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23 janvier 2015 5 23 /01 /janvier /2015 23:04

Grèce : Syriza, maître du jeu

 

 

Photo : Thanassis Stavrakis/AP
Photo : Thanassis Stavrakis/AP
Le conservateur Stavros Dimas n’a pas été élu hier au premier tour de la présidentielle. 
S’il ne l’est pas avant le 29 décembre, 
des législatives seront convoquées.

Heure de vérité pour la coalition de la gauche radicale (Syriza) du jeune Alexis Tsipras. C’est hier qu’on devait mesurer les rapports de forces au Parlement grec. En jeu : y aura-t-il, au début de l’année 2015, une élection législative anticipée où la gauche antilibérale est donnée gagnante par les sondages. Un spectre que les marchés financiers, mais aussi la Commission européenne, par les voix de son président, Jean-Claude Juncker, ou du Français Pierre Moscovici essaient de conjurer.

Hier, la Vouli a échoué à élire un président de la République. Stavros Dimas, ancien commissaire européen ne succédera pas dans l’immédiat à Karolos Papoulias. Il fallait 200 voix sur les 300 de l’Assemblée pour élire un président au premier tour. Le deuxième tour est prévu le 23 décembre. Et le troisième, où seulement 180 voix sont nécessaires, le 29 décembre. Si Nouvelle Démocratie (ND, droite) et ses alliés du Pasok (social-démocrate) ne parviennent pas à rassembler au-delà de leurs 155 élus pour atteindre la majorité qualifiée, le pays se dirigera vers des élections législatives anticipées.

C’est ce qui effraie le plus les marchés financiers, Alexis Tsipras, leader de Syriza, ayant un programme avec deux mesures phares. La première est la fin des politiques d’austérité dictées par les mémorandums discutés entre la troïka (Commission et Banque centrale européennes et Fonds monétaire international) et le gouvernement grec. La deuxième est une annulation partielle de la dette publique grecque, qui est de 175 % du PIB, malgré toutes les mesures austéritaires visant à la réduire. Cette semaine, la droite, qui craint plus que tout un retour aux urnes, était à l’offensive. 
La députée Dora Bakoyannis (ND) dramatisait la situation, lundi : « Qu’arrivera-t-il si on met en l’air cinq ans de sacrifices du peuple grec ? » Et d’ajouter : « Je ne veux pas voir la Grèce sans filet de protection européenne. » Le ministre Dimitris Stamatis déclarait, lui, que Syriza avait une attitude « dangereuse (…) en poussant le pays aux élections, une fois de plus en ignorant la volonté du peuple grec ». Pour les référents de Bruxelles sur l’échiquier politique grec, aller aux urnes semble signifier ignorer la volonté du peuple grec…

 

http://www.humanite.fr/grece-syriza-maitre-du-jeu-560684

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23 janvier 2015 5 23 /01 /janvier /2015 23:03

Grèce. Panique à la commission européenne : Syriza pourrait remporter une élection législative anticipée

 

 

Photo : AFP
Photo : AFP
Dans la perspective d’élections législatives anticipées, la Commission européenne appuie ouvertement le premier ministre conservateur Antonis Samaras. Dans les milieux financiers, on juge « agressive » la proposition de renégociation de la dette défendue par Syriza.
Les dix plaies d’Égypte s’abattront- elles sur la Grèce si Syriza remporte les élections législatives anticipées qui se profilent en Grèce ? Depuis que le premier ministre conservateur Antonis Samaras a avancé de deux mois l’élection du président par le Parlement, échéance à hauts risques pour le gouvernement, les tenants de l’austérité jouent la partition de la peur. Objectif : barrer la route au parti d’Alexis Tsipras, placé en tête des sondages.
 
De fait, la coalition associant, au pouvoir, les conservateurs de Nouvelle démocratie et les sociaux-démocrates du Pasok, soutenue par 155 députés, aura toutes les peines du monde à réunir les 200 voix nécessaires, sur 300 députés, pour faire élire son candidat à la présidence, Stavros Dimas. Trois tours de scrutin sont prévus. Le premier a lieu ce jour. Les deux suivants sont prévus les 23 et 29 décembre. Au troisième tour, seules 180 voix seraient requises mais même s’il parvenait à convaincre les indépendants, les non-inscrits et les 10 élus de Dimar (Gauche démocratique), Antonis Samaras serait tout de même en difficulté. Un échec hâterait la chute de son gouvernement et ouvrirait la voie à des élections législatives anticipées. Plus impopulaire que jamais dans un pays épuisé par le choc austéritaire, la coalition au pouvoir ne peut compter que sur l’appui de ceux qui ont mis le peuple grec à genoux.
 
Moscovici en campagne pour l’austérité
 
D’où les arrogantes consignes de vote du président de la Commission européenne, Jean-Claude Juncker, qui préfère voir des « visages familiers » plutôt que des « forces extrêmes » au pouvoir en Grèce. Pour battre campagne en faveur du camp de l’austérité, le commissaire européen à l’Économie, Pierre Moscovici, a même été dépêché à Athènes. « Un tel travail a été fait par les autorités grecques, tant d’efforts, tant de choses accomplies que ce serait dommage de ne pas continuer », a-t-il insisté à l’issue d’un entretien avec Antonis Samaras. Ce bilan flatteur est pourtant sans rapport avec la réalité de la crise humanitaire sans précédent causée par les politiques d’austérité. Les discours sur l’introuvable « embellie économique » grecque masquent mal les ravages d’un chômage toujours massif. En septembre, selon les chiffres officiels, 25,7 % de la population active était toujours privée d’emploi. Ce taux grimpe à 49,8 % chez les moins de 25 ans. La Grèce détient le record européen du taux de pauvreté (23,1 %).
 
