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23 janvier 2015 5 23 /01 /janvier /2015 23:34

La tentation autoritaire des libéraux ne date pas d’hier

Photo : Louisa Gouliamaki/AFP
Banderole « Troïka dehors » sur un bâtiment où les représentants du FMI ont loué des bureaux en 2010 à Athènes.
Photo : Louisa Gouliamaki/AFP
En 2005 en France et en Hollande avec le référendum sur le traité européen, en 2009 en Irlande, en 2012 déjà pour éviter la victoire de Syriza, 
les eurocrates ne ménagent pas leurs efforts pour empècher les peuples de décider par eux-mêmes.

Il y a tout juste dix ans, les institutions européennes entamaient contre les citoyens un travail de sape toujours en vogue aujourd’hui aux quatre coins de l’Europe, comme on peut l’observer ces derniers jours avec la déferlante anti-Syriza qui s’abat sur le continent. C’est qu’en ce moment, à Bruxelles, on s’inquiète : le parti anti-austérité grec pourrait l’emporter lors des élections législatives anticipées du 25 janvier prochain.

En 2005, en France et aux Pays-Bas, semaine après semaine jusqu’aux derniers jours d’avant le référendum qui soumettait le projet de Constitution européenne à ces deux peuples, les médias dominants n’ont cessé de déverser leurs armées de chiens de garde pour expliquer à la plèbe pourquoi il fallait dire oui à ce projet. Las, et malgré des sondages très orientés jusqu’à la dernière minute donnant le oui vainqueur, c’est un non qui, dans un élan de démocratie conscient, l’emportait largement, avec 55 % des voix pour la France et 63 % pour les Pays-Bas. Pour les Français, l’arrivée au pouvoir de la droite sarkozyste allait changer la donne. Dès février 2008, elle faisait adopter le traité de Lisbonne (c’est-à-dire le même texte mais encore plus contraignant que le précédent) à marche forcée. Les parlementaires ont voté en congrès la modification de la Constitution préalable à la ratification du traité de Lisbonne. La même histoire se répétera quasiment jour pour jour aux Pays-Bas.

Il s’agissait là d’un des premiers coups portés à la démocratie en Europe

Quelques années plus tard en Irlande, bis repetita. Nous sommes en juin 2009. Les Irlandais doivent retourner aux bureaux de vote un an après avoir « mal » voté en juin 2008. Lors de la seconde campagne pour le oui, tous les moyens sont déployés pour tenter de faire changer d’avis les Irlandais. Une campagne de communication très onéreuse financée par des grandes entreprises comme Ryanair et Intel est mise en route pour la cause du oui qui l’emportera finalement. « Mais un oui obtenu dans la peur et l’insécurité provoquées par la gravité de la crise de 2008 et confortant de fait la voie néolibérale dans laquelle est engagée l’Union européenne », rappelle alors l’association altermondialiste Attac.

Quelques années plus tard, en novembre 2011, c’est sur la Grèce que se pose la patte de la troïka (Commission européenne, Banque centrale européenne, Fonds monétaire international). La décision du premier ministre grec Georges Papandréou d’organiser un référendum sur le plan de sauvetage européen provoque une crise majeure, non seulement au sein du gouvernement hellène pro-Bruxelles, mais aussi parmi ses alliés européens, furieux d’avoir été mis devant le fait accompli. Comme lors des derniers chapitres de la récente histoire grecque, l’annonce de ce référendum fait brutalement chuter les Bourses du monde entier. Les dirigeants européens et le FMI réussiront à convaincre Papandréou de revenir à des méthodes moins dangereuses pour leurs intérêts... Ce qui aboutit à la démission du chef du Pasok ! La question qui devait être posée aux Grecs était alors en substance la suivante : « Voulez-vous rester dans la zone euro ? »

Entre le 10 novembre 2011 et ce 20 juin 2012, le gouvernement grec technocratique de transition n’a eu donc aucune légitimité démocratique. Et lors des deux scrutins législatifs de mai et juin 2012, le spectre, déjà, de la victoire de Syriza a provoqué une nouvelle levée de boucliers de la troïka. Malgré de longues semaines de dénigrement, le parti passe en quelques mois de 4 % d’intentions de vote à 27 %. Profitant du manque d’expérience de la formation de gauche radicale, la troïka réussit une fois encore à renverser la tendance et propulse Antonis Samaras, le leader du parti de droite Nouvelle Démocratie, à la tête d’un gouvernement de coalition avec le Pasok.

Deux ans plus tard, l’histoire se répète avec toutefois un bémol à la clé. Entre-temps, les politiques d’austérité ineptes et mortifères menées par le gouvernement Samaras ont plongé le pays à un niveau de pauvreté jamais atteint dans un pays européen depuis la période de reconstruction post-Seconde Guerre mondiale et, cerise sur le gâteau, avec une dette passée à 175 % du PIB aujourd’hui contre 120 % en 2009 !

 

http://www.humanite.fr/la-tentation-autoritaire-des-liberaux-ne-date-pas-dhier-562064

 

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23 janvier 2015 5 23 /01 /janvier /2015 23:33
Dans votre quotidien du 23 janvier 2015
Pour changer la Grèce, Syriza vise la majorité absolue
http://www.humanite.fr/
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23 janvier 2015 5 23 /01 /janvier /2015 23:32

Syriza Les oligarques dans le viseur de la coalition de la gauche radicale

Si Syriza a récemment réaffirmé son attachement à la monnaie unique en soulignant que « l’argument d’une sortie de la Grèce de la zone euro » n’était qu’un subterfuge utilisé par Antonis Samaras

Si Syriza a récemment réaffirmé son attachement à la monnaie unique en soulignant que « l’argument d’une sortie de la Grèce de la zone euro » n’était qu’un subterfuge utilisé par Antonis Samaras « pour terroriser et exercer des pressions » sur les électeurs, la coalition de la gauche radicale a décidé d’attaquer de front ses ennemis. « Nous voulons réduire le pouvoir des oligarques et des hommes d’affaires qui contrôlent l’économie 
du pays », a affirmé hier Georges Stathakis, député de Syriza, parti favori des prochaines élections législatives du 25 janvier. Le rôle de certains entrepreneurs « oligarques dans les secteurs des travaux publics ou des médias privés, liés politiquement au pouvoir », devrait être réduit pour promouvoir la compétition, a précisé cet économiste qui souhaite faire appliquer des règles « de transparence », notamment en luttant contre la corruption des grands entrepreneurs.

 

http://www.humanite.fr/syriza-les-oligarques-dans-le-viseur-de-la-coalition-de-la-gauche-radicale-562069

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23 janvier 2015 5 23 /01 /janvier /2015 23:31

Le FN se lance dans la salade grecque

Le parti d'extrême droite français veut tirer profit des succès populaires de Podemos et Syriza, malgré des aspirations aux antipodes.

