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4 juin 2014 3 04 /06 /juin /2014 02:02

 

PCN-TV - RT news hebdo 2014 001 (2014 01 10) FR

Principaux sujets de la semaine:

Terreur djihadiste à Volgograd / Catastrophe en Centrafrique /

Montée de l’extrême-droite dans l’UE / Les jeux de Sotchi /

PCN- TV avec RT – PCN- SPO / 2014 01 10 /

‘RT’ NEWS HEBDO :

La chaîne de télévision russe  ‘RT’ – l’ancienne « Russia Today » – pour une information alternative au double langage, au deux poids deux mesures , aux mensonges et à la propagande des médias de l’ OTAN …

Vidéo sur :

https://vimeo.com/83808730

Principaux sujets de la semaine

(RT News Hebdo – 5 Janvier 2014) /

TERREUR ISLAMISTE : La ville russe de Volgograd (Sud) pleure les 34 victimes de deux attaques terroristes djihadistes. Avec des dizaines de blessés encore à l’hôpital – RT vous apporte l’histoire de l’un des survivants – une fillette de 9 ans dont la vie a été sauvée par un étranger ;

CENTRAFRIQUE : La République centrafricaine est au bord d’une catastrophe humanitaire alors que la violence dans le pays atteint des niveaux critiques , et ce malgré une mission militaire dirigée par les Français visant « à apporter la stabilité à l’état ». Le contingent militaire français ne parvient pas à endiguer une vague qanglante qui a saisi la République centrafricaine alors que l’ONU sonne l’alarme d’une crise humanitaire imminente ; RT a parlé au groupe médical de Médecins Sans Frontières sur le carnage qui ravage l’Etat, alors que même les hôpitaux et les médecins sont devenus des cibles ;

L’EXTREME DROITE EN UE : l’Europe voit une montée des groupes d’extrême-droite dans la région, au moment où la crise financière sape la confiance du public dans les gouvernements – forçant les gens à chercher des alternatives ;

JEUX DE SOTCHI: Et , les esprits les plus brillants travaillant sur les lumières vives – nous évoquons une partie d’un système type d’éclairage , mis en place par les ingénieurs pour les Jeux olympiques d’hiver à Sotchi …

RT / PCN – TV

English version :

http://www.lucmichel.net/2014/01/05/pcn-tv-alternative-information-2014-001-rt-news-of-the-week/

________________________

https://vimeo.com/pcntv

https://www.facebook.com/PCN.NCP.TV

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Published by Stéphane Parédé
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4 juin 2014 3 04 /06 /juin /2014 02:01

 

LM - INTERVIEW Stato & Potenza VF (2014 01 07) FR (1)

 

Entretien de Luc MICHEL, président du PCN,

avec ‘STATO & POTENZA’ (« journal d’information socialiste », Italie)

sur le PCN, son Organisation transnationale, son idéologie le « Communautarisme européen », sa praxis et ses 30 ans de combat pour la Grande-Europe de Vladivostok à Reykjavik …

 PCN-SPO / PCN-TV / STATO & POTENZA /

2014 01 07 /

Interview italienne « La “Grande-Europa” contro l’occupante USA »

sur ‘STATO & POTENZA’ :

http://www.statopotenza.eu/9861/la-grande-europa-contro-loccupante-usa

Video de l’interview originale (Français) de PCN-TV sur :

https://vimeo.com/83462952

# STATO & POTENZA :

Quelles sont les principales positions économiques, sociales, politiques et géopolitiques de votre organisation, le PCN, le Parti Communautaire National-européen ?

Luc MICHEL : Nous partons d’abord d’une vision socio-économique, qu’on appelle le « Communautarisme européen », conçu au début des Années ‘60 (rien à voir du tout avec les « communautaristes » américains comme Amitai Etzioni, apparus en 1991) et que nous concevons comme « le Socialisme du XXIeme siècle ». Le Communautarisme européen  c’est une doctrine, avec une vision globale du monde – ‘Weltanschauung’ disent les philosophes allemands -, idéologique, géopolitique, éthique, philosophique …

De quoi s’agit-il ? Il s’agit d’une société solidaire, d’une société où existe la justice sociale, d’une société où c’est l’Etat qui commande au monde économique. Mais c’est également un Socialisme correctif. C’est-à-dire que nous avons tiré dès la fin des années ‘60 les conséquences de l’échec économique du Marxisme-Léninisme qui s’annonçait déjà alors. Et nous sommes donc pour une économie où existe un marché strictement contrôlé par l’Etat pour la petite production. C’est-à-dire les magasins, la production agricole, etc. Par contre, ce qui compte pour nous, c’est le rôle dans l’économie d’une entreprise au niveau stratégique, au niveau militaire, au niveau des intérêt pour l’Etat.

Qu’est-ce que cela veut dire ? Qu’il ne nous dérange pas qu’un fabriquant de bicyclette puisse être une gigantesque firme, mais par contre tout le secteur militaro-industriel, tout le secteur de la production d’énergie, doivent être contrôlé par l’Etat.

Cela est une forme de Socialisme. C’est le contenu.

Le contenu doit exister dans un contenant. C’est la dimension.

Nous avons constaté que toutes les expériences socialistes qui avaient essayé de se développer dans un petit pays avaient échoué. Il existe une dimension minimale pour réussir un socialisme scientifique. C’est un Etat de grande dimension. Comme l’a été l’Union Soviétique. Comme l’a été, mais beaucoup moins, l’ancienne Yougoslavie. Ou comme l’a été à un moment donné la Chine.

Cet Etat pour nous est assez simple à définir. C’est ce que nous appelons la ‘Grande-Europe’, c’est-à-dire l’unification continentale de Vladivostok, en Russie d’Extrême-Orient, jusqu’à Reykjavík en Islande.  Et du Québec jusqu’au Sahara.

Cette vision, en partie, mais je pense que c’est une de vos questions suivantes, rejoint les thèses sur l’Eurasisme, un thème que nous avons resorti, lui, dès 1984.

Nous avons développé cette vision de la Grande-Europe à partir du début des années ‘60. Avec le fondateur de notre Organisation transnationale, Jean THIRIART. Et nous l’avons redéveloppée et adaptée à partir des années ‘80 et notamment en tenant compte de l’échec de l’expérience soviétique.

# STATO & POTENZA :

Et comment se situe politiquement le PCN en tant que parti dans tout cela ?

Luc MICHEL : Nous sommes évidemment un parti d’opposition radicale au Système. Nous sommes opposés aux partis traditionnels. Et nous sommes opposés bien entendu à l’occupation impérialiste de l’Europe par les Etats-Unis et l’OTAN.

Nous nous définissons en fait comme un parti d’opposition extra-parlementaire. Entre 1995 et 1999, nous avons été représenté dans plusieurs institutions parlementaires belges, notamment le ‘Parlement wallon’, le ‘Parlement de la Communauté française de Belgique’, et dans l’équivalent d’un conseil régional français qui est le ‘Conseil provincial du Hainaut’.

Nous en avons retiré une expérience totalement négative. Ce milieu est corrompu et corrupteur, inefficace et impuissant. Et nous ne pensons plus du tout que le parlementarisme bourgeois soit une solution et qu’il soit possible d’y trouver une solution. Nous sommes donc un mouvement extra-parlementaire.

# STATO & POTENZA :

En particulier, vous défendez une idéologie européiste, celle de la Grande-Europe.

Que pensez-vous donc de l’Union Européenne ?

Luc MICHEL : Nous dirions que notre vision de l’Union Européenne a changé. Lorsque Jean THIRIART a défini dans les années ’60 ses thèses sur la Grande-Europe, qui évoquait déjà dès 1962-64 une Grande-Europe jusqu’à Vladivostok – THIRIART comme moi-même avons toujours dit que « la Russie c’est aussi l’Europe » – notre conception était que l’Union Européenne était une étape. Une étape justement qui irait d’un processus fédéral ou confédéral vers l’évènement d’une Grande-Europe.

Malheureusement, au fils des années, nous avons constaté que l’Union Européenne trahissait l’idée européenne. Cela a commencé à partir du Traité de Maastricht. Ce fut ensuite l’Acte unique, la tentative de Constitution européenne. C’est-à-dire, que petit à petit, l’Union Européenne, d’un grand projet libérateur et unificateur de notre continent, est devenu simplement le bras politique de l’OTAN.

Par ailleurs, le projet de l’Union Européenne est exclusivement un projet qui suit l’agenda de l’OTAN. C’est un projet anti-russe. Il suffit de voir ce qui se passe actuellement en Ukraine pour en avoir un exemple actuel.

Lorsque vous regardez les deux grandes opérations de politique étrangère de l’UE, ce que l’on appelle la PESC (la Politique européenne de Sécurité collective), et d’autre part le « Partenariat oriental » (Eastern Partnership) dont le but est de détacher la Géorgie, l’Arménie, le Bélarus, l’Ukraine, la Moldavie de la sphère d’influence russe – ce que les russes appellent « l’étranger proche » – on constate que l’OTAN domine totalement l’UE.

Cependant, et c’est là-dessus que nous divergeons totalement avec les anti-européens, ceux qu’on appelle les « eurosceptiques », nous pensons ‘qu’il ne faut pas jeter le bébé avec l’eau du bain’.

Il y a d’une part dans l’UE les politiciens. Pour parler plus clairement, les représentants du « parti américain » ; que ce soit la social-démocratie, la démocratie-chrétienne, les vert-kakis ou les libéraux, ce sont tous les gens qui représentent la domination nord-américaine.

Mais à côté de ça, il y a un outil de puissance, c’est notamment l’administration de la Commission Européenne, c’est l’appareil unificateur qui tourne autour des institutions européennes, c’est le début d’une classe technocratique européenne (terme non péjoratif pour nous). Ce sont des gens qui ne s’occupent pas de politique. Ce sont des cadres ou des fonctionnaires. On peut parler à leur sujet de technocratie mais il faut des technocrates pour faire un Etat. Comme les ‘Siloviki’ en Russie. Ce que eux construisent, c’est un outil de puissance. Cet outil, il peut exister comme maintenant en tant qu’outil au service de l’OTAN et des USA. Mais il peut exister aussi demain au service de la Grande-Europe.

Vous devez savoir que dans l’histoire du colonialisme, qu’ils soit français, britannique, italien, etc. , ce sont souvent les colonisateurs qui ont créé les conditions d’unification des colonies. C’est ce qui se passe pour nous en Europe de l’Ouest et centrale.

Nous suivons et attendons deux grands phénomènes. C’est-à-dire d’une part le développement de cette classe européenne qui est fréquemment humiliée par les nord-américains. Lorsque vous parlez à beaucoup de diplomates, à des grands fonctionnaires qui ne sont pas des gens de la politique politicienne, il y a une humiliation par rapport à ce qu’ils sont et ce qu’ils font dans l’Europe. Prenez également l’exemple des militaires qui ne sont dans l’OTAN que l’infanterie coloniale du Pentagone.

A côté de cela, il y a un second phénomène. C’est la monté de l’anti-américanisme au sein des masses européennes.

Nous disons que la condition d’une révolution en Europe est double : c’est la jonction entre d’une part la classe technocratique transnationale européenne et les masses anti-américaines. Et, puisque nous sommes aussi des Léninistes, les héritiers de « Que faire ? », d’un parti révolutionnaire de Cadres – ce que nous appelons un « Parti historique révolutionnaire » -. Et c’est à cela que notre Organisation travaille…

# STATO & POTENZA :

Venons-en à la question qui déchire l’Union Européenne :

que pensez-vous de l’Euro et de la crise financière ?

Luc MICHEL : Je pense qu’il y a actuellement une très grande confusion entre les causes et les conséquences de cette crise.

La cause de l’actuelle crise financière c’est quoi ?

C’est la mondialisation ultra-libérale. C’est l’économie mondialisée sous domination nord-américaine. Et c’est l’appétit économique, l’appétit consumériste des banksters (un vocable qui n’est pas une invention du fasciste belge Degrelle en 1934 mais de la propagande du KPD dans l’Allemagne des Années ’20). Le terme n’est pas trop fort puisqu’il s’agit de cela exactement !

La crise de l’Euro est une des conséquences de cela. Ce n’est pas comme beaucoup d’Eurosceptiques le prétendent la cause. Il y a eu en décembre à Athènes une réunion de partis eurosceptiques, dont certains ont des animateurs honorables, mais qui se trompent lorsqu’ils croient que l’Euro est la cause et qu’il faut sortir de l’Euro.

Nous sommes au cœur d’une crise économique et financière. Derrière cela, il y a une guerre économique.