Avec la destruction du système public de santé, la diminution de la couverture vaccinale, l’abandon des politiques de prévention et la dégradation de la situation sanitaire ont des effets tragiquement spectaculaires, comme le retour de la tuberculose et même du paludisme. Dans les écoles, les enseignants mesurent les ravages de la malnutrition au nombre d’enfants qui s’évanouissent en classe. Quant aux retraités, dont les pensions ont été maintes fois amputées, ils ne peuvent plus faire face aux besoins les plus élémentaires.
Dans le même temps, la pression fiscale étrangle les classes populaires et le patrimoine grec est dilapidé sous la supervision du Taiped, l’organisme opaque chargé de la cession des actifs de l’État grec. Tout est livré à la braderie, jusqu’aux plages qui sont cédées à vil prix à des promoteurs étrangers. La « catastroïka », comme l’appellent les Grecs, a laissé derrière elle un paysage de désastre. Le fardeau de la dette publique ne s’est pas allégé pour autant : il est passé de 120 % du PIB en 2010 à 177 % prévus cette année. De quoi réjouir les créanciers qui louent ouvertement les hauts rendements de la dette grecque. Celle-ci est même qualifiée de « valeur refuge » dans un document de Natixis consacré au panorama des dettes souveraines dans la zone euro. Seuls « problèmes », conclut ce même document, les « réformes à poursuivre » et les « élections (Syriza en tête dans les sondages) ».
 
La Commission européenne et les milieux financiers en panique
 
En fait, c’est bien la détermination de la formation progressiste à renégocier la dette qui sème aujourd’hui la panique à Bruxelles et dans les milieux financiers. De concert avec la Commission européenne, le gouvernement Samaras agite le spectre du « Grexit », la sortie de la zone euro. Le ministre des Finances, Guikas Hardouvelis, brandit, lui, la menace d’un « manque de liquidités » dans les caisses de l’État. En quatre séances, la Bourse d’Athènes a plongé de plus de 20 %, signe, pour Alexis Tsipras, que les marchés s’affolent d’une possible victoire de Syriza. « Que l’alarmisme frénétique du premier ministre soit à mettre au compte des dernières convulsions de sa mort politique ne le dégage pas pour autant de sa responsabilité, prévient le chef de Syriza. Il menace son propre pays du chaos. Pire encore, il en est arrivé – et les mots manquent pour qualifier sa conduite – à implorer les marchés financiers d’attaquer le pays. Attention : ce n’est pas Syriza qui est visé. C’est la Grèce qu’il supplie qu’on attaque. Afin de préserver son propre salut politique et celui de sa coalition gouvernementale, il a déjà prévu avec ses complices le scénario d’un véritable cauchemar pour la Grèce. M. Samaras mérite un nouveau titre, celui de premier ministre du chaos. »
 
Dans un contexte social explosif, marqué, ces dernières semaines, par des mobilisations massives, les ingérences de la Commission européenne et les pressions politiques exercées sur les Grecs passent très mal. « Il est inimaginable, inadmissible que des instances européennes puissent afficher ouvertement, à la veille d’un scrutin, leur préférence pour tel ou tel parti. C’est du jamais-vu. Tous les moyens sont bons pour contrecarrer le scénario d’une victoire de Syriza, qui tétanise la droite grecque comme la droite européenne », analyse l’historien et sociologue Constantin Tsoukalas.
 
On se souvient de l’insupportable chantage exercé, en 2005, sur les peuples appelés à se prononcer sur le projet de Constitution européenne. Il révélait, déjà, les malfaçons démocratiques de l’Europe libérale. La stratégie du choc appliquée en Grèce ne s’est guère embarrassée d’apparences. Le pays n’est-il pas placé sous tutelle de la troïka (FMI, BCE et Commission européenne) ? Aujourd’hui, Syriza exprime précisément la volonté de se libérer de cette tutelle pour rompre avec des politiques d’austérité aux effets catastrophiques. Et c’est à cette réappropriation démocratique que Jean- Claude Juncker, Pierre Moscovici et leurs amis grecs tentent de faire barrage. Hier, à Strasbourg, l’eurodéputée grecque (Syriza) Sofia Sakorafa a dénoncé « des maîtres chanteurs impitoyables », en rappelant le passé de patron de paradis fiscal du président de la Commission européenne. « Je m’adresse à M. Juncker, l’hôte de voleurs d’impôts, qui ose indiquer au peuple grec ce qu’il faut voter, a-t-elle lancé. Dites-nous quel est le total des montants que les entreprises ont volé aux citoyens grecs ? (...) Le peuple grec n’acceptera ni instructions, ni menaces. L’avenir de vos partenaires d’affaires qui l’ont mis à genoux pour vous être agréables est fixé : leur renversement sera bientôt une réalité. »
http://www.humanite.fr/grece-panique-la-commission-europeenne-syriza-pourrait-remporter-une-election-legislative-anticipee
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23 janvier 2015 5 23 /01 /janvier /2015 23:01

Grèce: "c'est pire que le communisme, ce sera le chaos total !"