Non content de vouloir détourner dans les urnes la colère des couches populaires étranglées par l’austérité en France, le Front national voudrait exporter son venin à l’échelle européenne. À preuve, les communiqués éhontés de Marine Le Pen et de son numéro deux, Florian Philippot, qui exploitent les séquences politiques favorables à Podemos en Espagne et à Syriza en Grèce, sur fond de contestation de la politique d’austérité imposée par Bruxelles. Les dirigeants de l’extrême droite française se félicitant de ces « victoires du peuple et de ses représentants » ? Une mascarade.

Si Le Pen saluait le 29 décembre la « gifle infligée au candidat de l’Union européenne » par le Parlement grec, ce n’était que pour valider ses propres positions antieuropéennes. On se frotte les yeux en lisant qu’elle invoque les « politiques de bon sens contre l’austérité » prônées par Alexis Tsipras, qui seraient, écrit-elle, « les seules capables de rétablir l’économie de ce pays ». C’est oublier qu’il y a peu encore, les alliés grecs du FN, nationalistes et traditionalistes, se nommaient Laos (Alerte populaire orthodoxe, créée par un nostalgique de la « dictature des colonels ») et participaient à la coalition « d’union nationale dirigée par les socialistes du Pasok », responsable de la situation actuelle, rappelait le secrétaire national du Parti de gauche, Alexis Corbière, dans Libération, hier. L’opération de brouillage idéologique du FN, jusqu’à la « gauche radicale » donc, oublie au passage quelques revendications de Syriza : « facilitation du regroupement familial », « naturalisation des immigrés et de leurs enfants », « accès à la santé publique et à l’éducation pour les migrants », « nationalisation de tous les enfants » nés en Grèce ou « arrivés à un jeune âge », « nationalité automatique après sept ans de présence ». Voilà les véritables aspirations « du peuple et de ses représentants ». De quoi faire s’étrangler les chantres de la « préférence nationale ».

 

http://www.humanite.fr/le-fn-se-lance-dans-la-salade-grecque-561846

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23 janvier 2015 5 23 /01 /janvier /2015 23:29

Comment le peuple est-il en train de reprendre le pouvoir en Grèce?

Avant les élections législatives du 25 janvier
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Yiannis Burnous Membre du comité exécutif du Parti 
de la gauche européenne Dimitris Stratoulis Syndicaliste, député Syriza, responsable de la commission Emploi Theano Fotiou Députée Syriza

Défaire la campagne  de terreur dirigée contre les peuples européens   Yiannis Burnous  Membre du comité exécutif du Parti 
de la gauche européenne

 

 

Il reste peu de jours de vie à la coalition désastreuse de la droite et de la social-démocratie qui gouverne la Grèce. Le 25 janvier, le peuple grec est appelé à faire un pas historique décisif : mener à bout la « révolution ­démocratique » de juin 2012 et donner à Syriza et ses alliés les moyens ­politiques pour gouverner le pays. Les peuples d’Europe, les forces politiques de la gauche européenne et tous les mouvements démocratiques et progressistes en Europe dirigent leur attention vers la Grèce. 
 
La victoire décisive de Syriza aux élections grecques peut mettre un terme aux politiques des mémorandums et à la stratégie de l’austérité, et déclencher des évolutions progressistes dans l’ensemble de l’Europe. Le 25 janvier, la peur changera enfin de camp : elle sera dans le camp de l’adversaire, des néolibéraux fondamentalistes, qui ont transformé la Grèce et les autres pays dits PIIGS ­(Portugal, Irlande, Italie, Grèce et Espagne) en laboratoires d’une expérimentation absurde et barbare. 
 
Le moment de la défaite est arrivé pour les épigones de Friedman. C’est bien pour cela que les médias internationaux du système dominant se sont adonnés ces derniers jours à une campagne de peur et de mensonge sans précédent à l’encontre de Syriza et de la volonté du peuple grec. Ils pressentent que le consensus silencieux – silence de cimetière – dans l’Union européenne et dans l’eurozone approche vers sa fin. Ils s’aperçoivent que la rupture en Grèce avec l’austérité et l’énonciation d’une contre-proposition élaborée pour la gestion des dettes publiques de la Grèce et de l’eurozone vont introduire un immense changement au rapport des forces sociales et politiques en Europe et vont élever le moral, l’espoir et les attentes des peuples européens en opposition aux choix de leurs gouvernements néolibéraux, de la direction de l’Union européenne et de la troïka. 
 
L’objectif de Syriza et de la gauche européenne est la récompense de l’espoir naissant des peuples de notre continent. Notre objectif est que la victoire de Syriza en Grèce se mue en une vague déferlante qui, en passant par la suite par l’Espagne et l’Irlande, remettra en question « l’hégémonie inébranlable » de Mme Merkel, des banquiers, des marchés et de leurs alliés politiques, droitistes, sociaux-démocrates et libéraux. Depuis le moment où en Grèce des élections anticipées ont été proclamées, nous sommes les destinataires de milliers de messages de solidarité, individuels ou collectifs, en provenance de chaque coin d’Europe et du monde. Des dizaines de camarades européens nous informent qu’ils se rendront les jours des élections à Athènes pour renforcer notre combat préélectoral et partager avec nous la victoire historique de la gauche. 
 
Nous n’avons qu’un seul message à adresser à chacun de nos alliés européens, citoyen ou collectif de la gauche, de la démocratie, des mouvements sociaux : il faut porter la vérité sur le programme de gouvernance de Syriza à chaque coin d’Europe, pour défaire avec votre aide la campagne de terreur dirigée contre les peuples ­européens. L’heure est là pour l’espoir de l’emporter sur la peur ! 
 
 
 
 Une majorité,  un gouvernement et  un plan d’action immédiat Dimitris Stratoulis Syndicaliste, député Syriza, responsable de la commission Emploi
 
 
 
La coalition gouvernementale de Samaras-Venizelos, qui, après avoir pillé la société pendant deux ans et demi, a consenti récemment à des nouveaux engagements envers la troïka des créanciers pour l’imposition de mesures antisociales supplémentaires, appartient désormais au passé. Syriza a atteint l’objectif de son renversement. Le peuple grec a maintenant la parole. C’est lui qui imposera son choix avec son vote le 25 janvier 2015. Devant les urnes, deux options s’ouvrent à lui. La première est celle de la continuation des politiques désastreuses de l’austérité. La seconde est leur renversement et leur remplacement par un plan de développement qui vise le redressement productif et social effectif du pays.
 
Le gouvernement et ses amis en Grèce et à l’étranger tentent, avec la diffusion de la peur et d’un discours alarmiste autour de Syriza et de la perspective d’un gouvernement de gauche, d’intimider un peuple ­exsangue après cinq ans d’application des mémorandums antisociaux. Des mesures qui ont ruiné ses salaires, 
ses retraites, ses droits acquis et ont propulsé la récession, le chômage et la pauvreté à des niveaux stratosphériques.
 
L’alarmisme du gouvernement grec, des cercles dirigeants du FMI, de la zone euro et de l’Allemagne avec le chantage des hypothétiques attaques des marchés ne fait pas peur à Syriza. Au contraire, cela renforce notre détermination en tant que futur gouvernement de gauche soutenu par les combats et le vote du peuple grec à promouvoir et à appliquer à la lettre les dispositions de notre programme, sans succomber ni aux menaces, ni aux chantages, ni aux pressions de l’establishment national et international relayées à profusion par les médias dévoués à leur cause.
 