Il y a tout d’abord la guerre économique Europe-USA qui existe depuis la fin des années ‘70. J’ai beaucoup écrit moi-même dès 1984-1985 sur cette guerre économique. C’est ce que j’appelle la « contradiction interne de l’Union Européenne ». On a d’une part une domination, une alliance complète militaire et politique avec les USA, c’est l’Atlantisme. Mais parallèlement à cela, le principal ennemi économique des USA, c’est précieusement l’Union Européenne.

A cela s’ajoute la guerre des monnaies.

Cette guerre fut longtemps une partie à deux. L’Euro contre le Dollar US. Il y a une spéculation grâce à la crise. Le semblant de prospérité américaine, les réponses d’Obama à la crise, reposent beaucoup sur la manipulation du Dollar et la destruction de l’Euro. Il faut voir les campagne d’un Georges Soros, le financier international qui est le conseiller économique d’Obama, contre l’Euro.

A cela s’ajoute maintenant une autre guerre. C’est la guerre que fait la Chine au niveau financier. La guerre du Yuan contre à la fois l’Euro et le Dollar.

Vouloir dans ces conditions revenir en UE à l’ancien système, c’est-à-dire de toute une série de monnaies de petits états, c’est se tromper de dimension.

J’insiste, et Jean THIRIART avant moi, sur la question de la ‘dimension européenne’. Il y a des gens en France qui se trompent de dimension. Montebourg par exemple au sein de la social-démocratie qui joue un théâtre sur la France. Rappelons qu’il est un des « Young Leaders » recrutés et formés par la ‘French-American Foundation’, une des multiples officines du « parti américain ». Il y a aussi des petits-nationalistes, la plupart à droite, qui également voudraient revenir à une Grande France, une Grande Italie, une Grande Espagne, etc.

Tout ça n’est pas crédible. Nous sommes à l’heure des grands ensembles. Nous sommes face à une Chine de près de 1,5 milliards d’hommes. La force des Etats-Unis c’est aussi d’être un grand marché unitaire. Et nous devons l’être aussi.

# STATO & POTENZA :

Quelle est donc selon-vous la solution à la crise ?

Cette solution existe-t-elle ?

Luc MICHEL : La solution à la crise, elle existe. Mais elle n’existe pas au sein du système capitaliste.

La solution à la crise quelle est-elle ?

C’est une théorie qui existe depuis longtemps. Elle a été définie par Friedrich List qui est un économiste allemand au XIXeme siècle. C’est l’homme qui a créé, pensé le « Zollverein », l’Union douanière allemande, qui a permis l’unification allemande ensuite par Bismarck.

Quelle est cette théorie ?

C’est celle du « Nationalisme économique ». Et aujourd’hui celui-ci se doit d’être européen. Il doit s’inscrire dans une volonté. D’une part, la fusion des économies des deux Europe : celle de l’Union Européenne et celle du Bloc russe de l’Union douanière (le futur ‘Espace Economique Eurasiatique’). Nous sommes complémentaires. Nos intérêts sont les mêmes. Nous sommes la même culture, la même civilisation.

A ce bloc doit être rattachée également la Turquie et l’ensemble de l’Espace méditerranéen.

La solution elle est simple. Les trois Rome – la première Rome. Celle de l’Italie. La seconde Rome. Byzance, aujourd’hui Istanbul. La troisième Rome qui est Moscou – doivent s’unir pour former la quatrième Rome, la Grande-Europe unitaire et communautaire !

Cela suppose évidemment les liens totalement coupés et une situation conflictuelle, que nous assumons parfaitement, avec l’impérialisme américain.

# STATO & POTENZA :

Vous avez commencé l’action du PCN en Belgique, il y a trente ans. La Centrale du PCN est installée à Bruxelles.

Dans quelle situation est la Belgique ?

Luc MICHEL : Une précision tout d’abord. Le PCN est une Organisation transnationale unitaire. Nous sommes né un peu par hasard en Belgique. Tout simplement comme déjà dans les années ‘60 Jean THIRIART était belge de passeport. Je précise ceci puisque comme moi il se considérait comme un ‘Français de Belgique’. Nous avons développé le Parti à partir évidemment de cet espace régional là. Mais nous n’avons pas d’attachement particulier à la Belgique. Ni à aucun état européen actuel. Nous sommes transnational. Notre Centrale est à Bruxelles. Mais nous avons des Secrétariats à Paris, en Moldavie, en Russie. Notre Secrétaire-Générale, Fabrice BEAUR, est installé en Russie depuis plusieurs années. Nous sommes présent dans la Caucase près de Sotchi et à Moscou. Nous sommes tout à fait détachés de toute sentimentalité petite-nationale.

La question de la Belgique se pose tout de même puisque nous avons démarré là-bas, que nous nous battons aussi là-bas. Certaines de nos structures sont de Droit belge. Et nous menons une guerre contre « l’état belge » depuis maintenant plus de 25 ans. Que celui-ci nous a imposée.

De quoi s’agit-il ? Simplement, pour des intérêts qui sont liés à la particratie belge, ou des intérêts liés à ceux de l’OTAN, « l’état belge » nous fait subir une répression rampante. Je vis moi-même depuis deux décennies dans des procès à répétition, des attaques politiques, administratives, judiciaires, fiscales, policières, qui sont menées contre les structures du PCN et moi-même.

Nous n’avons donc pas de sympathie pour l’Etat belgicain. Nous ne sommes pas du tout des gens qui ‘lorsqu’on les frappe sur la joue droite tendent la joue gauche’. Nous répondons par un coup de poing dans la gueule.

Nous sommes donc des adversaires résolus de « l’état belge ».

Nous soutenons actuellement toutes les tentatives d’où qu’elles viennent visant à la dissolution de « l’état belge ».

Cela veut dire les forces républicaines, à droite en Flandre, à gauche en Wallonie. Il y a en effet un ‘mouvement rattachiste’ francophone qui voudrait que Bruxelles et la Wallonie face retour à la République française, dont nous avons été citoyens sous la Première République jacobine et le premier Empire français. C’est notamment un mouvement électoraliste qui se nomme le ‘Rassemblement Wallonie-France’. On appelle cela le ‘rattachisme’. Nous soutenons cela aussi.

# STATO & POTENZA :

Vous partagez donc les analyses de ceux qui décrivent la Belgique comme un « non-état » ?

Luc MICHEL : La Belgique, c’est un état failli, un non-état.

C’est un état artificiel qui a été crée en 1830. Certains ont parlé de « monstre géopolitique ». Il a été créé pour empêcher la puissance impériale française de renaître. Il s’agissait pour les britanniques de contrôler la ville d’Anvers. Ensuite, on a installé une monarchie parasitaire. C’est la dynastie des Saxe-Cobourg. Des cousins des Windsor britanniques. Ce sont des gens qui ont mis le pays en coupe réglée, qui ont lancé sous le roi Léopold II la Belgique dans une immonde aventure coloniale au Congo. Vous devez savoir que les camps de concentration non pas été inventé par les britanniques lors de la guerre contre les Boers, ils n’ont pas été inventé par Adolf Hitler qui n’a fait que généraliser le principe, ils ont été inventé par les hommes de mains du roi Léopold II au Congo. Cette dynastie est encore en place. Le dernier, c’est le roi Philippe qui vient d’accéder au trône. C’est une classe de parasites. Autour d’eux, existe une classe politicienne, médiatique et du show-business également. Compter les nobliaux, les particules de l’ancien régime sur les ondes de la RTBF (radio et TV francophone d’état) et vous verrez ce qu’est le système belge.

Parlons franchement !

La Belgique est très importante actuellement car c’est le verrou géopolitique de l’Union Européenne.

Elle a longtemps servit de modèle et la classe politicienne belge, en particulier la démocratie-chrétienne belge, fournit maintenant depuis 50 ans les pseudo-dirigeants de l’Union Européenne. Beaucoup d’ailleurs avant de diriger l’Union Européenne commencent par être Secrétaire-Général de l’OTAN.

Cette classe politique est évidemment soutenue par les Etats-Unis, l’OTAN, l’Union Européenne qui ne veulent pas voir Bruxelles et la Wallonie, où se trouvent justement le siège de toutes ces structures, se dissoudre. Ce qui se passe en Belgique, c’est quelque chose de capital.

Il faut savoir simplement une chose, et nous sommes parfois mal compris où certains veulent volontairement mal nous comprendre sur ce sujet, la seule force politique actuellement en Belgique qui a la capacité de faire éclater « l’état belge », c’est le Nationalisme flamand. C’est pour cela qu’au PCN nous avons d’excellents rapports politiques avec les formations nationalistes flamandes. Même si idéologiquement, nous sommes très loin les uns des autres.

Eux ont la puissance politique et électorale. Lorsque la Belgique éclatera (cela peut arriver rapidement ou lentement, la Belgique c’est un cadavre en décomposition dans lequel on a maintenu une apparence de vie) , lorsque cela arrivera, il y aura nous l’espérons un effet de domino en Europe.

# STATO & POTENZA :

La France occupe une grande place dans vos réflexions.

Vous avez beaucoup écrit déjà il y a 20 ans sur l’Axe Paris-Moscou. Mais vous dénoncez aujourd’hui l’Axe Washington-Tel-Aviv-Paris.

Dans quelle situation se trouve la France aujourd’hui ?

Luc MICHEL : Il faut tout d’abord comprendre une chose. En géopolitique, il n’y a pas de situation acquise. La géopolitique c’est un rapport de force à un moment historique donné.

Je voudrais tout d’abord vous faire une remarque afin qu’il n’y ait pas de confusion. Je suis né dans la culture française qui est une très grande culture européenne. Mais cela ne fait pas de moi un partisan de la France. Je rappelle que je n’ai pas d’attachement à un état particulier en Europe. Je dirais comme un grand écrivain de Liège en Belgique, Alexis Curvers, que « je suis un citoyen de l’Empire romain ». Le reste, ma patrie actuelle, c’est un projet historique et politique. C’est la Grande-Europe précisément. Et ma Patrie, c’est aussi mon idéologie : le Communautarisme Européen.

La France, c’est un grand pays et elle a un grand rôle géopolitique en Europe. Pour des particularités qui sont liées justement à sa culture. Ce que l’on appelle justement l’ « exception culturelle française ».

Le fait que face à l’anti-civilisation yankee, au « Mc World » de McDo, à la malbouffe, au cinéma d’Hollywood, c’est la France qui a le mieux résisté.

Seconde chose à prendre en compte, c’est ce qui fait partie de son héritage politique, c’était le pays du général de Gaulle. Il a été le seul dirigeant européen qui a pris ses distance avec les américains, qui a parlé de la « Grande Europe jusqu’à l’Oural ». Avec la Russie. Lui disait « jusqu’à l’Oural » parce que la Sibérie n’était pas dans les méthodes de pensée de sa génération. Lui a tendu la main à Tito, à Ceaucescu, aux Soviétiques bien entendu. De Gaulle a fait sortir la France de l’OTAN. Lorsque l’Union Soviétique a malheureusement implosé – nous avions annoncé cette implosion dès le début des années ‘80 avec Jean THIRIART – nous avons pensé à un concept de rechange.

Je suis ce qu’on appelle un idéologue. Pour moi, cela n’a pas le sens péjoratif que cela peut avoir dans le langage des sciences politiques occidentales. Je suis quelqu’un qui fournit des modes de pensées, qui diffuse des thèses politiques, qui crée de l’idéologie et qui fournit des scénarios pour l’avenir. Avant d’être un militant politique, avant d’être un organisateur, je suis quelqu’un qui pense.

La question qui s’est posée lorsque l’Union Soviétique a implosé, c’était de trouver une solution de rechange. Jusqu’à ce moment-là, nous avions parlé avec Jean THIRIART de « l’Empire Euro-Soviétique ». C’est-à-dire que nous prônions une unification entre l’Union Européenne et l’Union Soviétique avec comme unificateur l’URSS. L’URSS implosant, la Russie étant humiliée, c’est la décennie tragique d’Eltsine, c’est la décennie des oligarques, c’est le recul de la Russie, c’est la Russie qui laisse détruire la Yougoslavie, qui laisse bombarder Belgrade.

Nous avons donc cherché un concept de rechange, une alternative. Ce concept, c’était l’Axe Paris-Moscou. Nous en avons été les premiers à en parler dès 1992. Et la première apparition du concept d’Axe Paris-Moscou, c’est dans un livre qui était consacré au PCN et qui fut publié en 1993.