Syriza aux portes du pouvoir
Alexis Tsipras
AFP
A l’approche des élections présidentielles en Grèce, qui débuteront le 17 décembre, Syriza caracole en tête des intentions de vote. Et le parti anti-austérité de Tsipras, avec son programme volontaire pour sortir de la crise humanitaire, affole complètement la droite, la bourse et les banquiers.

Le parti de gauche Syriza frôle à lui seul les 35 % dans les intentions de vote (entre 31 et 34,5 selon les sondages). C’est environ 5 points de plus que la coalition au pouvoir, rassemblant droite libérale et sociaux démocrates, et 35 % seraient suffisant pour obtenir seul la majorité au parlement, grâce au bonus de 50 députés offert au parti qui arrive en tête. Après avoir fait de très bons scores aux dernières élections locales et encore d'avantage aux Européennes, le discours de gauche, humaniste et radicalement anti-austérité de Syriza continue à conquérir les Grecs. Avec les présidentielles en Grèce qui débuteront le 17 décembre, et les législatives anticipées qui pourraient suivre dès janvier, l’accession d’une vraie gauche de changement au pouvoir devient une sérieuse possibilité et la panique guette le secteur banquier.
Dans un discours ce jeudi, le Premier ministre Antonis Samaras a lancé l'offensive en jouant sur la peur: "c'est nous ou le chaos". Il essaye d’imposer comme président à la Grèce l'ex-commissaire européen Stavros Dimas qui pour être élu devra recueillir au moins la majorité des trois cinquièmes, soit 180 voix sur 300, alors que la majorité dont dispose Samaras au parlement n'est que de 155 sièges.  Si la Grèce ne parvient pas à se doter d'un président au soir du 29 décembre, le Premier ministre n'aura d'autre choix que de dissoudre le parlement dans les 10 jours et de convoquer des élections anticipées. Samaras a pourtant reçu cette semaine le soutien du commissaire européen aux Affaires économiques, un certain Pierre Moscovici…

Tsipras terrorise les fonds de pension

La droite grecque n’est pas là seule à avoir des suées. La bourse d’Athènes s’est effondrée de 20 % en trois jours. Le gérant de Capital Group, l’un des plus grands fonds de pension au monde, a lancé au Telegraph : « son programme [ndlr. de Tsipras] est pire que le communisme, ce sera le chaos total ! » Les créanciers se rendent malades et menacent de couper le robinet de financement à la Grèce. Sauf qu’ils refusent déjà de le faire, le pays reste obligé de se financer auprès du Mécanisme Européen de Stabilité.
Le programme d’Alexis Tsipras est le cauchemar des banquiers : hausse du salaire minimum, moratoire sur les dettes privées aux banques, annulation de près des deux tiers de la dette publique car illégitime,  et augmentation des dépenses de l'Etat pour relancer l’investissement, sauver les services publiques et surtout sortir la population de la grave crise humanitaire qui la frappe.
Pour effrayer le peuple grec, Samara et les banques agitent le chiffon rouge de la sorti de l’Europe si Syriza gagnait les élections. Tsipras reste clair : sa priorité s’il est élu reste la « sortie du mémorandum », qui asservit la Grèce à la Troïka, et qui impose cette austérité criminelle et la destruction de tous les services publics. Fort de sa légitimité démocratique dans son rapport de force, il pourrait appliquer son programme, convaincu que la Grèce ne sera pas être exclue de la zone Euro sans que cela ne crée des dégâts énormes : une panique généralisée du système financier, comme une vraie crise démocratique. En effet, comment justifier qu’un peuple qui élit démocratiquement un gouvernement dont le programme est de le sortir d’une véritable crise humanitaire, soit exclu contre son grès ? D’autant plus que des formations comme Podemos, parti de gauche anti-austéritaire en tête des sondages en Espagne, sont en embuscade. 

Sortir de la crise humanitaire. C’est l’axe de campagne de Syriza, qui fait mouche car c’est l’urgence. Au moment où la Grèce va connaître la septième année de récession consécutive (record mondial absolu en temps de paix), le chômage dans le pays est de 28 %, le plus élevé d’Europe. Les salaires ont baissé de plus de 20 % en moyenne et son souvent perçus avec plusieurs mois de retard. La pauvreté affame, affaiblit, tue parfois. Syriza entend ainsi lancer un grand programme d’urgence à son arrivée au pouvoir à hauteur d’1,3 milliards d’euros, pour fournir des bons pour de la nourriture et reconnecter à l’électricité les milliers de foyers qui ont été débranchés.
http://www.humanite.fr/grece-cest-pire-que-le-communisme-ce-sera-le-chaos-total-560154
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23 janvier 2015 5 23 /01 /janvier /2015 22:59

 

Photo : Nicolas Koutsolostas/Citizenside
L’opposant grec Alexis Tsipras (au centre), dirigeant de Syriza, s’est joint aux milliers de manifestants le 27 novembre dernier à Athènes alors qu’une gréve générale se tenait dans tout le pays.
Photo : Nicolas Koutsolostas/Citizenside
Les sondages donnent une large avance au parti d’Alexis Tsipras. L’élection par les députés grecs d’un nouveau président, au début 
de l’année 2015, pourrait faire tomber l’hétéroclite coalition dirigée par le néoconservateur Antonis Samaras.