Les critères de nos décisions, en tant que gouvernement progressiste de la gauche, ne seront pas les exigences brutales et humiliantes des créanciers et des fonds spéculatifs, mais la survie du peuple, la dignité de notre pays, l’avenir de la jeune génération et aussi le besoin de frayer des nouvelles voies prometteuses pour tous les peuples de l’Europe, en renversant les politiques destructrices d’une austérité sans fin.
 
L’objectif de Syriza est d’obtenir une majorité parlementaire aux élections et la formation d’une alliance – indépendamment du résultat électoral – avec d’autres forces de la gauche et de l’écologie radicale pour former un gouvernement.
 
Ce gouvernement de gauche aura comme priorités essentielles l’annulation des mémorandums de rigueur et leur remplacement par un plan de développement qui favorisera la restructuration productive. Il s’attaquera immédiatement aux problèmes urgents du chômage, du rétablissement des revenus de la classe ouvrière, des droits sociaux, de la protection législative du travail et de tous les droits démocratiques qui ont été abrogés les dernières années. Dans ce but, la renégociation des accords de prêt avec les créanciers afin d’annuler les clauses abusives, les clauses « coloniales » qui étranglent la population et d’effacer une grande partie de la dette publique, est nécessaire et primordiale.
 
Pour faire face aux problèmes sociaux immédiats des victimes de la crise économique et pour relancer l’économie, un plan d’action sera présenté immédiatement au Parlement. Les projets de loi qui seront soumis en priorité au vote des députés concernent :
 
– le rétablissement du salaire minimum à 751 euros (celui-ci ayant été réduit à 586 par les lois mémorandaires) et du treizième mois pour les retraites inférieures à 700 euros ;
 
– la suppression des mesures législatives qui ont permis les licenciements abusifs dans la fonction publique et la réembauche des victimes concernés ; 
 
– le rétablissement des lois de travail qui protègent les salariés du privé contre les licenciements abusifs et la suppression des mesures antidémocratiques qui permettent au gouvernement de réquisitionner abusivement et autoritairement les grévistes ;
 
– la mise en œuvre des mesures qui facilitent le remboursement des dettes des personnes physiques et des PME envers les caisses de l’État ou des assurances, des dettes des foyers surendettés envers les banques, en prévoyant même la possibilité de l’effacement d’une partie de leur dette égale à la perte des revenus liée à l’application des mesures mémorandaires.
 
En même temps, le gouvernement prendra une série des mesures pour remédier aux problèmes liés à la crise humanitaire : accès au courant électrique pour les ménages pauvres, des coupons alimentaires pour les personnes démunies, la mise à disposition des logements pour les sans-abri, l’accès aux services de santé pour les personnes sans couverture sociale, l’accès gratuit aux moyens de transport publics pour les chômeurs et les pauvres et la réduction de la taxe appliquée sur le fioul de chauffage.
 
Ces mesures constitueront le premier pas de l’application de notre plan de développement antimémorandaire. Son application présuppose la mobilisation et le soutien du peuple grec, la solidarité des peuples européens, l’alliance avec toutes les forces syndicales progressistes de la gauche européenne et aussi avec les gouvernements du Sud frappés par la pauvreté.
 
La coalition gouvernementale de Samaras-Venizelos et l’élite politique et économique qui dirige actuellement l’Europe utilisent la peur comme arme. Syriza et le Parti de la gauche européenne représentent l’espoir de notre peuple et de tous les peuples européens pour un meilleur avenir. Optimistes, nous croyons que nous pouvons changer la situation en Grèce et en Europe. L’avenir est en marche. 
 
Un avenir commun  contre l’austérité  et la déflation Theano Fotiou Députée Syriza
 
 
La Grèce a été le pays d’Europe où les classes populaires ont subi la plus violente politique néolibérale d’austérité décidée par la troïka, par le biais des mémorandums. Les objectifs étaient évidents : suppression des conventions collectives et des droits acquis, abandon de l’État social (éducation, santé, sécurité) au privé, privatisations et liquidation du patrimoine public grec et des richesses naturelles du pays, confiscation des patrimoines privés grecs par la surimposition au profit des vautours étrangers des marchés. Dans un laps de temps de cinq ans, l’économie a été détruite, le chômage a atteint 27 % et 62 % pour les jeunes, les revenus ont été réduits de 50 %, les retraités ont été anéantis, 3,5 millions de citoyens se sont retrouvés en dessous du seuil de pauvreté. Les jeunes émigrent massivement et la dette publique est passée de 120 % en 2009 à 175 % du PIB. Et naturellement, elle ne peut pas être remboursée. Le peuple grec devait être puni de façon exemplaire, à titre d’avertissement pour le reste des peuples européens. L’économie et la société ont subi des dommages d’une guerre non déclarée. Le peuple souffre. La Grèce, un pays de l’UE en temps de paix, se trouve face à une crise ­humanitaire : suicides, enfants qui s’évanouissent de faim à l’école, propagation des maladies infantiles puisque les enfants ne sont plus vaccinés et 35 % des familles se trouvent en dessous du seuil de pauvreté.
 
Le peuple grec n’a pas plié. Des vagues de grèves et des manifestations massives ont mobilisé le pays, tandis que les citoyens se sont retournés pour la première fois depuis la Seconde Guerre mondiale vers la gauche radicale, vers Syriza. En même temps le peuple grec a commencé à s’auto-organiser en créant des structures de solidarité sociale sur tout le pays afin de survivre et de résister. Personne ne reste seul face à la crise. Solidarité et résistance ont été les mots d’ordre. Des centres de santé et des pharmacies solidaires, des cantines sociales, des distributions de colis alimentaires, des nouveaux marchés sans intermédiaires de distribution, des écoles solidaires pour les Grecs et les étrangers, et tous les jours nous voyons apparaître de nouvelles formes de collaboration sociale. Suivant les règles de la ­démocratie participative, les décisions sont prises en assemblées générales ouvertes garantissant la participation égalitaire de tous, solidaires et bénéficiaires, Grecs et étrangers. Par leur action, ces cellules d’autogestion renversent le modèle idéologique du néolibéralisme (concurrence, personnalisation et privatisation).
 
La crise transforme les identités. Les structures de solidarité sociale accélèrent les transmutations identitaires et politiques. Les structures de la solidarité révèlent le caractère politique de la crise. Parallèlement, le besoin de survie devient créateur des nouveaux savoir-faire de la pauvreté. Il démontre l’effet multiplicateur de la participation citoyenne. Les structures alimentaires qui se développent sur l’étendue du ­territoire grec se sont très rapidement intéressées aux surplus, au gaspillage, aux produits terrés par les producteurs ou détruits par les usines, aux aliments jetés par les restaurants et les magasins, aux médicaments et aux habits dont les familles ne se servent plus. Des produits qui sauvent des vies alors que le capitalisme préfère détruire pour accroître la valeur ajoutée du capital.
 
