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26 janvier 2015 1 26 /01 /janvier /2015 20:04

Rena Dourou : "Une conférence nationale de Syriza pour réussir un parti pour et par le peuple"

Rena Dourou : "Une conférence nationale de Syriza pour réussir un parti pour et par le peuple"

Du 30 novembre au 2 décembre aura lieu, à Athènes, la Conférence nationale de Syriza. Fondée en 2004, cette coalition regroupe aujourd’hui 17 partis du spectre de la gauche. Sa principale composante est Synaspismos. Alexis Tsipras en est la figure politique la plus connue. Entretien avec la députée Rena Dourou sur les enjeux de cette conférence nationale.

En juin 2012, alors que Syriza avait des chances d’arriver en tête des élections législatives, la coalition avait déposé des statuts de parti pour s’assurer la prime de 50 sièges dont bénéficie le parti arrivé en tête. C’est, finalement, Nouvelle démocratie (droite) qui est arrivé 1er, qui a raflé les 50 sièges supplémentaires à la Vouli, et qui dirige un gouvernement de coalition soutenu par le Pasok (social-démocratie), et Dimar (centre-gauche). Cependant, l’instabilité politique règne aujourd’hui en Grèce. Syriza incarne, dans les urnes désormais, dans les rues de plus en plus, la principale force de rupture avec l’austérité. Aussi, en cas d’élections anticipées, elle pourrait arriver en tête. En outre, le paysage politique grec, extrêmement morcelé à gauche, et le système électoral, forcent cette coalition à se transformer. Enfin, sur le fond, les points de convergence entre toutes les forces de Syriza sont plus importantes que leurs divergences. Le premier d’entre eux : mettre un terme aux mémorandums signés entre les différents gouvernements depuis 2010, avec la troïka (BCE, UE, FMI) et mettre un coup d’arrêt à l’austérité. Pour toutes ces raisons, Syriza se transforme.

Quel est l’objectif de cette conférence ? Quelle étape marque-t-elle ?

Rena Dourou. Cette conférence marque une étape très importante, de maturité en vue des évolutions importantes à venir, qu’il s’agisse d’échéances électorales ou des mouvements sociaux. Nous essayons de nous prémunir en vue de changements radicaux en passant par un processus de refondation de notre outil commun, c’est-à-dire de notre parti. Car en fait il ne s’agit aujourd’hui pas d’un parti unifié mais d’une coalition de plusieurs composantes. Sans perdre la vitalité qu’apportent à notre effort commun les différentes sensibilités de gauche, notre pari est de fonder un outil de gauche, pluraliste, démocratique, en mesure de répondre aux défis cruciaux imposés par la crise économique et sociale. L’enjeu est décisif : nous n’avons pas le luxe du temps et devons agir vite et de façon efficace. Car la société, les gens qui souffrent ne peuvent plus attendre. Du succès de cette conférence dépendra l’avenir de la nouvelle formation. Une formation politique du peuple et pour le peuple !

La question de la sortie de la Grèce de la zone euro sera-t-elle abordée lors de la conférence nationale ? Quelles réponses sont élaborées ?

Rena Dourou. Syriza est en train de préparer un programme de gouvernement crédible qui prévoit la façon dont nous mènerons notre politique à l’intérieur de la zone euro. C’est dans ce cadre que nous préparons l’évolution de notre parti. Nous demandons la participation à ce processus de tous les citoyens qui se sentent proches des revendications de Syriza ; nous leur demandons de venir vers nous, de s’inscrire au nouveau parti et de participer activement à ses activités. La formation de cette nouvelle force politique veut changer la donne politique. Au cours de cette étape, nous nous occuperons des questions de structure et d’organisation. Car l’enjeu est fondamental est de réussir un parti pour et par le peuple.

Que vise Syriza s’il devait arriver en tête d’élections anticipées ? Une politique de gauche peut-elle être menée en Grèce actuellement et en suivant quelles priorités ?

Rena Dourou. Syriza envisage très sérieusement la question des alliances. Si Syriza arrive en tête des élections, il va créer un gouvernement où il serait au centre d’une coalition. Notre culture politique est caractérisée par l’idée des alliances. Et nous adressons déjà un appel vers les électeurs des autres partis de gauche car ce sont eux qui vont imposer leur choix à leurs leaders.

Une politique de gauche doit être basée sur la question économique et sociale, imposée par la politique de rigueur. La situation y est très critique : il faut arrêter le désastre en cours et essayer de changer la politique actuelle. Une tâche énorme mais nécessaire qui demande la mobilisation de ces couches sociales qui subissent, sont frappées, et punies actuellement par l’application des lois du mémorandum de rigueur.

 

http://www.humanite.fr/rena-dourou-une-conference-nationale-de-syriza-pour-reussir-un-parti-pour-et-par-le-peuple

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Published by Stéphane Parédé
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