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23 janvier 2015 5 23 /01 /janvier /2015 19:47

 

 

Photo Alkis Konstandinis/Reuters
Syriza est non seulement en tête aux élections européennes en Grèce, mais il vient également de conquérir l'Attique aux élections locales et plusieurs municipalités

"Les Européens célèbrent la défaite du plan de sauvetage et de l'austérité dans le pays dont les dirigeants européens ont fait le bouc émissaire de la crise", a réagi le chef de file de Syriza, Alexis Tsipras, en renouvellant son appel à des élections législatives anticipées. Son parti ramporte une large victoire en Grèce, et remporte 26,5% des voix, contre 22,7% pour la droite de Nouvelle démocratieLe parti d'Alexis Tsipras, candidat de la Gauche Unitaire Européenne (GUE dont fait parti le Front de gauche) au poste de président de la Commission européenne, confirme là son bon score du premier tour des élections locales de dimanche dernier.

Ce scrutin constituait le premier test électoral grandeur nature pour Antonis Samaras (droite) depuis son arrivée au pouvoir il y a deux ans. La droite tente de sauver la face et se disant qu'une défaite de moins de cinq points reste une victoire pour la coalition gouvernementale, extrêmement fragile, qui ne dispose que de deux sièges de majorité au Parlement. 
On peut également parler d'un certain engouement pour Syriza, puisque la participation en Grèce est largement au dessus de la moyenne des autres pays européens: 57,35% contre 43 %.

 

http://www.humanite.fr/europeennes-syriza-donnee-en-tete-en-grece-535512

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23 janvier 2015 5 23 /01 /janvier /2015 19:46

 

 

Photo Alkis Konstandinis/Reuters
La gauche anti-austérité se place en tête du scrutin européen, devant la Nouvelle Démocratie du premier ministre de droite, Antonis Samaras. Syriza enregistre des scores historiques aux municipales et aux régionales.

Athènes (Grèce), envoyée spéciale.

Les électeurs grecs ont sévèrement sanctionné, hier, les politiques d’austérité qui ont précipité depuis quatre ans des millions de personnes dans l’exclusion sociale. Le second tour des élections municipales et régionales comme le scrutin européen confirment le bouleversement en cours du paysage politique, avec la spectaculaire percée de la gauche anti-austérité. Syriza se place en tête de l’élection européenne avec 26 à 28 %, devant la Nouvelle Démocratie du premier ministre de droite Antonis Samaras (23 à 25 %). Un résultat jugé historique par le parti d’Alexis Tsipras et qualifié avec mépris de « vote à la légère » par le chef du gouvernement grec. Terrible ombre planant sur ces élections, le score des néonazis d’Aube dorée, arrivés en troisième position, autour de 10 %, devant les sociaux-démocrates du Pasok, rebaptisé « l’Olivier » pour ce scrutin (8 à 9 %). Le populiste Stavros Theodoraki, chef du nouveau parti To Potami (le fleuve), une espèce de Beppe Grillo grec venu de la télévision, ne réalise pas, en revanche, la percée promise par les sondages. Il fait jeu égal avec les communistes du KKE, entre 5 et 7 %.

 

À Patras les communistes
du KKE gagnent la ville

Le second tour des élections municipales et régionales, marqué par une forte hausse de participation, a donné lieu à Athènes et dans la région capitale, l’Attique (un tiers de l’électorat), à un match plus serré, les sortants « indépendants » parrainés par le Pasok ayant bénéficié de ralliements pour barrer la route aux candidats de gauche présents au second tour. Les sondages sortie des urnes donnaient prudemment hier soir, pour l’Attique, Rena Dourou (Syriza) à égalité avec le sortant, Yannis Sgouros. Même incertitude en fin de soirée à Athènes, où Gabriel Sakellaridis, un jeune économiste, concourrait sous les couleurs de la gauche anti-austérité, sans le soutien du KKE (8 % au premier tour), qui avait appelé à l’abstention. À Patras, où Alexis Tsipras avait au contraire appelé à voter pour le KKE, les communistes gagnent la ville. Syriza remporte, dans la périphérie d’Athènes, les municipalités d’Egaleo, Kesariani, Keratsini, Vyronas et dirigera la municipalité à Larissa, en Thessalie, dans le centre du pays (125 000 habitants), ainsi que la région dans les îles Ioniennes. Le jeune parti de gauche s’assure ainsi un nouvel et indispensable ancrage local.

 

Le scénario d’une déroute pour
la coalition droite-Pasok au pouvoir

Ces scrutins confirment le scénario d’une déroute pour la coalition qui unit au pouvoir la droite et le Pasok, exécutants zélés des injonctions austéritaires de la troïka (Commission de Bruxelles, Banque centrale européenne et Fonds monétaire international). Rien n’a été laissé au hasard, pourtant, pour tenter d’endiguer la montée de la gauche anti-austérité. Même les agences de notation sont entrées en campagne, avec la revalorisation vendredi, par Fitch, de la note grecque, pour tenter de donner du crédit au discours de campagne des gouvernants sur une « embellie économique »… qui ne change rien au quotidien d’une population épuisée. « Nous devons cesser de laisser à d’autres le contrôle de nos vies. Mais le pouvoir établi est très fort, il s’appuie sur les forces de l’argent. Il sera difficile d’imposer un changement », nous confiait hier matin Christos, un jeune père de famille, à la sortie de son bureau de vote du quartier populaire d’Aghios Artémios, à Athènes. Nul doute que cette éclaircie électorale contribuera à dissiper un lourd climat de résignation.

 

http://www.humanite.fr/victoire-historique-de-syriza-535740

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23 janvier 2015 5 23 /01 /janvier /2015 19:44

 

 

271888 Image 0
People read newspaper's headlines featuring the local elections first round results on May 19, 2014 in central Athens. A first round of local elections in Greece on May 18 showed no clear victor hours after polls closed, with the anti-austerity leftist Syriza party battling for Athens and the coalition government's candidates holding on outside the capital. AFP PHOTO/ LOUISA GOULIAMAKI
AFP
Le premier tour des élections municipales et régionales, dimanche, confirme l’installation durable de Syriza 
au centre de l’échiquier politique grec. Le parti d’Alexis Tsipras pourrait se hisser en tête du scrutin européen le 25 mai.