Cette Europe-là doit changer. Un cordon ombilical lie les structures de solidarité avec la gauche radicale. Leurs pratiques journalières ont enrichi le discours et le programme de Syriza. La lutte contre la crise humanitaire constitue un des grands axes du programme politique de Syriza et englobe les mesures immédiates qui vont être prises afin que personne ne se trouve plus sans toit, sans médicaments, sans chauffage, sans courant électrique. Syriza désire devenir le porte-parole de tous ceux qui ont nourri sa réflexion, qui ont amplifié sa force et sa voix pour revendiquer aujourd’hui la gouvernance du pays, pour supprimer les mémorandums et l’austérité, pour négocier l’effacement de la plus grande partie de la dette, non seulement pour le peuple grec mais pour le bien de toute l’Europe. Pour devenir l’initiateur d’un changement historique qui aura comme devise : « Cette Europe-là, elle se change ou elle s’autodétruit. »
 
C’est pour cela que nous demandons aujourd’hui la solidarité de tous les peuples de l’Europe pour un avenir commun contre l’austérité et la déflation, contre l’expansion du fascisme et du racisme. 
 
Pour l’Europe de la cohésion sociale et de la solidarité. « Pour l’humain avant le gain et pour un autre monde (qui) est possible », deux devises qui revendiquent les valeurs du socialisme comme des valeurs intemporelles de la gauche. 
   

Solidarité avec la Grèce  Plus de 80 personnalités ont lancé un appel intitulé « Grèce : Rendons-leur la démocratie ! Troïka basta ! », 
dans lequel ils scandent : « Union européenne, dirigeants européens, FMI, agences de notation : cessez 
votre chantage, votre ingérence dans la campagne électorale grecque ! Laissez le peuple décider ! » 
À retrouver et à signer sur troikabasta.wesign.it/fr
Un appel a également été lancé à l’échelle internationale. Intitulé « Changer la Grèce, changer l’Europe. 
Changer pour toutes et tous », il rassemble 300 premiers signataires, parmi lesquels : Immanuel Wallerstein, Giorgo Agamben, Noam Chomsky, Judith Butler, 
Tariq Ali, Chakravotry Spivak, James K. Galbraight, 
David Harvey, Ken Loach, Étienne Balibar, Slavoj Zizek , Stephan Schulmeister, Jacques Testart, Susan George, Thomas Coutrot, Dominique Plihon, Aurélie Trouvé, 
Jean-Pierre Dubois, Gérard Aschieri, Jean-Yves Camus, Henri Sterdyniak, Roland Gori, Bernard Dreano, 
Gus Massiah, Jacques Généreux, Jean-Marie Harribey, Philippe Marlière, Dominique Meda, etc. Pour le retrouver et le signer en ligne, allez sur : www.with-the-greeks.eu

 

http://www.humanite.fr/comment-le-peuple-est-il-en-train-de-reprendre-le-pouvoir-en-grece-561946

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23 janvier 2015 5 23 /01 /janvier /2015 23:28

Ce que propose vraiment Syriza pour sortir de l’austérité

Photo : Petros Giannakouris/AP
Le 2 décembre, Alexis Tsipras, à Athènes, s’engageait « à en finir sans attendre avec le plan de l’Union européenne et du FMI ».
Photo : Petros Giannakouris/AP
Adossé à un travail sérieux de chiffrage des dépenses et des recettes (13,5 milliards d’euros annuels), 
le programme économique de Syriza dessine, selon les termes d’Alexis Tsipras, une « sortie de crise fondée sur l’idée de progrès et de justice ». Il implique l’effacement d’une partie de la dette, jugée illégitime.

Je n’aimerais pas que des forces extrémistes prennent le pouvoir. » Quels extrémistes le président de la Commission européenne, Jean-Claude Juncker, désignait-il, le 12 décembre, en parlant de la Grèce ? Les néonazis d’Aube dorée ? Les nostalgiques de la dictature des colonels ? Non. Dans son viseur, dans celui d’Angela Merkel, qui menace la Grèce de bannissement, il y a la gauche. Pas celle qui s’est convertie au néolibéralisme. La gauche qui prône la sortie de l’austérité, qui veut guérir la crise humanitaire, renégocier la dette, investir dans l’économie réelle, faire le choix de l’humain contre les diktats de la fi nance. Alors que Syriza se trouve, à Athènes, au seuil du pouvoir, toutes les stratégies sont bonnes pour lui barrer la route. Le FMI menace, les marchés fi nanciers attaquent, les éditorialistes diabolisent. Et comme il faut jouer sur tous les tableaux, s’élève une nouvelle petite musique, celle de la « normalisation » de Syriza, qui n’aurait pas d’autre choix que de rentrer dans le rang, une fois aux affaires. En fait, le programme de la gauche grecque est le seul crédible, après cinq années de dévastation économique et de démolition sociale.

Les Grecs ont servi de cobayes aux extrémistes néolibéraux, pour mettre au pas tous les peuples d’Europe. Dans l’épreuve, ils peuvent, demain, initier une expérience alternative, porteuse d’espoir pour tout le continent. Je n’aimerais pas que des forces extrémistes prennent le pouvoir. » Quels extrémistes le président de la Commission européenne, Jean-Claude Juncker, désignait-il, le 12 décembre, en parlant de la Grèce ? Les néonazis d’Aube dorée ? Les nostalgiques de la dictature des colonels ? Non. Dans son viseur, dans celui d’Angela Merkel, qui menace la Grèce de bannissement, il y a la gauche. Pas celle qui s’est convertie au néolibéralisme. La gauche qui prône la sortie de l’austérité, qui veut guérir la crise humanitaire, renégocier la dette, investir dans l’économie réelle, faire le choix de l’humain contre les diktats de la fi nance. Alors que Syriza se trouve, à Athènes, au seuil du pouvoir, toutes les stratégies sont bonnes pour lui barrer la route. Le FMI menace, les marchés fi nanciers attaquent, les éditorialistes diabolisent. Et comme il faut jouer sur tous les tableaux, s’élève une nouvelle petite musique, celle de la « normalisation » de Syriza, qui n’aurait pas d’autre choix que de rentrer dans le rang, une fois aux affaires. En fait, le programme de la gauche grecque est le seul crédible, après cinq années de dévastation économique et de démolition sociale. Les Grecs ont servi de cobayes aux extrémistes néolibéraux, pour mettre au pas tous les peuples d’Europe. Dans l’épreuve, ils peuvent, demain, initier une expérience alternative, porteuse d’espoir pour tout le continent.