D’autres ensuite ont suivi. Notamment, François de Grossouvre, fils d’un ancien conseiller de Mitterrand. L’idée s’est donc popularisée. Quelle était cette idée ? C’était que les deux pôles de résistance à l’américanisation du monde, la France d’un côté avec l’héritage du Général de Gaulle, de l’autre la Russie avec son héritage soviétique évident, s’unissent.

Ce concept a malheureusement cessé d’être opérationnel, et est devenu complètement obsolète avec l’arrivée au pouvoir de Nicolas Sarkozy. De Sarkozy, j’ai dis que c’était un ‘neocon à passeport français’. Qu’est-ce que cela veut dire ? Les neocons, ce sont les gens, les idéologues du régime de Bush Junior. Qu’a fait Nicolas Sarkozy ? Il a importé le néoconservatisme en France. Il a réintégré la France dans l’OTAN. Un ambassadeur américain à Paris a dit que Sarkozy était le plus « pro-américain des présidents français ». C’est vrai !

La France s’est abaissée, s’est revassalisée. Lorsque François Hollande est arrivé au pouvoir, c’est une autre classe de domestiques des nord-américains, la social-démocratie pro-américaine, ce que l’on appelle la « gauche américaine » en France, qui a accédé aux commandes. Le mouvement qu’avait fait Nicolas Sarkozy, Hollande l’a encore approfondi. Et nous sommes arrivé à la situation qui s’est passée en Syrie par exemple, où l’on a vu que le meilleur domestique de la politique d’agression des Etats-Unis contre la Syrie ba’athiste de Bashar el-Assad, c’était la France.

A cela s’ajoute l’influence du lobby sioniste en France et aux Etats-Unis, qui font que ce sont les deux états où ce lobby sioniste a une influence déterminante. L’AIPAC aux USA et le CRIF en France mènent la danse de la politique néoconservatrice.

Le résultat a fait que non seulement l’Axe Paris-Moscou n’existait plus, n’était plus possible, mais que s’y était substitué un Axe Washington-Tel-aviv-Paris. Je regrette que certains maintenant continuent à entretenir des illusions à propos de l’Axe Paris-Moscou. C’est notamment le cas des Eurasistes russes de droite, c’est-à-dire les gens qui suivent Alexandre Douguine. Ils opèrent une vision politique qui ne repose plus que sur du vide.

# STATO & POTENZA :

Cela veut-il dire selon vous que la France a donc terminé son rôle géopolitique en Europe ?

Luc MICHEL : La France a-t-elle terminé avec son rôle géopolitique en Europe ? Question importante !

Je ne le pense pas. Parce qu’il y a un potentiel français.

Ce potentiel français, c’est quoi ? C’est bien entendu la culture, c’est l’anti-américanisme viscéral, les Français sont les plus anti-américains en Europe, et c’est le souvenir de l’œuvre du Général de Gaulle. Je pense qu’un changement de régime arrivera un jour et que la France retrouvera son potentiel anti-américain.

Un second fait est important quand on considère la France, c’est que l’Union Européenne ce sont des rapports de forces. Notamment au Parlement européen. Les pays sont représentés en fonction de leur population. Actuellement, parce qu’on a fait l’erreur d’accepter la réunification allemande – c’est-à-dire l’annexion de la RDA par la RFA, qui est un Anschluss et pas une réunification -, l’Allemagne bénéficie aujourd’hui d’un poids politique trop grand en Europe, ce qui explique ce qu’elle fait actuellement.

Vous devez savoir que Jean THIRIART était contre. Lui disait que « la DDR devrait entrer un jour comme état séparé dans l’Union européenne ». Le président français François Miterrand était également contre.

Les rapports de forces de population vont changer en Europe. En Allemagne, on ne fait plus d’enfants. Elle est en train de perdre sa population. Et le seul pays où la population se développe, c’est la France. Dans une génération, il y aura une grande France qui tournera autour de 80 millions d’habitants et qui redeviendra le premier état dans l’Union Européenne … pour peu qu’elle existe encore dans 20 ans.

C’est aussi la raison pour laquelle nous soutenons la ‘rattachisme’ francophone en Belgique, c’est-à-dire le retour de la Wallonie et de Bruxelles à la République français, car il faut renforcer le poids de la France pour ces raisons géopolitiques. Et bien entendu, les 4 ou 5 millions de Français de Belgique, de Bruxelles, de Charleroi ou de Liège, devront contribuer à renforcer ce poids.

Nous sommes là dans une stratégie géopolitique et pas dans les petits calculs politiciens. Et pas dans de l’affectif non plus. Le raisonnement que je vous tiens, c’est un raisonnement logique. Je me rattache à deux grandes Ecoles logiques, c’est le Marxisme-Léninisme et les néo-machiavéliens, les penseurs comme Pareto, Roberto Michels, etc. Nous ne faisons donc pas dans l’affectif. Nous faisons des analyses rationnelles, froides.

# STATO & POTENZA :

La politique française est dominée par la question du FN.

Que pensez-vous du Front National de Marine Le Pen ?

Luc MICHEL : Je n’en pense que du mal !

Je suis un adversaire radical de l’imposture politique que représente le Front National.

Nous l’avons combattu en France. Notre camarade Fabrice BEAUR, qui est aujourd’hui notre Secrétaire-Général, s’est même présenté à Toulon, à une élection législative partielle en 1998, avec une liste qui s’intitulait « La jeunesse contre le Pen ».

Nous avons également combattu son clone belge, dont nous avons brisé l’ascension résistible dans les années 1994-1996. Nous  avons privé le FN belge de sénateurs, de députés – lors d’une offensive politico-judiciaire, en faisant invalider au Conseil d’Etat belge leurs listes au élections législatives de 1995 et municipales de 1994 – et donc en le privant du financement important de l’état. 100 millions de l’époque ! Nous avons aussi fait interdire en 1994-97 la plupart de leurs réunions publiques et initié de nombreuses procédures judiciaires contre les FN belges.

Mais pourquoi ? Pas parce que subitement nous serions gagnés aux pseudo-thèses anti-fascistes du régime et autres chiens de garde du Système qui sont une autres formes d’imposture.

Simplement, nous disons que le FN est une imposture politique et qu’il bloque un espace révolutionnaire.

Imposture au niveau du clan Le Pen lui-même. On est dans une entreprise familiale, avec des gens qui sont des millionnaires, qui par leurs liens sociaux sont rattachés à l’establishment français dans ce qu’il a de pire. Notamment, au niveau du show-business. Ce sont des gens qui prétendent défendre le peuple et les petites gens mais qui vivent dans un château. C’est donc un clan familial comme je le disais. Marine Le Pen dirige le parti avec Louis Aliot qui est son compagnon. Elle est la fille de Jean-Marie Le Pen qui l’a fondé. Parmi les élus au parlement européen, on retrouve le père et la fille Le Pen. Et un des deux députés que le FN a à l’assemblée nationale en France, est la petit-fille de Jean-Marie Le Pen. Ce n’est plus de la politique, c’est du népotisme.

Ce n’est pas la seule chose évidemment. Le FN c’est également un parti qui a toujours été du côté de l’impérialisme et du libéralisme. Pour le moment, grâce à certains conseillers le FN – car c’est un ‘parti attrape-tout’, c’est un parti qui veut prendre des voix partout – le FN a un discours qui copie un peu de ce qu’était il y a quelques années l’altermondialisme.

Sans revenir aux Années Reagan – auquel un Le Pen obséquieux était allé serrer la main -, restons dans l ‘actualité brûlante. Allez voir le fameux ‘Traité transatlantique’, c’est-à-dire l’avalement de l’Union Européenne par l’économie américaine. Car c’est ça le Traité transatlantique : la destruction de notre culture et l’avalement de notre économie et du grand marché de l’UE. Et bien les Le Pen, père et fille, au parlement européen ont voté en 2008 pour ce traité. Qu’ils osent prétendre combattre aujourd’hui.

Pour être très précis et pour les sceptiques, Marine Le Pen a notamment voté oui au texte ‘RC B6-0209/2008’  qui « souligne qu’un partenariat transatlantique étroit est l’instrument clé pour façonner la mondialisation dans l’intérêt de nos valeurs communes et dans la perspective d’un ordre mondial équitable en matière politique et économique; réitère son avis selon lequel un marché transatlantique efficace et compétitif forme une base propice à l’établissement ferme du partenariat transatlantique, qui permettra à l’UE et aux États Unis de relever ensemble les défis politiques et économiques » et « soutient résolument le processus de renforcement de l’intégration économique transatlantique lancé lors du sommet UE-États-Unis par l’adoption du «cadre pour progresser dans l’intégration économique transatlantique entre l’Union européenne et les États-Unis d’Amérique» et par la création du Conseil économique transatlantique (CET), chargé de superviser et d’accélérer les efforts exposés dans ledit cadre ». En 2013, père et fille ont encore voté ‘oui’ pour la motion « EU trade and investment agreement negotiations with the US » (*) …

Je veux aborder un dernier point pour répondre à votre question. Il y a actuellement dans la périphérie du FN des gens qui prônent un discours pro-iranien, qui tiennent même un discours ‘pro-immigration’, qui se disent ‘anti-sioniste‘. Je veux donc aborder la question du sionisme des dirigeants du FN. Le père Le Pen a toujours défendu des positions dites « anti-sémites » mais il a aussi toujours été lui-même un des défendeurs d’Israël par haine des arabes. Le FN actuel, via principalement Louis Aliot, le compagnon de Marine Le Pen, qui est aussi son vice-président, a effectué un mouvement de rapprochement avec la droite sioniste et avec Israël.

# STATO & POTENZA :

Mais vous vous opposez au FN aussi pour des oppositions de visions politiques ?

Luc MICHEL : Exactement ! Nous sommes aussi et surtout opposé au FN car son projet politique est incompatible avec le nôtre.

C’était aussi dans les Années ’80 la position de Jean THIRIART, qui affichait publiquement son mépris de Le Pen. Quel est le projet FN ? Le repli national, la vulgaire xénophobie. Nous sommes, nous, au contraire pour une « Grande-Europe sans frontières intérieures » (ce sont les thèses de Jean THIRIART, ce sont les miennes). Et nous avons fait depuis le début des années ‘80 campagne pour l’entrée de la Turquie dans l’Union Européenne. A noter que le Secrétaire-général adjoint du PCN (n° 3 de facto), Inanç KUTLU est turc. Nous pensons donc que les positions du FN sont totalement incompatibles avec les nôtres. Une question de logique idéologique fondamentale.

Mais nous sommes aussi opposé au FN pour des raisons de politique pure.

Nous pensons qu’une grande force d’opposition doit se créer. Cette force doit unifier les mécontents aux deux extrêmes de l’échiquier politique. A droite et à gauche. C’est la raison pour laquelle, nous sommes souvent taxé de « national-bolchévisme » ou de « national-communisme », idéologies que nous avons effectivement revitalisées dès 1983, dix ans avant Douguine. Mais qu’on ne se trompe pas : Nous avons prôné cela et nous le prônons encore, nous avons notamment parlé de la constitution en Belgique et en France d’un « Front Noir Rouge Vert ». Et nous l’avons fait et organisé. Noir pour les nationalistes-révolutionnaires, Rouge pour les socialistes et les communistes, Vert pour les écologistes radicaux. Mais nous entendons strictement cette unité à la base. C’est-à-dire au niveau des militants et des clientèles politiques.

Pour que cette union puisse exister, il faut que disparaissent ce que nous appelons « les digues » qu’à créé le Système. Quelles sont-elles ? Ce sont les gens à l’extrême-droite et à l’extrême-gauche qui sont chargés d’endiguer le mécontentement et d’empêcher que puisse s’unir tous les mécontents, ceux qu’un journaliste français a appelé « les ennemis du Système », dans un grand mouvement anti-Système. En France, c’est le rôle dévolu à Marine Le Pen à droite et à Jean-Luc Mélenchon par exemple à gauche.

Quel est le but de Marine Le Pen ? Ce n’est pas la révolution en France. C’est de devenir ministre dans un grand gouvernement de droite. Sur un vieux scénario déjà joué en Italie par Gianfranco Fini. Et pendant que s’oppose droite et gauche, extrême-droite et extrême-gauche, anti-fascistes et nostalgiques du fascisme, le Système a une tranquillité totale. C’est pour employer un langage plus direct, plus trivial, un genre de ‘proxénétisme aux extrêmes’ organisé par les souteneurs du Système.

# STATO & POTENZA :

Autre grande puissance de l’UE, l’Allemagne.

Comment jugez-vous le rôle joué par l’Allemagne au cours des dernières années ?

Luc MICHEL : Je le juge extrêmement négatif !