 

Rien n’y a fait. Ni les mises en garde contre une menace de « déstabilisation » politique, ni les sondages de dernière minute prédisant un tassement de Syriza, ni la campagne médiatique acharnée présentant le parti d’Alexis Tsipras comme une force « marginale
» et « irresponsable », prête à mener le pays hors de la zone euro. La gauche anti-austérité a fi nalement réalisé une percée historique
en Grèce, dimanche, à l’issue du premier tour des élections municipales et régionales. Dans un pays épuisé, transformé depuis quatre
ans, au prétexte de surmonter la crise de la dette, en laboratoire de la destruction des droits sociaux, les électeurs ont exprimé tout à la
fois leur colère et leur soif de changement. Les tenants de l’austérité, au pouvoir à Athènes, subissent un revers, en dépit des déclinaisons
locales de la coalition qui réunit à la tête du pays les sociaux-démocrates du Pasok et la droite de Nouvelle Démocratie. Ce nouveau
séisme politique en annonce sans aucun doute un autre, la semaine prochaine, alors que la gauche alternative se place, au fil des sondages,
en tête des intentions de vote pour les élections européennes du 25 mai. Sur fond de crise sociale et humanitaire, alors que le chômage
frappe, selon les chiˆ res o‰ ciels, plus d’un tiers de la population, l’exigence d’un moratoire sur la dette est désormais posée au centre
du débat politique grec.

Dans la région capitale, celle de l’Attique, qui concentre 40 % de la population active et un tiers du corps électoral, la liste de Syriza, conduite par la jeune Rena Dourou, se hisse en tête du scrutin, avec 24 % des voix. Elle devance de deux points le sortant, Yannis Sgouros, sans étiquette bien qu’apparenté au Parti socialiste grec (Pasok), qui participe à la coalition du premier ministre de droite, Antonis Samaras. À Athènes, l’économiste Gabriel Sakellaridis, qui portait les couleurs de Syriza, est en position de se maintenir au second tour, avec 20 %. Il talonne le maire sortant, Georges Kaminis (21,1 %), lui aussi présenté comme « indépendant », mais soutenu par le Pasok. Un artifice dénoncé par le candidat de Syriza : « Ceux qui ont fermé les yeux sur des problèmes graves et mis en œuvre des politiques d’austérité aux conséquences désastreuses ne peuvent, aujourd’hui, se présenter comme des candidats indépendants », a affirmé Gabriel Sakellaridis, dès dimanche soir.

À Athènes, une inquiétante percée des néonazis d’Aube dorée

La droite athénienne, de son côté, paie à la fois ses divisions et l’impopularité de sa politique nationale. Elle est exclue du second tour pour la première fois depuis la chute de la dictature des colonels, en 1974. Le Parti communiste (KKE), lui, se maintient bien, avec près de 8 % à Athènes et plus de 10 % dans l’Attique.

Dans la capitale, les néonazis d’Aube dorée réalisent une inquiétante percée (16 %) malgré les démêlés judiciaires de leurs députés, dont six sont derrière les barreaux pour « appartenance à une organisation criminelle ». Le mois dernier, deux militants d’extrême droite ont écopé d’une peine de perpétuité pour le meurtre d’un Pakistanais en 2013. Le candidat néonazi à la mairie d’Athènes, Ilias Kasidiaris, est lui-même prompt à user d’une violence déchaînée. En juin 2012, il avait soulevé l’indignation en frappant deux femmes, dont Rena Dourou, sur un plateau de télévision. Il a tenté de tirer parti des poursuites et des condamnations visant sa formation, en apparaissant menotté sur ses affiches électorales.

Les reports de voix sont incertains à une semaine du scrutin européen

Ce premier tour confirme, à une semaine du scrutin européen, le bouleversement du paysage politique grec dont témoignaient déjà les élections législatives de juin 2012. Syriza avait alors réalisé une percée spectaculaire, avec plus de 27 % des suffrages, loin devant le Pasok et deux points seulement derrière Nouvelle Démocratie d’Antonis Samaras. Cette fois, les électeurs ont nettement sanctionné la coalition au pouvoir, qui a appliqué avec servilité les injonctions de la troïka (Banque centrale européenne, Commission de Bruxelles, Fonds monétaire international). Ces bons élèves de l’austérité, qui ont fait campagne en mettant en scène une « embellie économique » dont personne en Grèce ne perçoit les effets, se sont relayés, dimanche soir, pour tenter de minimiser cette sanction électorale. « Dimanche prochain, les gens vont choisir des candidats efficaces et capables » donnant « l’impression de la stabilité démocratique », veut croire Evangelos Venizelos, chef d’un Pasok donné en chute libre dans les sondages d’intentions de vote aux élections européennes (autour de 5 %). Défait, le premier ministre Antonis Samaras ne martèle plus que cet inconsistant argument de la « stabilité ».

Bien que les reports de voix s’annoncent incertains, Syriza espère profiter de la 
dynamique qui se dessine en sa faveur aux élections européennes pour compenser la fragilité de ses ancrages locaux et transformer l’essai dimanche prochain. Au total, ses listes sont en position de se maintenir au second tour dans cinq régions sur treize, signe que la gauche anti-austérité a réussi à attirer à elle une frange importante de l’électorat socialiste déçu par les renoncements du Pasok. « Contre le chantage à la stabilité, nous devons mettre en avant l’unité sociale. La démonstration est faite que la Grèce n’appartient à personne d’autre qu’à son peuple », a réagi le chef de Syriza, Alexis Tsipras, en appelant à faire du scrutin du 25 mai un référendum sur les politiques d’austérité et un message adressé à toute l’Europe.

 

Un message d’espoir
Jean-Luc Mélenchon (PG) et Pierre Laurent (PCF) ont tous deux salué, hier, les scores de Syriza au premier tour des élections
locales grecques. « Pour la première fois en Europe a craqué la chaîne libérale qui étouffe les peuples (…) L’effet domino peut
commencer en Europe ! », a réagi le président du PG. « La gauche européenne que nous représentons va sortir renforcée
des urnes », a estiméle sénateur communiste.
http://www.humanite.fr/nouvelle-percee-de-la-gauche-anti-austerite-531826
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23 janvier 2015 5 23 /01 /janvier /2015 19:43

 

 

Alexis Tsipras
AFP
Ce dimanche, de nombreux Grecs étaient appelés à voter dans 325 municipalités et 13 régions. Le parti de gauche Syriza s’est affirmé comme la première force politique dans la région d’Athènes, qui compte un tiers des électeurs grecs.