«Oligarques comme tyrans se méfient du peuple. » Comment ne pas citer Aristote, à la vue des dirigeants européens qui, de Jean-Claude Juncker à Angela Merkel, se déchaînent depuis plusieurs semaines pour conjurer le démon grec ? Le chef de file de Syriza, Alexis Tsipras, serait la dangereuse incarnation d’un « populisme » menaçant les bases mêmes de l’édifice européen. Menace, chantage, diabolisation, tout est bon pour dissuader les Grecs d’emprunter le chemin d’une alternative aux politiques d’austérité. « Syriza ne prône pourtant que des choix de raison, dans un pays où l’austérité sème la destruction sociale, économique, démocratique. Il faut d’urgence restaurer l’État de droit et stopper le processus des mémorandums, qui relève de l’intégrisme néolibéral », résume l’anthropologue ­Panagiotis Grigoriou, qui dresse dans son blog Greek Crisis le portrait d’une société sacrifiée sur l’autel de la rentabilité financière. Dans ce paysage de désastre que laisse derrière elle la troïka (Banque centrale ­européenne, FMI et Commission de Bruxelles), le programme économique de Syriza, d’inspiration néokeynésienne, relève en effet davantage d’options pragmatiques que de dérives extrémistes.

Décryptage :

1.Renégocier la dette, 
sortir de l’austérité

La dette publique grecque est passée de 115 % du PIB en 2009 à 175 % aujourd’hui. Illustration de l’absurdité des politiques de compression des dépenses publiques et ­sociales dictées par la troïka. Le 13 septembre dernier, en présentant à Thessalonique son programme de gouvernement, Alexis Tsipras appelait à la tenue d’une « conférence européenne sur la dette ». Il revendiquait un moratoire, l’effacement d’une majeure partie de la dette détenue par le mécanisme européen de stabilité, une restructuration assortie d’une « clause de croissance » pour la dette détenue par le FMI et la BCE. Le chef de Syriza prônait enfin la sortie des investissements publics du calcul des déficits plafonnés par le pacte de stabilité et de croissance. « Nous déclarons aussi, haut et fort, que nous revendiquons toujours le remboursement du prêt imposé à la Grèce par les forces d’occupation nazies. (…) D’ailleurs, dès que notre gouvernement sera en charge, cette question fera l’objet d’une demande officielle », concluait Tsipras à l’attention de Berlin. Les dirigeants de Syriza admettent qu’ils s’attendent à des entraves, à des négociations « difficiles ». D’où leur volonté de se prévaloir d’un « mandat populaire » clair, quitte à recourir au référendum. « L’effacement d’une partie de la dette est indispensable pour dégager des ressources, des marges de manœuvre pour une autre politique. Nous voulons une solution à l’intérieur de la zone euro. Nous ne prendrons pas de mesures unilatérales. Sauf si nous y sommes contraints », prévient l’économiste Maria Karamenissi.

2. Répondre à l’urgence humanitaire

Alexis Tsipras dit vouloir, en priorité, ­
« réparer les injustices commises par l’application des mémorandums ». Les programmes d’austérité ont plongé une majorité de Grecs dans des situations de détresse sociale telles que la plupart des observateurs n’hésitent plus à parler de « crise humanitaire ». Pour y faire face, Syriza prévoit de consacrer 2 milliards d’euros à la création d’un « bouclier de protection pour les couches sociales les plus vulnérables ». Ce programme inclurait la gratuité de l’électricité et la création de subventions alimentaires pour 300 000 familles vivant au-dessous du seuil de pauvreté, l’accès gratuit pour tous aux services publics de santé, la réhabilitation de logements ou d’hôtels abandonnés pour rendre disponibles 25 000 logements à loyers subventionnés. Ce premier train de mesures prévoit aussi le relèvement progressif des petites retraites et la réduction du prix des transports publics.

3.Une politique de relance 
et de création d’emplois

Alors que l’austérité a coûté à la Grèce 25 % de son PIB et mis à l’arrêt 65 % de l’appareil productif, Syriza propose un « plan de relance de l’économie réelle ». Celui-ci serait financé en partie par une réforme fiscale mettant fin au matraquage des classes populaires et ­permettant à l’État de « puiser l’argent où il se trouve, c’est-à-dire chez les riches », avec une politique résolue de lutte contre la fraude et l’évasion fiscales. Afin de soutenir les PME et les agriculteurs, une « banque de développement » serait créée dans le giron public. Un terme serait mis aux privatisations et le soutien public à l’industrie serait soumis à des « clauses d’emploi » et de respect de l’environnement. Pour relancer la demande, le salaire minimum serait rétabli, sans critères d’âge, au niveau d’avant les mémorandums. Le programme de Thessalonique table aussi sur la création de 300 000 emplois « dans les secteurs public, privé et dans l’économie solidaire ». Au total :  4 milliards d’euros seraient consacrés à un plan d’investissements publics qui s’inscrirait dans un « new deal » européen pour la croissance, appuyé par la Banque européenne d’investissements. Articulé autour de 27 propositions, adossé à un travail sérieux de chiffrage des dépenses et des recettes (13,5 milliards d’euros annuels), ce programme dessine, selon Tsipras, les contours d’un « projet de sortie de crise fondé sur l’idée de progrès et de justice ». Objectif : tourner enfin la funeste page de l’austérité.

 

http://www.humanite.fr/ce-que-propose-vraiment-syriza-pour-sortir-de-lausterite-561808

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23 janvier 2015 5 23 /01 /janvier /2015 23:26

Euclid Tsakalotos : « Ce qui est irréaliste, c’est de ne pas changer de direction »

Photo : Reuters
Des Grecs sans emploi faisant la queue devant un bureau de recrutement à Athènes.
Photo : Reuters
Professeur d’économie et porte-parole sur les questions économiques pour la coalition de la gauche radicale (Syriza) au Parlement grec, Euclid Tsakalotos ­explique la stratégie de sa formation pour faire face à la crise humanitaire. 300 000 familles vivent au dessous du seuil de pauvreté. Entretien.

Si Syriza est amené à gouverner après les élections du 25 janvier, vous devrez affronter des forces puissantes. Quelle est votre stratégie pour appliquer votre programme ?

Euclid Tsakalotos Nous avons un ensemble de propositions à mettre en œuvre les cent premiers jours. Elles le seront quelle que soit la manière dont avancent les négociations. Ces mesures visent à faire face à la crise humanitaire. Elles vont du logement à l’accès des gens au fioul pour faire face à la précarité énergétique. D’un autre côté, nous ferons face à la question des prêts non recouvrables, ou de la dette au fisc que certains contribuables sont dans l’incapacité de payer. Parallèlement, nous expliquerons à nos créditeurs que les politiques menées jusqu’alors ont échoué. La Grèce a, depuis le début de la crise, perdu 27 % de son produit intérieur brut et a vu se développer un chômage de masse et une pauvreté endémique. Revenir à une dette soutenable en dégageant pendant des années des surplus budgétaires est inconcevable. Des économistes de gauche comme orthodoxes sont forcés de constater que la dette n’est plus soutenable. Nous paierons une partie seulement de la dette, mais dans des conditions nouvelles.

Avez-vous travaillé à une plate-forme commune avec d’autres forces en Europe ?

