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13 avril 2012 5 13 /04 /avril /2012 22:45

Les Tribunaux populaires de la révolution.

3 Janvier 1984.

Camarades présidents des institutions,

Camarades membres du Conseil national de la révolution,

Camarades membres du gouvernement révolutionnaire,

Camarades militants de la Révolution démocratique et populaire, Excellences, Mesdames, Messieurs :

Cela fait exactement 17 ans, jour pour jour que le peuple voltaïque dans un élan révolutionnaire est sorti dans les rues pour crier à la face de ceux qui l’ont toujours bâillonné, exploité et opprimé des mots d’ordre tels que : « À bas les détourneurs des deniers publics ! » , « À bas les affameurs du peuple ! ». Dix-sept ans aujourd’hui, que le peuple voltaïque est sorti dans les rues pour réclamer : « Du pain, de l’eau et de la démocratie ».

Le 3 janvier 1966, le peuple voltaïque dans un sursaut collectif a mis au banc des accusés, la bourgeoisie réactionnaire et corrompue de notre pays, qui, après s’être servie de lui comme d’un tremplin pour accéder au pouvoir, lui avait tourné le dos, dans une course effrénée à l’accumulation de richesses mal acquises.

Aujourd’hui encore, le peuple voltaïque accuse.

Le peuple voltaïque accuse et exige la mise en application du verdict populaire. Aujourd’hui pour la réalisation de ses aspirations profondes exprimées depuis toujours, le peuple voltaïque s’est forgé un instrument adéquat : les Tribunaux populaires révolutionnaires. Nous avons fait un choix et désormais rien ne pourra empêcher le peuple de rendre son verdict. Rien désormais ne pourra empêcher le peuple de donner un châtiment exemplaire à toute cette racaille politique qui s’est nourrie de la famine, à toutes ces crapules qui l’ont toujours bafoué, humilié par mille et une vexations.

Le peuple voltaïque accuse, et le monde tremble.

Le monde des exploiteurs, des spoliateurs, de tous ceux qui tirent avantage du système néocolonial, tremble parce que le peuple voltaïque devenu désormais maître de sa destinée veut rendre sa justice.

Camarades membres des Tribunaux populaires de la révolution, en choisissant la date du 3 janvier 1984 pour l’ouverture solennelle de vos assises, vous ne faites donc que renouer avec un passé récent qui a constitué un moment décisif dans la prise de conscience de notre peuple contre la domination et l’exploitation des couches et classes sociales, réactionnaires, véritables appuis locaux de l’impérialisme.

La création des Tribunaux populaires révolutionnaires se justifie par le fait, qu’en lieu et place des tribunaux traditionnels, le peuple voltaïque entend désormais matérialiser dans tous les domaines, dans tous les secteurs de la société, le principe de la participation effective des classes laborieuses et exploitées à l’administration et à la gestion des affaires de l’Etat.

Les juges des Tribunaux populaires révolutionnaires ont été choisis au sein des travailleurs et par les seuls travailleurs avec la mission d’accomplir la volonté du peuple. Pour ce faire, nul besoin pour eux, de connaître les vieilles lois. Etant issus du peuple, il suffit qu’ils se laissent guider par le sentiment de la justice populaire.

En l’absence de textes codifiés, il leur suffit de s’appuyer sur le droit 1 révolutionnaire, en rejetant les lois de la société néo-coloniale.

Notre révolution, la révolution d’août en se fixant comme objectif la destruction de l’appareil d’Etat bureaucratique et en donnant une représentation beaucoup plus accessible au peuple, fait la preuve si besoin en était encore que le régime mis en place est plus démocratique que la plus démocratique des républiques bourgeoises.

Toutefois, il faut s’attendre à ce que l’instauration des TPR fasse l’objet d’attaques de la part de nos ennemis à l’extérieur comme à l’intérieur du pays.

On y verra à ne point en douter, un instrument de répression sinon d’inquisition politique. On criera certainement au bafouement des droits de l’homme. Mais qu’à cela ne tienne ! Notre justice populaire se distingue de la justice dans une société où les exploiteurs et les oppresseurs détiennent l’appareil d’État en ce qu’elle s’attachera à mettre à jour, à dévoiler publiquement tous les dessous politiques et sociaux des crimes perpétrés contre le peuple, à amener celui-ci à saisir leur portée afin d’en tirer les leçons de morale sociale et de politique pratique. Les jugements des TPR permettront de révéler aux yeux du monde les plaies du régime néo-colonial en livrant les matériaux de la critique et en dégageant les éléments d’édification d’une société nouvelle.

Aussi à travers la condamnation des forfaits socio-économiques et moraux, il s’agit là d’un procès politique, d’une remise en cause du système politique de la société néo-coloniale.

A travers l’homme, c’est la société qui est ici en cause. C’est pourquoi les débats au cours de ces procès devront revêtir un caractère éducatif par les explications qui seront données aux masses populaires à l’audience et dans la presse. Les verdicts qui en sortiront devront donner suffisamment à réfléchir. L’hypocrisie de la morale bourgeoise et réactionnaire réside dans des sursauts d’indignation vis-à-vis de la condamnation de quelques Individus et dans un silence complice face au génocide collectif d’un peuple qui se meurt dans la misère, la famine et l’obscurantisme.

Nous jugeons un homme pour rétablir des millions d’hommes dans leurs droits. Nous sommes par conséquent de fervents défenseurs des droits de l’homme et non des droits d’un homme. À la « morale » immorale de la minorité exploiteuse et corrompue, nous opposons la morale révolutionnaire de tout un peuple pour la justice sociale.

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Published by Stéphane Parédé
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13 avril 2012 5 13 /04 /avril /2012 22:43
La Déclaration du 4 août 1983
Rendre à notre pays son indépendance et sa liberté et à notre peuple sa dignité.

 Le 17 mai 1983, Sankara, Jean-Baptiste Lingani et d’autres sont arrêtés dans un coup d’état organisé par le président Ouédraogo et d’autres officiers militaires du CSP. Des milliers de gens descendent alors dans les rues pour réclamer la libération de Sankara. Sankara et Lingani sont libérés de prison mais mis en résidence surveillée le 30 mai. Le 4 août 1983, le capitaine Blaise Compaoré et 250 hommes marchent sur Ouagadougou, libèrent Sankara et Lingani, et renversent le régime de Ouédraogo. Le même jour à 10 heures du matin, Sankara, maintenant président du CNR et chef de l’État, s’adresse au pays dans un discours radiodiffusé. Le texte ci-dessus a été retranscrit d’un enregistrement radiophonique.

 


Les raisons du coup d’état

Les soldats patriotes ont lavés l’honneur de notre peuple...

Le peuple doit soutenir de CNR

Notre objectif la défense des intérêts du peuple voltaïque...


Les raisons du coup d’état

Peuple de Haute-Volta !
Aujourd’hui encore, les soldats, sous-officiers et officiers de l’Armée nationale et des forces para-militaires se sont vus obligés d’intervenir dans la conduite des affaires de l’Etat pour rendre à notre pays son indépendance et sa liberté et à notre peuple sa dignité.
En effet, ces objectifs patriotiques et progressistes qui ont justifié l’avènement du Conseil du salut du peuple (CSP) le 7 novembre 1982, ont été trahis le 17 mai 1983, soit seulement six mois après, par des individus farouchement hostiles aux intérêts du peuple voltaïque et à ses aspirations à la démocratie et à la liberté.
Ces individus, vous les connaissez, car ils se sont frauduleusement introduits dans l’Histoire de notre peuple ; ils s’y sont tristement illustrés, d’abord par leur politique à double face, ensuite, par leur alliance ouverte avec toutes les forces conservatrices réactionnaires qui ne savent rien faire d’autre que de servir les intérêts des ennemis du peuple, les intérêts de la domination étrangère, et du néo-colonialisme.
Aujourd’hui, 4 août 1983, les soldats, sous-officiers et officiers de toutes les armes et de toutes les unités, dans un élan patriotique, ont décidé de balayer le régime impopulaire, le régime de soumission et d’aplatissement, mis en place depuis le 17 mai 1983 par le médecin commandant Jean-Baptiste Ouédraogo sous la houlette du colonel Gabriel Somé Yoryan et de ses hommes de main.

"Les soldats patriotes ont lavés l’honneur de notre peuple"

Aujourd’hui, 4 août 1983, des soldats, sous-officiers et officiers patriotes et progressistes ont ainsi lavé l’honneur de notre peuple et de son armée et leur ont rendu leur dignité, leur permettant de retrouver le respect et la considération que chacun, en Haute-Volta comme à l’étranger leur portait du 7 novembre 1982 au 17 mai 1983.
Pour réaliser ces objectifs d’honneur, de dignité, d’indépendance véritable et de progrès pour la Haute-Volta et pour son peuple, le mouvement actuel des Forces armées voltaïques tirant les leçons des amères expériences du CSP, a constitué ce jour, 4 août 1983, le Conseil national de la révolution (CNR) qui assume désormais le pouvoir d’État, en même temps qu’il mette fin au fantomatique régime du CSP du médecin commandant Jean-Baptiste Ouédraogo qui l’avait du reste arbitrairement dissous.