«La Grèce se trouve sur le seuil d’un changement historique. » Dans ses dernières prises de parole publiques, l’opposant grec Alexis Tsipras, chef de Syriza, a adopté le ton d’un homme d’État prêt à prendre en charge les destinées d’un pays dévasté par les politiques d’austérité à marche forcée. Il faut dire que les sondages prédisent invariablement la victoire de la formation de gauche en cas d’élections législatives anticipées. Le 29 novembre dernier, un sondage de l’institut Palmos pour le site d’information TVXS plaçait Syriza en tête, avec 34,5 % des intentions de vote, loin devant la Nouvelle Démocratie du premier ministre Antonis Samaras ( 23%). Viennent ensuite, à égalité, les populistes de To Potami et les néonazis d’Aube dorée (8 %). Les sociaux-démocrates du Pasok, eux, paient très cher leur pacte austéritaire avec la droite et confirment leur effondrement (5 %). Quant aux communistes du KKE, ils préservent leur place dans le paysage politique, même si leur potentiel électoral s’érode, avec 6,5 % des intentions de vote.

Nouvelle vague 
de mobilisations sociales

Ni le discours d’Antonis Samaras sur un « retour à la normale » ni ses promesses de sortir bientôt de la tutelle de la troïka (FMI, Banque centrale européenne et Commission de Bruxelles) ne semblent en mesure d’endiguer l’irrésistible ascension de Syriza. Le premier ministre grec, à la tête d’une majorité fragile et chancelante, fait au contraire face à une nouvelle vague de mobilisations sociales contestant les attaques contre les retraites, les licenciements dans la fonction publique et le durcissement des politiques de compression des salaires, déjà insupportables. Le 27 novembre dernier, l’appel à la grève générale lancé par les syndicats des secteurs public et privé était massivement suivi. Auparavant, le 17 novembre, plus de 40 000 manifestants avaient pris part à la marche commémorant le soulèvement étudiant réprimé dans le sang, en 1973, par la dictature des colonels.

Alors que le gouvernement peine à négocier avec ses créanciers la sortie anticipée du système de surveillance de ses politiques par la troïka, la perspective d’un scrutin législatif anticipé se précise. C’est l’élection par les députés, début 2015, du président grec, qui pourrait faire tomber la coalition au pouvoir. Celle-ci ne dispose en effet que de 155 voix sur 300, une marge insuffisante pour rassembler les 180 voix indispensables à l’élection du chef de l’État. Dimanche dernier, dans le journal Ethnos, le premier ministre grec en était réduit à promettre la conclusion imminente d’un accord avec les créanciers de la Grèce et à implorer Syriza de ne pas faire entrave à cette élection. « Ils ne doivent pas acculer le pays à des élections anticipées du fait du scrutin présidentiel, car cela engendrera de l’instabilité alors même que nous sommes près de sortir de la crise. (…) S’ils veulent que nous nous coordonnions et que nous voyions comment élire ensemble un président, une coordination nationale est envisageable », écrit Antonis Samaras. Offre écartée par l’opposition de gauche, qui voit dans la tenue d’élections anticipées la seule voie pour sortir du désastre économique et social créé par cinq années d’austérité et de perte de souveraineté. Syriza a déjà publié une loi de finances alternative pour mettre fin au hold-up fiscal contre les classes populaires et répondre en urgence à la crise humanitaire qui frappe le pays. « Ce programme, destiné à panser nos plaies et à relancer l’économie, sera mis en œuvre quelle que soit l’issue des négociations qui, nous le savons, ne seront pas faciles », prévient Alexis Tsipras.

Au-delà des frontières de la Grèce, le dirigeantde Syriza en appelle à la résistance de l’Europe du Sud autour de « larges alliances » pour changer le cap des politiques économiques au sein de l’Union européenne. « Depuis la périphérie de l’Europe peut commencer le renversement de l’hégémonie néolibérale en Europe », affirmait-il, le 17 novembre dernier, à Florence, lors d’un séminaire du réseau Transform ! L’arrivée de Syriza au pouvoir en Grèce aurait à coup sûr la portée d’un séisme politique sur le continent.

 

http://www.humanite.fr/les-progressistes-de-syriza-au-seuil-du-pouvoir-559300

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23 janvier 2015 5 23 /01 /janvier /2015 19:56

 

Rena Dourou, ancienne responsable de la politique européenne de Synaspismos, la composante principale de syriza dont elle est une figure emblématique, fut députée en 2012 avant de démissionner en 2014 en raison de sa candidature à la présidence de l’Attique.
Photo Alkis Konstantinidis/Reuters
Dans l'Humanité Dimanche. Rena Dourou, 39 ans, est aujourd’hui à la tête de cette région qui comprend environ 40 % de la population grecque. Un test grandeur nature pour Syriza avant de gouverner le pays. Entretien.
HD. Quelles ont été vos premières actions en tant que présidente de la plus grande région de Grèce ?
RENA DOUROU. La première chose à faire dans une région qui, comme tout le pays, est ravagée par une crise humanitaire due à l’austérité imposée par la coalition gouvernementale, c’est de venir en aide à nos concitoyens les plus démunis. Pour faire cela, et marquer clairement les priorités de la nouvelle présidence, le budget alloué aux diverses aides a été augmenté de plus de 600 %, passant de 1,9 à 13 millions d’euros. Cela va permettre de loger des familles, de donner de l’eau et de l’électricité à des familles qui n’y ont plus accès, etc.
 