Euclid Tsakalotos Il existe maintenant une convergence de forces qui disent qu’il faut alléger les mesures d’austérité, que les objectifs budgétaires fixés aux pays européens sont bien trop stricts. Ces forces disent qu’il faut faire quelque chose concernant la dette, mais aussi que l’architecture de l’Union européenne (UE) ne fonctionne pas. Ces forces, de gauche comme de droite, indiquent que l’Union n’est bâtie ni sur la justice ni sur la démocratie. Nous disons que si l’on ne va pas vers la gauche, si l’on ne promeut pas une Europe plus démocratique et plus juste, les forces nationalistes – et peut-être pire encore – vont gagner du terrain. La zone euro serait en danger, non du fait de la gauche, mais des politiques actuelles qui proviennent de Berlin. Nous nous réjouissons que Podemos soit bien crédité en Espagne, que Sinn Féin progresse en Irlande. Si les citoyens voient que les gouvernements de gauche peuvent gagner, il peut y avoir un effet d’entraînement.

La dette est centrale pour Syriza. Que se passera-t-il si l’ensemble des autres pays européens bloquent l’annulation partielle de la dette ?

Euclid Tsakalotos Je ne vais pas dévoiler à un journal notre stratégie de négociations. Dans des pourparlers, on n’abat pas d’entrée toutes ses cartes. Mais nous dirons que si nos partenaires ne veulent pas parler à un gouvernement nouvellement élu, porteur d’un mandat fort, ce serait le signal que l’Union européenne a un problème avec la démocratie. Cela aurait un coût politique énorme.

Certains médias avancent que vous avez modéré votre programme. Qu’en dites-vous ?

Euclid Tsakalotos Syriza constitue une force qui est à la fois dans le réel et dans la confrontation. Nous sommes réalistes car nous avançons qu’il faut affronter les politiques d’austérité alors que nos opposants, en Grèce, disent qu’ils sont incapables de changer de politique, parce que Merkel domine l’Europe. Ils pensent que la seule chose réaliste est de courber l’échine, d’accepter tout ce qui provient de la chancellerie allemande et de la troïka. Il est irréaliste de ne pas changer de direction.

 

http://www.humanite.fr/euclid-tsakalotos-ce-qui-est-irrealiste-cest-de-ne-pas-changer-de-direction-561805

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23 janvier 2015 5 23 /01 /janvier /2015 23:25

Pétition : Grèce rendons-leur la démocratie ! Troïka Basta !

 

PHOTO ARIS MESSINIS/AFP
Plus de 80 personnalités lancent un appel intitulé "Grèce : Rendons-leur la démocratie ! Troïka basta !" dans lequel ils interpellent "Union européenne, dirigeants européens, FMI, agences de notation : cessez votre chantage, votre ingérence dans la campagne électorale grecque ! Laissez le peuple décider !"

Dans un contexte où les mauvais coups se multiplient en Grèce (corruption de députés, désinformation, restriction des libertés démocratiques…) pour empêcher la victoire possible du mouvement de gauche Syriza aux élections législatives prévues le 25 janvier, voilà que le FMI annonce la suspension de son « aide » et que le commissaire européen à l'économie Pierre Moscovici s'adresse directement aux électeurs grecs pour leur dire dans quel sens voter. Jean-Claude Juncker, président de la Commission  européenne, déclare quant à lui qu'il "n'aimerait pas que des forces extrêmes arrivent au pouvoir" à Athènes. En Allemagne, le ministre des Finances Wolfgang Schaüble réaffirme au passage qu'il n'y a "aucune alternative" aux réformes conduites en Grèce. Les agences de notation commencent à menacer de dégrader – est-il encore possible ! - la note de l'économie grecque. Dans la presse européenne, on s'emploie à diffuser la peur du changement afin de dissuader les peuples de l'Union de se tourner vers des formations politiques progressistes proposant le même type de rupture économique que Syriza.

Il est vrai qu'une victoire de Syriza en Grèce pourrait remettre en cause pour l'ensemble de l'Union européenne les politiques d'austérité imposées par la Troïka (banque européenne, commission européenne et FMI) aux peuples contre leur volonté : comme le montrent les manifestations massives au Portugal, en Espagne et plus récemment en Italie, ou la grève générale en Belgique, ne passe plus l'injonction de rembourser aux détenteurs de capitaux des dettes illégitimes au prix de la destruction d'un modèle social qui permettait d'atténuer les maux du capitalisme et de pointer qu'une autre logique est possible. Devant cette menace pour leurs intérêts – l'exemple islandais les inquiète encore - les serviteurs de la finance en Europe sont prêts à tous les chantages pour confisquer la démocratie en Grèce et ailleurs. Eux qui laissent museler les libertés dans la Hongrie de Victor Orban au nom du respect du suffrage universel trouvent cette fois légitime de s'ingérer dans la vie politique intérieure d'un État : la préservation des intérêts des banques et des multinationales leur est plus importante que la défense des libertés !

C'est au peuple grec, père de la démocratie mais aujourd'hui martyr de l'austérité, de décider souverainement de son avenir. Nous, citoyens et citoyennes d'Europe, exigeons des institutions financières internationales, des agences de notations comme des autorités européennes qu'elles cessent immédiatement leurs pressions indignes. Ce n'est pas aux institutions européennes actuelles et à la finance de dicter aux peuples ce qu'ils doivent voter ! L'austérité est un choix politique qu'ils doivent pouvoir rejeter démocratiquement ! Nous faisons chorus avec les dirigeants de Syriza pour dire que le problème de la Grèce est celui de toute l'Europe et que ce qui s'y joue pourrait sonner le début d'une nouvelle aventure européenne.
Nous, citoyens et citoyennes d'Europe disons au peuple grec : n'ayez pas peur, comptez sur nous, nous sommes à vos côtés. Notre Europe n'est pas la leur ; elle est la vôtre.

Signez l'appel

LES PEMIERS SIGNATAIRES :