L’Allemagne, c’est quoi ? Un peu une Union Européenne en réduction. L’Allemagne, c’est un géant économique mais un nain politique. La politique de Berlin est totalement sous contrôle de l’OTAN et des Etats-Unis. Ces derniers, d’ailleurs, jouent très intelligement. Ils laissent les pays européens qu’ils occupent depuis 1944 avoir des nostalgies de leurs grandeurs passées. Et l’Allemagne a clairement une nostalgie du rôle géopolitique qu’à joué le IIeme Reich de Bismarck et Guillaume II et le IIIeme Reich d’Adolf Hitler, notamment dans les pays baltes, en Europe centrale et dans les Balkans. Tout cela sert à quoi ? A l’expansion de l’OTAN à l’Est !

Qu’a fait l’Allemagne depuis vingt ans ?

Elle a joué un rôle crucial dans la destruction de la Yougoslavie en soutenant les indépendances slovène et croate. L’Allemagne, et singulièrement les généraux de la Bundeswehr, a joué aussi un très sale rôle dans les pays baltes en soutenant les ultra-nationalistes baltes, nostalgiques de la Collaboration, qui entretiennent l’agitation anti-russe.

Et regardez ce qui se passe aujourd’hui en Ukraine !

C’est bel et bien une opération pilotée par Berlin et ses services secrets pour renverser le gouvernement légal et légitime de Yanoukovich. Le remplacer par un régime pro-occidental. Un régime de marionnettes. Un seul exemple. Le probable futur candidat de l’OTAN de l’opposition unie à la présidentielle ukrainienne de 2015, le boxer Klichko, a un passeport allemand. Son parti a été fondé à Munich (cela ne s’invente pas !). Les groupes d’extrême-droites néo-fascistes, les ‘benderistes’, ces nostalgiques ukrainiens de Bendera, des pogroms anti-juifs, anti-polonais et anti-russes des années 1941-1945, ce sont aussi des gens qui sont sous le contrôle du B.N.D. (les services secrets allemands) depuis le début des années 50 avec le fameux général Gehlen. Qui rappelons-le, jouait le même rôle avant pour Adolf Hitler en dirigeant la partie des services secrets nazis qui s’occupait de l’agitation anti-soviétique dans les pays de l’Est.

L’Allemagne a donc un rôle extrêmement négatif.

J’ai parlé « d’illusions sur l’Axe Paris-Moscou ». Certains parlent parfois d’un Axe Paris-Berlin-Moscou et continuent à philosopher sur celui-ci, qui je le répète ne repose sur rien. Il suffit de voir l’Ukraine.

Mais par contre il y a un énorme potentiel.

Quel est-il ? Une tradition de la politique allemande depuis 1918, et on rejoint ici l’univers du National-bolchévisme, c’est « l’orientation à l’Est ».

Si l’Union Européenne se désagrégeait, ou si l’Union Européenne tournait vers un confédéralisme mou, ou encore si le bloc de l’OTAN se désagrégeait, l’alliance naturelle de l’Allemagne sera alors la Russie. Et alors au lieu d’être un élément de confrontation, l’Allemagne deviendra un pont entre les deux Europe. Entre l’Union Européenne et la seconde Europe eurasiatique que Moscou est en train de construire.

# STATO & POTENZA :

Venons en à l’Italie.

Comment évaluez-vous le rôle joué par l’Italie au cours des dernières années ?

Luc MICHEL : Quand je vois l’Italie et votre vie politique que je suis quotidiennement, je pense inévitablement à la Belgique. J’y vois comme en Belgique un Etat quasi failli. Je vois comment une caste politicienne a mis un pays entier au pillage. Je vois l’inefficacité, la corruption et les mêmes partis. N’oubliez pas que les deux pays européens européens qui ont été dominés par la Démocratie-chrétienne, ce sont précisément la Belgique et l’Italie.

Je vois aussi une seconde chose, et on revient à ce que l’on disait à propos de l’Allemagne, c’est la nostalgie néocoloniale. L’Italie a joué pendant trop longtemps une sale carte colonialiste en Libye du temps de la lutte du grand leader Omar Moktar. Et aujourd’hui, on voit que l’OTAN confie à l’Italie la recolonisation de la Libye via la création d’une armée coloniale fantoche.

L’Italie, la Belgique ou même la France n’auraient pas dans ce domaine une grande importance par eux-mêmes. Mais l’importance est dans l’analyse du phénomène généralisé. C’est ce que les marxistes appelaient « la bourgeoisie compradore ». Ils parlaient à ce moment-là de la bourgeoisie de l’Empire portugais, notamment à Macao ; qui aidait les Portugais à coloniser.

La classe politicienne de l’Union Européenne, c’est une grande bourgeoisie compradore. Qu’est-ce que cela signifie ? Cela veut dire que ces gens n’ont plus le pouvoir politique et que pour garder la domination en tant que classe dirigeante économique – la domination économique, le pouvoir de la bourgeoisie – ils ont accepté de se soumettre politiquement aux Etats-Unis.

Lorsque les Etats-Unis interviennent en Europe, le 6 juin 1944, ils ne viennent pas libérer l’Europe, ils viennent l’occuper. Dans le langage jusqu’à aujourd’hui des historiens, des militaires et des généraux américains, le débarquement de Normandie s’appelle « l’invasion ». C’est plus clair ! Pas la « Libération » ou « Le débarquement ». Mais « L’invasion » !

Les Américains ne sont jamais repartis. Ils sont toujours là depuis 1944. Leur technique c’est quoi ? Utiliser dans l’Europe entière une bourgeoisie compradore. Pour parler directement, je dirais que la classe politique européenne, ce sont les vaincus de 1939-1940. Et en Allemagne et en Italie les vaincus de 1944-1945.

Lorsqu’on comprend cela, on voit que la classe politicienne européenne, ce n’est plus une classe qui exerce le pouvoir.

Un exemple frappant actuellement, ce sont les aventures coloniales de la France en Afrique. Libye, Mali, Centrafrique. Beaucoup d’intellectuel africains font d’ailleurs une mauvaise analyse à ce sujet. Ils disent que c’est le retour de la « Françafrique ». Qu’est-ce que la Françafrique ? C’est le terme péjoratif par lequel on a désigné la politique africaine de la France, malheureusement, sous le Général de Gaulle et ses successeurs. Cela fut une réalité. Il y avait bien une politique africaine française indépendante jusqu’à Giscard d’Estaing. Ensuite, progressivement la France a rebasculé dans l’orbite américaine. A partir de Sarkozy et de Hollande, elle est totalement soumise à la politique étrangère de Washington.

La ‘Francafrique’ est encore une réalité, mais une réalité seulement dans la mesure où les Etats-Unis acceptent que la France puisse encore jouer en Afrique un rôle politique et avoir une influence économique.

Qui est à la manœuvre en Libye, au Mali, en Centrafrique ?

C’est l’Africom. Et le commandement américain de Naples. Ceux qui ne voient pas cela, ne peuvent pas comprendre que la France en Afrique, ce n’est plus l’impérialisme ou le néocolonialisme français, mais la France de François Hollande elle-même qui est devenue l’infanterie coloniale de Washington.

# STATO & POTENZA :

La Russie occupe depuis toujours une place centrale dans vos analyses.

Comment évaluez-vous le rôle joué par la Russie au cours des dernières années ?

Luc MICHEL : Je vais tout d’abord vous faire la même remarque que pour la France. J’aime la culture russe. J’ai été marié à une russe. J’ai aussi vécu avec une Ukrainienne. Je suis considéré, même dans les fausses biographies que Wikipedia publie contre moi avec certaines officines barbouzardes de l’OTAN, comme un « intellectuel slavophile ». Mais là, nous sommes dans l’affectif, le personnel.

Mais ma position vis-à-vis de la Russie n’est pas déterminé par cela. Elle est déterminée par la géopolitique.

Actuellement, en Europe, et c’était déjà vrai dans les années ‘70 et ‘80, il n’y a plus qu’un seul Etat réellement indépendant de Washington, c’est la Russie. Et avant c’était cet ‘Empire russe rouge’ qu était l’URSS. La Russie assume une partie de l’héritage de l’Union soviétique, même si celui-ci est très réduit. Elle est la deuxième puissance nucléaire mondiale. Elle a les moyens, des réserves, un territoire immense, du pétrole et du gaz, mais malheureusement pas une grande population. Voilà la réalité !

Nous pensons donc actuellement que la seule clé de la libération et de l’unification de la Grande-Europe viendra de la Russie. Nous voyons la Russie comme le « Piémont de l’Europe ». Vous êtes italiens. Vous savez donc le rôle qu’à joué le royaume de Piémont-Sardaigne dans l’unification italienne, le Risorgimento. Nous rêvons d’un ‘Risorgimento grand-européen’.

Il y a une autre analogie historique qui me plaît bien aussi, c’est celle de la Macédoine.

Vous savez que les Cités grecques, qui partageaient une culture et une civilisation communes, se disputaient entre elles. Elles ont été incapables de s’unir. C’est un peu ce qui se passe dans l’Union Européenne. Et c’est une puissance de culture grecque mais n’appartenant pas au noyau original, le royaume de Macédoine avec Philippe et Alexandre qui a unifié la Grèce. Par la force.

Avant un idéologue trop souvent méconnu, Isocrate, avait théorisé et convaincu le leadership macédonien de la nécessité de réaliser la « plus-grande Grèce » unitaire. Qui s’est faite sur un slogan du génial Isocrate : « une seule Grèce, un seul peuple ».

Nous pensons aussi que la Russie peut et doit avoir un ‘rôle macédonien’.

Et nous concevons aussi l’action idéologique du PCN, la plus importante à ce stade, comme un « Isocrate collectif » …

Les raisons ne s’arrêtent évidemment pas à ça. Nous vivons dans un monde conflictuel et pas virtuel. Dans le monde actuel, il n’y a pas des milliers de camps. Nous ne sommes pas de ces intellectuels dégénérés français de l’extrême-gauche de la politique politicienne alimentaire, ceux du « ni-ni ». Quand les Américains attaquent quelque part, ils ne sont pas pour l’OTAN, mais en Libye par exemple ils ne sont pas non plus pour Kadhafi. Dans la vie, il faut prendre position. Et plus encore en géopolitique.

Nous sommes donc avec la Russie en ce qu’elle est le foyer de résistance à l’OTAN et aux Etats-Unis. Et en ce qu’elle est vue de l’autre côté, vue des USA et de l’OTAN, vue par les géopoliticiens américains, comme l’adversaire principal.

Notre Organisation est intervenue dans la plupart des pays d’Europe orientale depuis plus de 15 ans maintenant. Nous avons aidé comme nous le pouvions dans des opérations politiques, de propagande. Nous sommes allés dans les pays baltes et en Yougoslavie agonisante. Nous sommes allés en Moldavie, en « Transnistrie », qui se nomme en réalité la ‘République Moldave du Dniestr’. Nous sommes allés dans le Caucase, en Abkhazie, en Arménie. Nous sommes allés bien sûr en Russie et en Ukraine aussi, notamment au moment des élections. Pourquoi ? Parce que c’est là bas que cela se passe.

J’ai eu moi-même aussi à un moment de ma vie, dans les années 1998-2005, une très grande activité pour défendre les minorités russes dans les pays baltes. C’est une situation que j’ai vécu intimement puisque mon épouse était une Russe de Riga.

# STATO & POTENZA :

Vous avez théorisé aussi la Russie comme « la Seconde Europe », dans la ligne de votre « Empire euro-soviétique » des Années ’80.

Qu’entendez-vous par là ?

Luc MICHEL : La « Seconde Europe » c’est quoi ? C’est une thèse géopolitique que j’aie théorisée dès 2006.

C’est-à-dire que le bloc qui est train de se reconstruire autour de la Russie – avec par exemple le Groupe de Shanghai, le Traité de Sécurité Collective, l’Espace Economique Eurasiatique, l’Union douanière, l’Union étatique Bélarus-Russie, etc… – contribue à constituer un pôle de puissance à l’Est qui est une ‘Seconde Europe’. Une Deuxième Europe. Une Autre Europe.

Nous sommes extrêmement agacé de l’arrogance des petits politiciens européens qui ne sont que les petits caniches des Etats-Unis et qui prétendent être « l’Europe ». La Russie, c’est aussi l’Europe ! Nous le disons maintenant depuis 30 ans.