Le peuple doit soutenir de CNR

Peuple de Haute-Volta, le Conseil national de la révolution appelle chaque Voltaïque, homme ou femme, jeune ou vieux à se mobiliser dans la vigilance pour lui apporter son soutien actif. Le Conseil national de la révolution invite le peuple voltaïque à constituer partout des Comités de défense de la révolution (CDR) pour participer à la grande lutte patriotique du CNR et pour empêcher les ennemis intérieurs et extérieurs de nuire à notre peuple. Il va sans dire que les partis politiques sont dissous’.
Conserver les relations et les accords internationaux...
Sur le plan international, le Conseil national de la révolution proclame son engagement à respecter les accords qui lient notre pays aux autres États. Il maintient également l’adhésion de notre pays aux organisations régionales, continentales et internationales.
Le Conseil national de la révolution n’est dirigé contre aucun pays, aucun État ou peuple. Il proclame sa solidarité avec tous les peuples, sa volonté de vivre en paix, et en bonne amitié avec tous les pays et notamment avec tous les pays voisins de la Haute-Volta.*

Notre objectif la défense des intérêts du peuple voltaïque...

La raison fondamentale et l’objectif du Conseil national de la révolution, c’est la défense des intérêts du peuple voltaïque, la réalisation de ses profondes aspirations à la liberté, à l’indépendance véritable et au progrès économique et social.
Peuple de Haute-Volta ! Tous en avant avec le Conseil national de la révolution pour le grand combat patriotique, pour l’avenir radieux de notre pays.
La patrie ou la mort, nous vaincrons !
Vive le peuple voltaïque !
Vive le Conseil national de la révolution !

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Published by Stéphane Parédé
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13 avril 2012 5 13 /04 /avril /2012 20:12

QUI SONT LES ENNEMIS DU PEUPLE ?

Les ennemis du peuple, ce sont encore les hommes politiques qui ne parcourent la campagne que lorsqu’il y a des élections

C’est en sa qualité de Premier ministre du Conseil du salut du peuple (CSP) que, le 26 mars 1983, Sankara prononce ce discours lors d’un meeting à Ouagadougou. Le CSP dirigé par Jean-Baptiste Ouédraogo avait vu le Jour à la suite du coup d’État militaire du 7 novembre. Le texte ci-après est tiré de l’ hebdomadaire burkinabé Carrefour africain du 1er avril 1983.


Lorsque le peuple se met debout, l’impérialisme tremble

les ennemis, qui sont-ils

En avant pour le combat

...L’impérialisme est un mauvais élève...

...Ouagadougou sera la bolibana de l’impérialisme...

...Si vous avez volé, tremblez ! ...

Sur les relations internationales du CSP

...Celui qui aime son peuple aime les autres peuples...

...On nous traite de communistes ...

Vive la démocratie !


Lorsque le peuple se met debout, l’impérialisme tremble

Je vous remercie d’avoir bien voulu vous rassembler ici, sur cette place du 3 janvier. Je vous salue d’avoir accepté de répondre à l’appel du Conseil du salut du peuple : vous démontrez ainsi que le peuple de Haute-Volta est un peuple majeur.
Lorsque le peuple se met debout, l’impérialisme tremble. L’impérialisme qui nous regarde est inquiet : il tremble. L’impérialisme se demande comment il pourra rompre le lien qui existe entre le CSP et le peuple. L’impérialisme tremble. Il tremble parce qu’il a peur, il tremble parce qu’ici à Ouagadougou même, nous allons l’enterrer.
Je vous salue également d’être venu démontrer que tous nos détracteurs qui sont à l’intérieur comme à l’extérieur ont tort. Ils se sont trompés sur notre compte. Ils ont cru que par leurs manoeuvres d’intoxication et d’intimidation, ils pourraient arrêter la marche du CSP vers le peuple. Vous êtes venus, vous avez démontré le contraire. L’impérialisme tremble et il tremblera encore. Peuple de Haute-Volta, ici représenté par les habitants de la ville de Ouagadougou, merci. Je vous remercie parce que vous nous donnez l’occasion de vous donner une information saine, une information qui vient de la base.

les ennemis, qui sont-ils ?

De quoi s’agit-il ? Il s’agit de vous dire exactement ce que veulent nos ennemis, ce que veut le CSP et ce à quoi le peuple a droit. Le peuple aime la liberté, le peuple aime la démocratie. Par conséquent, le peuple s’attaquera à tous les ennemis de la liberté et de la démocratie.
Mais qui sont les ennemis du peuple ? Les ennemis du peuple sont à l’intérieur comme à l’extérieur. Ils tremblent actuellement, mais il faut que vous les démasquiez. Il faut que vous les combattiez jusque dans leurs trous. Les ennemis du peuple à l’intérieur, ce sont tous ceux qui se sont enrichis de manière illicite, profitant de leur situation sociale, profitant de leur situation bureaucratique. Ainsi donc, par des manoeuvres, par la magouille, par les faux documents, ils se retrouvent actionnaires dans les sociétés, ils se retrouvent en train de financer n’importe quelle entreprise ; ils se retrouvent en train de solliciter l’agrément pour telle ou telle entreprise. Ils prétendent servir la Haute-Volta. Ce sont des ennemis du peuple. Il faut les démasquer, il faut les combattre. Nous les combattrons avec vous.
Qui sont les ennemis du peuple ? Les ennemis du peuple, c’est encore cette fraction de la bourgeoisie qui s’enrichit malhonnêtement par la fraude, par la corruption, par le pourrissement des agents de l’État, pour arriver à introduire en Haute-Volta toutes sortes de produits dont les prix sont multipliés par dix. Ce sont les ennemis du peuple. Cette fraction de la bourgeoisie, il faut la combattre et nous la combattrons.
Qui sont les ennemis du peuple ? Les ennemis du peuple, ce sont encore les hommes politiques qui ne parcourent la campagne que lorsqu’il y a des élections. Ce sont encore ces hommes politiques qui sont convaincus qu’eux seuls, peuvent faire marcher la Haute-Volta. Or nous, CSP, nous sommes convaincus que les sept millions de Voltaïques représentent sept millions d’hommes politiques capables de conduire ce pays. Voilà les ennemis du peuple ; il faut les démasquer et les combattre, et nous les combattrons avec vous.
Les ennemis du peuple, ce sont également ces forces de l’obscurité, ces forces qui, sous des couverts spirituels, sous des couverts coutumiers, au lieu de servir réellement les intérêts moraux du peuple, au lieu de servir réellement les intérêts sociaux du peuple, sont en train de l’exploiter. Il faut les combattre, et nous les combattrons.

En avant pour le combat

Je voudrais vous poser une question : est-ce que vous aimez ces ennemis du peuple, oui ou non ? [Cris de « Non ! »]
Est-ce que vous les aimez ? [Cris de « Non ! »]
Alors, il faut les combattre.
À l’intérieur du pays, est-ce que vous les combattrez ? [Cris de « Oui ! »] En avant pour le combat !
Les ennemis du peuple sont également hors de nos frontières. Ils s’appuient sur des apatrides qui sont ici, parmi nous, à tous les échelons de la société : chez les civils comme chez les militaires ; chez les hommes comme chez les femmes ; chez les jeunes comme chez les vieux ; en ville comme à la campagne. Ils sont là, les ennemis du peuple. Ils sont là, les ennemis extérieurs. C’est le néo-colonialisme, c’est l’impérialisme.
S’appuyant donc sur ces apatrides, sur ceux qui ont renié la patrie, ceux qui ont renié la Haute-Volta, en fait ceux qui ont renié le peuple de Haute-Volta, l’ennemi extérieur développe une série d’attaques. Des attaques en deux phases : la phase non violente et la phase violente.
Nous sommes actuellement dans la phase non violente. Et l’ennemi extérieur, c’est-à-dire l’impérialisme, c’est-à-dire le néo-colonialisme, tente de semer la confusion au sein du peuple voltaïque. Ainsi donc, à travers leurs journaux, leurs radios, leurs télévisions, ils font croire que la Haute-Volta est à feu et à sang.

« ...L’impérialisme est un mauvais élève... »

Or, vous êtes là, peuple de Haute-Volta, et votre présence démontre que l’impérialisme a tort, et que ses mensonges ne passeront pas. Vous êtes présents, vous êtes debout et c’est lui qui tremble aujourd’hui.
Un journaliste étranger, dans un pays lointain, assis dans son bureau climatisé, dans son fauteuil roulant, a osé dire qu’actuellement, le CSP connaît un échec dans ses tournées d’information. Est-ce un échec ? Vous êtes là, répondez-moi ! [Cris de « Non ! »]
Est-ce que c’est un échec ? [Cris de « Non »]
Je souhaiterais que l’impérialisme soit là, qu’il vous entende dire non. Répétez : est-ce que c’est un échec ? [Cris de « Non ! »]
Voyez-vous, l’impérialisme a tort. Mais l’impérialisme est un mauvais élève. Quand il est battu, quand il est renvoyé de la classe, il revient encore. C’est un mauvais élève. Il n’a jamais appris la leçon de son échec, il n’a jamais tiré la leçon de son échec. Il est là-bas en Afrique du Sud en train d’égorger les Africains, simplement parce que ces Africains pensent à la liberté comme vous aujourd’hui. L’impérialisme est là-bas au Moyen-Orient en train d’écraser les peuples arabes : c’est le sionisme. L’impérialisme est partout. Et à travers sa culture qu’il répand, à travers ses fausses informations, il nous amène à penser comme lui, il nous amène à nous soumettre à lui, à le suivre dans toutes ses manoeuvres. De grâce, il faut que nous barrions la route à cet impérialisme.