Dans la région de l'Attique qui compte trois des dix millions d'électeurs du pays, la candidate de Syriza Rena Dourou arrive en tête pour le poste de préfet avec près de 24% des suffrages. Le candidat de la gauche anti-austérité Gabriel Sakellaridis à la mairie d'Athènes, est lui en position de se maintenir au second tour avec 20%, soit un point de retard sur le maire sortant soutenu par le Pasok, Georges Kaminis. Pour la première fois dans la capitale, la droite de Nouvelle Démocratie ne sera pas au second tour. En revanche, le candidat et porte-parole du parti néonazi Aube dorée, Ilias Kassidiaris, arrive en quatrième position avec un score inquiétant de 16% malgré son inculpation, comme la plupart des parlementaires du parti, pour participation à "une organisation criminelle".

Le succès de Syriza s’amplifierait encore pour les Européennes, selon un sondage à la sortie des bureaux de vote pour l'hebdomadaire Vima. La gauche anti-austérité réaliserait dimanche prochain aux européennes 27,4% contre 22,7% pour la droite qui arriverait en deuxième position. Le scrutin des Européennes coïncide avec le second tour des élections locales, ce qui offre de beaux espoirs pour Syriza qui se maintient dans cinq régions. Huit provinces sont actuellement détenues par le Pasok qui limite la casse au niveau local, alors que les intentions de vote au niveau national et pour les européennes le font apparaître en chute libre.

Avec jusqu’à 9 % des voix au niveau national, et 10,6% dans l’Attique, le KKE se dit satisfait et double son score depuis les législatives de 2012. Il devrait être en mesure de se maintenir au second tour dans plusieurs municipalités.

Un espoir pour les Européennes

Pour Syriza, un tel succès est un signal fort. "Les gens ont, avec leur vote, ouvert une nouvelle voie pour le gouvernement local" s'est réjouit Alexis Tsipras, président de Syriza. "Les élections du 25 mai seront le référendum qui n'a jamais eu lieu sur la politique d’austérité. Ce sera le votre grâce auquel notre pays va retrouver la dignité et une voix en Europe ". Notre pays va envoyer un signal fort à l'Europe et au monde, et la participation sera élevée, plus fort sera le message. Et ce message est: la Grèce n'appartient à personne sauf à ses citoyens. Ils ont le droit de définir leur politique avec comme premier critère le bien communs et les intérêts et les besoins de sa propre population."

Le secrétaire national du PCF Pierre Laurent s'est réjoui des résultats de Syriza. "C'est un premier pas vers une bonne implantation locale qui sera déterminante pour protéger les populations de l'austérité et renforcer la solidarité de proximité. C'est également un bon signe pour les échéances politiques du week-end prochain. Tout indique que Syriza peut remporter les élections européennes dimanche. C'est un formidable encouragement pour toutes les listes qui, en Europe sont rassemblées derrière la candidature d'Alexis Tsipras à la Présidence de la Commission européenne. Nous pouvons être la bonne surprise du 25 mai!". 
Jean-Luc Mélenchon a également promptement salué le succès de Syriza. "Pour la première fois en Europe a craqué la chaîne libérale qui étouffe les peuples, celle de la complicité de la droite et du PS pour appliquer ensemble les politiques d’austérité. A Athènes et sa région, notre Front de Gauche grec passe en tête ! Jour historique. L’effet domino peut commencer en Europe. Enfin du neuf, enfin autre chose que l’alternative entre le soi-disant « vote utile » et l’extrême droite. Les élections européennes peuvent tout accélérer sur le continent. Nous travaillons à en faire l’évènement français de l’autre gauche européenne."

 

http://www.humanite.fr/grece-perce-de-syriza-aux-elections-locales-531605

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23 janvier 2015 5 23 /01 /janvier /2015 19:40

 

Copie écran/FTV
Une dizaine de milliers de militants et sympathisants Syriza étaient réunis ce jeudi soir place Omonia pour écouter le dernier grand meeting de leur leader Alexis Tsipras à quelques jours d’un scrutin historique. Pour la première fois dans l’histoire de l’Union Européenne, un pays pourrait être dirigé par un parti de la gauche radicale.

Pour fêter son héraut, Syriza a fait les choses en grand : écrans géants (sur la place et dans les rues avoisinantes), grues avec caméra rasant la foule à 360 degrés,  multi podiums pour journalistes venus du monde entier. L’événement médiatique doit être à la hauteur du choc politique qui se prépare. Dans la foule, l’anxiété, l’espoir et le scepticisme traversent les corps de ce peuple malmenés depuis trop longtemps par sa classe politique. Mais à l’approche du discours de Tsipras, c’est l’espoir qui prend le dessus, les yeux commencent à s’allumer, les corps à vibrer  un peu. Des banderoles flanquées du slogan « l’espoir arrive » et des drapeaux rouge, violet et vert invitant les Grecs  à « Changer la Grèce, changer l'Europe » sont brandis de ci de là tandis que des haut-parleurs diffusent en boucle « The Wall » de Pink Floy.

 


Toutes les générations et les classes sont représentées:   « C’est aujourd’hui ou jamais,  raconte cette ancienne directrice d’école, « la Grèce a une chance unique, il ne faut pas la laisser passer » reprend cette sympathisante qui nourrit un espoir réel mais mesuré « Il y a des gens qui voit en Tsipras l’homme providentiel, et c’est exactement ce qu’il ne faut pas ;  Le pays s’en sortira à condition que nous autres les Grecs soyons derrière lui ! »  Plus loin un couple d’étudiants s’embrassent goulument au dessous du podium des journalistes : « Tsipras est notre seule chance, notre avenir, il sait d’où on vient, il connaît notre situation, il est jeune lui aussi pas comme les autres… vous trouvez ça normal vous d’avoir offert à la jeunesse de votre pays, chômage et anxiété ? » s’emporte Rania, une étudiante. « C’est vrai, renchérit son petit ami, j’en ai ras le bol de vivre chez mes parents qui eux aussi aimeraient bien se débarrasser de moi, que je trouve du boulot, que je parte. Eux aussi ont du mal à joindre les deux bouts ». Soudain,  l’ambiance monte d’un ton quand la silhouettes d’Alexis Tsipras apparait sur la scène.