HD. Depuis la victoire de Syriza aux européennes, son avance ne cesse de croître. Comment l’expliquez-vous ?
R. D. Depuis longtemps, les sondages montrent l’aspiration sans cesse croissante de la société à un changement profond envers les politiques suicidaires d’austérité imposées par les créditeurs et appliquées par les gouvernements successifs depuis le début de la crise. Il est désormais clair pour tout le monde que, lors des prochaines législatives, quand elles auront lieu finalement, le pays va prendre son destin en main et changer de cap politiquement. Ce sera un changement immense tant pour la Grèce que pour l’Europe, et c’est pourquoi tout va être tenté par le gouvernement actuel pour l’arrêter, même si cela consiste à déstabiliser le pays. Mais le peuple mettra fin aux politiques d’austérité par les urnes ! Nous sommes en train de construire une coalition aussi large que possible. Cela fait maintenant plusieurs mois qu’Alexis Tsipras a appelé tous les citoyens qui ne veulent plus des politiques menées depuis 4 ans à passer outre les clivages politiques traditionnels pour sauver notre société et le pays.
 
« UNE CONFÉRENCE INTERNATIONALE EST NÉCESSAIRE POUR RÉSOUDRE LE PROBLÈME DE LA DETTE DES PAYS EUROPÉENS. CELA A ÉTÉ FAIT POUR L’ALLEMAGNE EN 1953... »
 
HD. Quelles seraient les premières actions d’un gouvernement Syriza ou d’un gouvernement dont Syriza serait la force majeure ?
R. D. Depuis le début de la crise, notre position est claire : il faut résoudre le problème de la dette de façon politique. Il faut organiser une conférence internationale pour résoudre ce problème pour tous les pays européens. Cela a été fait en 1953 à Londres pour l’Allemagne et sa dette, il faut le faire aujourd’hui pour les autres pays européens. Le but serait un effacement partiel, couplé à un moratoire sur le remboursement du reste, ainsi qu’une clause liant le remboursement à la croissance économique. Nous ne ferons rien d’unilatéral à moins d’y être poussés.
 
HD. Que symbolise pour vous la montée de Podemos en Espagne ?
R. D. Comme je vous l’ai dit, les problèmes de la crise actuelle concernent tous les pays européens. L’Espagne – comme la Grèce et le Portugal – continue d’appliquer les politiques d’austérité. Podemos n’est que le résultat des besoins et de la colère des citoyens contre ces politiques d’austérité qui leur sont imposées. En Italie, cela s’exprime par d’immenses manifestations. Tous ces mouvements ainsi que les citoyens européens qui les forment voient en Syriza un exemple et une inspiration, et Syriza apprend beaucoup des combats de ces peuples. C’est le même combat sur d’autres fronts. Nous nous battons pour changer la Grèce et l’Europe, comme Podemos se bat pour changer l’Espagne et l’Europe. Pour nous tous, le combat est double, local et européen, difficile mais nécessaire. Pour paraphraser André Malraux, l’Union européenne des années à venir sera démocratique, solidaire et sociale, ou ne sera pas.
http://www.humanite.fr/rena-dourou-nous-nous-battons-pour-changer-la-grece-et-leurope-558328
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23 janvier 2015 5 23 /01 /janvier /2015 19:54

 

Vassiliki Katrivanou est membre de Syriza spécialisée dans les droits humains. Elle siège au Parlement grec et s’insurge contre la politique migratoire de son gouvernement et celle de l’Union.

Vassiliki Katrivanou est psychologue et réalisatrice de documentaires. Députée, elle est engagée, tant au niveau législatif qu’au plan social et militant, sur les questions de l’immigration, du racisme, de l’antifascisme, des droits des LGBT, des femmes, des prisonniers et des malades mentaux.

Pour les migrants, la Grèce est une porte d’entrée dans l’UE. Comment analysez-vous la situation ?

VASSILIKI KATRIVANOU La Grèce, tout comme l’Italie, a pris le rôle de garde frontière d’une Europe fermée aux migrants et aux réfugiés. Le budget des États consacré au contrôle des frontières est beaucoup plus important que celui pour l’accueil des migrants. En 2014, plus de 3000 personnes ont perdu la vie ou ont été portées disparues en Méditerranée. En Grèce, la fermeture de la frontière terrestre a déplacé les arrivées de migrants vers les îles de la mer Égée. En 2014, 22089 étrangers ont déjà choisi la voie maritime. En 2013, ils étaient 6 834. La plupart viennent de Syrie, de Somalie ou d’Afghanistan. Des pays où la guerre fait rage. Il faut prendre en compte la dimension internationale DR du problème. C’est dans cette direction Vassiliki Katrivanou qu’il faut rechercher les solutions.

Comment appréciez-vous les choix de la Grèce ?

VASSILIKI KATRIVANOU Le gouvernement grec restreint les droits de l’homme intentionnellement. Les étrangers sont les premiers ciblés.

Le premier ministre se vante des refoulements illégaux à la frontière. 7000 migrants, réfugiés sans papiers et demandeurs d’asile, sont actuellement détenus. Les conditions de leur détention ont été plusieurs fois condamnées par la Cour européenne des droits de l’homme. Les structures d’accueil se dégradent ou ferment.

