Overblog Suivre ce blog
Editer l'article Administration Créer mon blog
23 janvier 2015 5 23 /01 /janvier /2015 19:44

 

 

271888 Image 0
People read newspaper's headlines featuring the local elections first round results on May 19, 2014 in central Athens. A first round of local elections in Greece on May 18 showed no clear victor hours after polls closed, with the anti-austerity leftist Syriza party battling for Athens and the coalition government's candidates holding on outside the capital. AFP PHOTO/ LOUISA GOULIAMAKI
AFP
Le premier tour des élections municipales et régionales, dimanche, confirme l’installation durable de Syriza 
au centre de l’échiquier politique grec. Le parti d’Alexis Tsipras pourrait se hisser en tête du scrutin européen le 25 mai.

 

Rien n’y a fait. Ni les mises en garde contre une menace de « déstabilisation » politique, ni les sondages de dernière minute prédisant un tassement de Syriza, ni la campagne médiatique acharnée présentant le parti d’Alexis Tsipras comme une force « marginale
» et « irresponsable », prête à mener le pays hors de la zone euro. La gauche anti-austérité a fi nalement réalisé une percée historique
en Grèce, dimanche, à l’issue du premier tour des élections municipales et régionales. Dans un pays épuisé, transformé depuis quatre
ans, au prétexte de surmonter la crise de la dette, en laboratoire de la destruction des droits sociaux, les électeurs ont exprimé tout à la
fois leur colère et leur soif de changement. Les tenants de l’austérité, au pouvoir à Athènes, subissent un revers, en dépit des déclinaisons
locales de la coalition qui réunit à la tête du pays les sociaux-démocrates du Pasok et la droite de Nouvelle Démocratie. Ce nouveau
séisme politique en annonce sans aucun doute un autre, la semaine prochaine, alors que la gauche alternative se place, au fil des sondages,
en tête des intentions de vote pour les élections européennes du 25 mai. Sur fond de crise sociale et humanitaire, alors que le chômage
frappe, selon les chiˆ res o‰ ciels, plus d’un tiers de la population, l’exigence d’un moratoire sur la dette est désormais posée au centre
du débat politique grec.

Dans la région capitale, celle de l’Attique, qui concentre 40 % de la population active et un tiers du corps électoral, la liste de Syriza, conduite par la jeune Rena Dourou, se hisse en tête du scrutin, avec 24 % des voix. Elle devance de deux points le sortant, Yannis Sgouros, sans étiquette bien qu’apparenté au Parti socialiste grec (Pasok), qui participe à la coalition du premier ministre de droite, Antonis Samaras. À Athènes, l’économiste Gabriel Sakellaridis, qui portait les couleurs de Syriza, est en position de se maintenir au second tour, avec 20 %. Il talonne le maire sortant, Georges Kaminis (21,1 %), lui aussi présenté comme « indépendant », mais soutenu par le Pasok. Un artifice dénoncé par le candidat de Syriza : « Ceux qui ont fermé les yeux sur des problèmes graves et mis en œuvre des politiques d’austérité aux conséquences désastreuses ne peuvent, aujourd’hui, se présenter comme des candidats indépendants », a affirmé Gabriel Sakellaridis, dès dimanche soir.

À Athènes, une inquiétante percée des néonazis d’Aube dorée

La droite athénienne, de son côté, paie à la fois ses divisions et l’impopularité de sa politique nationale. Elle est exclue du second tour pour la première fois depuis la chute de la dictature des colonels, en 1974. Le Parti communiste (KKE), lui, se maintient bien, avec près de 8 % à Athènes et plus de 10 % dans l’Attique.

Dans la capitale, les néonazis d’Aube dorée réalisent une inquiétante percée (16 %) malgré les démêlés judiciaires de leurs députés, dont six sont derrière les barreaux pour « appartenance à une organisation criminelle ». Le mois dernier, deux militants d’extrême droite ont écopé d’une peine de perpétuité pour le meurtre d’un Pakistanais en 2013. Le candidat néonazi à la mairie d’Athènes, Ilias Kasidiaris, est lui-même prompt à user d’une violence déchaînée. En juin 2012, il avait soulevé l’indignation en frappant deux femmes, dont Rena Dourou, sur un plateau de télévision. Il a tenté de tirer parti des poursuites et des condamnations visant sa formation, en apparaissant menotté sur ses affiches électorales.

Les reports de voix sont incertains à une semaine du scrutin européen

Ce premier tour confirme, à une semaine du scrutin européen, le bouleversement du paysage politique grec dont témoignaient déjà les élections législatives de juin 2012. Syriza avait alors réalisé une percée spectaculaire, avec plus de 27 % des suffrages, loin devant le Pasok et deux points seulement derrière Nouvelle Démocratie d’Antonis Samaras. Cette fois, les électeurs ont nettement sanctionné la coalition au pouvoir, qui a appliqué avec servilité les injonctions de la troïka (Banque centrale européenne, Commission de Bruxelles, Fonds monétaire international). Ces bons élèves de l’austérité, qui ont fait campagne en mettant en scène une « embellie économique » dont personne en Grèce ne perçoit les effets, se sont relayés, dimanche soir, pour tenter de minimiser cette sanction électorale. « Dimanche prochain, les gens vont choisir des candidats efficaces et capables » donnant « l’impression de la stabilité démocratique », veut croire Evangelos Venizelos, chef d’un Pasok donné en chute libre dans les sondages d’intentions de vote aux élections européennes (autour de 5 %). Défait, le premier ministre Antonis Samaras ne martèle plus que cet inconsistant argument de la « stabilité ».

Bien que les reports de voix s’annoncent incertains, Syriza espère profiter de la 
dynamique qui se dessine en sa faveur aux élections européennes pour compenser la fragilité de ses ancrages locaux et transformer l’essai dimanche prochain. Au total, ses listes sont en position de se maintenir au second tour dans cinq régions sur treize, signe que la gauche anti-austérité a réussi à attirer à elle une frange importante de l’électorat socialiste déçu par les renoncements du Pasok. « Contre le chantage à la stabilité, nous devons mettre en avant l’unité sociale. La démonstration est faite que la Grèce n’appartient à personne d’autre qu’à son peuple », a réagi le chef de Syriza, Alexis Tsipras, en appelant à faire du scrutin du 25 mai un référendum sur les politiques d’austérité et un message adressé à toute l’Europe.

 

Un message d’espoir
Jean-Luc Mélenchon (PG) et Pierre Laurent (PCF) ont tous deux salué, hier, les scores de Syriza au premier tour des élections
locales grecques. « Pour la première fois en Europe a craqué la chaîne libérale qui étouffe les peuples (…) L’effet domino peut
commencer en Europe ! », a réagi le président du PG. « La gauche européenne que nous représentons va sortir renforcée
des urnes », a estiméle sénateur communiste.
http://www.humanite.fr/nouvelle-percee-de-la-gauche-anti-austerite-531826

Partager cet article

Repost 0
Published by Stéphane Parédé
commenter cet article

commentaires