Cette ‘Seconde Europe’, ce n’est pas moi uniquement évidemment qui la définit comme telle. Il y a des idéologues russes pour la définir. Et il y a également au sein de l’Union Européenne, notamment dans les Instituts de l’OTAN dans les pays baltes, des gens qui s’inquiètent de cette autre Europe qui se construit face – et contre disent certains- à l’Union Européenne.

Et là, nous sommes au cœur de l’actualité !

Ce qui se passe actuellement en Ukraine, ce n’est pas la question du gaz, ce n’est pas la question des Marchés. C’est le choc de deux visions antagonistes de l’Europe.

D’un côté, l’Union Européenne, c’est-à-dire une Europe qui est une annexe économique et militaire de Etats-Unis. Notre Secrétaire-Général Fabrice BEAUR a coutume de dire « une colonie yankee ». Cette Europe qui aurait tendance à s’intégrer in fine dans un ensemble transatlantique. Ils le disent eux-mêmes.

De l’autre côté et face à elle, il y a une vision de l’Europe qui est une Europe indépendante, eurasiatique. Et qui est la vision du président Poutine. J’ai été particulièrement satisfait du dernier discours de Poutine sur l’état de la Russie en 2013. Puisque pour la première fois, Poutine, non seulement s’oppose au monde occidental pragmatiquement, mais commence à définir une nouvelle ‘idéologie russe’. On est clairement là dans un schéma d’avenir.

Nous disons donc « l’Europe de Vladivostok à Reykjavik » et pas l’inverse…

# STATO & POTENZA :

Une dernière question. Qu’attendez-vous de 2014 ?

Luc MICHEL : Je n’attends rien de particulier. Notre conception de l’action politique est une conception volontariste. Nous sommes des gens qui disons qu’il faut se battre et vivre debout.

Je suis considéré comme un monstrueux ennemi par l’OTAN, le système belgicain. Je n’ai jamais abdiqué. Je vis droit. Je rends les coups et bien généralement. Je suis comme ça. Et c’est comme ça.

Je suis agacé des gens qui attendent des miracles, des basculements, qui attendent je ne sais quoi et surtout ces choses qui n’existent pas.

Je voudrais particulièrement attirer l’attention sur la vision optimiste irréaliste de certains. On parle un peu trop souvent d’un « effondrement américain ». Mais parlons franchement ! Il n’y a actuellement encore qu’une seule super-puissance mondiale, ce sont les Etats-Unis.

A un moment donné, notamment l’intellectuel français Emmanuel Todd et moi-même, nous avons cru que les Etats-Unis allaient lentement s’effondrer. De part la question de l’énergie et du pétrole. Et malheureusement est arrivé le gaz et le pétrole de schiste. Et les Etats-Unis vont être dès les années 2018 non seulement autonomes mais devenir une puissance exportatrice pour au moins une génération énergétiquement.

Vous devez comprendre une chose. Il faut lire l’adversaire. « Se faire enseigner par l’adversaire est un honneur » disait le général Hausofer, reprenant une vieille devise romaine.

Il faut lire les géopoliticiens américains.

L’un des principaux, car il est un des porte-voix du lobby militaro-industriel américain, c’est George Friedman. C’est le patron de l’Institut de Recherche stratégique STRATFOR. Il a écrit récemment deux livres de prospective géopolitique, où il évoque clairement un « XXIeme siècle américain ». Lui et ses amis font un pari géopolitique, c’est l’effondrement de la Russie et de la Chine.

2014 par contre est importante pour notre Organisation transnationale.

Nous allons, non pas commémorer car nous ne sommes pas ce genre là, mais nous allons marquer un double événement, un double anniversaire :

* D’une part, les 30 ans du PCN (Parti Communautaire National-européen) dont la naissance remonte à son premier Congrès de juin 1984.

* Et d’autre part, les 50 ans de l’acte fondateur de notre idéologie, le livre de Jean Thiriart « Un Empire de 400 millions d’hommes. L’Europe », qui fut écrit en 1964.

60 ans d’idéologie communautariste européenne. 30 ans du PCN héritier légitime de Jean Thiriart. L’idée et la réalisation de l’idée en marche, comme aurait pu dire le grand Mazzini.

Nous allons marquer ce double anniversaire par beaucoup d’événements sur Internet notamment. Mais également par la reprise des publications éditoriales hors revues et hors Internet de nos ‘Editions MACHIAVEL’ (fondées en 1983).

# STATO & POTENZA :

Un dernier mot pour nos militants et nos lecteurs ?

LUC MICHEL : Je voudrais en effet dire un dernier mot aux lecteurs de votre revue. J’aime beaucoup votre titre. Vous l’avez pris à Zouganov, à l’édition italienne de son livre, « Etat et Puissance ». Vous savez que Zouganov, qui représente l’Eurasisme de gauche, est aussi au niveau géopolitique un des héritiers de Thiriart qu’il avait rencontré à Moscou à l’Eté 1992. Dans précisément l’édition italienne de « Stato et Potenza », on rend hommage à Thiriart, à notre « empire euro-soviétique ». Cette rencontre, à laquelle participa aussi Egor Ligatchev, l’ex n° 2 du PCUS, était le résultat de dix longues années de travail du PCN et des Editions MACHIAVEL, de Thiriart et de moi-même. Dès 1983, nous publions et diffusions en URSS, via la fraction patriotique du PCUS et ses réseaux, livres et revues en Russe …

Donc j’aime beaucoup votre titre pour ces raisons.

Nous sommes parfois en désaccord sur des choses secondaires. Mais vous insistez comme moi sur l’élément central : le rôle de l’Etat.

Le problème de la question économique, le problème de l’Union Européenne, c’est la disparition de l’Etat. Disparition voulue par la Finance cosmopolite libéral internationale et par les USA.

Vous m’avez fait le plaisir dans vos colonnes de traduire et de publier en italien un de mes éditoriaux importants en 2011 (**), où j’expliquais que le véritable clivage politique au XXIeme siècle, ce ne sera plus la gauche et la droite, le fascisme ou l’anti-fascisme, le capitalisme ou le socialisme, mais les partisans de l’Etat contre les partisans du Marché et du libéralisme.

C’est extrêmement clair.

Ou nous allons rebâtir un Etat grand-européen qui assurera la sécurité, maintiendra la civilisation, réglera tous ces problèmes qui sont les mafias, la grande criminalité, la drogue, la traite des humains … Problèmes liés en grande partie à la disparition de l’Etat.

Ou nous aurons le chaos libéral. Chaos qui est organisé. Parce que dans la jungle, seul les plus forts, les plus puissants survivent et mangent les autres.

Ce n’est pas ma conception du monde. Ce n’est pas l’avenir que je souhaite pour l’Humanité.

L’Humanité a progressé quand elle a été capable de s’unir. L’Humanité a progressé culturellement au sein de grands Empires et jamais durablement ou significativement ailleurs.

Il est temps que tous les partisans de l’Etat dans le monde se retrouvent, et ce sera ma conclusion, combattent ensemble le cauchemar du chaos libéral.

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Published by Stéphane Parédé
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4 juin 2014 3 04 /06 /juin /2014 02:00

 

Protesters burn a replica of the U.S. flag during a demonstration against the capture of Liby in Benghazi

 

Press Review / 2014 01 07 /

LM & KH for ELAC Website

with Your Middle East – PCN-SPO/

http://www.elac-committees.org/

https://www.facebook.com/elac.committees

Sometimes NATO’s medias are showing the naked truth.

Today ELAC Website reports “Libya’s new autocrat: Militias”, an article of ‘Your Middle East’ on Libyan “anarchy”.

« Ansar Al-Sharia cleans the streets of Benghazi and conducts social work to further enhance its standing » confirms YME …

Excerpts :

“Security in Libya still remains an ephemeral prospect. The country is awash with guns and militias, numbered in the thousands. Since the collapse of the Gaddafi regime, successive transitional governments have consistently failed to impose their authority over the entirety of its territory and to reverse a deteriorating security climate. An ever-expanding network of rampant militia groups, with varying agendas and scope, is an undeniable obstacle to the country’s post-revolutionary stability. They typify Libya’s complex tribal, regional and ideological makeup, which Gaddafi held together with an iron fist for four decades.

Unable to adequately police Libya’s vast desert borders, the militias pose a threat to regional security. Small arms, antiaircraft missiles and rocket propelled grenades in some of the world’s largest weapons warehouses are readily available for militant groups, jihadists and violent opportunists, who consider these weapons as an “insurance policy” amidst the reigning anarchy. As a result, the entire Maghreb-Sahel region is vulnerable to cross-border militancy emanating from the Libyan “arms bazaar.”

(…) Domestically, the militias also pose a threat to Libya’s unity and stability. Their diktat over strategic zones, including the oilfields the economy is so desperately reliant upon, has greatly undermined the government’s credibility and the country’s livelihood in recent months.”.

A FEDERAL STATE OF CYRENAICA

“ … the POLITICAL BUREAU OF CYRENAICA, a federalist group headed by the self-styled Ibrahim Jadhran, has occupied strategic oil terminals since July. In October, the group announced the creation of a federal state of Cyrenaica. Libya’s economy minister Mustafa Abufanas says Libya has lost $10 billion in potential revenue as a result of these closures.”

MILITIAS INFILTRATE THE SECURITY APPARATUS

AND CHALLENGE THE CENTRAL GOVERNMENT

“Libya’s post-revolutionary transition governments (…) efforts to corral militias, through the integration of units like the SUPREME SECURITY COMMITTEES (SSC’s) and the LIBYA SHIELD FORCE under full police and army control have failed to produce concrete results. These local brigades are often tasked with securing government facilities or manning checkpoint but militia commanders associated to the government are, for the most part, reluctant to cede their prerogatives completely.”

“Instead, they are happy to double-deal as long as they benefit financially and politically. Throughout 2013, militias invariably challenged the central government. At the start of the year, they besieged government buildings to pressure it into signing a law barring former members of the Gaddafi regime from occupying public functions. A few months ago, Prime Minister Ali Zeidan” – a CIA agent that YME presents as  “a former exiled human rights lawyer” (sic) – , “was kidnapped from his hotel by armed members of the LIBYAN REVOLUTIONARY OPERATIONS CHAMBER militia, a group working with the government, only to be released a few hours later. Zeidan’s brief detention illustrated the extent to which anarchy has come to reign over the country.”

TARGETED ASSASSINATIONS IN BENGHAZI AND DERNA

“In Benghazi and Derna, a campaign of targeted assassinations this past year led to the death of military officials, policemen, judges, journalists and local political figures numbered in the hundreds. Not once have those responsible been arrested. Protests in Libyan cities calling for an end to “militia-rule” have become a regular occurrence, often leading to deadly confrontations between local populations and militiamen. In November, clashes between militias from outside Misrata and the local population demanding their departure led to the death of 43 people. The power militias have come to wield in their respective areas has led some figures, particularly in Libya’s fragmented political establishment, to believe that the transitional government’s necessary goal of full demobilisation is unattainable.”

THE AQMI AND ANSAR AL-SHARIA THREAT

“More worrying still for Libya’s stability is the resurgence of terrorist activity by AL QAEDA IN THE ISLAMIC MAGHREB (AQIM) and its affiliated organisations, such as ANSAR AL-SHARIA in Libya. Libya is at the cornerstone of AQIM regional strategy. Members of the intelligence community have gone so far as to label Libya, AQIM’s “headquarters” in the region. With little to no policing of its vast and porous desert borders, the country is now a launching pad for terrorist operations throughout North Africa and beyond, helping jihadi groups in Tunisia, Algeria and Egypt to organise well-coordinated attacks such as the unprecedented hostage crisis at the In Amenas facility in Southern Algeria. Libya’s lawless desert provinces are a haven for weapons trafficking. The vast and unsecured weapons stockpiles, which mushroomed during Libya’s eight-month civil war, are at the mercy of Islamist militants with the financial clout to secure them for their fighters.”

LIBYA : A BASE FOR JIHADISTS

“These groups use Libya as a safe-haven, establishing training camps for new recruits. North African and Western would-be jihadists travelling to Syria to join the fight against the Assad regime begin their journey in training camps situated in Libya’s central and eastern regions. AQMI’s modus operandi in Libya remains largely unclear but its activities in the country follow an all too familiar strategy adopted since the early 2000’s, which consists of identifying and occupying spaces beyond the reach or control of central governments. AQIM’s ability to infiltrate, fund and persuade armed groups with an Islamic agenda should not be understated. In Mali, the group was able to hijack the Tuareg rebellion through a loose coalition with other local jihadi groups to create a short-lived Islamic state in the country’s Northern Azawad region.