Les services de demande d’asile sont trop peu nombreux. Ceux qui existent sont sous-financés et ne peuvent pas répondre aux besoins pressants.

La mise en oeuvre de l’opération « Poséidon », menée par Frontex, peut-elle constituer une réponse?

VASSILIKI KATRIVANOU Au lieu de sauver des vies, Frontex collabore avec les autorités grecques qui refoulent des réfugiés. L’agence collabore avec des pays qui n’offrent aucune garantie quant à la protection des droits de l’homme. L’Union européenne ne peut pas continuer à laisser Frontex jouer ce rôle.

L’Italie arrête l’opération « Mare Nostrum ». Frontex lance l’opération « Triton ». Que pouvons-nous en espérer ?

VASSILIKI KATRIVANOU La logique de sauvetage que « Mare Nostrum » servait va être remplacée par la philosophie du plus strict contrôle possible. Cette évolution est préoccupante. Elle s’ajoute aux récentes déclarations du Royaume-Uni qui choisit de stopper son soutien aux opérations de sauvetage, parce qu’elles encourageraient les migrants à prendre la mer. On choisit les naufrages et les morts comme méthode de « découragement ».

Quelles sont les solutions proposées par Syriza?

VASSILIKI KATRIVANOU Nous ne voulons pas d’une Europe forteresse. Il faut en finir avec l’amoncellement de cadavres aux frontières de l’Europe, en finir avec l’exclusion sociale et le racisme. Syriza propose la révision radicale du règlement Dublin 3, afin de permettre aux réfugiés d’accéder aux pays de l’UE de leur choix. Nous proposons également la révision du contrat européen sur les migrations. C’est la structure même des accords de Schengen qui est à revoir. Les migrations vont se poursuivre. L’Europe devra faire un choix entre la brutalité, préconisée par l’extrême droite, et la solidarité, que la gauche européenne veut porter.

 

http://www.humanite.fr/vassiliki-katrivanou-en-finir-avec-les-morts-aux-frontieres-de-lue-556804

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23 janvier 2015 5 23 /01 /janvier /2015 19:53

 

 

Photo : Louisa Gouliamaki/AFP
Louisa Gouliamaki/AFP
À l'appel des partis de gauche dont Syriza, plusieurs milliers de manifestants ont protesté mardi à Athènes contre le conflit en cours à Gaza qui a fait 620 morts côté palestinien et 29 côté israélien en 15 jours.

«Ces brutalités doivent cesser», a lancé le principal dirigeant de l’opposition de gauche en Grèce, Alexis Tsipras, dont le parti Syriza était l’un des organisateurs de la manifestation. «On ne peut pas rester sans réagir alors que des enfants sont tués sur les côtes d’une mer partagée avec le continent européen. Demain cela pourrait se produire de notre côté», a affirmé Alexis Tsipras, drappé dans un keffieh palestinien.

Alexis Tsipras

Des centaines de manifestants ont protesté mardi à Athènes contre le conflit en cours à Gaza qui a fait 620 morts côté palestinien et 29 côté israélien en 15 jours. "Touchez pas à Gaza", scandaient quelque 2 000 manifestants rassemblés à l'appel des partis de gauche en Grèce, devant le parlement et l'immeuble de la représentation de l'Union européenne dans la capitale grecque. Sur les banderoles ont pouvait lire "Liberté pour la Palestine, Non à l'occupation (isarélienne)".

 

http://www.humanite.fr/les-grecs-dans-la-rue-en-soutien-au-peuple-de-gaza-548103

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23 janvier 2015 5 23 /01 /janvier /2015 19:51

 

Les députés européens ont maintenant rejoint leurs groupes respectifs. La Gauche unitaire européenne est la seule à gauche à progresser.

Après négociations, discussions, la composition des différents groupes du Parlement européen a été actée mercredi. Strasbourg pourra donc accueillir, la semaine prochaine, la première session de la mandature 2014-2019. La capitale alsacienne ne recevra pas les mêmes députés, car leur physionomie a changé. Et les voix de ceux qui portent une autre idée de l’Europe, à gauche, se feront mieux entendre dans l’Hémicycle. Les députés Front de gauche siégeaient lors du précédent mandat au sein d’un groupe de 35 députés. Les élus antilibéraux de la Gauche unitaire européenne-Gauche verte nordique (GUE-NGL) sont désormais 52. Cela en fait le cinquième groupe au Parlement, alors qu’il était le sixième en importance entre 2009 et 2014. Cet ensemble passe devant les Verts-Alliance libre européenne, qui regroupe 50 élus écologistes mais aussi régionalistes. La GUE est le seul groupe à progresser à gauche, passant de 4,6 % des élus à 6,9 % aujourd’hui. Les Verts-ALE perdent huit élus. Les socialistes, trois.

Six sièges pour la Coalition 
de la gauche radicale (Syriza)

 


La composition de la GUE a changé. On retrouve toujours la forte délégation allemande, avec sept élus Die Linke. Mais celle-ci est maintenant devancée par les onze élus espagnols – contre un en 2009 –, élus dans les rangs d’Izquierda Plural (à laquelle participent les communistes) et de Podemos (Nous pouvons, antilibéral). Les Grecs sont en nombre. Si les deux élus du Parti communiste de Grèce ont décidé, conformément à la volonté de leur comité central, de quitter le groupe en raison de différents sur la ligne européenne, la Coalition de la gauche radicale (Syriza) d’Alexis Tsipras en sort renforcée, avec six sièges contre un auparavant.

