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23 janvier 2015 5 23 /01 /janvier /2015 23:01

Grèce: "c'est pire que le communisme, ce sera le chaos total !"

Syriza aux portes du pouvoir
Alexis Tsipras
AFP
A l’approche des élections présidentielles en Grèce, qui débuteront le 17 décembre, Syriza caracole en tête des intentions de vote. Et le parti anti-austérité de Tsipras, avec son programme volontaire pour sortir de la crise humanitaire, affole complètement la droite, la bourse et les banquiers.

Le parti de gauche Syriza frôle à lui seul les 35 % dans les intentions de vote (entre 31 et 34,5 selon les sondages). C’est environ 5 points de plus que la coalition au pouvoir, rassemblant droite libérale et sociaux démocrates, et 35 % seraient suffisant pour obtenir seul la majorité au parlement, grâce au bonus de 50 députés offert au parti qui arrive en tête. Après avoir fait de très bons scores aux dernières élections locales et encore d'avantage aux Européennes, le discours de gauche, humaniste et radicalement anti-austérité de Syriza continue à conquérir les Grecs. Avec les présidentielles en Grèce qui débuteront le 17 décembre, et les législatives anticipées qui pourraient suivre dès janvier, l’accession d’une vraie gauche de changement au pouvoir devient une sérieuse possibilité et la panique guette le secteur banquier.
Dans un discours ce jeudi, le Premier ministre Antonis Samaras a lancé l'offensive en jouant sur la peur: "c'est nous ou le chaos". Il essaye d’imposer comme président à la Grèce l'ex-commissaire européen Stavros Dimas qui pour être élu devra recueillir au moins la majorité des trois cinquièmes, soit 180 voix sur 300, alors que la majorité dont dispose Samaras au parlement n'est que de 155 sièges.  Si la Grèce ne parvient pas à se doter d'un président au soir du 29 décembre, le Premier ministre n'aura d'autre choix que de dissoudre le parlement dans les 10 jours et de convoquer des élections anticipées. Samaras a pourtant reçu cette semaine le soutien du commissaire européen aux Affaires économiques, un certain Pierre Moscovici…

Tsipras terrorise les fonds de pension

La droite grecque n’est pas là seule à avoir des suées. La bourse d’Athènes s’est effondrée de 20 % en trois jours. Le gérant de Capital Group, l’un des plus grands fonds de pension au monde, a lancé au Telegraph : « son programme [ndlr. de Tsipras] est pire que le communisme, ce sera le chaos total ! » Les créanciers se rendent malades et menacent de couper le robinet de financement à la Grèce. Sauf qu’ils refusent déjà de le faire, le pays reste obligé de se financer auprès du Mécanisme Européen de Stabilité.
Le programme d’Alexis Tsipras est le cauchemar des banquiers : hausse du salaire minimum, moratoire sur les dettes privées aux banques, annulation de près des deux tiers de la dette publique car illégitime,  et augmentation des dépenses de l'Etat pour relancer l’investissement, sauver les services publiques et surtout sortir la population de la grave crise humanitaire qui la frappe.
Pour effrayer le peuple grec, Samara et les banques agitent le chiffon rouge de la sorti de l’Europe si Syriza gagnait les élections. Tsipras reste clair : sa priorité s’il est élu reste la « sortie du mémorandum », qui asservit la Grèce à la Troïka, et qui impose cette austérité criminelle et la destruction de tous les services publics. Fort de sa légitimité démocratique dans son rapport de force, il pourrait appliquer son programme, convaincu que la Grèce ne sera pas être exclue de la zone Euro sans que cela ne crée des dégâts énormes : une panique généralisée du système financier, comme une vraie crise démocratique. En effet, comment justifier qu’un peuple qui élit démocratiquement un gouvernement dont le programme est de le sortir d’une véritable crise humanitaire, soit exclu contre son grès ? D’autant plus que des formations comme Podemos, parti de gauche anti-austéritaire en tête des sondages en Espagne, sont en embuscade. 

Sortir de la crise humanitaire. C’est l’axe de campagne de Syriza, qui fait mouche car c’est l’urgence. Au moment où la Grèce va connaître la septième année de récession consécutive (record mondial absolu en temps de paix), le chômage dans le pays est de 28 %, le plus élevé d’Europe. Les salaires ont baissé de plus de 20 % en moyenne et son souvent perçus avec plusieurs mois de retard. La pauvreté affame, affaiblit, tue parfois. Syriza entend ainsi lancer un grand programme d’urgence à son arrivée au pouvoir à hauteur d’1,3 milliards d’euros, pour fournir des bons pour de la nourriture et reconnecter à l’électricité les milliers de foyers qui ont été débranchés.
http://www.humanite.fr/grece-cest-pire-que-le-communisme-ce-sera-le-chaos-total-560154

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Published by Stéphane Parédé
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