« ...Ouagadougou sera la bolibana de l’impérialisme... »

Comme je vous l’ai déjà dit, il passera à une phase violente. Cet impérialisme, c’est lui qui a organisé des débarquements dans certains pays que nous connaissons. Cet impérialisme, c’est encore lui qui a armé ceux qui en Afrique du Sud tuent nos frères. Cet impérialisme, c’est encore lui qui a assassiné les Lumumba, Cabral, Kwamé Nkrumah.
Mais je vous dis et je vous promets que, parce que j’ai confiance en vous et que vous avez confiance dans le CSP, parce que nous formons le peuple, quand l’impérialisme viendra ici, nous l’enterrerons. Nous enterrerons l’impérialisme ici. Ouagadougou sera la bolibana de l’impérialisme, c’est-à-dire la fin de sa route. L’impérialisme a essayé par des méthodes qui sont très raffinées, de faire en sorte qu’au sein même du CSP, il y ait la division. Il a fait en sorte qu’au sein même du peuple voltaïque, il y ait l’inquiétude et la psychose. Mais nous n’avons pas peur.
Pour la première fois, il se passe en Haute-Volta quelque chose de fondamental, quelque chose de tout à fait nouveau. Le peuple n’a jamais eu le pouvoir d’instaurer ici une démocratie politique. L’armée a toujours eu la possibilité de prendre le pouvoir, mais elle n’a jamais voulu la démocratie. Pour la première fois, nous voyons l’armée qui veut le pouvoir, qui veut la démocratie et qui veut se lier réellement au peuple. Pour la première fois aussi, nous voyons le peuple qui vient massivement pour tendre la main à l’armée. C’est pourquoi nous considérons que cette armée qui est en train de prendre les destinées de la Haute-Volta, c’est l’armée du peuple. C’est pourquoi je salue aussi ces pancartes qui parlent de l’armée du peuple.

« ...Si vous avez volé, tremblez ! ... »

Nos ennemis de l’intérieur comme ceux de l’extérieur s’appuient sur un certain nombre d’éléments pour nous nuire. J’en citerai quelques-uns et je vous laisserai le soin de compléter la liste. Ils essaient de faire croire que le CSP va arrêter la marche normale de l’appareil de l’État, parce que le CSP a pris des décisions contre des cadres civils. Si nous prenons ces décisions c’est simplement parce que nous estimons qu’à cette phase de notre lutte, il y a des hommes qui ne peuvent pas suivre notre rythme. Il y a des fonctionnaires qui ne viennent au bureau qu’à 9 heures et qui ressortent à 10 heures 30 pour aller dans leurs vergers et surveiller leurs villas. Est-ce que c’est normal ? Quand nous voulons chasser ce genre de fonctionnaires, nos ennemis disent que le CSP veut bloquer l’appareil de l’État. Mais qui a peur de qui ?
Nous, nous sommes avec le peuple. Eux, ils sont contre le peuple. Alors nous prendrons des décisions qui seront contre les ennemis du peuple, parce que ces décisions iront en faveur du peuple, le peuple militant de Haute-Volta. Est-ce que vous êtes d’accord que nous maintenions dans notre administration des fonctionnaires pourris ? [Cris de « Non ! »]
Alors il faut les chasser. Nous les chasserons.
Est-ce que vous êtes d’accord que nous maintenions dans notre armée des militaires pourris ? [Cris de « Non ! »]
Alors, il faut les chasser. Nous les chasserons.
Cela va nous coûter la vie peut-être, mais nous sommes là pour prendre les risques. Nous sommes là pour oser et vous êtes là pour continuer la lutte coûte que coûte.
Nos ennemis disent que le CSP se prépare à nationaliser, que le CSP se prépare à confisquer leurs biens. Qui a peur de qui ?
Lorsque vous faites un tour à Ouagadougou et que vous faites le compte de toutes les villas qu’il y a, vous verrez que ces villas n’appartiennent qu’à une minorité. Combien d’entre vous, affectés à Ouagadougou à partir des coins les plus reculés de Haute-Volta, ont dû tourner chaque nuit parce qu’on les avait chassés de la villa qu’ils avaient louée ? Et chaque jour le propriétaire qui fait monter un peu plus les prix. Pour ceux qui ont acquis normalement leurs maisons, il n’y a pas de problèmes, il n’y a pas d’inquiétude à avoir. Par contre, ceux qui ont acquis leurs terrains, leurs maisons grâce à la magouille, nous leur disons : commencez à trembler. Si vous avez volé, tremblez ! Parce que nous allons vous poursuivre. Non seulement le CSP va vous poursuivre, mais le peuple se chargera de vous. Oui ou non ? [Cris de « Oui ! »]
Citoyens honnêtes, même si vous avez mille villas, n’ayez crainte ! Par contre, citoyens malhonnêtes, même si vous n’avez qu’un demi-carré en zone non lotie, « entrée coucher », commencez à trembler, le CSP arrive ! Nous n’avons pas commencé pour nous arrêter en si bon chemin. Nous ne sommes pas là pour collaborer, nous ne sommes pas là pour trahir le peuple.
On nous dit que nous voulons nationaliser. Le CSP ne comprend pas et ne comprendra jamais, comme vous également vous ne comprendrez jamais, que l’on vienne s’installer en Haute-Volta, qu’on crée en Haute-Volta une entreprise, que l’on réussisse à obtenir des faveurs exonérations de taxes diverses sous prétexte qu’on veut créer des emplois, qu’on veut contribuer au développement économique et puis, qu’après un certain nombre d’années d’exploitation éhontée, on déclare : compression de personnel. À quelle condition vous avait-on donné ces faveurs ? À la condition que vous créiez des emplois pour les Voltaïques. Aujourd’hui que vous avez pressé le citron, vous voulez le rejeter. Non ! C’est à cela que nous disons non !
Nos ennemis disent que le CSP a proclamé la liberté d’expression et de presse mais que le CSP commence à mettre un frein à cette liberté. Le camarade Jean-Baptiste Lingani l’a dit tout à l’heure et le camarade Jean-Baptiste Ouédraogo le dira mieux que moi tout à l’heure. Nous ne voulons pas meure fin à la liberté. Seulement nous disons que la liberté de critiquer déclenche la liberté également de protester. Et la liberté pour les hommes sincères ne doit pas être la liberté pour les hommes malhonnêtes.
Ceux qui utilisent la liberté que le CSP a créée pour s’attaquer au CSP, pour en fait s’attaquer au peuple voltaïque, à ceux-là nous allons retirer la liberté. Nous leur retirons la liberté de nuire et nous leur donnons la liberté de servir le peuple. Nous ne pouvons pas donner la liberté de mentir, d’intoxiquer collectivement les consciences voltaïques. Ce serait travailler contre les masses populaires de Haute-Volta.

Sur les relations internationales du CSP

On dit également du CSP que certains de ses éléments, comme le capitaine Thomas Sankara, sont allés en Libye et en Corée (du Nord) et que cela est dangereux pour la Haute-Volta. Peuple de Haute-Volta, une question : la Libye ne nous a jamais rien fait ; la Corée n’a jamais exploité la Haute-Volta ; la Libye n’a jamais attaqué la Haute-Volta. Pourtant nous connaissons des pays qui ont attaqué la Haute-Volta, qui ont mis nos parents en prison. Nos grands-parents sont morts sur des champs de bataille pour ces pays. Nous coopérons avec eux et l’on ne se plaint pas.
Sangoulé Lamizana est parti en Libye. Saye Zerbo a été en Libye et en Corée. Pourquoi ne s’est-on pas plaint ? Il y a de la malhonnêteté quelque part. Hier, on a préparé le voyage de Saye Zerbo chez Khadafi avec l’avion de Khadafi et on en a fait une publicité. Aujourd’hui que nous partons en Libye, on se plaint.
Mais nous sommes partis en Libye de manière responsable et intelligente ! Nous sommes partis en Libye après que le colonel Khadafi nous eut envoyés par trois fois des émissaires. Nous avons dit aux dirigeants libyens que nous n’avons rien contre la Libye, mais que nous avons nos positions. Sur le plan idéologique, nous ne sommes pas vierges. Nous sommes prêts à collaborer avec la Libye, mais nous sommes prêts à lui dire aussi ce que nous lui reprochons, de manière responsable. C’est après trois démarches que nous avons décidé d’y aller, et nous avons posé des conditions concrètes, conformes aux intérêts du peuple voltaïque.
Lorsque le ciment va venir de Tripoli et que nous en vendrons à bon prix, est-ce que le peuple sera content, oui ou non ? [Cris de « Oui ! »]
Pourquoi voudrait-on le ciment de Khadafi et ne voudrait-on pas que nous allions négocier avec Khadafi ? Lorsque nous allons négocier avec certains pays deux millions, trois millions de francs CFA’, on en parle à la radio. Avec Khadafi, nous avons négocié 3,5 milliards [de francs CFA]. Et alors ? Le peuple est-il content, oui ou non ? [Cris de « Oui ! »]
Le peuple aime la coopération entre les États qui respectent leurs peuples. Le peuple de Haute-Volta ne veut pas qu’on lui indique sa voie. Nous disons non à la domestication de la diplomatie voltaïque ! Nous disons non au despotisme de la diplomatie voltaïque ! Nous sommes libres d’aller où nous voulons.
Et je vais vous dire une chose, un secret. Ne le répétez pas aux impérialistes. Ceux qui nous reprochent d’avoir été en Libye ont pris les dollars de Khadafi pour développer leurs pays. Se croient-ils plus malins que nous ? Ils vont traiter avec Khadafi. Pourquoi ? Qui est plus malin que qui ?
Nous irons partout où se trouve l’intérêt des masses voltaïques. Nous avons vu des réalisations sociales en Libye : des hôpitaux, des écoles, des maisons et tout cela, accessible gratuitement. Comment la Libye a-t-elle pu réaliser ces investissements sociaux ? Grâce au pétrole. Ce pétrole existait sous l’ancien régime du roi Idriss, mais ce pétrole était exploité par les impérialistes et au profit du roi. Le peuple ne bénéficiait absolument de rien. Aujourd’hui, les Libyens ont des maisons gratuitement, des routes bitumées. Si demain, nous pouvions transformer la Haute-Volta comme Khadafi a transformé la Libye, seriez-vous contents, oui ou non ? [Cris de « Oui ! »]
Donc, lorsque dans nos rapports avec les autres États, nous prenons ce qu’il y a de bon chez eux, nous ne faisons qu’appliquer une politique d’indépendance diplomatique, appliquer une règle du CSP : travailler pour le peuple. Il n’y a pas de honte à se mettre à genoux lorsqu’il s’agit des intérêts du peuple.
Nous sommes en train de vous parler et nous savons que dans cette foule, il y a des gens qui voudraient bien nous fusiller actuellement. Ce sont des risques que nous prenons, convaincus que c’est pour l’intérêt du peuple. Nous leur disons : tirez ! Lorsque vous allez tirer, vos balles feront demi-tour et vous atteindront. C’est ce qui s’appelle la victoire du peuple sur les ennemis du peuple. Aujourd’hui nous parlons avec la force du peuple et non avec notre propre force.