 
C’est dans la peau d’un futur Premier ministre que leader de Syrisa prend la parole devant une mer agitée de drapeaux multicolore. « Lundi, nous en aurons fini avec l'humiliation nationale. Nous en aurons fini avec les ordres venus de l'étranger » lance le tribun aussitôt recouvert par un tonnerre d’applaudissements, « Nous demandons une première chance pour Syriza, ce sera peut-être la dernière pour la Grèce » a-t-il ajouté.
 
Alexis Tsipras a en effet de quoi être confiant. Quatre sondages publiés jeudi placent Syriza vainqueur avec 4,8 à 6,2 points d'avance sur le parti Nouvelle Démocratie du Premier Ministre sortant Andonis Samaras, à la veille de la clôture de la campagne électorale. L'institut Metron le crédite même de 36% des intentions de vote, un score qui pourrait lui permettre de décrocher seul la majorité absolue à la Vouli, le parlement grec où siègent 300 députés.
 
Le vent semble aller dans le bon sens pour Alexis Tsipras qui n’est pas non plus isolé pour tenter de rééquilibrer le bateau européen qui penche beaucoup trop dangereusement à tribord. Pablo Iglesias, le chef de file du parti de gauche espagnole Podemos qui visera lui aussi la victoire aux élections prévue à l'automne prochain en Espagne, le rejoint dans une ambiance qui reprend de la force. « Le vent d'un changement démocratique s'est levé, d'un changement en Europe, d'un changement en Grèce. Il s'appelle Syriza en Grèce, il s'appelle Podemos en Espagne », clame le dirigeant du parti espagnol né du Mouvement des Indignés, qui avait estimé dans une conférence de presse que Syriza répondait « à un  besoin de souveraineté nationale  nécessaire aux pays qui se perçoivent  comme des  colonies des puissances du Nord et des pouvoirs financiers ». Avec le dirigeant de la formation espagnole créée en janvier 2014 et issue du mouvement des Indignés, une vingtaine de leaders de la gauche européenne ont aussi fait le déplacement dont Pierre Laurent, secrétaire national du Parti communiste français (PCF) et président du Parti de la gauche européenne (PGE).
 
Après une heure et demi de discours et d’applaudissements, la foule s’est ensuite dispersée les uns en direction de l’Acropole les autres vers la place Syntagma croisant au passage d’autres militants d’un ancien parti de la gauche européenne qui avaient investi la place faisant face au parlement à la même heure que Syrisa: le KKE. (parti communiste grec). Une image en forme de bémol pour Syrza qui rappelle qu’en cas de victoire, la bataille sera âpre et rude à mener pour Tsipras et son gouvernement, qui devra non seulement négocier avec la Troïka (FMI, BCE, Commission européenne) et les forces néo libérales grecques, mais qui devra aussi composer avec les composantes sceptiques de la gauche grecque qu'il faudra convaincre sinon de rejoindre le combat au moins  à ne pas saboter la partie babord du navire qui commence à peine à se rétablir.
http://www.humanite.fr/grece-tsipras-quelques-marches-dune-victoire-historique-pour-la-gauche-radicale-europeenne-563533
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23 janvier 2015 5 23 /01 /janvier /2015 19:39

 

 

AFP
Le parti d’Alexis Tspiras est prêt à former un gouvernement et à appliquer son vaste programme. L’ambition de Syriza est grande et se divise en quatre piliers : le traitement de la crise humanitaire, le redémarrage de l’économie réelle, la restauration de l’emploi avec les garanties d’un droit du travail consolidé et la refonte citoyenne des pouvoirs de l’Etat.

L’urgence, a réaffirmé Tsipras, est la sortie de la crise humanitaire qui met la Grèce à genoux. Comme Syriza anticipe des difficultés à se financer dans un premier temps, les premières mesures sont calculées à « budget équilibré ». Pour un coût annuel inférieur à 2 milliards d’euros, Syriza entend fournir de l’électricité gratuitement et des aides alimentaires à tous les ménages sous le seuil de pauvreté, augmenter le remboursement et la gratuité des soins médicaux, garantir le logement des dizaines de milliers de familles menacées d’expulsion, baisser les prix du chauffage, imposer la gratuité des transports en commun pour les plus fragiles et augmenter les petites retraites. Autant de mesures d’urgences qui visent à sortir les Grecs les plus en difficulté de la spirale de pauvreté qui menace leur espérance de vie.

Des mesures pour l’emploi et les salaires

Mesure majeure, Syriza va imposer une hausse importante du salaire minimum, sans distinction d’âge, à 751 € dans un premier temps. Il est actuellement à 427 € pour les jeunes, 586 € pour les autres. Cette mesure devrait apporter automatiquement une croissance de 0,5% du PIB rien que par la consommation des ménage et la hausse des recettes fiscales. Cette décision va s’accompagner de nombreuses mesures en faveur de l’emploi qui commencera par la restauration d’un droit du travail fort. Syriza veut aller plus loin et entend interdire les licenciements collectifs, comme interdire la « location » de salariés entre les entreprises.

L’urgence ensuite est de favoriser le retour au travail, ce qui passe par la remise en ordre des services publics détruits par la politique néolibérale imposée par la Troika. 300.000 emplois sont ainsi promis dans les secteurs publics et l’économie solidaire. Ils cibleront en priorité les chômeurs les plus fragiles, parents célibataires et les jeunes. L’allocation chômage qui ne touche que 10% des chômeurs sera également largement étendue.

