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26 janvier 2015 1 26 /01 /janvier /2015 20:08

Rena Dourou : « Nous nous battons pour changer la Grèce et l’Europe »

Rena Dourou, ancienne responsable de la politique européenne de Synaspismos, la composante principale de syriza dont elle est une figure emblématique, fut députée en 2012 avant de démissionner en 2014 en raison de sa candidature à la présidence de l’Attique.
Photo Alkis Konstantinidis/Reuters
Dans l'Humanité Dimanche. Rena Dourou, 39 ans, est aujourd’hui à la tête de cette région qui comprend environ 40 % de la population grecque. Un test grandeur nature pour Syriza avant de gouverner le pays. Entretien.
HD. Quelles ont été vos premières actions en tant que présidente de la plus grande région de Grèce ?
RENA DOUROU. La première chose à faire dans une région qui, comme tout le pays, est ravagée par une crise humanitaire due à l’austérité imposée par la coalition gouvernementale, c’est de venir en aide à nos concitoyens les plus démunis. Pour faire cela, et marquer clairement les priorités de la nouvelle présidence, le budget alloué aux diverses aides a été augmenté de plus de 600 %, passant de 1,9 à 13 millions d’euros. Cela va permettre de loger des familles, de donner de l’eau et de l’électricité à des familles qui n’y ont plus accès, etc.
 
HD. Depuis la victoire de Syriza aux européennes, son avance ne cesse de croître. Comment l’expliquez-vous ?
R. D. Depuis longtemps, les sondages montrent l’aspiration sans cesse croissante de la société à un changement profond envers les politiques suicidaires d’austérité imposées par les créditeurs et appliquées par les gouvernements successifs depuis le début de la crise. Il est désormais clair pour tout le monde que, lors des prochaines législatives, quand elles auront lieu finalement, le pays va prendre son destin en main et changer de cap politiquement. Ce sera un changement immense tant pour la Grèce que pour l’Europe, et c’est pourquoi tout va être tenté par le gouvernement actuel pour l’arrêter, même si cela consiste à déstabiliser le pays. Mais le peuple mettra fin aux politiques d’austérité par les urnes ! Nous sommes en train de construire une coalition aussi large que possible. Cela fait maintenant plusieurs mois qu’Alexis Tsipras a appelé tous les citoyens qui ne veulent plus des politiques menées depuis 4 ans à passer outre les clivages politiques traditionnels pour sauver notre société et le pays.
 
« UNE CONFÉRENCE INTERNATIONALE EST NÉCESSAIRE POUR RÉSOUDRE LE PROBLÈME DE LA DETTE DES PAYS EUROPÉENS. CELA A ÉTÉ FAIT POUR L’ALLEMAGNE EN 1953... »
 
HD. Quelles seraient les premières actions d’un gouvernement Syriza ou d’un gouvernement dont Syriza serait la force majeure ?
R. D. Depuis le début de la crise, notre position est claire : il faut résoudre le problème de la dette de façon politique. Il faut organiser une conférence internationale pour résoudre ce problème pour tous les pays européens. Cela a été fait en 1953 à Londres pour l’Allemagne et sa dette, il faut le faire aujourd’hui pour les autres pays européens. Le but serait un effacement partiel, couplé à un moratoire sur le remboursement du reste, ainsi qu’une clause liant le remboursement à la croissance économique. Nous ne ferons rien d’unilatéral à moins d’y être poussés.
 
HD. Que symbolise pour vous la montée de Podemos en Espagne ?
R. D. Comme je vous l’ai dit, les problèmes de la crise actuelle concernent tous les pays européens. L’Espagne – comme la Grèce et le Portugal – continue d’appliquer les politiques d’austérité. Podemos n’est que le résultat des besoins et de la colère des citoyens contre ces politiques d’austérité qui leur sont imposées. En Italie, cela s’exprime par d’immenses manifestations. Tous ces mouvements ainsi que les citoyens européens qui les forment voient en Syriza un exemple et une inspiration, et Syriza apprend beaucoup des combats de ces peuples. C’est le même combat sur d’autres fronts. Nous nous battons pour changer la Grèce et l’Europe, comme Podemos se bat pour changer l’Espagne et l’Europe. Pour nous tous, le combat est double, local et européen, difficile mais nécessaire. Pour paraphraser André Malraux, l’Union européenne des années à venir sera démocratique, solidaire et sociale, ou ne sera pas.
http://www.humanite.fr/rena-dourou-nous-nous-battons-pour-changer-la-grece-et-leurope-558328

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Published by Stéphane Parédé
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