« ...Celui qui aime son peuple aime les autres peuples... »

Les ennemis du CSP disent que certaines fractions du CSP sont favorables à tels pays, à tels camps, au camp pro-occidental, etc... Nous, nous disons que nous ne sommes contre aucun camp, nous sommes pour tous les camps. Nous l’avons répété à New Delhi, au sommet du Mouvement des pays non alignés : nous sommes pour tous les camps.
Nous disons également que celui qui aime son peuple aime les autres peuples. Nous aimons le peuple voltaïque et nous aimons le peuple du Nicaragua, d’Algérie, de Libye, du Ghana, du Mali, tous les autres peuples.
Ceux qui n’aiment pas leur peuple n’aiment pas le peuple voltaïque. Ceux qui sont inquiets actuellement à cause des transformations qui se font en Haute-Volta, ceux-là n’aiment pas leur peuple. Ils s’imposent par la dictature et par des manoeuvres policières contre leur peuple. Nous ne sommes pas de ceux-là.
On nous dit que le CSP a une certaine admiration pour le capitaine Jerry Rawlings. Rawlings est un homme  ! Tout homme doit avoir des amis et des ennemis. Si Rawlings a des admirateurs en Haute-Volta, à qui la faute ? C’est la faute à l’impérialisme. C’est parce qu’on a créé au Ghana une situation telle que les nouvelles autorités étaient obligées de lutter pour les intérêts du peuple ghanéen. Lorsque le Ghana était prospère, nous, Voltaïques, nous en profitions bel et bien ! Aujourd’hui que le Ghana se trouve dans des difficultés, pourquoi voudrait-on que nous oubliions le Ghana ?
Non, nous sommes sincères. Le peuple garde ses attachements. Peut-être des hommes peuvent se trahir, mais les peuples ne se trahissent pas. Le peuple ghanéen a besoin du peuple voltaïque comme le peuple voltaïque a besoin du peuple ghanéen.
Lorsque le capitaine Rawlings a fermé ses frontières’, on a protesté. Vous n’aimez pas Rawlings, il ferme ses frontières pour rester chez lui et vous protestez ?
Le Ghana ne peut rien nous imposer. Nous non plus, nous ne pouvons rien imposer au Ghana. Rawlings ne peut pas nous donner des leçons. Mais nous non plus, nous ne pouvons pas donner des leçons à Rawlings. Cependant lorsque Rawlings dit : « No way for kalabule I », c’est-à-dire halte à la magouille, il dit cela pour l’intérêt du peuple ghanéen. Mais c’est en fait pour l’intérêt de tous les peuples, parce que le peuple voltaïque est aussi contre la magouille,
Les ennemis du CSP disent aussi que nous sommes des « rouges », des communistes. Cela nous fait plaisir ! Parce que cela prouve que nos ennemis sont en désarroi. Ils sont perdus. Ils ne savent plus ce qu’il faut faire, ce qu’il faut dire. Nous n’avons rien fait de communiste ici, nous avons simplement dit : assainissement, justice sociale, liberté, démocratie. Lorsque nous avons pris la décision de supprimer le décret du CMRPN [Comité militaire de redressement pour le progrès national], qui défendait l’ouverture des bars à certaines heures, nous avons entendu des gens du peuple dire : Ces gens du CSP, qu’ils soient des rouges ou des verts, des communistes ou non, nous, nous avons nos intérêts et nous préférons cela. C’est ce qui s’appelle être près des masses populaires. Ce ne sont pas les étiquettes qui comptent.

« ...On nous traite de communistes ... »

On nous traite de communistes pour effrayer le peuple. On nous taxe de communistes et on dit au peuple que le communisme est mauvais. Nous n’avons pas l’intention de vous dire que le communisme est bien, non plus de vous dire le contraire. Nous avons l’intention de vous dire seulement que nous poserons des actes avec vous et pour vous. Peu importe l’étiquette qui sera collée sur ces actes.
Les ennemis du peuple disent également que nous nous attaquons aux étrangers. Non. Nous aimons tous les étrangers : ceux qui sont ici ou qui y viendront. Nous les aimons parce que nous supposons qu’ils aiment le peuple voltaïque. Nous ne considérons pas qu’ils sont des étrangers qui veulent nous exploiter.
Le CSP entend créer avec vous les conditions de mobilisation, de travail. Nous voulons que le peuple s’organise pour le travail, pour le combat qu’on va mener. Par exemple, nous savons que dans certaines régions de Haute-Volta comme à Orodara, il y a des cultures de fruits et de légumes qui sont très réussies. Mais nous savons aussi que dans ces régions, les fruits et les légumes pourrissent par manque de moyens d’évacuation. Alors, nous disons que le peuple mobilisé à Orodara construira des pistes d’atterrissage et des avions se poseront là-bas. Les mangues viendront à Ouaga, iront à Dori et ce sera bon pour le peuple de Haute-Volta.
Il s’agit de ce genre de travail. Nous voulons que chaque jour maintenant car nous allions commencer les grands chantiers, vous sortiez massivement pour construire. Nous allons construire un monument et un théâtre populaire à Ouagadougou. Nous construirons les mêmes choses dans tous les départements et cela se fera avec la jeunesse. Vous allez construire pour démontrer que vous êtes capables de transformer votre existence et de transformer vos conditions réelles de vie. Vous n’avez pas besoin qu’on aille chercher des bailleurs de fonds étrangers, vous avez seulement besoin qu’on donne la liberté et le droit au peuple. Cela se fera.
Le CSP entend également mettre fin à certaines pratiques. Lorsque vous allez à l’hôpital pour une hémorragie ou une fracture, même si vous êtes sur le point de tomber en syncope, on préfère vous laisser sans soins et s’occuper du rhume d’un président, d’un Premier ministre ou d’un ministre, simplement parce que vous êtes homme du peuple, ouvrier. Il faut dénoncer tout cela chaque jour. Nous y mettrons fin. Ayez confiance. Nous allons mettre fin à la spéculation, au détournement, à l’enrichissement illicite. Et c’est pourquoi nous internons et nous internerons tous ceux qui vont voler l’argent du peuple.

 

"Vive la démocratie !"

Nous disons au peuple d’être prêt à se battre, d’être prêt à prendre les armes, à résister chaque fois qu’il sera nécessaire. N’ayez crainte, il ne se passera rien. L’ennemi sait que le peuple voltaïque est désormais mûr. C’est pourquoi lorsqu’on nous dit que deux ans c’est peu pour le retour à une vie constitutionnelle normale, nous disons que c’est bien suffisant. Parce que lorsque vous donnez la parole en toute liberté et en toute démocratie au peuple, en 30 minutes, le peuple vous dira ce qu’il veut. Donc nous n’avons pas besoin de deux ans.
Le CSP vous remercie parce que vous êtes mobilisés. Il a eu raison de vous donner sa confiance, il a eu raison de s’engager à vos côtés pour le combat contre les ennemis du peuple : l’impérialisme.
C’est pourquoi nous devons crier ensemble :
À bas l’impérialisme,
À bas l’impérialisme,
À bas l’impérialisme !
À bas les ennemis du peuple !
À bas les détourneurs des fonds publics !
À bas les « faux-types » en Haute-Volta ! Fini le « faux-typisme » !
À bas les hiboux au regard gluant !
À bas les caméléons équilibristes !
À bas les renards terrorisés !
À bas les lépreux qui ne peuvent que renverser les calebasses !
À bas ceux qui se cachent derrière les diplômes du peuple, et qui à cause de leurs diplômes se permettent de parler au nom du peuple, mais sont incapables de servir au nom du peuple !
À bas ceux qui sont contre les liens entre l’armée et le peuple !
À bas ceux qui sont contre les liens entre le peuple et l’armée !
À bas ceux qui se cachent sous des habits divers blancs ou noirs contre le peuple !
L’impérialisme sera enterré en Haute-Volta ! Ses valets seront enterrés en Haute-Volta !
Vive la Haute-Volta !
Vive la démocratie !
Vive la liberté !
Je vous remercie et à très bientôt !

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13 avril 2012 5 13 /04 /avril /2012 20:11

Sauver l’arbre, l’environnement et la vie tout court.

5 Février 1986

Ma patrie, le Burkina Faso, est incontestablement un des rares pays de cette planète qui est en droit de se dire et de se voir comme le concentré de tous les maux naturels que l’Humanité connaît encore en cette fin du vingtième siècle.