AQIM was then able to coerce, entice and even recruit former rebel leaders and youth through well-calculated alliances (e.g. marrying into the local population) and through the creation of criminal trafficking networks from which the local population benefited.”

BENGHAZI : THE STRONGHOLD OF LIBYAN ISLAMISM AND JIHADISM

“Similar tactics are being applied in Libya. Ansar Al-Sharia cleans the streets of Benghazi and conducts social work to further enhance its standing with the local population and discredit the central government. German media sources reported a three-day summit organised by Ansar Al-Sharia in September in the city of Benghazi between AQIM-affiliated jihadi groups from the entire region to coordinate new strategies in Libya, Tunisia and in Syria. The meeting was reportedly attended by Tunisia’s fugitive terrorist leader Abu Iyadh, who was allegedly arrested in Misrata this past week (although much confusion still surrounds this announcement). In the final weeks of December, a suicide bomber detonated a truck filled with explosives at a security checkpoint near Benghazi, killing several people. This first suicide attack signalled a clear and very worrying shift in tactics.”

NO REAL SOLUTION …

“ (…) Ali Zeidan has repeatedly called on foreign powers to assist his government to help curb the proliferation of weapons and militias in Libya. Answering his call and assisting the government in a process of disarming, demobilising and reintegrating (DDR) the militias into legitimate government security forces is the condicio sina qua non to stabilising the country.”

It is not working: “The policy of “buying peace,” which has been applied thus far, won’t work, if anything, it has only made matters worse by emboldening some of the militia groups. On the other hand, a full-on military confrontation could spell disaster for Libya. A forceful attempt to put an end to militia rule in some parts of the country would almost certainly lead to all-out militia backlash and even greater bloodshed.”

Quotations from ‘Your Middle East’/

Titles and comments : ELAC Website

Pic : Al-Qaida rally in Benghazi, november 2011 …

__________________________

http://www.elac-committees.org/

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LM - PCN-TV VIDEO interview avec Stato & Potenza (2014 01 06) FR

PCN-TV pour la version video

Avec ‘STATO & POTENZA’ pour la version écrite /

2013 01 06 /

https://vimeo.com/pcntv

Entretien de Luc MICHEL, président du PCN, avec ‘STATO & POTENZA’ (« journal d’information socialiste », Italie) sur le PCN, son Organisation transnationale, son idéologie le « Communautarisme européen », sa praxis et ses 40 ans de combat pour la Grande-Europe de Vladivostok à Reykjavik …

Video originale (Français) de PCN-TV sur :

https://vimeo.com/83462952

Interview italienne sur ‘STATO & POTENZA’ :

http://www.statopotenza.eu/9861/la-grande-europa-contro-loccupante-usa

Parmi les thèmes abordés :

PCN-NCP – Communautarisme européen – Socialisme du XXIe Siècle – Jean Thiriart – Grande-Europe – Idéologies européistes – Union Européenne – Euro – Globalisation – Crise financière mondiale – Géopolitique de la Belgique – Nationalisme flamand – Rattachisme – Géopolitique de la France – Exception culturelle française – Grande politique gaulliste – Général de Gaulle – Axe Paris-Moscou – Axe Washington-Tel-Aviv-Paris – Front National – clan Le Pen – FN belges – Géopolitique de l’Allemagne – annexion de la DDR – Pays baltes – Démembrement de la Yougoslavie – Crise ukrainienne – Politique italienne – Démocratie-chrétienne – néocolonialisme en Libye – Russie – URSS – implosion de l’Union Soviétique – Empire euro-soviétique – Ecole géopolitique euro-soviétique – Eurasisme – KPRF – Zouganov – Thèse de la Seconde Europe – processus d’unification eurasiatique – OTSC – Groupe de Shanghai – Grand échiquier – géopoliticiens US (Brezinski, Friedman, Stratfor) – 30 ans du PCN – Etatistes versus libéraux …

PCN-TV

_________________________

https://vimeo.com/pcntv

https://www.facebook.com/PCN.NCP.TV

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LM - INTERVIEW Stato & Potenza VF (2014 01 06) IT (1)

 

‘Stato & Potenza’ ha intervistato Luc MICHEL, presidente del Partito Comunitario Nazional-europeo (PCN), per saperne di più sulla sua organizzazione transnazionale, sulla sua ideologia, sul “comunitarismo europeo”, sulla sua prassi e i sui suoi 30 anni di combattimento per la Grande-Europa da Vladivostok a Reykjavik…

 STATO & POTENZA / PCN-SPO / PCN-TV /

2014 01 06 /

Intervista su ‘STATO & POTENZA’ :

http://www.statopotenza.eu/9861/la-grande-europa-contro-loccupante-usa

Video intervista originale (francese) su PCN-TV :

https://vimeo.com/83462952

# STATO & POTENZA:

Quali sono le principali posizioni economiche, sociali, politiche e geopolitiche della vostra organizzazione, il PCN, il Partito Comunitario Nazional-europeo?

Luc MICHEL: Per prima cosa ci basiamo su una visione socio-economica, denominata “comunitarismo europeo”, concepito nei primi anni ’60 (niente a che vedere con i “comunitaristi” americani come Amitai Etzioni, apparso nel 1991) e che noi consideriamo come il “socialismo del XXI secolo”. Il comunitarismo europeo è una dottrina, una visione globale del mondo – una Weltanschauung, direbbero i filosofi tedeschi -, ideologica, geopolitica, etica, filosofica…

In che cosa consiste? Si tratta di una società solidale, di una società in cui c’è la giustizia sociale, una società in cui è lo Stato che comanda al mondo economico. Ma è anche un Socialismo rettificato. Vale a dire che abbiamo tirato le conseguenze, dalla fine degli anni ’60, del fallimento economico del marxismo-leninismo che già all’epoca si annunciava. E siamo quindi per un’economia dove esiste un mercato, strettamente controllato dallo Stato, per la piccola produzione. Vale a dire i negozi, la produzione agricola, ecc. Per contro, ciò che conta per noi, è il ruolo svolto nell’economia da un’impresa a livello strategico, a livello militare, a un livello d’interesse per lo Stato.

Che cosa vuol dire? Che non ci dà fastidio che un produttore di biciclette possa divenire una grande azienda ma, per contro, l’intero settore militare-industriale, tutto il settore della produzione di energia, deve essere controllato dallo Stato.

Questa è una forma di socialismo. Questo è il contenuto.

Il contenuto deve esistere dentro un contenitore. Ed è la dimensione.

Noi abbiamo constatato che tutti gli esperimenti socialisti che hanno cercato di svilupparsi in un piccolo paese hanno fallito. Esiste una dimensione minima perché un socialismo scientifico possa avere successo. Si tratta di uno Stato di grandi dimensioni. Com’era l’Unione Sovietica. Com’era, anche se molto meno, la ex Jugoslavia. O com’era un tempo la Cina.

Questo Stato è per noi abbastanza semplice da definire. Questo è ciò che noi chiamiamo la “Grande-Europa”, vale a dire l’unificazione continentale da Vladivostok, nell’Estremo Oriente russo, a Reykjavík in Islanda. E dal Quebec al Sahara.

Questa visione, in parte, ma penso che questo sia una delle vostre domande seguenti, si ricollegava alle tesi sull’Eurasiatismo, un tema che abbiamo fatto riemergere dal 1984.

Noi abbiamo sviluppato questa visione della Grande-Europa a partire dai primi anni ’60. Con il fondatore della nostra organizzazione transnazionale Jean Thiriart. E noi l’abbiamo rielaborata e adattata a partire dagli anni ’80, tenendo conto soprattutto del fallimento dell’esperimento sovietico.

# STATO & POTENZA:

E come s’inserisce politicamente il PCN, in quanto partito, in tutto questo?

Luc MICHEL: Siamo ovviamente un partito di opposizione radicale al Sistema. Siamo contrari ai partiti tradizionali. E naturalmente siamo contrari all’occupazione imperialista dell’Europa da parte degli Stati Uniti e della NATO.

Ci definiamo infatti come un partito di opposizione extra-parlamentare. Tra il 1995 e il 1999, siamo stati rappresentati in diverse istituzioni parlamentari belghe, in particolare il ‘Parlamento Vallone’, il ‘Parlamento della Comunità francese del Belgio’, e nell’equivalente di un Consiglio regionale francese che è il ‘Consiglio Provinciale di Hainaut’.

Noi l’abbiamo considerata un’esperienza totalmente negativa. Quell’ambiente è corrotto e corruttore, inefficace e impotente. E non crediamo affatto che il parlamentarismo borghese sia una soluzione e che sia possibile trovarvi una soluzione dall’interno. Noi siamo per questo un movimento extra-parlamentare.

# STATO & POTENZA:

In particolare, voi difendete un’ideologia europeista, quella della Grande-Europa.

Cosa ne pensate dell’Unione Europea?

Luc MICHEL: Vi diciamo che la nostra visione dell’Unione Europea è cambiata. Quando Thiriart ha definito, negli anni ’60, le sue tesi sulla Grande-Europa, che evocavano già nel 1962-1964 una Grande-Europa fino a Vladivostok – Thiriart, come me, ha sempre detto che “la Russia è anche l’Europa” – la nostra visione era che l’Unione Europea rappresentava una tappa. Una tappa di un processo federale o confederale verso la realizzazione della Grande-Europa.

Purtroppo, con il trascorrere del tempo, abbiamo constatato come l’Unione Europea abbia tradito l’idea europea. Questo è cominciato con il Trattato di Maastricht. Poi fu l’Atto unico europeo, il tentativo della Costituzione europea. Vale a dire che, a poco a poco, l’Unione Europea, da un grande progetto di liberazione e unificazione del nostro continente, è diventato solo il braccio politico della NATO.

Inoltre, il progetto dell’Unione Europea è solo un progetto che segue l’agenda della NATO. Si tratta di un progetto anti-russo. Basta vedere cosa sta accadendo in questo momento in Ucraina per averne un esempio attuale.

Se si guarda alle due principali operazioni di politica estera dell’Unione Europea, il PESC (Politica Europea di Sicurezza Collettiva) e il “Partenariato Orientale” (Eastern Partnership) che mira a staccare la Georgia, l’Armenia, la Bielorussia, l’Ucraina, la Moldova dalla sfera d’influenza russa – quello che i russi chiamano “estero vicino” – vediamo che la NATO domina totalmente l’UE.

Tuttavia, ed è qui che noi siamo completamente in disaccordo con gli anti-europei, i cosiddetti “euroscettici”, pensiamo che non si debba “buttare via il bambino con l’acqua sporca”.

Nell’Unione Europea ci sono, da una parte, i politicanti. Per parlare più chiaramente, i rappresentanti del “partito americano”; la social-democrazia, la democrazia cristiana, i verdi e i liberali, tutti espressione della dominazione nordamericana.

Ma al loro fianco c’è uno strumento di potere, l’amministrazione della Commissione Europea, che è il dispositivo unificante che gira intorno alle istituzioni europee, che è l’inizio di una classe tecnocratica europea (termine non dispregiativo per noi). Queste sono persone che non si preoccupano di politica. Questi sono dirigenti e funzionari. Possiamo parlare di loro come di una tecnocrazia, ma abbiamo bisogno di tecnocrati per fare uno Stato. Come i ‘Siloviki’ in Russia. Quello che loro costruiscono, è uno strumento di potenza. Questo strumento può esistere – come ora – come uno strumento al servizio della NATO e degli Stati Uniti. Ma può esistere anche un domani al servizio della Grande-Europa.

Voi dovete sapere che nella storia del colonialismo, sia questo francese, inglese, italiano, ecc. sono spesso i colonizzatori che hanno creato le condizioni per l’unificazione delle colonie. Questo è ciò che sta accadendo per noi in Europa occidentale e in Europa centrale.

Noi seguiamo e ci aspettiamo due fenomeni importanti. Vale a dire, da un lato, lo sviluppo di questa categoria europea che viene spesso umiliata dai nord-americani. Quando si parla di diplomatici, di alti funzionari che non sono personale della politica politicante, vi è un’umiliazione in rapporto a quello che sono e a quello che fanno in Europa. Prendete ugualmente l’esempio dei militari, che non sono altro, nella NATO, che la fanteria coloniale del Pentagono.

Accanto a questo, vi è un secondo fenomeno. È la crescita dell’anti-americanismo nelle masse europee.

Noi diciamo che la condizione di una rivoluzione in Europa è duplice:

è la giunzione, da un lato, tra la classe tecnocratica transnazionale e le masse europee anti-americane.

E, dall’altra, poiché siamo anche leninisti, gli eredi del “Che fare?”, di un partito rivoluzionario di Quadri – quello che noi chiamiamo un “partito storico rivoluzionario”.

