup plus vaste, le dogme de l’Europe libérale, de la concurrence libre et non faussée, que les Français rejetèrent par référendum, il y a tout juste dix ans. À cette époque, les dirigeants européens et Nicolas Sarkozy avaient réussi à étouffer un temps la démocratie. Elle rejaillit avec une force décuplée du côté d’Athènes. Le combat pour l’Europe sociale prend une nouvelle vigueur. Merci la Grèce.

 

http://www.humanite.fr/merci-la-grece-563599

Partager cet article

Repost 0
Published by Stéphane Parédé
commenter cet article

commentaires