Et pourtant, cette réalité, les huit millions de Burkinabè l’ont intériorisée douloureusement pendant 23 années. Ils ont regardé mourir des mères, des pères, des filles et des fils que la faim, la famine, la maladie et l’ignorance,décimaient par centaines. Les larmes aux yeux, ils ont regardé les mares et les rivières se dessécher. Depuis 1973, ils ont vu l’environnement se dégrader, les arbres mourir et le désert les envahir à pas-de-géant. On estime à 7 km par an l’avancée du désert au Sahel.

Seules ces réalités permettent de comprendre et d’accepter la révolte légitime qui est née, qui a longuement mûri et qui a éclaté enfin, de manière organisée, dans la nuit du 4 août 1983, sous la forme d’une Révolution démocratique et populaire au Burkina Faso.

Je ne suis ici que l’humble porte-parole d’un peuple qui refuse de se regarder mourir pour avoir regardé passivement mourir son environnement naturel. Depuis le 4 août 1983, l’eau, l’arbre et la vie pour ne pas dire la survie sont des données fondamentales et sacrées de toute l’action du Conseil national de la révolution qui dirige le Burkina Faso.

C’est à ce titre aussi que je me dois de rendre hommage au peuple français, à son gouvernement et en particulier à son président Monsieur François Mitterrand, pour cette initiative, qui traduit le génie politique et la lucidité d’un peuple toujours ouvert au monde et toujours sensible à ses misères. Le Burkina Faso, situé au coeur du Sahel saura toujours apprécier à sa juste valeur les initiatives qui coïncident parfaitement avec les préoccupations vitales de son peuple. Il [le Burkina Faso] saura répondre présent chaque fois que de besoin et cela en opposition aux promenades inutiles.

Depuis bientôt trois ans, mon peuple, le peuple burkinabè, mène un combat contre la désertification. Il était donc de son devoir d’être présent à cette tribune pour parler de son expérience et bénéficier aussi de celle des autres peuples de par le monde. Depuis bientôt trois ans au Burkina Faso, chaque événement heureux mariages, baptêmes, décorations, visites de personnalités et autres se célèbre par une séance de plantation d’arbres.

Pour le nouvel an 1986, toutes les écolières, tous les écoliers et les élèves de notre capitale, Ouagadougou, ont confectionné de leurs propres mains plus de 3 500 foyers améliorés offerts à leurs mères, et venant s’ajouter aux 80 000 foyers confectionnés par les femmes elles-mêmes en deux ans. C’était leur contribution à l’effort national pour réduire la consommation du bois de chauffe et sauvegarder l’arbre et la vie.

L’accès à la propriété ou à la simple location des centaines de logements sociaux construits depuis le 4 août 1983 est strictement conditionné par l’engagement du bénéficiaire à planter un nombre minimum d’arbres et à les entretenir comme la prunelle de ses yeux. Des bénéficiaires irrespectueux de leur engagement ont déjà été expulsés grâce à la vigilance de nos Comités de défense de la révolution (CDR) que les langues fielleuses se plaisent à dénigrer systématiquement et sans aucune nuance.

Après avoir vacciné sur tout le territoire national en une quinzaine de jours, deux millions cinq cent mille enfants, âgés de 9 mois à 14 ans, du Burkina Faso et des pays voisins, contre la rougeole, la méningite et la fièvre jaune ; après avoir réalisé plus de 150 forages, garantissant l’approvisionnement en eau potable à la vingtaine de secteurs de notre capitale jusqu’ici privée de ce besoin essentiel ; après avoir porté en deux ans le taux d’alphabétisation de 12 pour cent à 22 pour cent ; le peuple burkinabè continue victorieusement sa lutte pour un Burkina vert.

Dix millions d’arbres ont été plantés dans le cadre d’un Programme populaire de développement (PPD) de 15 mois qui fut notre premier pari en attendant le Plan quinquennal. Dans les villages, les vallées aménagées de nos fleuves, les familles doivent planter chacune 100 arbres par an.

La coupe et la commercialisation du bois de chauffe ont été totalement réorganisées et vigoureusement disciplinées. Ces activités vont de l’obligation de détenir une carte de commerçant de bois, de respecter les zones affectées à la coupe du bois, jusqu’à l’obligation d’assurer le reboisement des espaces déboisés. Chaque ville et chaque village, burkinabè possède aujourd’hui un bosquet, réhabilitant ainsi une tradition ancestrale.

Grâce à l’effort de responsabilisation des masses populaires, nos centres urbains sont débarrassés du fléau de la divagation des animaux. Dans nos campagnes, nos efforts portent sur la sédentarisation du bétail afin de privilégier le caractère intensif de l’élevage pour lutter contre le nomadisme sauvage. Tous les actes criminels des pyromanes qui brûlent la forêt sont jugés et sanctionnés par les Tribunaux populaires de conciliation des villages. La plantation obligatoire d’un certain nombre d’arbres figure parmi les sanctions de ces tribunaux.

Du 10 février au 20 mars prochain, plus de 35 000 paysans, responsables des groupements et des coopératives villageoises suivront des cours intensifs d’alphabétisation en matière de gestion économique, d’organisation et d’entretien de l’environnement.

Depuis le 15 janvier, il se déroule au Burkina une vaste opération nommée « Récolte populaire de semences forestières » en vue d’approvisionner les 7 000 pépinières villageoises. Nous résumons toutes ces actions dans le terme des « Trois luttes ».

Mesdames, Mesdemoiselles et Messieurs :

Mon intention n’est pas d’encenser sans retenue et sans mesure la modeste expérience révolutionnaire de mon peuple en matière de défense de l’arbre et de la forêt. Mon intention est de vous parler de la façon la plus explicite qui soit, des profonds changements en cours au Burkina Faso, dans les relations entre l’homme et l’arbre. Mon intention est de témoigner de la façon la plus fidèle qui soit, de la naissance et du développement d’un amour sincère et profond entre l’homme burkinabé et l’arbre, dans ma patrie.

Ce faisant, nous croyons traduire sur le terrain notre conception théorique en rapport avec les voies et moyens spécifiques à nos réalités sahéliennes, dans la recherche de solutions aux dangers présents et futurs qui agressent l’arbre à l’échelle planétaire.

, Les efforts de toute la communauté ici réunie et les nôtres, vos expériences et nos expériences cumulées seront certainement à même de garantir des victoires constantes et soutenues pour sauver l’arbre, l’environnement et la vie tout court.

Excellences, Mesdames et Messieurs :

Je suis venu à vous parce que nous espérons que vous engagez un combat dont nous ne saurions être absents, nous qui sommes quotidiennement agressés et qui attendons que le miracle verdoyant surgisse du courage de dire ce qui doit être dit. Je suis venu me joindre à vous pour déplorer les rigueurs de la nature. Je suis venu à vous pour dénoncer l’homme dont l’égoïsme est cause du malheur de son prochain. Le pillage colonial a décimé nos forêts sans la moindre pensée réparatrice pour nos lendemains.

La perturbation impunie de la biosphère par des rallies sauvages et meurtriers, sur terre et dans les airs se poursuit. Et, l’on ne dira jamais assez, combien tous ces engins qui dégagent des gaz propagent des carnages. Ceux qui ont les moyens technologiques pour établir les culpabilités n’y ont pas intérêt et ceux qui y ont intérêt n’ont pas les moyens technologiques. Ils n’ont pour eux que leur intuition et leur intime conviction.

Nous ne sommes pas contre le progrès, mais nous souhaitons que le progrès ne soit pas anarchique et criminellement oublieux des droits des autres. Nous voulons donc affirmer que la lutte contre la désertification est une lutte pour l’équilibre entre l’homme, la nature et la société. A ce titre, elle est avant tout une lutte politique et non une fatalité.

La création d’un ministère de l’Eau qui vient compléter le ministère de l’Environnement et du Tourisme dans mon pays marque notre volonté de poser clairement les problèmes afin d’être à même de les résoudre. Nous devons lutter pour trouver les moyens financiers afin d’exploiter nos ressources hydrauliques forages, retenues d’eau et barrages qui existent. C’est le lieu de dénoncer les accords léonins et les conditions draconiennes des banques et organismes de financement qui condamnent nos projets en la matière. Ce sont ces conditions prohibitives qui provoquent l’endettement traumatisant de nos pays, interdisant toute marge de manoeuvre réelle.

Ni les arguments fallacieux du malthusianisme et j’affirme que l’Afrique reste un continent sous-peuplé ni les colonies de vacances pompeusement et démagogiquement baptisées « Opérations de reboisement », ne constituent des réponses. Nous et notre misère, nous sommes refoulés comme des pelés et des galeux dont les jérémiades et les clameurs perturbent la quiétude feutrée des fabriquants et des marchands de misère.

C’est pourquoi le Burkina a proposé et propose toujours, qu’au moins un pour cent des sommes colossales sacrifiées dans la recherche de la cohabitation avec les autres astres servent à financer de façon compensatoire, des projets de lutte pour sauver l’arbre et la vie. Nous ne désespérons pas qu’un dialogue avec les martiens puisse déboucher sur la reconquête de l’Eden. Mais en attendant, les terriens que nous sommes avons aussi le droit de refuser un choix qui se limite à la simple alternative entre l’enfer et le purgatoire.

Ainsi formulée, notre lutte pour l’arbre et la forêt est d’abord une lutte populaire et démocratique. Car l’excitation stérile et dispendieuse de quelques ingénieurs et experts en sylviculture n’y fera jamais rien ! De même, les consciences émues, même sincères et louables, de multiples forums et institutions ne pourront reverdir le Sahel, lorsqu’on manque d’argent pour forer des puits d’eau potable à 100 mètres et que l’on en regorge pour forer des puits de pétrole à 3 000 mètres ! Kart Marx le disait, on ne pense ni aux mêmes choses, ni de la même façon selon que l’on vit dans une chaumière ou dans un palais. Cette lutte pour l’arbre et la forêt est surtout une lutte anti-impérialiste. Car l’impérialisme est le pyromane de nos forêts et de nos savanes.