Une refonte démocratique

L’Etat grec est affaibli, suite à la privatisation de nombreux services publics et le licenciement de milliers de fonctionnaires, mais il est aussi discrédité en se mettant au service des banques et de la Troika, il a perdu sa légitimité. Syriza entend donc refonder véritablement l’Etat pour le mettre au service des Grecs. Le parti entend s’engager dans un processus de longue haleine, mais veut proposer rapidement plusieurs mesures phares. Une réforme des collectivités territoriale est prévue, visant à leur accorder davantage d’autonomie administrative et financière des collectivités locales. Syriza entend également renforcer le rôle législatif et de contrôle du Parlement et réduire l’immunité parlementaire et ministérielle. Plusieurs outils de démocratie directe sont prévus, comme la possibilité de légiférer suite à un vote d’initiative populaire, de laisser aussi au peuple la possibilité d’apposer son droit de veto aux lois et aux décisions administratives, ainsi que d’appeler à référendum. On sent bien là que Syriza veut protéger les Grecs contre le déni de démocratie qu’a constitué la série de mesures d’austérités imposée par la Troika, contre l’avis du peuple.
Toujours au chapitre démocratique, Syriza veut reconstituer le tissu médiatique de l’audiovisuel public qui a été supprimé par le gouvernement actuel.

Répondre à l’urgence fiscale

Syriza est conscient que la Grèce est rentrée dans une impasse fiscale. Les recettes ne rentrent plus, les citoyens ont accumulé avec la crise des dettes au fisc comme aux banques insoutenables qu’il faut solder pour faire repartir l’économie réelle. L’objectif est à la fois de soulager le citoyen, la force vive de l’économie, et de refonder un système sain qui permette le retour des rentrées fiscales. A l’intention des Grecs endettés envers le trésor public, Syriza propose ainsi l’arrêt des saisies immobilières et un plafonnement du remboursement des sommes dues, avec une suspension de paiement de 12 mois pour les citoyens ayant perdu leur emploi.
Toujours dans la même logique d’éviter d’asphyxier la population, un plafonnement à 1/3 du revenu sera imposé pour le remboursement des dettes privées, envers les banques principalement. Les ménages sous le seuil de pauvreté verront leur dette effacée. Et les banques auront l’interdiction de spéculer sur les dettes des particuliers. Pour financer les PME et les agriculteurs, Syriza entend fonder une banque publique de développement et favoriser les financements coopératifs.

Côté recettes,  Syriza veut instaurer un impôt progressif sur la fortune immobilière, protégeant les résidences principales tout en allant chercher l’argent là où il se trouve.
La lutte contre l’évasion fiscale sera aussi au cœur de l’action de Syriza, avec des mesures précises et ciblées. La restructuration de la dette publique et la réaffectation du Fonds européen de stabilité devraient également permettre de dégager d’importantes marges de manœuvre. Ainsi selon les économistes de Syriza, ces mesures devraient permettre de récupérer jusqu’à 13,5 milliards d’euros de recettes, alors que le coût du programme de relance s’élèverait à 10 milliards environ.

La dette grecque. A 175 % du PIB (contre 115% en 2009), elle est insoutenable. Mais la cause première et principale de l’explosion de cette dette est l’austérité imposée contre l’avis du peuple grec par la Troika. Toute cette partie de la dette, accumulée depuis 2008 est jugée illégitime et Syriza demande son effacement. Pour le reste, le parti propose que le remboursement soit assorti d’une clause de croissance, et qu’il soit proportionnel au développement économique du pays. Enfin, Alexis Tsipras  a annoncé «haut et fort que nous revendiquons toujours le remboursement du prêt imposé à la Grèce par les forces d’occupation nazies. (…) D’ailleurs, dès que notre gouvernement sera en charge, cette question fera l’objet d’une demande officielle ».

 

http://www.humanite.fr/syriza-son-engagement-aupres-du-peuple-grec-563546

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23 janvier 2015 5 23 /01 /janvier /2015 19:37

 

Photo : Stefania Mizara
« La Grèce a besoin de réformes structurelles. Mais c’est Syriza qui est la mieux placée pour les conduire », déclare Rena Dourou. Sur la photo, la présidente de l’Attique lors du congrès de Syriza le 3 janvier.
Photo : Stefania Mizara
Rena Dourou est présidente de l’Attique, la plus grande des régions grecques. Figure de Syriza, elle estime que les Grecs savent gré à la gauche radicale d’avoir eu « la lecture la plus rationnelle de cette crise ».

Envoyée spécialeÀ la veille du scrutin législatif, Christine Lagarde, la directrice générale du FMI, a encore mis en garde les Grecs contre toute volonté de renégocier la dette. Elle exhorte le pays à procéder à des « réformes structurelles ». Comment vivez-vous cette incroyable pression internationale ?

Rena Dourou Le défi posé par le scrutin de ce 25 janvier ne concerne pas seulement la Grèce et son économie. Il est posé à toute l’Union européenne (UE). Soyons clairs : tirons, avec Mme Lagarde, le bilan des politiques du FMI. En Grèce et avant elle, dans d’autres pays. Il est désastreux. Cette crise de la dette doit nous offrir l’occasion historique de réorienter l’UE, d’opter ensemble pour d’autres choix. Mme Lagarde a raison, il faut procéder à des réformes structurelles. Pourquoi la troïka, qui contrôle le gouvernement grec, qui se trouve ici depuis cinq ans dans une posture néocoloniale, n’a-t-elle pas encouragé de telles réformes ? Pourquoi ne se sont-ils pas attaqués à la corruption, aux cadeaux fiscaux ? Seuls les retraités et les travailleurs ont payé l’addition, avec la compression continue des pensions et des salaires. Nous sommes ici, à Athènes, dans une capitale européenne. J’ai trouvé, en arrivant à la tête de la région Attique, un système de gestion des déchets archaïque, digne du XIXe siècle. Depuis des années, nous payons des pénalités à Bruxelles, faute de respecter les normes européennes dans ce domaine. Certains quartiers sont privés d’adduction d’eau, d’électricité. Oui, la Grèce a besoin de réformes structurelles. Mais c’est Syriza qui est la mieux placée pour les conduire. Pas la Nouvelle Démocratie et le Pasok (social-démocrate).

À l’échelle de la région Attique, comment faites-vous face à la crise humanitaire ?

Rena Dourou Nous avons révisé le budget régional, réorienté des crédits pour tisser un réseau de solidarité au service des familles que l’austérité a précipitées dans la pauvreté. Nous consacrons 2,5 millions d’euros au plan Électricité pour tous, cofinancé par l’UE et destiné aux foyers ayant subi des coupures suite à des impayés. Mais cela ne suffit pas. Nous ne pouvons pas nous en tenir là. Notre programme est tourné vers la croissance, le développement. Dans la région la plus peuplée de Grèce, nous devons impérativement endiguer le chômage et initier, avec l’appui d’un gouvernement de gauche, des politiques créatrices d’emplois.