Évincé en 2009, le Parti de la refondation communiste italien revient au Parlement en faisant élire Eleonora Forenza, avec deux autres candidats, sur les listes l’Autre Europe avec Tsipras. L’Alliance de gauche finlandaise fait également son retour, avec une ancienne ministre, Merja Kyllönen. La GUE compte dans ses rangs un autre ancien membre d’un exécutif, le Chypriote Neoklis Sylikiotis.

Ce dernier a par ailleurs été désigné vice-président de groupe, tout comme Patrick Le Hyaric (Front de gauche), Malin Björk (Parti de gauche, Suède) et Dimitrios Papadimoulis (Syriza). Gabi Zimmer (Die Linke) a été réélue présidente de groupe.

Le Parti populaire européen (droite), qui revendique la présidence de la Commission au motif qu’il est arrivé en tête des élections, est loin de la majorité absolue. Il n’a que 221 sièges, soit 29,4 % d’entre eux. De plus, c’est le groupe qui a vu le plus fondre ses effectifs : il a perdu 50 députés.

Il est concurrencé sur sa droite. Les élus conservateurs et réformistes (ECR), Europe de la liberté et de la démocratie (EFD) et non-inscrits voient leurs effectifs gonfler, passant de 116 élus à 161, occupant ainsi un cinquième des bancs du Parlement.

Le FN voit douché son espoir de constituer un groupe. Sa présidente Marine Le Pen, annonce avoir des députés de six nationalités sur les sept requises. Prêts à tout pour empêcher leurs rivaux eurosceptiques du Parti de l’indépendance du Royaume-Uni (Ukip) de maintenir leur groupe (EFD), les conservateurs britanniques ont, eux, choisi de faire les fonds de tiroir et d’accueillir dans leur groupe (ECR) des formations d’extrême droite tels les anti-immigrés du Parti du peuple danois, ou les Vrais Finlandais.

Jour de vérité pour Juncker
L’ancien premier ministre luxembourgeois Jean-Claude Juncker devrait être désigné, aujourd’hui par le Conseil, candidat à la présidence de la Commission. Soutenu par le Parti populaire européen, qui regroupe 221 des 751 eurodéputés, il devra encore chercher à obtenir une majorité absolue au Parlement.
http://www.humanite.fr/la-gauche-renforcee-au-parlement-europeen-545846
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23 janvier 2015 5 23 /01 /janvier /2015 19:50

 

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Newly elected governor of the wider Athens region Rena Dourou, who was backed by leftist Syriza party, waves to supporters in front of the University of Athens May 25, 2014. Greece's radical leftist Syriza rode a wave of anti-austerity anger to win the country's EU election but failed to deliver a knockout blow against Prime Minister Antonis Samaras's government, the official projection showed on Sunday. REUTERS/Alkis Konstantinidis (GREECE - Tags: POLITICS ELECTIONS)
REUTERS
Portrait. Élue députée en 2012, elle a quitté son poste, une fois désignée candidate au régionales, L’élégante quadragénaire s’est consacrée sans compter son temps et son énergie à cette campagne.

Athènes, envoyée spéciale. En politique, elle est un peu le double féminin d’Alexis Tsipras, incarnant à ses côtés le visage de la gauche alternative grecque. Rena Dourou a permis à Syriza de franchir une étape décisive dimanche soir, en remportant l’élection législative dans la région capitale, l’Attique, qui concentre un tiers de l’électorat grec et près de 40% du PIB du pays. Cette élégante quadragénaire, fille de policier, cultive une image de sérieux, sans rompre les liens qui l’unissent depuis longtemps aux mouvements sociaux. Comme Tsipras, elle a fait ses premières armes dans l’organisation de jeunesse de Synaspismos, la force composée d’ex-communistes qui a fondé Syriza. Comme lui, elle fut de tous les rendez-vous altermondialistes, du contre-sommet du G8 à Gênes au Forum social européen. Diplômée de géopolitique (elle a consacré son DEA aux difficiles relations gréco-turques), cette polyglotte maîtrisant parfaitement le Français a présidé, après son élection au Parlement, en 2012, la Commission des relations extérieures. « On peut être blonde et s’occuper de politique étrangère et de défense », raillait alors cette féministe prompte à tourner en dérision un machisme méditerranéen solidement ancré. Pour se consacrer pleinement à la campagne des régionales, Rena Dourou n’a pas hésité à démissionner de son poste de députée. « C’est une femme active, résolue, indépendante, dotée d’une forte personnalité », résume l’une de ses camarades. En apprenant son élection, à l’issue d’un scrutin serré, elle a promis de gérer la région « pour les citoyens, avec les citoyens ». En rupture avec la gestion austéritaire de son rival, Yannis Sgouros, que le soutien de la droite comme des sociaux démocrates n’a pas suffi à sauver, après deux mandats entachés par le clientélisme et par une gestion solitaire et autoritaire.