Messieurs les présidents ; Messieurs les Premiers ministres ; Mesdames, Messieurs :

C’est pour que le vert de l’abondance, de la joie, du bonheur conquière son droit que nous nous sommes appuyés sur ces principes révolutionnaires de lutte. Nous croyons en la vertu de la révolution pour arrêter la mort de notre Faso et pour lui ouvrir un destin heureux.

Oui, la problématique de l’arbre et de la forêt est exclusivement celle de l’équilibre et de l’harmonie entre l’individu, la société et la nature. Ce combat est possible. Ne reculons pas devant l’immensité de la tâche, ne nous détournons pas de la souffrance des autres car la désertification n’a plus de frontières.

Ce combat, nous pouvons le gagner si nous choisissons d’être architectes et non pas simplement abeilles. Ce sera la victoire de la conscience sur l’instinct. L’abeille et l’architecte’, oui ! L’auteur me permettra de prolonger cette comparaison dualiste en un triptyque, c’est-à-dire : l’abeille, l’architecte et l’architecte révolutionnaire.

La patrie ou la mort, nous vaincrons ! Je vous remercie.

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13 avril 2012 5 13 /04 /avril /2012 20:09

Discours prononcé par Thomas Sankara sur la dette à Addis Abéba le 29 juillet 1987

Un front uni contre la dette

Monsieur le président,  

Messieurs les chefs des délégations,

Je voudrais qu’à cet instant nous puissions parler de cette autre question qui nous tiraille : la question de la dette, la question de la situation économique de l’ Afrique. Autant que la paix, elle est une condition importante de notre survie. Et c’est pourquoi j’ai cru devoir vous imposer quelques minutes supplémentaires pour que nous en parlions.  

Le Burkina Faso voudrait dire tout d’abord sa crainte. La crainte que nous avons c’est que les réunions de l’OUA se succèdent, se ressemblent mais qu’il y ait de moins en moins d’intéressement à ce que nous faisons.

Monsieur le président,
 

Combien sont-ils les chefs d’Etat qui sont ici présents alors qu’ils ont dument appelés à venir parler de l’Afrique en Afrique ?  

 

Monsieur le président,

Combien de chefs d’Etats sont prêt à bondir à Paris, à Londres, à Washington lorsque là-bas on les appelle en réunion mais ne peuvent pas venir en réunion ici à Addis-Abeba en Afrique ? Ceci est très important.[Applaudissements]

Je sais que certains ont des raisons valables de ne pas venir. C’est pourquoi je voudrais proposer, Monsieur le président, que nous établissions un barème de sanctions pour les chefs d’Etats qui ne répondent pas présents à l’appel. Faisons en sorte que par un ensemble de points de bonne conduite, ceux qui viennent régulièrement, comme nous par exemple, [Rires] puissent être soutenus dans certains de leurs efforts. Exemple : les projets que nous soumettons à la Banque africaine de développement (BAD) doivent être affectés d’un coefficient d’africanité.[Applaudissements] Les moins africains seront pénalisés. Comme cela tout le monde viendra aux réunions.

Je voudrais vous dire, Monsieur le président, que la question de la dette est en question que nous ne saurions occulter. Vous-même vous en savez quelque chose dans votre pays où vous avez du prendre des décisions courageuses, téméraires même. Des décisions qui ne semblent pas du tout être en rapport avec votre age et vos cheveux blancs. [Rires] Son Excellence le président Habib Bourguiba qui n’a pas pu venir mais qui nous a fait délivrer un important message donné cet autre exemple à l’Afrique, lorsque en Tunisie, pour des raisons économiques, sociales et politiques, il a du lui aussi prendre des décisions courageuses.

 

 

Mais, Monsieur le président, allons-nous continuer à laisser les chefs d’Etats chercher individuellement des solutions au problème de la dette avec le risque de créer chez eux des conflits sociaux qui pourraient mettre en péril leurs stabilités et même la construction de l’unité africaine ? Ces exemples que j’ai cités, il y en a bien d’autres, méritent que les sommets de l’OUA apportent une réponse sécurisante à chacun de nous quant à la question de la dette.

Nous estimons que la dette s’analyse d’abord de par son origine. Les origines de la dette remontent aux origines du colonialisme. Ceux qui nous ont prêtés de l’argent, ce sont eux qui nous ont colonisés. Ce sont les mêmes qui géraient nos économies. Ce sont les colonisateurs qui endettaient l’Afrique auprès des bailleurs de fond, leurs frères et cousins. Nous sommes étrangers à la dette. Nous ne pouvons donc pas la payer.

La dette c’est encore le néo-colonialisme ou les colonialistes qui se sont transformés en " assistants techniques ". En fait, nous devrions dire en assassins technique. Et ce sont eux qui nous ont proposé des sources de financement, des " bailleurs de fonds ". Un terme que l’on emploie chaque jour comme s’il y avait des hommes dont le "bâillement" suffirait à créer le développement chez d’autres. Ces bailleurs de fonds nous ont été conseillés, recommandés. On nous a présenté des dossiers et des montages financiers alléchants. Nous nous sommes endettés pour cinquante ans, soixante ans et même plus. C’est-à-dire que l’on nous à amenés à compromettre nos peuples pendant cinquante ans et plus.

La dette sous sa forme actuelle, est une reconquête savamment organisée de l’Afrique, pour que sa croissance et son développement obéissent à des paliers, à des normes qui nous sont totalement étrangers. Faisant en sorte que chacun de nous devienne l’esclave financier, c’est-à-dire l’esclave tout court, de ceux qui ont eu l’opportunité, la ruse, la fourberie de placer des fonds chez nous avec l’obligation de rembourser. On nous dit de rembourser la dette. Ce n’est pas une question morale. Ce n’est point une question de ce prétendu honneur que de rembourser ou de ne pas rembourser.

 

 

Monsieur le président,

Nous avons écouté et applaudi le premier ministre de Norvège lorsqu’elle est intervenue ici même. Elle a dit, elle qui est européenne, que toute la dette ne peut pas être remboursée. Je voudrais simplement la compléter et dire que la dette ne peut pas être remboursée. La dette ne peut pas être remboursée parce que d’abord si nous ne payons pas, nos bailleurs de fonds ne mourront pas. Soyons-en surs. Par contre si nous payons, c’est nous qui allons mourir. Soyons-en surs également. Ceux qui nous ont conduits à l’endettement ont joué comme au casino. Tant qu’ils gagnaient, il n’y avait point de débat. Maintenant qu’ils perdent au jeu, ils nous exigent le remboursement. Et on parle de crise. Non, Monsieur le président, ils ont joué, ils ont perdu, c’est la règle du jeu. Et la vie continue.[Applaudissements]

Nous ne pouvons pas rembourser la dette parce que nous n’avons pas de quoi payer. Nous ne pouvons pas rembourser la dette parce que nous ne sommes pas responsables de la dette. Nous ne pouvons pas payer la dette parce qu’au contraire les autres nous doivent ce que les plus grandes richesses ne pourront jamais payer, c’est-à-dire la dette de sang. C’est notre sang qui a été versé.

On parle du Plan Marshall qui a refait l’Europe économique. Mais l’on ne parle pas du Plan africain qui a permis à l’Europe de faire face aux hordes hitlériennes lorsque leurs économies étaient menacés, leurs stabilités étaient menacées. Qui a sauvé l’Europe ? C’est l’Afrique. On en parle très peu. On parle si peu que nous ne pouvons, nous, être complices de ce silence ingrat. Si les autres ne peuvent pas chanter nos louanges, nous en avons au moins le devoir de dire que nos pères furent courageux et que nos anciens combattants ont sauvé l’Europe et finalement ont permis au monde de se débarrasser du nazisme.

La dette, c’est aussi la conséquence des affrontements. Lorsque on nous parle de crise économique, on oublie de nous dire que la crise n’est pas venue de façon subite. La crise existe de tout temps et elle ira en s’aggravant chaque fois que les masses populaires seront de plus en plus conscientes de leurs droits face aux exploiteurs.

Il y a crise aujourd’hui parce que les masses refusent que les richesses soient concentrées entre les mains de quelques individus. Il y a crise parce que quelques individus déposent dans des banques à l’étranger des sommes colossales qui suffiraient à développer l’Afrique. Il y a crise parce que face à ces richesses individuelles que l’on peut nommer, les masses populaires refusent de vivre dans les ghettos et les bas-quartiers. Il y a crise parce que les peuples partout refusent d’être dans Soweto face à Johannesburg. Il y a donc lutte et l’exacerbation de cette lutte amène les tenants du pouvoirs financier à s’inquiéter.

On nous demande aujourd’hui d’être complices de la recherche d’un équilibre. Equilibre en faveur des tenants du pouvoir financier. Equilibre au détriment de nos masses populaires. Non ! Nous ne pouvons pas être complices. Non ; nous ne pouvons pas accompagner ceux qui sucent le sang de nos peuples et qui vivent de la sueur de nos peuples. Nous ne pouvons pas les accompagner dans leurs démarches assassines.