Vous avez récemment affirmé que la gauche n’avait jamais eu le pouvoir depuis la fondation de l’État grec moderne. Comment définissez-vous la gauche ?

Rena Dourou Nous sommes lucides. Nous ne considérons pas que 30 % de l’électorat grec s’est soudainement converti aux principes de la gauche radicale. Cela dit, le vote pour Syriza n’est plus seulement l’expression d’une protestation. Ce n’est pas un vote de désespoir. Syriza ne s’est pas non plus transformée en nouveau Pasok. Revenons en arrière. En octobre 2009, lorsque le premier ministre Pasok Georges Papandréou assurait « il y a de l’argent disponible » pour faire face à la dette, lorsque Kostas Karamanlis plaidait pour des mesures d’austérité drastiques, Syriza, qui dépassait à peine les 4 %, posait déjà le bon diagnostic. Nous affirmions alors qu’il était impossible de surmonter cette crise de la dette sans nouveaux emprunts, tout en appelant à la plus grande prudence sur les conditions. Nous mettions déjà en garde contre le choix de l’austérité qui n’a jamais, nulle part au monde, allégé le fardeau de la dette. Enfin, pour nous, cette crise ne pouvait se résumer à sa dimension nationale. Nous étions face à une crise européenne ! À cette époque, MM. Papandréou et Karamanlis, le Pasok et la Nouvelle Démocratie méprisaient nos arguments. Cinq ans plus tard, tout le monde peut constater que les politiques d’austérité n’ont pas permis de résorber la dette. Ni en Grèce ni ailleurs. Nous n’avions pas d’argent, donc nous avons eu recours à l’emprunt. Mais avec des conditions dont les résultats sont tragiquement visibles dans la société grecque. Enfin il est évident que cette crise ne s’arrête pas aux frontières de notre pays. Les Grecs ont la mémoire longue. Ils savent qui a eu, dès le départ, la lecture la plus rationnelle de cette crise. Ils voient aujourd’hui dans Syriza le seul acteur politique capable de surmonter enfin cette crise de la dette et de guérir la crise démocratique dont le symptôme le plus inquiétant est le poids d’Aube dorée. Nous désigner comme des anti-européens obsédés par la sortie de l’euro n’a pas de sens. Les questions que nous posons sont posées à toute l’UE. Une victoire de Syriza peut être le déclencheur de nouveaux choix politiques. Le Grèce est le premier pays d’Europe à avoir expérimenté des recettes jusque-là réservées au tiers-monde. Elle peut, demain, devenir le premier pays d’Europe à emprunter une voie originale pour sortir de la crise. Ce combat ne sera pas aisé. On ne nous laissera pas si facilement prendre les bonnes décisions. Je le sais pour rencontrer moi-même de sérieux obstacles, comme présidente de région, depuis que j’ai gagné les élections.

La gauche de transformation présente à Athènes.  Solidaire des Grecs contre l’austérité, Pierre Laurent, secrétaire du PCF 
et président du Parti de la gauche européenne (PGE), sera présent à Athènes ce dimanche. « Si le peuple grec choisit Syriza, le respect de la démocratie impose de permettre au nouveau gouvernement d’appliquer son programme », a-t-il déclaré lundi à Paris, lors d’un meeting 
de soutien à Syriza. Seront également présents d’autres responsables de forces du PGE : sa vice-présidente, Maite Mola (Espagne), et le secrétaire du Parti 
de la refondation communiste, Paolo Ferrero (Italie). Plusieurs députés européens membres de la Gauche unitaire européenne ont aussi fait le déplacement.
http://www.humanite.fr/rena-dourou-syriza-seule-capable-de-guerir-la-crise-democratique-563520
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23 janvier 2015 5 23 /01 /janvier /2015 19:29

 

 

Pour le candidat de Syriza, Alexis Tsipras, la majorité absolue au Parlement serait un atout pour imposer une renégociation de la dette. Le chef de la gauche radicale promet de former, si son parti arrivait dimanche en tête des élections, « un gouvernement pour tous les Grecs ».

Dimanche en Grèce, le parti d’Alexis Tsipras Syriza est bel et bien au  seuil du pouvoir. Les   vingt-cinq dernières enquêtes d’opinion diffusées par les médias grecs dessinent toutes la même tendance : la gauche anti-austérité fait la course en tête. À la veille d’un scrutin législatif crucial, elle creuse même l’écart avec la Nouvelle Démocratie du  premier ministre conservateur, Antonis Samaras. Seule inconnue, la marge de manœuvre que les électeurs accorderont au parti d’Alexis Tsipras.  Sans majorité absolue au sein du Parlement, Syriza serait contrainte de rechercher des alliances dans un paysage éclaté, où la crise politique a brouillé maints repères. « Plus Syriza sera fort, plus l’avenir du pays sera stable », a lancé Alexis Tsipras  mardi à Thessalonique et mercredi à Patras. Devant des milliers de sympathisants, il a demandé  aux électeurs de lui donner les coudées franches pour pouvoir   appliquer son programme de gauche « sans compromis ». 

Tout se passe comme si la pression internationale, les menaces des institutions financières internationales, les mises en garde de Bruxelles confortaient les Grecs dans leur volonté de tourner la page de l’austérité. D’où la stratégie agressive de polarisation choisie par la Nouvelle Démocratie, d’Antonis Samaras. Principale figure de l’échec des politiques dictées par la troïka (Banque centrale européenne, FMI, Commission européenne),  le premier ministre espère limiter les dégâts en se posant en garant de l’avenir européen de la Grèce. « Entrer en conflit avec l’Europe serait catastrophique pour la Grèce », répète-t-il en éludant le bilan de la coalition sortante. Sur le terrain social, celui-ci est désastreux. Avec un taux de chômage à 27 % (50 % chez les jeunes), ce sont bien les classes populaires qui ont payé la lourde addition de  la crise. L’urgence sociale est devenue une crise humanitaire, avec une proportion grandissante de la population placée dans l’impossibilité de satisfaire des besoins élémentaires – se nourrir correctement, se soigner, se loger. Seuls les solidarités familiales et le réseau d’entraide sociale tissé par des bénévoles sans appui de l’État permettent à ces nouveaux exclus de ne pas sombrer.   