Ed è a questo che la nostra organizzazione sta lavorando…

# STATO & POTENZA:

Ora la domanda che sta lacerando l’Unione Europea:

cosa ne pensate dell’Euro e della crisi finanziaria?

Luc MICHEL: Penso che ci sia attualmente una notevole confusione tra le cause e le conseguenze di questa crisi.

Qual è la causa dell’attuale crisi finanziaria?

Questa è la globalizzazione ultra-liberista. È l’economia globalizzata sotto la dominazione nordamericana. Ed è l’appetito economico, l’appetito consumista dei bankster (un termine che non è l’invenzione del fascista belga Degrelle nel 1934, ma della propaganda della KPD in Germania negli anni ’20). Il termine non è troppo forte perché si tratta esattamente di questo!

La crisi dell’Euro è una conseguenza di questo. Non è, come molti euroscettici sostengono, la causa. C’è stata ad Atene, lo scorso dicembre, una riunione dei partiti euroscettici, alcuni dei quali hanno dei leader stimabili, ma che si sbagliano quando credono che l’Euro è la causa e che bisogna uscire dall’Euro.

Siamo nel cuore di una crisi economica e finanziaria.

Dietro, c’è una guerra economica.

C’è, prima di tutto, una guerra Europa-USA che esiste dalla fine degli anni ’70. Ho scritto molto, nel 1984-1985, su questa guerra economica. Questo è ciò che io chiamo la “contraddizione interna dell’Unione Europea”. C’è, da una parte, una dominazione, un’alleanza integrale militare e politica con gli Stati Uniti, è l’Atlantismo. Ma, parallelamente a questo, il principale nemico economico degli Stati Uniti è precisamente l’Unione Europea.

A questo si aggiunge la guerra delle valute.

euro-speculazione-short-position

Questa guerra fu per lungo tempo una partita a due. L’Euro contro il Dollaro statunitense. C’è una speculazione dovuta alla crisi. La parvenza di prosperità americana, la risposta di Obama alla crisi, si basano molto sulla manipolazione del Dollaro e la distruzione dell’Euro. Dovreste vedere la campagna di un George Soros, il finanziere internazionale che è stato consigliere economico di Obama, contro l’Euro.

A questa si aggiunge adesso un’altra guerra. È la guerra che la Cina sta combattendo sul campo finanziario. La guerra dello Yuan sia contro l’Euro che il Dollaro .

Voler tornare, in queste condizioni, al vecchio sistema, vale a dire ad una serie di monete di piccoli Stati, significa imbrogliare sulle dimensioni.

Insisto, e Thiriart prima di me, sulla questione della “dimensione europea”. Ci sono persone in Francia che ingannano sulle dimensioni. Montebourg, per esempio, all’interno della social-democrazia, che svolge una funzione teatrale in Francia. Ricordiamo che è uno dei “Giovani Leader” reclutati e addestrati dalla ‘Fondazione franco-americana’, una delle multiple officine del “partito americano”. Ci sono anche dei piccoli-nazionalisti, la maggior parte a destra, che vorrebbero tornare a una Grande Francia, a una Grande Italia, a una Grande Spagna , ecc .

Tutto ciò non è credibile. Siamo in un momento di grandi insiemi. Siamo di fronte ad una Cina di quasi 1,5 miliardi di persone. La forza degli Stati Uniti è anche quella di essere un grande mercato unitario. E lo dobbiamo essere anche noi.

# STATO & POTENZA:

Qual è secondo voi la soluzione alla crisi?

Questa soluzione esiste?

Luc MICHEL: La soluzione alla crisi esiste. Ma non esiste all’interno del sistema capitalistico.

Qual è la soluzione alla crisi?

Si tratta di una teoria che esiste da molto tempo. È stata definita da Friedrich List, che è un economista tedesco del XIX secolo. Questo è l’uomo che ha creato e pensato lo “Zollverein”, l’Unione doganale tedesca, che ha portato all’unificazione della Germania realizzata poi da Bismarck.

In che cosa consiste questa teoria?

Consiste nel “Nazionalismo economico”. E oggi questo dev’essere su scala europea. Si deve inscrivere in una volontà. Da un lato, la fusione delle economie di due Europe: quella dell’Unione Europea e quella del Blocco russo dell’Unione doganale (il futuro “Spazio Economico Eurasiatico”). Siamo complementari. I nostri interessi sono gli stessi. Abbiamo la stessa cultura, la stessa civiltà.

A questo blocco dev’essere attaccata anche la Turchia e l’insieme dello Spazio mediterraneo.

La soluzione è semplice. Le tre Rome – la prima Roma. Quella dell’Italia. La seconda Roma. Bisanzio, ora Istanbul. La terza Roma che è Mosca – devono unirsi per formare la quarta Roma, la Grande-Europa unita e comunitaria!

Questo implica, ovviamente, la rottura completa dei rapporti e una situazione di conflitto, che noi assumiamo perfettamente, con l’imperialismo degli Stati Uniti.

# STATO & POTENZA:

Avete cominciato l’azione del PCN in Belgio, 30 anni fa. La sede centrale del PCN si trova a Bruxelles.

In che situazione si trova il Belgio?

Luc MICHEL: Una precisazione prima. Il PCN è un’Organizzazione transnazionale unitaria. Siamo nati per caso in Belgio. Proprio come già negli anni ’60 Thiriart era belga solo di passaporto. Scrivo questo perché, come me, egli si considerava “un francese in Belgio”. Noi abbiamo evidentemente sviluppato il Partito a partire da questo spazio regionale. Ma non abbiamo un attaccamento particolare al Belgio. O a qualsiasi Stato europeo attuale. Siamo transnazionali. La nostra centrale è a Bruxelles. Ma noi abbiamo dei segretariati a Parigi, in Moldavia, in Russia. Il nostro Segretario Generale, Fabrice Beaur, è installato in Russia da diversi anni. Siamo presenti nel Caucaso, vicino a Sochi, e a Mosca. Siamo molto distaccati dal sentimentalismo piccolo-nazionale.

La questione del Belgio si pone perché abbiamo cominciato lì, perché stiamo combattendo lì. Alcune delle nostre strutture sono di diritto belga. E stiamo conducendo una guerra contro “lo stato belga” da oltre 25 anni. Una guerra che ci è stata imposta.

Di cosa si tratta? Semplicemente, per interessi che sono legati alla partitocrazia o connessi a quelli della NATO, “lo stato belga” ci fa subire una repressione rampante. Negli ultimi due decenni abbiamo assisto a processi a ripetizione, attacchi politici, amministrativi, giudiziari, fiscali, di polizia, condotte contro le strutture del PCN e me stesso.

Non abbiamo quindi alcuna simpatia per lo Stato belga. Noi non siamo di quelle persone che quando “vengono colpite sulla guancia destra, porgono quella sinistra”. Rispondiamo con un pugno in faccia.

Siamo quindi degli avversari risoluti dello “stato belga”. Attualmente supportiamo tutti i tentativi, da dovunque essi vengano, volti alla dissoluzione dello “stato belga”.

Ciò significa le forze repubblicane, a destra nelle Fiandre, a sinistra in Vallonia. Vi è infatti un “movimento rattachiste” francofono che vuole che Bruxelles e la Vallonia facciano di nuovo ritorno alla Repubblica francese, di cui eravamo i cittadini sotto la Prima Repubblica giacobina e il primo Impero francese. C’è in particolare un movimento elettorale che si chiama ‘Rassemblement Vallonia-Francia”. Da qui il nome “rattachisme”. Sosteniamo anche questo.

# STATO & POTENZA:

Voi pertanto condividete le analisi di chi descrive il Belgio come un “non-stato”?

Luc MICHEL: Il Belgio è uno stato fallito, un non- stato.

Si tratta di uno stato artificiale che è stato creato nel 1830. Alcuni parlavano di “mostro geopolitico”. È stato creato per evitare che la potenza imperiale francese rinascesse. Si trattava dell’esigenza britannica di controllare la città di Anversa. Poi, è stata installata una monarchia parassitaria. Questa è la dinastia di Sassonia-Coburgo. Cugini dei Windsor britannici. Queste sono persone che hanno lanciato il Belgio, sotto il re Leopoldo II, in una sporca avventura coloniale in Congo. Si deve sapere che i campi di concentramento non sono stati inventati dagli inglesi durante la guerra contro i Boeri, non sono stati inventati da Adolf Hitler che ne ha generalizzato solo il principio, ma sono stati inventati dagli sgherri del re Leopoldo II in Congo. Questa dinastia è ancora in vigore. L’ultimo ad accedere al trono è Filippo. Questa è una classe di parassiti. Intorno a loro gravita ugualmente il ceto politico, mediatico e dello show-business. Osservate le apparizioni dei nobili, degli elementi dell’ancien régime sulle frequenze della RTBF (radio e TV francofona di stato) e vedrete quello che è il sistema belga.

Diciamolo chiaramente.

Il Belgio è molto importante in questo momento perché è il chiavistello geopolitico dell’Unione Europea.

È servito per lungo tempo da modello e la classe politica belga, in particolare i democristiani, forniscono da 50 anni i pseudo-dirigenti dell’Unione europea. Molti di loro, prima di dirigere l’Unione Europea, hanno iniziato come Segretari Generale della NATO.

La classe politica è chiaramente sostenuta dagli Stati Uniti, dalla NATO e dall’Unione Europea, che non vuole vedere Bruxelles e la Vallonia, dove hanno esattamente sede tutte queste strutture, disciogliersi. Quello che succede in Belgio, è qualcosa di molto importante.

Una cosa è importante sapere – e siamo spesso involontariamente fraintesi mentre altri ci fraintendono di proposito – che l’unica forza politica in Belgio che ha la possibilità di rompere lo “stato belga” è il nazionalismo fiammingo. Ecco perché come PCN abbiamo ottimi rapporti politici con le formazioni nazionaliste fiamminghe. Anche se ideologicamente siamo molto lontani gli uni dagli altri.

Essi hanno il potere politico ed elettorale. Quando il Belgio scoppierà (questo può accadere rapidamente o lentamente, ma il Belgio è un cadavere in decomposizione che ha solo mantenuto una parvenza di vita), quando ciò accadrà, ci sarà, auspicabilmente, un effetto domino in Europa.

# STATO & POTENZA:

La Francia occupa un posto importante nelle vostre riflessioni.

Già vent’anni fa avete scritto molto sull’asse Parigi-Mosca. Ma ora denunciate l’asse Washington-Tel Aviv-Parigi.

 In che situazione si trova oggi la Francia?

Luc MICHEL: Bisogna prima capire una cosa. In geopolitica, non vi è nessuna situazione acquisita. La geopolitica è un equilibrio di potere in un dato momento storico.

Vorrei prima fare un commento in modo che non ci sia confusione. Sono nato nella cultura francese, che è una grande cultura europea. Ma questo non fa di me un sostenitore della Francia. Ricordo che non ho un attaccamento particolare a uno Stato in Europa. Direi che, come afferma un grande scrittore di Liegi, in Belgio, Alexis Curvers, che “io sono un cittadino dell’Impero Romano”. Per il resto, la mia casa attuale è un progetto storico e politico. Questo è la Grande-Europa appunto. E la mia Patria, è la mia ideologia: il Comunitarismo Europeo.

La Francia è un grande paese e ha un grande ruolo geopolitico in Europa. Per delle caratteristiche che sono legate proprio alla sua cultura. Ciò che viene giustamente chiamata la “eccezione culturale francese”.

È la Francia che ha meglio resistito all’anti-civiltà Yankee, alla “McWorld” di McDonalds, al cibo spazzatura, al cinema di Hollywood.

Seconda cosa da considerare, e che fa parte della sua eredità politica, è quella di essere il paese del generale de Gaulle. È stato l’unico leader europeo che ha preso le distanze dagli americani, che ha parlato della “Grande-Europa fino agli Urali”. cdg_kroutc3Con la Russia. Egli ha detto “fino agli Urali”, perché la Siberia non era nel modo di pensare della sua generazione. Ha teso la mano a Tito, a Ceausescu, ai sovietici naturalmente. De Gaulle ha fatto uscire la Francia dalla NATO. Quando l’Unione Sovietica è disgraziatamente implosa – abbiamo annunciato questa implosione nei primi anni ’80 con Thiriart – abbiamo pensato ad un concetto di ricambio.