 

Monsieur le président,

Nous entendons parler de clubs - club de Rome, club de Paris, club de Partout. Nous entendons parler du Groupe des Cinq, des Sept, du Groupe des Dix, peut être du Groupe des Cent. Que sais-je encore ? Il est normal que nous ayons aussi notre club et notre groupe. Faisons en sorte que dès aujourd’hui Addis-Abeba devienne également le siège, le centre d’ou partira le souffle nouveau du Club d’ Addis-Abeba contre la dette. Ce n’est que de cette façon que nous pourrons dire aujourd’hui, qu’en refusant de payer, nous ne venons pas dans une démarche belliqueuse mais au contraire dans une démarche fraternelle pour dire ce qui est.

Du reste les masses populaires en Europe ne sont pas opposées aux masses populaire en Afrique. Ceux qui veulent exploiter l’Afrique sont les mêmes qui exploitent l’Europe. Nous avons un ennemi commun. Donc notre club parti d’Addis-Abeba devra également dire aux uns et aux autres que la dette ne saura être payée. Quand nous disons que la dette ne saura payée ce n’est point que nous sommes contre la morale, la dignité, le respect de la parole. Nous estimons que nous n’avons pas la même morale que les autres. La Bible, le Coran, ne peuvent pas servir de la même manière celui qui exploite le peuple et celui qui est exploité. Il faudra qu’il y ait deux éditions de la Bible et deux éditions du Coran. [Applaudissements]

Nous ne pouvons pas accepter leur morale. Nous ne pouvons pas accepter que l’on nous parle de dignité. Nous ne pouvons pas accepter que l’on nous parle du mérite de ceux qui paient et de perte de confiance vis-à-vis de ceux qui ne paieraient pas. Nous devons au contraire dire que c’est normal aujourd’hui que l’on préfère reconnaître que les plus grands voleurs sont les plus riches. Un pauvre quand il vole ne commet qu’un larcin, une peccadille tout juste pour survivre et par nécessité. Les riches, ce sont eux qui volent le fisc, les douanes. Ce sont eux qui exploitent le peuple.

Monsieur la président,

Ma proposition ne vise pas simplement à provoquer ou à faire du spectacle. Je voudrais dire ce que chacun de nous pense et souhaite. Qui, ici, ne souhaite pas que la dette ne soit purement et simplement effacée ? Celui qui ne le souhaite pas peut sortir, prendre son avion et aller tout de suite à la Banque mondiale payer ; Applaudissements.

Je ne voudrais pas que l’on prenne la proposition du Burkina Faso comme celle qui viendrait de la part de jeunes sans maturité, sans expérience. Je ne voudrais pas non plus que l’on pense qu’il n’y a que les révolutionnaires à parler de cette façon. Je voudrais que l’on admette que c’est simplement l’objectivité et l’obligation.

Je peux citer dans les exemples de ceux qui ont dit de ne pas payer la dette, des révolutionnaires comme des non-révolutionnaires, des jeunes comme des vieux. Je citerai par exemple : Fidel Castro. Il a déjà dit de ne pas payer. Il n’a pas mon âge même s’il est révolutionnaire. Egalement François Mitterrand a dit que les pays africains ne peuvent pas payer, que les pays pauvres ne peuvent pas payer. Je citerai Madame le premier ministre de Norvège. Je ne connais pas son âge et je m’en voudrais de le lui demander. Rires et applaudissements. Je voudrais citer également le président Félix Houphouët Boigny. Il n’a pas mon âge. Cependant il a déclaré officiellement et publiquement qu’au moins pour ce qui concerne son pays, la dette ne pourra être payée. Or la Côte d’Ivoire est classée parmi les pays les plus aisés d’Afrique. Au moins d’Afrique francophone. C’est pourquoi, d’ailleurs, il est normal qu’elle paie plus sa contribution ici. [Applaudissements]
 

Monsieur le président,

Ce n’est donc pas de la provocation. Je voudrais que très sagement vous nous offriez des solutions. Je voudrais que notre conférence adopte la nécessité de dire clairement que nous ne pouvons pas payer le dette. Non pas dans un esprit belliqueux, belliciste. Ceci, pour éviter que nous allions individuellement nous faire assassiner. Si le Burkina Faso tout seul refuse de payer la dette, je ne serai pas là à la prochaine conférence ! Par contre, avec le soutient de tous, donc j’ai grand besoin, [Applaudissements] avec le soutien de tous, nous pourrons éviter de payer. Et en évitant de payer nous pourrons consacrer nos maigres ressources à notre développement.

Et je voudrais terminer en disant que nous pouvons rassurer les pays auxquels nous disons que nous n’allons pas payer la dette, que ce qui sera économisé n’ira pas dans les dépenses de prestige. Nous n’en voulons plus. Ce qui sera économisé ira dans le développement. En particulier nous éviterons d’aller nous endetter pour nous armer car un pays africain qui achète des armes ne peut l’avoir fait que contre un Africain. Ce n’est pas contre un Européen, ce n’est pas contre un pays asiatique. Par conséquent nous devons également dans la lancée de la résolution de la question de la dette trouver une solution au problème de l’armement.

Je suis militaire et je porte une arme. Mais Monsieur le président, je voudrais que nous nous désarmions. Parce que moi je porte l’unique arme que je possède. D’autres ont camouflé les armes qu’ils ont.[Rires et applaudissements]
Alors, chers frères, avec le soutien de tous, nous pourrons faire la paix chez nous.

Nous pourrons également utiliser ses immenses potentialité pour développer l’Afrique parce que notre sol et notre sous-sol sont riches. Nous avons suffisamment de quoi faire et nous avons un marché immense, très vaste du Nord au Sud, de l’Est à l’Ouest. Nous avons suffisamment de capacité intellectuelle pour créer ou tout au moins prendre la technologie et la science partout où nous pouvons les trouver.

 

 

Monsieur le président,

Faisons en sorte que nous mettions au point ce Front uni d’Addis-Abeba contre la dette. Faisons en sorte que ce soit à partir d’Addis-Abeba que nous décidions de limiter la course aux armements entre pays faibles et pauvres. Les gourdins et les coutelas que nous achetons sont inutiles. Faisons en sorte également que le marché africain soit le marché des Africains. Produire en Afrique, transformer en Afrique et consommer en Afrique. Produisons ce dont nous avons besoin et consommons ce que nous produisons au lieu de l’importer.

Le Burkina Faso est venu vous exposer ici la cotonnade, produite au Burkina Faso, tissée au Burkina Faso, cousue au Burkina Faso pour habiller les Burkinabé. Ma délégation et moi-même, nous sommes habillés par nos tisserands, nos paysans. Il n’y a pas un seul fil qui vienne d’Europe ou d’Amérique.[Applaudissements] Je ne fais pas un défilé de mode mais je voudrais simplement dire que nous devons accepter de vivre africain. C’est la seule façon de vivre libre et de vivre digne.

 

Je vous remercie, Monsieur le président.

 

La patrie ou la mort, nous vaincrons ! [Longs applaudissements]

 

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13 avril 2012 5 13 /04 /avril /2012 20:05

Ahmed Ben Bella, premier chef d’État algérien, est mort

Ben_Bella.jpg

Dirigeant historique du Front de libération national, Ahmed Ben Bella, qui s’est éteint hier à Alger, à l’âge de 96 ans, fut le premier président d’une Algérie indépendante et socialiste.

En avril 1944, quand le général de Gaulle décore de la médaille militaire l’adjudant Ahmed Ben Bella du 5e régiment des tirailleurs marocains, il ne savait pas qu’il avait devant lui le futur président de la République algérienne.

Ahmed Ben Bella, né le 25 décembre 1918 à Maghnia dans une famille de petits paysans, est décédé hier à Alger, à l’âge de 96 ans. Le premier président de l’Algérie indépendante, hospitalisé le 22 février à l’hôpital militaire d’Aïn Naadja, avait été donné pour mort par la presse algérienne avant que l’une de ses filles ne démente l’information. Il en est ressorti très affaibli au point où des sources proches du pouvoir algérien affirmaient qu’il n’en avait pas pour longtemps et qu’il était maintenu artificiellement en vie.

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C’est au lendemain de la Deuxième Guerre mondiale, après avoir été démobilisé, qu’il s’est lancé résolument dans la lutte politique. « C’est à Oujda que me parvint l’écho des événements du 8 mai 1945 (…) La répression de Sétif avait creusé un infranchissable fossé entre les deux communautés (algérienne et européenne). Je me devais à la mienne », raconte-t-il dans un livre écrit par Robert Merle, Ahmed Ben Bella. De retour à Maghnia, il adhère au MTLD (Mouvement pour le triomphe des libertés démocratiques) issu du PPA (Parti populaire algérien), fondé par Messali Hadj. Aux élections municipales de 1947, il est élu conseiller général. Mais après des démêlés avec l’administration coloniale, il plonge dans la clandestinité. Il fait partie de l’OS (Organisation spéciale) sous les ordres d’Hocine Aït Ahmed (futur dirigeant du FLN), une organisation créée par le MTLD pour préparer l’insurrection armée. Après l’attaque de la poste d’Oran à laquelle il prit part, l’OS est démantelée, Ben Bella est arrêté en 1950 et condamné à sept ans de prison. Incarcéré à Blida, près d’Alger, il s’évade en 1952 et se réfugie au Caire où se trouvent Aït Ahmed et Mohamed Khider.