Christophe Aguiton, militant associatif et syndicaliste
Françoise Alamartine, EELV
Loïc Annoot, Les plumés de l'austérité 93
Paul Aries, rédactreur en chef mensuel les Z'indigné(e)s
Clémentine Autain, porte-parole d'Ensemble !
Benjamin Ball, Les désobeïsssants
Alain Bascoulergue, journaliste retraité
Francine Bavay, EELV
Julien Bayou, conseiller régional Idf EELV
Delphine Beauvois, auteure de livre jeunesse et féministe
Esther  Benbassa, senatrice EELV du Val-de-Marne
Fatima Benomar, les efFRONTé-e-s 
Bruno Bessières, Association des communistes unitaires, Ensemble !, Front de gauche
Martine Billard, ancienne députée de Paris, PG
Thierry Bonus, militant syndical
Alima Boumediene Thiery, avocate
Michel Bourgain, maire de l'Île-Saint-Denis
Joseph Boussion, Nouvelle Donne
Jacques Boutault, maire EELV de Paris 2e,
Judith Butler, philosophe
Leïla Chaibi, PG
Laura Chatel (secrétaire fédérale des Jeunes Ecolos)
Luc Chatel, journaliste et éditeur
Fethi Chouder, PG93
Eric Coquerel, coordinateur politique du PG, conseiller régional Ile de France
Alexis Corbière secrétaire national du Parti de Gauche
Mathieu Colloghan, peintre et dessinateur
Philippe Corcuff, politiste
Sergio Coronado, député EELV
Emmanuelle Cosse, secrétaire nationale d'EELV
Simon Cottin-Marx, co-rédacteur en chef de la revue Mouvements et membre de Jeudi Noir
Alain Coulombel, conseiller régional EELV
Pierre Cours-Salies, professeur Paris 8, membre de la FASE (Ensemble!-Fdg)
Sonia Dayan-Herzbrun, Sociologue
Philippe Derudder, économiste
Véronique Dubarry, ajointe à la mairie l'Île-Saint-Denis, EELV93, Les plumés de l'austérité 93
Héloïse Duché, militante féministe,
Frédéric Durand, président du groupe FdG à Plaine Commune
Eric Fassin, sociologue, Université Paris-8
Michel Feher, philosophe
Fabrice Flipo, philosophe
Guillaume Floris, syndicaliste
Bruno Gaccio, Nouvelle Donne
Gilles Garnier, Responsable Europe du PCF
Raquel Garrido secrétaire nationale du PG
Elisabeth Gautier, Transform! Europe/Espaces Marx
Jean-Marie Gleize, écrivain
Jérome Gleize, conseiller de Paris EELV
Pierre-François Grond, Ensemble!-FdG
Janette Habel, universitaire
Kaddour Hadadi, Hk et les saltimbanks
Magalie Houziaux, Vivre mieux ensemble à Aulnay (93), Les plumés de l'austérité
Benjamin Joyeux, écologiste européen, Conseil Fédéral d'EELV
Wandrille JUMEAUX, EELV
Pierre Khalfa,  coprésident de la fondation Copernic
Pierre Larotourou, coprésident de Nouvelle Donne
Sandra Laugier, philosophe
Pierre Laurent, Secrétaire national du PCF, Président du Parti de la gauche européenne
Stéphane Lavignotte, pasteur, militant écologiste, Christianisme social
Bénédicte Lefebvre, Fondation Copernic
Mathurin Levis, membre du Bureau National du Mouvement des Jeunes Socialistes
François Longérinas, militant PG écologiste et autogestionnaire
Isabelle Lorand, Chirurgienne, PCF
Michael Löwy, sociologue, Directeur de Recherche Emérite, CNRS
Elise Lowy, EELV
Noël Mamère, député écologiste
Philippe Mangeot, Vacarme
Philippe Marlière, politologue
Myriam Martin, porte-parole Ensemble!-Fdg
Luis Martinez Andrade, Sociologue
Christiane Marty, féministe, Fondation Copernic
Ramon Martinez, Ensemble Aubervilliers
 Caroline Mecary, Fondation Copernic
Jean-Luc Mélenchon, député européen
Roland MERIEUX, Ensemble.
Corinne Morel Darleux, conseillère régionale Rhône Alpes (FdG-PG)
Arno Munster, philosophe
Albert Ogien, sociologue
André Pacco, Ensemble Auxerre
Francis Parny, PCF, Vice-pdt du Conseil régional d'IDF
Willy Pelletier, sociologue, Fondation Copernic
Jean-François Pellissier, conseiller régional IdF, porte-parole d'Ensemble!-FdG
Sylvain Pattieu, maître de conférences en histoire et écrivain
Philippe Pignarre, éditeur
Claude Poliak, sociologue, PG.
Xavier Renou, Les désobeissants
Anne Sabourin, Représentante du PCF au Parti de la gauche européenne
Christian Salmon, écrivain
Benoit Schneckenburger, philosophe
Danielle Simonnet , secrétaire nationale du PG, conseillère de Paris.
Francis Sitel, politiste, ContreTemps.
Philippe Sultan, Fondation Copernic
François Taillandier, écrivain
Azzedine Taïbi, maire (PCF-FdG) de Stains (93).
Jacques Testart, directeur de recherches honoraire de l'Inserm
Sylvain Thevoz, conseiller municipal, Genève
Marie-Pierre Thoubas, porte-parole Ensemble!-Fdg
Jean-Luc Touly,  Conseiller régional Île-de-France et responsable eau de la Fondation France Libertés Danielle Mitterrand
Catherine Tricot, rédactrice en chef de Regards
Eleni Varikas, professeure Emérite Paris 8
Victor Vauquois, responsable relations extérieures des jeunes écologistes
Christian Vélot, scientifique
Christophe Ventura, Mémoire des luttes
Marie-Christine Vergiat, députée européenne FdG
Patrick Viveret, philosophe
Louis Weber, Fondation Copernic
Francis Wurtz, PCF, député européen honoraire
http://www.humanite.fr/petition-grece-rendons-leur-la-democratie-troika-basta-561708
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23 janvier 2015 5 23 /01 /janvier /2015 23:22

Grèce : quand Berlin manie ouvertement le chantage

Photo : P. Giannakouris/AP
Samedi, à Athènes, Alexis Tsipras, le dirigeant de Syriza, affirmait qu’il faut agir vite contre la rigidité de la troïka.
Photo : P. Giannakouris/AP
Merkel laisse «fuiter» qu’elle serait prête à mettre Athènes à la porte de la zone euro si les Grecs votaient « mal ».

Àmoins de trois semaines des élections législatives anticipées, les pressions s’accentuent sur les électeurs grecs. C’est d’Allemagne qu’elles se sont fait sentir le plus fort ce week-end. Selon des informations obtenues par l’hebdomadaire Der Spiegel, la chancelière Angela Merkel laisse entendre que Berlin pourrait montrer la porte de la sortie de la zone euro à Athènes en cas de victoire de Syriza et ­d’engagement des nouvelles autorités grecques dans une politique anti-austéritaire. Le journal invoque des sources « proches du gouvernement » et souligne que la chancelière et son ministre des ­Finances, ­Wolfgang Schäuble, jusqu’alors hostiles à cette sortie grecque de l’euro ou « grexit », selon le terme consacré, n’hésiteraient plus à franchir le pas au cas où…

Ce « grexit » serait désormais jugé supportable, « en raison des progrès accomplis par la zone euro depuis le sommet de la crise en 2012 ». Si un porte-parole du gouvernement allemand s’est dit hier convaincu que la Grèce continuerait à « remplir ses obligations contractuelles envers la troïka », il s’est gardé de démentir les allégations du Spiegel, refusant simplement de les commenter. Quoi qu’il en soit des intentions de Berlin, ces « fuites » viennent à point nommé alimenter la crainte du « chaos » sur laquelle le premier ministre grec sortant, Antonis Samaras (Nouvelle démocratie), s’appuie pour sauver les meubles de son gouvernement de coalition, associant droite et socialistes du Pasok dont le bilan, avec l’explosion des souffrances sociales, est parfaitement exécrable. Le chantage de l’exécutif germanique remplit d’aise l’Alternative pour l’Allemagne (AfD), l’extrême droite anti-euro, son leader, Bernd Lucke, saluant aussitôt « une prise de conscience tardive » du pouvoir. Le nationalisme, en pleine ascension outre-Rhin comme 
dans de nombreux États membres, tire ainsi le plus grand profit de la débâcle du « modèle austéritaire ». L’orthodoxie ­monétariste empoisonne la zone euro au point de la rapprocher toujours plus du spectre de la déflation (chute des prix et des salaires). Ce qui pousse le président de la BCE, Mario Draghi, à ne plus faire mystère d’un recours à des mesures « non conventionnelles », comme celle d’un plan d’achats directs de titres de dette publique par l’institut d’émission, pour tenter de stimuler une zone euro en panne.