Les entreprises publiques sont bradées au profit des multinationales  

 Sur le terrain économique, le traitement austéritaire a eu l’effet d’un poison. Le  petit capital a été broyé (90 000 PME grecques ont disparu entre 2008 et 2011). Le fragile appareil productif grec est brisé, tandis que les entreprises publiques sont bradées au profit des multinationales, des fonds de pension et de l’élite financière grecque. Pour Yannis Eustathopoulos, économiste travaillant pour l’institut du travail de la Confédération générale des travailleurs grecs, les politiques conduites depuis cinq ans « participent à la formation d’un modèle de croissance économique par dégradation  du travail, des droits sociaux, de l’environnement et de la cohésion territoriale ». Ces mutations n’ont pas pour autant permis à la Grèce de réduire le fardeau de la dette. Son ratio par rapport au produit intérieur brut (PIB) était de 113 % en 2009, avant la crise. Il atteint aujourd’hui 175 %. Quant aux 226,7 milliards « d’aides » octroyées par la troïka depuis 2010,  en contrepartie d’un sévère programme d’ajustement structurel, ils ont pour l’essentiel bénéficié directement ou indirectement au secteur de la finance.

 

 Marko Djurica/Reuters
« L’espoir vient », est le slogan d’Alexis Tsipras, chef de l’opposition et de la coalition de gauche radicale, Syriza.
Photo : Marko Djurica/Reuters

Avec un tel bilan, les déclarations du ministre allemand des Finances, Wolfgang Schaüble, exhortant les Grecs à garder le cap de l’austérité et à « accepter le contrôle de la   troïka », passent très mal. Au point de légitimer le discours d’Alexis Tsipras, qui soutient que la seule solution réside dans « l’effacement de la plus grande partie » d’une dette « non viable » et dans sa « restructuration » assortie d’une clause de croissance. Alors que la droite, qui juge irréaliste le principe même d’une renégociation, agite le spectre du « Grexit », le chef de Syriza se dit prêt au bras de fer, quitte à écarter le principe du maintien de la Grèce dans la zone euro « à tout prix ». « Où s’arrête ce “à tout prix” ? À combien de suicides ? À combien d’hôpitaux et d’écoles fermés ? À des salaires de 150 euros et à des pensions de 100 euros ? À combien de millions de chômeurs et de pauvres ? Si vous nous posez la question, nous vous répondrons clairement : l’euro dans la dignité, la justice, la solidarité », a-t-il affirmé, hier, dans une adresse à la diaspora grecque. S’il n’obtenait pas de majorité absolue, pourtant, Tsipras serait contraint de composer avec d’autres forces politiques. Jusqu’ici fermé à toute idée de collaboration avec Syriza, le Parti communiste grec (KKE) a consenti, cette semaine, un timide pas vers le principe d’un soutien critique, sans doute à l’intention de ses propres électeurs, tentés par ses rivaux de gauche. « Bien sûr, si les circonstances le permettent et que le gouvernement porte une loi pour casser les régressions, nous voterons pour », assure le secrétaire général du KKE, Dimitris Koutsoubas. Il tient toutefois à garder ses distances : « Si le Parti communiste se montre ouvert à un tel gouvernement, le peuple ne fera plus confiance au KKE, nous couperions tous les liens avec lui, comme d’autres partis communistes qui ont soutenu des gouvernements. »

Les sociaux démocrates du Pasok cherchent à se repositionner 

Laminés par leur soutien aux mémorandums codifiant les mesures d’austérité, frappés par l’impopularité de la coalition sortante, les sociaux démocrates du Pasok, eux, cherchent à se repositionner. Le vice- premier ministre et chef de la diplomatie, Evangelos Venizélos, se dit même prêt à appuyer un « gouvernement d’unité nationale » incluant « les défenseurs de la perspective européenne du pays ». Autre geste en direction de Syriza, celui de Stavros   Théodorakis, ancienne gloire de la télévision convertie à la politique et fondateur de To   Potami (la Rivière), qui, nouveauté, prône  une « politique sociale » et une « négociation   sérieuse sur la dette ». Tsipras, lui, promet de former, si son parti arrivait en tête, « un   gouvernement pour tous les Grecs ». Sans les pro-mémorandum.

Un mode de scrutin proportionnel, avec prime au parti arrivé en tête. Les 300 parlementaires sont élus au suffrage universel direct. 238 députés sont élus à la proportionnelle dans la cinquantaine de circonscriptions du pays et 12 en fonction du résultat national. En outre, un bonus de 50 sièges est accordé au parti arrivé en tête. Pour être sûr d’atteindre la majorité absolue, fixée à 151 sièges, il faut en théorie recueillir 40 % des suffrages. Ce nombre peut être réduit, car seuls les partis obtenant 3 % des voix concourent à l’expression du suffrage universel. Ainsi, si 12 % d’électeurs votent pour des petits partis, le vainqueur ne doit plus rassembler que 35,6 % des voix pour faire élire 151 députés.

 

http://www.humanite.fr/avec-syriza-le-peuple-grec-peut-raviver-lespoir-en-europe-563504

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23 janvier 2015 5 23 /01 /janvier /2015 19:11

 

Au fil des sondages sur les intentions de vote des Grecs aux élections européennes, Syriza, la formation de gauche opposée aux politiques d’austérité, fait la course en tête, même si les dernières études indiquent un resserrement de l’écart avec la droite. Un récent sondage place le parti d’Alexis Tsipras à 1,5 %, devant les libéraux  de Nouvelle Démocratie  (21 %). Alors que Syriza ne comptait qu’un eurodéputé dans l’Assemblée sortante, ce parti pourrait en faire élire entre 5 et 7. Rebaptisés « l’Olivier » pour ce scrutin, les sociaux-démocrates du Pasok, eux, paient très cher  leur ralliement à la coalition du premier ministre de droite Antonis Samaras. Les sondages les créditent de 5 à 7 % des intentions de vote. L’effondrement était déjà sensible lors des législatives de juin 2012, lorsque le Pasok avait recueilli 12,3 % des voix, trois ans seulement après l’élection de Georges Papandréou comme premier ministre, avec 43,9 % des voix. To Potami (« la rivière »), la nouvelle formation populiste emmenée par l’ex-journaliste Stavros Theodorakis, une sorte de Beppe Grillo grec, se placerait en troisième position, avec 8,5 %, devant les néonazis d’Aube dorée (7,5 %). Le Parti communiste grec (KKE), qui compte deux eurodéputés sortants, se maintiendrait, avec 7 %, des intentions de vote.