 

http://www.humanite.fr/rena-dourou-visage-neuf-de-la-gauche-grecque-536390

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23 janvier 2015 5 23 /01 /janvier /2015 19:48

 

 

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Syriza's leader Alexis Tsipras, candidate to head the European Commission for the European Left, gives a televised speech after the results of the European elections, at his party's headquartes in Athens, on May 25, 2014. Greece's anti-austerity leftist party Syriza held a slight lead in European Parliament elections, exit polls showed on Sunday. Syriza's 39-year-old leader Alexis Tsipras said the government had lost its legitimacy and called for national elections. AFP PHOTO/ LOUISA GOULIAMAKI
AFP
Alexis Tsipras, le leader de la gauche grecque, voit dans les résultats des élections locales et européennes le signe d’une perte de légitimité de la coalition Samaras.

Athènes envoyée spéciale

 

La gauche alternative a remporté une victoire inédite dimanche, en Grèce, en se plaçant en tête des européennes avec 26,7 % des
su rages, plus de trois points devant la Nouvelle Démocratie du premier ministre de droite Antonis Samaras (22,8 %). Après quatre ans d’une
cure d’austérité digne des plans d’ajustement structurels imposés par le FMI en Afrique dans les années 1990, les sociaux-démocrates du
Pasok, qui participent à la boiteuse coalition au pouvoir à Athènes, subissent eux aussi une sanction sévère. Le parti des Papandréou recueille seulement 8,1 % des voix, derrière les néonazis d’Aube dorée, qui confi rment leur inquiétante percée (9,3 %).
Dès dimanche soir, le dirigeant de Syriza, Alexis Tsipras, a souligné le caractère historique de ce scrutin,  comparant la victoire de son parti à celle que le Parti communiste italien avait remporté en se hissant en tête des élections européennes de 1984.

En tête du scrutin européen, Syriza remporte une autre victoire politique et symbolique majeure, avec la conquête de la région capitale, l’Attique, qui sera dirigée par l’ancienne députée Rena Dourou. Aux élections municipales, si la victoire échappe de peu, à Athènes, au jeune économiste progressiste Gabriel Sakellaridis, la gauche anti-austérité s’impose comme une force incontournable et relève le pari de l’implantation locale en gagnant de nombreuses municipalités. Sur l’avenue Panepistimio, aux pieds des colonnes de la Bibliothèque nationale, les sympathisants de gauche ont fêté ces résultats jusque tard dans la nuit, dimanche.

les Grecs ont rejeté dimanche

les politiques d’austérité

Aucun des stratagèmes mis en place pour tenter d’endiguer la montée de la gauche n’a fonctionné, pas même la transformation hâtive d’une vedette de télévision, Stavros Theodorakis, en héraut du « centre gauche ». Avec seulement 6,6 % des voix, To Potami (la rivière), le parti de celui qui se rêvait Beppe Grillo grec, ne fait guère recette. Il ne devance que de peu les communistes du KKE (6,06 %) qui maintiennent leurs deux sièges au Parlement européen.

Droite et sociaux-démocrates s’évertuent, depuis dimanche soir, à minimiser la portée de ce nouveau séisme politique. « Ceux qui ont tenté de faire des élections européennes un référendum ont échoué à créer les conditions de l’ingouvernabilité », a réagi Samaras dans une adresse télévisée. Le chef du gouvernement tente aussi de tirer argument du maintien de son parti à la tête de la plupart des régions pour mettre en scène un « test de confiance » réussi. Ce sont pourtant là des victoires à la Pyrrhus, que les conservateurs grecs ne doivent qu’au fragile renfort de leur allié gouvernemental du Pasok. Aux élections européennes, les composantes de la coalition, dont la majorité au Parlement ne tient qu’à deux sièges, totalisent à peine 30 % des suffrages. Épuisés par les coupes dans les dépenses publiques et sociales, par la montée du chômage et de la précarité, par les amputations successives de leurs salaires et de leurs pensions, les Grecs ont clairement exprimé, dimanche, leur rejet des politiques d’austérité gravées dans le marbre des mémorandums successifs. Alors que le cabinet Samaras ressort de ce scrutin avec une légitimité encore amoindrie, Alexis Tsipras se dit prêt à aller à des élections législatives anticipées et fait ses calculs : « Si les élections législatives avaient eu lieu dimanche, Syriza aurait remporté 130 sièges et Nouvelle Démocratie 70. » « Dans un pays qui a servi de laboratoire, le peuple grec a choisi la lutte contre l’austérité, pour la dignité et la liberté, analyse-t-il. Le message des urnes, c’est que le peuple grec veut rétablir la démocratie. Il nous a confié le mandat de construire un front social et politique contre les politiques néolibérales, pour le changement. ».

Soutenu à bout de bras par les marchés, par Bruxelles et par le FMI qui comptent sur lui pour conduire à son terme une nouvelle vague de contre-réformes visant le système de retraites, Samaras exclut pour l’instant ce scénario d’élections anticipées. Ce qui ne dissuade pas la gauche de maintenir la pression. Hier matin, Tsipras était reçu par le président de la République. « Ce parlement n’a aucun droit légitime à adopter des décisions cruciales qui engagent le pays et le peuple pour les années à venir », a-t-il prévenu à la sortie de cette entrevue. En Grèce, un troisième tour est engagé.

 

http://www.humanite.fr/syriza-exige-des-elections-legislatives-anticipees-536388

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Published by Stéphane Parédé
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