Alexis Tsipras, le dirigeant de ­Syriza, pointait ce week-end qu’il faudrait agir vite dans ce sens, contre la rigidité de Berlin et de la troïka. Et pour revendiquer qu’Athènes puisse très vite user d’un tel mécanisme, seul moyen de faire face à la « crise humanitaire » qui affecte le pays.

 

http://www.humanite.fr/grece-quand-berlin-manie-ouvertement-le-chantage-561665

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23 janvier 2015 5 23 /01 /janvier /2015 23:21

Les électeurs grecs près d’un tournant anti-austéritaire

 

Photo AFP
Le gouvernement Samaras a échoué à faire élire, hier, le président de la République hellénique par 
le Parlement. Les élections législatives anticipées, convoquées pour le 25 janvier prochain, pour lesquelles Syriza part favori, ouvrent une porte vers une autre politique pour la Grèce et toute la zone euro.

Aussitôt connu le résultat du troisième tour du vote de la Vouli (le Parlement) pour désigner le président de la République grecque, le premier ministre, Antonis Samaras, a annoncé, hier, la convocation d’un scrutin législatif anticipé dès le 25 janvier prochain. L’échec au Parlement de cette sorte de pouvoir d’union nationale que constitue l’alliance entre les conservateurs de la Nouvelle Démocratie (ND) et les socialistes du Pasok, révèle en fait une autre débâcle, celle des politiques austéritaires mises en œuvre ces dernières années sur des recommandations très particulières – car n’admettant aucune discussion — par la troïka (Union européenne, Banque centrale européenne et FMI). Ces bailleurs ne se sont engagés à prêter quelque 240 milliards d’euros à l’État grec surendetté – à l’origine, on s’en souvient, essentiellement à cause des répliques du séisme provoqué par le krach financier mondial de 2007-2008 – que pour exiger de lui des coupes à la hache dans les dépenses publiques ou les salaires et la privatisation de son patrimoine le plus précieux jusqu’à certains de ses rivages enchanteurs. Résultat : en l’espace de trois ans, la Grèce a connu une incroyable régression avec un cortège de souffrances sociales que ses habitants pensaient définitivement attachées à d’autres temps. Selon une étude officielle, le salaire moyen dans le secteur privé est passé de 1 000 euros net par mois en 2009 avant le début de la crise à 817 euros en 2013, soit une ponction moyenne de 20 % sur les rémunérations. Et cela pour les salariés qui ont eu la chance de ne pas venir allonger les files de chômeurs devant les agences pour l’emploi. Ils sont aujourd’hui plus de 25 %. Et parmi eux figure plus de la moitié (52 %) de la population la plus jeune (les moins de vingt-cinq ans). Les témoignages sur l’état déliquescent des services publics les plus essentiels, comme les hôpitaux ou les écoles, s’accumulent. D’où un désespoir qui pousse de plus en plus de jeunes Grecs, souvent parmi les mieux qualifiés, sur les routes de l’émigration vers l’Allemagne, l’Europe du Nord ou les États-Unis. Alors que les inégalités se creusent, que les plus riches placent leur argent sous d’autres cieux souvent européens, que les meilleurs morceaux de l’ex-secteur public sont captés par des multinationales à base allemande ou française, le tissu économique local reste, dans son ensemble, enfermé dans d’inextricables difficultés. Et la dette publique continue d’exploser, atteignant aujourd’hui quelque 175 % du PIB.

Antonis Samaras compte encore monter le ton sur le risque de chaos

Tout porterait donc à faire au moins amende honorable avec les « purges » imposées. À Bruxelles, Berlin et Paris, on n’en démord pourtant pas. « Le pays est sur la bonne voie », est venu, on s’en souvient, marteler à Athènes Pierre Moscovici, commissaire européen et ex-ministre français de l’Économie, quelques jours avant le scrutin présidentiel, dans l’espoir sans doute d’infléchir un résultat qui donnait déjà des sueurs froides aux gardiens de l’ordo-libéralisme européen. Bien que le scénario ait été déjà largement anticipé, les marchés financiers auxquels est si dévoué cet « ordre » libéral n’ont guère apprécié évidemment la perspective d’une victoire de Syriza. La Bourse d’Athènes a décroché de plus de 10 % au moment de l’annonce des législatives anticipées. Et les autres places financières ont été très fébriles tout au long de la journée. Ces mêmes marchés ont fait donner leurs bazookas électoraux : les taux d’intérêt des bons du Trésor grecs à dix ans ont grimpé à 9,55 %, contre 8,5 % la semaine dernière. Quant au FMI, il n’a pas hésité à aussitôt s’immiscer grossièrement dans le vote grec en déclarant qu’il suspendait « son aide » à Athènes « jusqu’à la constitution d’un nouveau gouvernement ». Au diapason, le président de la Commission, Jean-Claude Juncker, a fait part de ses « profondes réserves » à l’idée d’une arrivée au pouvoir de Syriza. Et Wolfgang Schäuble, le ministre des Finances allemand, y est allé de sa mise en garde. « Les difficiles réformes (engagées par Athènes) ont porté leurs fruits », a-t-il martelé, avant d’ajouter sur un ton péremptoire : « Elles sont sans aucune alternative. (…) Les nouvelles élections ne changent rien aux accords passés avec le gouvernement grec. » Le premier ministre sortant, Antonis Samaras, qui compte d’évidence monter encore le ton sur le risque de chaos que ferait courir au pays un succès de Syriza, sait ainsi combien il pourra bénéficier de l’appui de ses « partenaires » et des marchés pour dramatiser à souhait la courte campagne qui s’engage. Si les propositions de Tsipras sont présentées souvent comme autant de sacrilèges, elles se bornent pour l’heure à avancer un « allégement négocié de la dette » assorti d’un « plan de relance » avec un maintien du pays dans l’euro, soit une feuille de route de facture plutôt classique et donc ouverte au débat européen. Mais on ne veut pas en entendre parler à Bruxelles et dans les capitales européennes, tant on craint l’ouverture d’une brèche politique majeure. Tant l’exemple grec pourrait s’avérer contagieux.

C’est toute l’Europe 
qui est à la croisée des chemins

« Nous sommes tous grecs », avions-nous lancer ici même début 2011, au lendemain de l’annonce de la première salve d’austérité ordonnée au pays. La réflexion vaut encore davantage aujourd’hui. C’est toute l’Europe en effet qui est à la croisée des chemins, sommée de choisir. Ou bien avec le peuple grec, les autres peuples de la zone euro résistent et parviennent à imposer un changement de pied radical, ou bien les politiques austéritaires finiront par démanteler l’Europe elle-même. Au moment pourtant où coopération et solidarité européennes apparaissent plus indispensables que jamais

 

http://www.humanite.fr/les-electeurs-grecs-pres-dun-tournant-anti-austeritaire-561472

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