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23 janvier 2015 5 23 /01 /janvier /2015 19:46

 

 

Photo Alkis Konstandinis/Reuters
La gauche anti-austérité se place en tête du scrutin européen, devant la Nouvelle Démocratie du premier ministre de droite, Antonis Samaras. Syriza enregistre des scores historiques aux municipales et aux régionales.

Athènes (Grèce), envoyée spéciale.

Les électeurs grecs ont sévèrement sanctionné, hier, les politiques d’austérité qui ont précipité depuis quatre ans des millions de personnes dans l’exclusion sociale. Le second tour des élections municipales et régionales comme le scrutin européen confirment le bouleversement en cours du paysage politique, avec la spectaculaire percée de la gauche anti-austérité. Syriza se place en tête de l’élection européenne avec 26 à 28 %, devant la Nouvelle Démocratie du premier ministre de droite Antonis Samaras (23 à 25 %). Un résultat jugé historique par le parti d’Alexis Tsipras et qualifié avec mépris de « vote à la légère » par le chef du gouvernement grec. Terrible ombre planant sur ces élections, le score des néonazis d’Aube dorée, arrivés en troisième position, autour de 10 %, devant les sociaux-démocrates du Pasok, rebaptisé « l’Olivier » pour ce scrutin (8 à 9 %). Le populiste Stavros Theodoraki, chef du nouveau parti To Potami (le fleuve), une espèce de Beppe Grillo grec venu de la télévision, ne réalise pas, en revanche, la percée promise par les sondages. Il fait jeu égal avec les communistes du KKE, entre 5 et 7 %.

 

À Patras les communistes
du KKE gagnent la ville

Le second tour des élections municipales et régionales, marqué par une forte hausse de participation, a donné lieu à Athènes et dans la région capitale, l’Attique (un tiers de l’électorat), à un match plus serré, les sortants « indépendants » parrainés par le Pasok ayant bénéficié de ralliements pour barrer la route aux candidats de gauche présents au second tour. Les sondages sortie des urnes donnaient prudemment hier soir, pour l’Attique, Rena Dourou (Syriza) à égalité avec le sortant, Yannis Sgouros. Même incertitude en fin de soirée à Athènes, où Gabriel Sakellaridis, un jeune économiste, concourrait sous les couleurs de la gauche anti-austérité, sans le soutien du KKE (8 % au premier tour), qui avait appelé à l’abstention. À Patras, où Alexis Tsipras avait au contraire appelé à voter pour le KKE, les communistes gagnent la ville. Syriza remporte, dans la périphérie d’Athènes, les municipalités d’Egaleo, Kesariani, Keratsini, Vyronas et dirigera la municipalité à Larissa, en Thessalie, dans le centre du pays (125 000 habitants), ainsi que la région dans les îles Ioniennes. Le jeune parti de gauche s’assure ainsi un nouvel et indispensable ancrage local.

 

Le scénario d’une déroute pour
la coalition droite-Pasok au pouvoir

Ces scrutins confirment le scénario d’une déroute pour la coalition qui unit au pouvoir la droite et le Pasok, exécutants zélés des injonctions austéritaires de la troïka (Commission de Bruxelles, Banque centrale européenne et Fonds monétaire international). Rien n’a été laissé au hasard, pourtant, pour tenter d’endiguer la montée de la gauche anti-austérité. Même les agences de notation sont entrées en campagne, avec la revalorisation vendredi, par Fitch, de la note grecque, pour tenter de donner du crédit au discours de campagne des gouvernants sur une « embellie économique »… qui ne change rien au quotidien d’une population épuisée. « Nous devons cesser de laisser à d’autres le contrôle de nos vies. Mais le pouvoir établi est très fort, il s’appuie sur les forces de l’argent. Il sera difficile d’imposer un changement », nous confiait hier matin Christos, un jeune père de famille, à la sortie de son bureau de vote du quartier populaire d’Aghios Artémios, à Athènes. Nul doute que cette éclaircie électorale contribuera à dissiper un lourd climat de résignation.

 

http://www.humanite.fr/victoire-historique-de-syriza-535740

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Published by Stéphane Parédé
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