C’est au Caire qu’il apprend la création, en mars 1954, du Crua (Comité révolutionnaire d’unité et d’action) dont il n’est pas membre, dont sera issu le FLN. Avec Ait Ahmed, Ben Bella est alors chargé de diriger la délégation extérieure du FLN basée au Caire. En 1956, il est arrêté une deuxième fois lorsque l’avion qui le conduisait du Maroc en Tunisie en compagnie d’Aït Ahmed, Mohamed Boudiaf et Mohamed Khider est détourné. Incarcéré sur l’île d’Aix, il ne retrouvera la liberté qu’en mars 1962. Lors de la crise du FLN de l’été 1962, il prend le parti des militaires opposés au GPRA (gouvernement provisoire) dont il contestait la légitimité. C’est ainsi qu’il s’impose comme chef du FLN, écarte ses adversaires et prend le pouvoir en septembre 1962. Élu en septembre 1963 président de la République, Ben Bella opte pour le socialisme autogestionnaire. Le 19 juin 1965, il est renversé par un coup d’État et ne retrouvera la liberté qu’en 1980.

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13 avril 2012 5 13 /04 /avril /2012 20:03

Ahmed Ben Bella, le premier président de l'Algérie, est décédé

Ahmed Ben Bella est décédé à l'âge de 95 ans à son domicile familial à Alger. Rentré de Paris fin février, il avait été brièvement hospitalisé à deux reprises à l'hôpital militaire d'Ain Naadja après un malaise.

Ahmed Ben Bella, ici en 1962, arrive au Maroc après sa libération

Ahmed Ben Bella était l’un des neuf chefs historiques du Comité révolutionnaire d'unité et d'action, l'ancêtre du FLN,  pendant la guerre d’Algérie. Arrêté deux fois par les Français, il est libéré après la signature des accords d’Evian en 1962.

Ahmed Ben Bella est alors désigné président du Conseil en septembre 1962. Il est ensuite élu président de la République algérienne démocratique et populaire le 15 septembre 1963. 

Il n’occupe cette fonction que deux ans avant d’être renversé par l'un de ses compagnons et ministre de la Défense, le colonel Houari Boumediene en 1965. Ahmed Ben Bella passe alors 14 ans en prison avant d'être gracié. Il choisit l'exil vers l'Europe et ne reviendra définitivement en Algérie qu'en 1997.

Depuis 2007, Ahmed Ben Bella présidait le Groupe des sages de l'Union africaine, chargé de la prévention et de la gestion des conflits en Afrique. Il vivait entre Alger et Paris où il était notamment soigné pour une phlébite. Il disparait alors que l'Algérie s'apprête à célébrer le 5 juillet prochain le 50e anniversaire de son indépendance.

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13 avril 2012 5 13 /04 /avril /2012 20:02

L'Algérie dit adieu à Ben Bella, son premier président

Algérie : obsèques d'Ahmed Ben Bella, 13/4/12 Algérie : obsèques d'Ahmed Ben Bella, 13/4/12 © TF1/LCI

Le premier président d'Algérie, Ahmed Ben Bella, décédé mercredi à l'âge de 95 ans, a été accompagné, après la grande prière du vendredi, à sa dernière demeure au carré des Martyrs du grand cimetière Al-Alia d'Alger, par le président Abdelaziz Bouteflika, la classe politique algérienne et de hauts dirigeants du Maghreb.

Les routes étaient bien dégagées, ne serait-ce qu'à cause du mauvais temps qui a gardé la population devant son poste de télévision pour suivre le déroulement filmé des événements de la journée, entrecoupé d'images de Ben Bella : lorsqu'il est devenu président du Conseil national de la révolution algérienne (CNRA), chef du gouvernement, le 27 septembre 1962, puis après son élection le 15 septembre 1963 comme premier président de la République algérienne indépendante.

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13 avril 2012 5 13 /04 /avril /2012 20:01

Ahmed Ben Bella : des funérailles solennelles dans Alger sous la pluie

 

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Le premier président d'Algérie, Ahmed Ben Bella, a été accompagné, après la grande prière du vendredi, à sa dernière demeure au carré des Martyrs du grand cimetière Al-Alia d'Alger, par le président Abdelaziz Bouteflika, la classe politique algérienne et de hauts dirigeants du Maghreb.

"L'Algérie n'est pas la seule à l'avoir perdu", a déclaré à la télévision algérienne le président tunisien Moncef Marzouki, venu présenter un dernier hommage au défunt. "Le Grand Maghreb l'a perdu aussi, tout comme la nation arabe. Il était le symbole du tiers-monde", a souligné cet ancien opposant, entouré de membres de son gouvernement.

D'autres hauts responsables politiques ont fait le déplacement: le Premier ministre marocain Abdelilah Benkirane, pour qui Ben Bella a été "un symbole de la lutte contre le colonialisme", son homologue mauritanien Moulay Oulad Mohamed El Aghdas mais aussi le président sahraoui du Front Polisario Mohamed Abdelaziz et l'ancien président algérien Chadli Bendjedid.

Sous une pluie battante, ils ont marché derrière le président Abdelaziz Bouteflika pour accompagner la dépouille de Ben Bella, décédé chez lui dans son sommeil mercredi à l'âge de 95 ans, à l'intérieur du cimetière d'El-Alia, dans l'est de la capitale.

Le cercueil était porté par plusieurs officiers marchant au pas, au rythme des tambours, en direction du carré des Martyrs où est déjà enterré le pire ennemi de Ben Bella: Houari Boumediene, son compagnon d'armes et ministre de la Défense qui l'avait renversé en 1965 et placé en détention.

Sa dépouille était partie de chez lui jeudi matin, déjà accompagnée du président Abdelaziz Bouteflika, au Palais du Peuple pour y être exposée durant 24 heures.

Les conditions d'accès à cette résidence des gouverneurs ottomans bâtie au 18e siècle avaient été allégées pour permettre à la population de rendre un dernier hommage au héros de la lutte anti-colonialiste avant son enterrement vendredi après-midi.

Alger fouettée par les averses et le vent

A la différence de l'ensemble du monde politique et militaire algérien, et du corps diplomatique étranger, peu d'Algériens s'étaient déplacés: Alger a les pieds dans l'eau, fouettée par les averses et le vent depuis mercredi.

Même le cercueil en bois du défunt a dû être recouvert de larges bâches de plastique blanc dans le cortège couvert de fleurs qui le menait vers le cimetière, après une sortie du palais saluée par la garde républicaine.

Le long cortège s'était ébranlé dans le vieil Alger, salué sur son passage par les "youyou" de femmes postées sur les balcons et dans la rue, luttant contre la pluie, en direction du cimetière El-Alia, avec les hautes personnalités d'Afrique du Nord.

Les routes étaient bien dégagées, ne serait-ce qu'à cause du mauvais temps qui a gardé la population devant son poste de télévision pour suivre le déroulement filmé des événements de la journée, entrecoupé d'images de Ben Bella: lorsqu'il est devenu président du Conseil national de la révolution algérienne (CNRA), chef du gouvernement, le 27 septembre 1962, puis après son élection le 15 septembre 1963 comme premier président de la République algérienne enfin indépendante.

Aucune image qui fâche n'a été montrée, après son renversement par un coup d'Etat en 1965 mené par son ministre de la Défense et compagnon de lutte Houari Boumediene, un proche d'Abdelaziz Bouteflika. Mais un Ben Bella souriant à l'élection en 1999 de M. Bouteflika à la présidence et une longue étreinte entre les deux hommes, diffusée au ralenti et en boucle.

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13 avril 2012 5 13 /04 /avril /2012 19:59

Ahmed Ben Bella, premier président de l'Algérie indépendante,  décédé mercredi à l'âge de 96 ans, a été inhumé vendredi après-midi au carré  des Martyrs du cimetière El-Alia (Alger), en présence du président de la République,  M. Abdelaziz Bouteflika.

De hauts responsables de l'Etat, des membres du gouvernement, des moudjahidine,  des personnalités nationales et étrangères, des membres des corps constitués,  des représentants du corps diplomatique accrédité en Algérie, ainsi que des  amis et compagnons du défunt ont également assisté aux funérailles.        

Auparavant, le cortège funèbre était arrivé à El-Alia où le corps du  défunt, drapé de l'emblème national et porté par des éléments de l'Armée nationale  populaire (ANP), a été déposé au carré des Martyrs sous un chapiteau érigé pour  la circonstance.         

Après la prière à la mémoire du défunt et l'oraison funèbre prononcée  par le ministre des Moudjahidine, Mohamed Chérif Abbas, il a été procédé à la  mise sous terre de la dépouille mortelle.         

M. Abbas a salué le combat et le parcours exemplaires du défunt. Une  figure nationale, un révolutionnaire et homme d'Etat. "Nous sommes rassemblés aujourd'hui pour accompagner à sa dernière  demeure un grand homme qui a consacré toute son existence à l'Algérie  et à son indépendance. Un sage qui a marqué à la fois l'histoire de la guerre  de libération et celle de l'Algérie indépendante dont il fut le premier  président", a-t-il souligné.         

Le président Bouteflika avait auparavant accompagné le cortège  funèbre du défunt Ahmed Ben Bella, qui s'est ébranlé du palais du Peuple vers  le cimetière El Alia (Alger).         

L'enterrement de Ben Bella s'est déroulé en présence d'une foule nombreuse  parmi laquelle se trouvaient de hauts responsables de l'Etat, des personnalités  politiques et des délégations étrangères venues rendre un dernier hommage au  défunt.         

Dans une ambiance de deuil et de recueillement, des centaines de  citoyens se sont massés le long du passage du cortège funèbre pour saluer   la mémoire de cette figure nationale historique.          

Le cortège retransmis en direct par la télévision nationale  a emprunté la rue Didouche Mourad, la Grande-Poste, le boulevard de l'ALN pour  arriver au cimetière El Alia.           

Le président Bouteflika avait décrété un deuil de huit jours sur l'ensemble  du territoire national, suite à l'annoncé du décès de Ben Bella.

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