 

http://www.humanite.fr/europeennes-syriza-en-tete-des-intentions-de-vote-531203

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23 janvier 2015 5 23 /01 /janvier /2015 19:09

 

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Greek leftist opposition leader Alexis Tsipras speaks during a parliament session before a vote for an omnibus reforms bill in Athens March 30, 2014. REUTERS/Alkis Konstantinidis (GREECE - Tags: POLITICS BUSINESS)
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Candidat de la Gauche européenne à la tête de la Commission, le chef de Syriza pourrait hisser son parti en tête du scrutin dans son pays.

Athènes (Grèce), envoyée spéciale. Est-ce dans la mémoire des luttes de son peuple qu’Alexis Tsipras a puisé le goût de la politique ? À la fin des années 1990, quand il accueillait, sur l’île de Syros, les camps d’été de la jeunesse progressiste européenne, il mettait un point d’honneur à faire visiter à ses camarades étrangers les lieux de déportation des opposants à la dictature. Que reste-t-il de l’affable et souriant jeune homme aux cheveux longs, qui a fait ses premières armes à la Jeunesse communiste et dans le mouvement étudiant ? Qu’est devenu le militant altermondialiste matraqué par les carabiniers en 2001 sur le port d’Ancône, en tentant de rejoindre le contre-sommet du G8 à Gênes ? « Sa détermination et sa vision politique n’ont pas changé. Il reste attaché aux mêmes valeurs », assure l’Italien Fabio Amato, vieil ami de Tsipras.

Éclaicir le désordre

La crise, puis la mise sous tutelle de la Grèce par la troïka (FMI, Banque et Commission européennes) ont rebattu les cartes du jeu politique, projetant la gauche anti-austérité sur le devant de la scène. Au point que les élections législatives anticipées du 17 juin 2012 ont pris des allures de séisme politique, avec 26,9 % des suffrages à Syriza. En talonnant la droite de Nouvelle Démocratie et en supplantant les sociaux-démocrates du Pasok, la coalition de gauche, devenue, depuis, un parti, s’est imposée au centre du débat politique. Son chef, lui, est devenu un sérieux prétendant au poste de premier ministre. « Syriza est passé en très peu de temps du statut de petite force d’opposition de gauche à celui de force appelée à gouverner. Alexis Tsipras est très conscient des responsabilités qui sont ainsi devenues les siennes », remarque Pierre Laurent, secrétaire national du PCF et président du Parti de la gauche européenne (PGE). L’ingénieur de quarante ans, qui a pris les rênes de Synaspismos en 2008, a réussi son pari : transformer une coalition de groupes protestataires en parti de gouvernement. « Nous avons un programme crédible, une visée politique et nous sommes prêts à prendre le pouvoir, voilà le message qu’il a su faire passer », résume l’économiste Maria Karamessini. Soutien remarqué de Syriza, le philosophe Slavoj Zizek salue cette stratégie comme étant « la voix de la raison » contre « la folie de l’idéologie du marché ». « Dans leur volonté de prendre leurs responsabilités, ils ont banni la crainte de la gauche de prendre le pouvoir, ils ont le courage d’éclaircir le désordre créé par d’autres », écrit le célèbre intellectuel dans un récent article de la London Review of Books. Dans un contexte social et politique plus incertain que jamais, certains, à gauche, reprochent à Tsipras d’avoir dilué ses idées et de vouloir occuper l’espace politique laissé libre par le ralliement du Pasok à la coalition du premier ministre de droite, Antonis Samaras.

Avec le complaisant relais des médias dominants, ses adversaires politiques dépeignent au contraire un dangereux démagogue de la « gauche radicale », un eurosceptique prêt à faire sortir le pays de la zone euro. Cet admirateur de Keynes se définit en fait comme un pro-européen convaincu, sûr que l’Union est menacée d’éclatement si elle reste sourde à la colère et au désarroi des peuples. « Ceux qui ont semé le chômage et la misère sur le continent récoltent aujourd’hui le rejet de l’Europe et la montée du fascisme. Ce sont eux qui menacent la cohésion de l’Europe, pas nous ! » assène celui qui a préféré boycotter les débats télévisés avec les autres candidats au poste de président de la Commission européenne. Au fil des meetings, il fustige « l’Europe des banques et des marchés », exhorte les Grecs à reconquérir leur « souveraineté populaire » et appelle à une « refondation du projet européen sur des bases sociales et démocratiques ». Son premier geste, s’il devait prendre la tête d’un gouvernement ? La dissolution de la troïka, « qui n’a aucune légitimité démocratique », et la renégociation de la dette, qui ferait l’objet d’un moratoire. Alexis Tsipras aime à rappeler, non sans malice, que l’Allemagne a bénéficié en 1953, à l’issue de la Conférence internationale de Londres, de l’effacement d’une grande partie de sa dette. « Nous nous appuierons sur les mobilisations populaires et nous rechercherons des alliances à l’extérieur pour imposer cette renégociation. C’est en Grèce que se jouent l’avenir de l’Europe et sa réorientation », assure-t-il.

Dans le désastre social que laisse derrière lui le rouleau compresseur de l’austérité, 
le chef de Syriza, père de deux enfants, cultive une sincère empathie pour ces milliers de Grecs qui ont vu du jour au lendemain leurs vies brisées par la perte d’un emploi. N’appartient-il pas à cette génération broyée par l’exclusion sociale de masse, contrainte à l’exil ou au retour sous le toit des parents ? « Je dois représenter les angoisses et les luttes du peuple grec », affirme-t-il, en avouant le sentiment d’une « lourde responsabilité ». « Alexis est un trait d’union entre l’Europe et notre mouvement populaire, affirme en écho le résistant Manolis Glezos. Plus qu’un parti, Syriza est devenu la conscience politique du peuple grec. »

 

http://www.humanite.fr/alexis-tsipras-conscience-grecque-527993

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