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23 janvier 2015 5 23 /01 /janvier /2015 19:54

 

Vassiliki Katrivanou est membre de Syriza spécialisée dans les droits humains. Elle siège au Parlement grec et s’insurge contre la politique migratoire de son gouvernement et celle de l’Union.

Vassiliki Katrivanou est psychologue et réalisatrice de documentaires. Députée, elle est engagée, tant au niveau législatif qu’au plan social et militant, sur les questions de l’immigration, du racisme, de l’antifascisme, des droits des LGBT, des femmes, des prisonniers et des malades mentaux.

Pour les migrants, la Grèce est une porte d’entrée dans l’UE. Comment analysez-vous la situation ?

VASSILIKI KATRIVANOU La Grèce, tout comme l’Italie, a pris le rôle de garde frontière d’une Europe fermée aux migrants et aux réfugiés. Le budget des États consacré au contrôle des frontières est beaucoup plus important que celui pour l’accueil des migrants. En 2014, plus de 3000 personnes ont perdu la vie ou ont été portées disparues en Méditerranée. En Grèce, la fermeture de la frontière terrestre a déplacé les arrivées de migrants vers les îles de la mer Égée. En 2014, 22089 étrangers ont déjà choisi la voie maritime. En 2013, ils étaient 6 834. La plupart viennent de Syrie, de Somalie ou d’Afghanistan. Des pays où la guerre fait rage. Il faut prendre en compte la dimension internationale DR du problème. C’est dans cette direction Vassiliki Katrivanou qu’il faut rechercher les solutions.

Comment appréciez-vous les choix de la Grèce ?

VASSILIKI KATRIVANOU Le gouvernement grec restreint les droits de l’homme intentionnellement. Les étrangers sont les premiers ciblés.

Le premier ministre se vante des refoulements illégaux à la frontière. 7000 migrants, réfugiés sans papiers et demandeurs d’asile, sont actuellement détenus. Les conditions de leur détention ont été plusieurs fois condamnées par la Cour européenne des droits de l’homme. Les structures d’accueil se dégradent ou ferment.

Les services de demande d’asile sont trop peu nombreux. Ceux qui existent sont sous-financés et ne peuvent pas répondre aux besoins pressants.

La mise en oeuvre de l’opération « Poséidon », menée par Frontex, peut-elle constituer une réponse?

VASSILIKI KATRIVANOU Au lieu de sauver des vies, Frontex collabore avec les autorités grecques qui refoulent des réfugiés. L’agence collabore avec des pays qui n’offrent aucune garantie quant à la protection des droits de l’homme. L’Union européenne ne peut pas continuer à laisser Frontex jouer ce rôle.

L’Italie arrête l’opération « Mare Nostrum ». Frontex lance l’opération « Triton ». Que pouvons-nous en espérer ?

VASSILIKI KATRIVANOU La logique de sauvetage que « Mare Nostrum » servait va être remplacée par la philosophie du plus strict contrôle possible. Cette évolution est préoccupante. Elle s’ajoute aux récentes déclarations du Royaume-Uni qui choisit de stopper son soutien aux opérations de sauvetage, parce qu’elles encourageraient les migrants à prendre la mer. On choisit les naufrages et les morts comme méthode de « découragement ».

Quelles sont les solutions proposées par Syriza?

VASSILIKI KATRIVANOU Nous ne voulons pas d’une Europe forteresse. Il faut en finir avec l’amoncellement de cadavres aux frontières de l’Europe, en finir avec l’exclusion sociale et le racisme. Syriza propose la révision radicale du règlement Dublin 3, afin de permettre aux réfugiés d’accéder aux pays de l’UE de leur choix. Nous proposons également la révision du contrat européen sur les migrations. C’est la structure même des accords de Schengen qui est à revoir. Les migrations vont se poursuivre. L’Europe devra faire un choix entre la brutalité, préconisée par l’extrême droite, et la solidarité, que la gauche européenne veut porter.

 

http://www.humanite.fr/vassiliki-katrivanou-en-finir-avec-les-morts-aux-frontieres-de-lue-556804

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Published by Stéphane Parédé
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