Io sono quello che chiamano un ideologo. Per me, questo termine non ha il senso peggiorativo che esso può avere nel linguaggio della scienza politica occidentale. Sono una persona che fornisce modi di pensare, che trasmette le tesi politiche, che crea l’ideologia e fornisce scenari per il futuro. Prima di essere un’attivista politico, prima di essere un organizzatore, io sono una persona che pensa.

La questione che si è posta quando l’Unione Sovietica è implosa, era di trovare un’alternativa. Fino a quel momento, avevamo parlato con Thiriart di un “Impero Euro-Sovietico”. Vale a dire, sostenevamo un’unificazione tra l’Unione Europea e l’Unione Sovietica avente come elemento unificatore l’URSS. Poi l’implosione dell’URSS, la Russia umiliata, il tragico decennio di Eltsin e degli oligarchi, il declino della Russia, la Russia che lascia distruggere la Jugoslavia, che lascia bombardare Belgrado.

Abbiamo quindi cercato un concetto alternativo, un’alternativa. Questo concetto è stato l’asse Parigi-Mosca. Siamo stati i primi a parlarne nel 1992. E la prima apparizione del concetto dell’asse Parigi-Mosca è in un libro che è stato dedicato al PCN, pubblicato nel 1993.

Altri poi sono seguiti. In particolare, François Grossouvre, figlio di un ex consigliere di Mitterrand. L’idea si è quindi popolarizzata. Qual è stata l’idea? Era che i due poli di resistenza all’americanizzazione del mondo, la Francia da un lato con l’eredità del Generale de Gaulle e dall’altro la Russia, con il suo evidente retaggio sovietico, si unissero.

Questo concetto ha purtroppo smesso di funzionare ed è diventato completamente obsoleto con l’avvento al potere di Nicolas Sarkozy. Di Sarkozy, ho detto che era un ‘neocon con un passaporto francese’. Che cosa vuol dire? I neocons, sono gli uomini, gli ideologi del regime di Bush Junior. Che cosa ha fatto Nicolas Sarkozy? Ha importato il neoconservatorismo in Francia. Ha riportato la Francia nella NATO. Un ambasciatore americano a Parigi ha detto che Sarkozy è stato il “presidente francese più filo-americano”. E ‘vero!

La Francia si è abbassata ed è ritornata vassalla. Quando François Hollande è salito al potere, è stata un’altra classe di domestici dei nord-americani, la democrazia sociale pro-americana, quella che noi chiamiamo la “sinistra americana” in Francia, che è arrivata al comando. La tendenza che aveva realizzato Nicolas Sarkozy, è stata ulteriormente approfondita da Hollande. E siamo arrivati alla situazione a cui abbiamo assistito in Siria, per esempio, dove abbiamo visto che i migliori domestici della politica di aggressione statunitense contro la Siria baathista di Bashar al – Assad era la Francia.

A questo si aggiunge l’influenza della lobby sionista in Francia e negli Stati Uniti, che sono i due Stati in cui questa lobby sionista ha un’influenza determinante. AIPAC negli Stati Uniti e il CRIF in Francia guidano la danza della politica neoconservatrice.

Il risultato è stato che non solo l’Asse Parigi-Mosca non esisteva più, che non era più possibile, ma che è stato sostituito da un asse Washington-Tel Aviv-Parigi. Mi dispiace che alcuni continuano ancora a nutrire delle illusioni circa l’asse Parigi-Mosca. Ciò è particolarmente il caso degli eurasiatisti russi di destra, vale a dire persone che seguono Alexander Dugin. Essi operano in una visione politica che si basa sul vuoto.

# STATO & POTENZA:

Volete dire che la Francia ha terminato il suo ruolo geopolitico in Europa?

Luc MICHEL: Domanda importante!

Non credo che la Francia abbia terminato il proprio ruolo geopolitico in Europa. Perché c’è un potenziale francese.

Che cos’è questo potenziale francese? Questa è naturalmente la cultura, è l’anti-americanismo viscerale, i francesi sono i più anti-americani in Europa, ed è la memoria del lavoro del Generale de Gaulle. Credo che il cambio di regime arriverà un giorno e la Francia ritroverà il suo potenziale anti-americano.

Un secondo fatto, che è importante quando si considera la Francia, è che l’Unione Europea è costituita da rapporti di forza. Specialmente al Parlamento europeo. I paesi sono rappresentati in base alla loro popolazione. Al momento, poiché abbiamo commesso l’errore di accettare la riunificazione tedesca – vale a dire, l’annessione della RDT da parte RFG, che è un Anschluss e non una riunificazione, la Germania gode oggi di un peso politico troppo grande in Europa, ciò che spiega quello che sta facendo attualmente.

Dovete sapere che Thiriart era contro. Disse che la “DDR dovrebbe entrare un giorno come Stato separato nell’Unione Europea”. Il presidente francese François Mitterrand era ugualmente contro.

I rapporti di potere della popolazione cambieranno in Europa. In Germania, non si fanno più bambini ed è quindi sulla strada di perdere la sua popolazione. E l’unico paese in cui la popolazione cresce, è la Francia. Tra una generazione, ci sarà un grande Francia di circa 80 milioni e che di nuovo diventa il primo Stato dell’Unione Europea … se esisterà ancora tra 20 anni.

Questo è anche il motivo per cui sosteniamo il ‘rattachisme’ del Belgio francofono, vale a dire, il ritorno della Vallonia e di Bruxelles nella Repubblica francese, dal momento che è necessario rafforzare il peso della Francia per questo motivo geopolitico. E, naturalmente, i 4 o 5 milioni di francesi del Belgio, di Bruxelles, di Charleroi e Liegi, contribuiranno a rafforzare questo peso.

Ci riferiamo qui ad una strategia geopolitica e non ad piccolo calcolo politico. E non siamo nel campo affettivo. Il ragionamento che espongo, è un ragionamento logico. Mi rifaccio a due grandi scuole logiche, il marxismo-leninismo e i pensatori neo-machiavellici come Pareto, Roberto Michels, ecc. Pertanto, non scadiamo nell’emozionale. Noi facciamo delle analisi razionali, fredde.

# STATO & POTENZA:

La politica francese è dominata dalla questione del FN.

Cosa pensate del Fronte Nazionale di Marine Le Pen?

Luc MICHEL: Ne penso male!

Sono un avversario radicale delle imposture politiche rappresentate dal Fronte Nazionale.

Lo abbiamo combattuto in Francia. Il nostro compagno Fabrice Beaur, ora nostro Segretario Generale, è stato anche candidato a Tolone, in un’elezione nel 1998, con una lista che è stata intitolata “I giovani contro Le Pen”.

Abbiamo anche combattuto il suo clone belga, di cui abbiamo frenato la resistibile ascesa nel 1994-1996. Abbiamo privato il FN belga di senatori e deputati – in un’offensiva politica e giuridica con cui il Consiglio di Stato belga ha invalidato le loro liste alle elezioni legislative del 1995 e municipali del 1994 – e quindi privandolo di un finanziamento significativo dello Stato, 100 milioni del tempo! Abbiamo anche fatto vietare, tra il 1994-1997, la maggior parte dei loro incontri pubblici e abbiamo avviato numerosi procedimenti giudiziari contro il FN belga.

Ma perché? Non perché improvvisamente ci fossimo avvinti alle pseudo-tesi antifasciste del regime e degli altri cani da guardia che sono un’altra forma d’impostura.

Semplicemente, noi diciamo che il FN è una farsa politica e blocca uno spazio rivoluzionario.

Imposture a livello dello stesso clan Le Pen. Sono un’azienda a conduzione familiare, con persone che sono milionari, che attraverso i loro legami sociali sono collegati all’establishment francese in quello che ha di peggio. In particolare a livello dello spettacolo. Queste sono persone che sostengono di difendere il popolo e la piccola gente, ma vivono in un castello. Si tratta di un clan familiare come ho detto. Marine Le Pen conduce il partito con Louis Aliot, che è il suo compagno. Lei è la figlia di Jean-Marie Le Pen, che ha fondato il partito. Tra gli eletti al Parlamento europeo, troviamo il padre e la figlia di Le Pen. E uno dei due membri che il FN ha all’Assemblea Nazionale in Francia, è il nipote di Jean – Marie Le Pen. Questa non è politica, è nepotismo.

Questo non è l’unica cosa ovviamente. Il FN è anche un partito che è sempre stato dalla parte dell’imperialismo e del liberalismo. Al momento, grazie ad alcuni consiglieri, il FN – dato che è un ‘partito acchiappa-tutti’, un partito che vuole mettere il becco dappertutto- ha un discorso che copia un po’ di quello che era, qualche anno fa, l’altermondialismo.

Senza tornare agli anni di Reagan – al quale un Le Pen ossequioso andò a stringere la mano – rimaniamo alla calda attualità. lepreagAndiamo a vedere il famoso ‘trattato transatlantico’, vale a dire, l’inglobamento dell’Unione Europea da parte dell’economia americana. Perché questo è il Trattato transatlantico: la distruzione della nostra cultura e l’inglobamento della nostra economia e del grande mercato della UE. Bene, i Le Pen, padre e figlia, al Parlamento europeo, hanno votato, nel 2008, a favore del trattato. Che essi oggi pretendono di combattere.

Per essere precisi, per gli scettici, Marine Le Pen, in particolare, ha votato sì al testo ‘RC B6-0209/2008′, che ‘sottolinea come il partenariato transatlantico è lo strumento chiave per forgiare la globalizzazione nell’interesse dei nostri valori comuni nella prospettiva di un ordine mondiale giusto nelle questioni politiche ed economiche; ribadisce la sua opinione dell’importanza di un mercato transatlantico funzionante e competitivo per uno sviluppo favorevole del partenariato transatlantico, che consentirà all’UE e agli Stati Uniti di affrontare insieme le sfide politiche ed economiche” e “sostiene con forza il processo di rafforzamento dell’integrazione economica transatlantica avviato dal vertice UE-USA, per l’adozione del “quadro per la promozione dell’integrazione economica transatlantica tra l’Unione europea e gli Stati Uniti d’ America” e “la creazione del Consiglio economico transatlantico (CET) per supervisionare e accelerare gli sforzi delineati nel quadro”. Nel 2013, padre e figlia hanno votato ‘sì’ alla mozione «EU trade and investment agreement negotiations with the US» (*)…

Voglio affrontare un ultimo punto per rispondere alla vostra domanda. Ci sono attualmente, nella periferia del FN, persone che sostengono un discorso filo-iraniano, che tengono anche un discorso ‘pro-immigrazione ‘, che si definiscono anti-sionisti. Così vorrei affrontare la questione del sionismo dei dirigenti del FN. Il padre Le Pen ha sempre difeso le posizioni cosiddette “anti- semite”, ma è stato anche lui uno dei difensori di Israele per odio verso gli arabi. L’attuale FN, principalmente attraverso Louis Aliot, il compagno di Marine Le Pen, che è anche vice-presidente, ha fatto un gesto di riconciliazione con la destra sionista e con Israele.

# STATO & POTENZA:

Ma siete contrari al FN anche per opposte visioni politiche?

Luc MICHEL: Esattamente! Siamo oppositori del FN soprattutto per il suo progetto politico, che è incompatibile con il nostro.

È stata anche nel ’80 la posizione di Thiriart, che ha mostrato pubblicamente il suo disprezzo per Le Pen. Qual è il progetto del FN? Il ripiegamento nazionale, la xenofobia volgare. Noi siamo, al contrario, per una “Grande-Europa senza frontiere interne” (queste sono le tesi di Thiriart, e sono le mie. E abbiamo fatto fin dal ’80 una campagna in anticipo per l’ingresso della Turchia nell’Unione Europea. Si noti che il Vice segretario-generale del PCN (numero 3 de facto) Inanc Kutlu è turca. Riteniamo pertanto che le posizioni del FN siano totalmente incompatibili con la nostra. Una questione di logica ideologica fondamentale.

Ma siamo anche contrari al FN per ragioni di pura politica.

Noi crediamo che debba essere creata una grande forza di opposizione. Questa forza deve unificare gli scontenti ai due estremi dello spettro politico. A destra e a sinistra. Ecco perché siamo spesso accusati di “bolscevismo nazionale” o di “nazional-comunismo”, ideologie che abbiamo effettivamente rivitalizzato nel 1983, dieci anni prima di Dugin. Ma non si imbrogli: noi abbiamo sostenuto in passato e lo abbiamo sostenuto ancora, abbiamo parlato della costituzione in Belgio e in Francia di un “Fronte Nero Rosso Verde”. E l’abbiamo fatto ed organizzato. Nero per i rivoluzionari nazionalisti, rosso per i socialisti e i comunisti, verde per gli ambientalisti radicali. Ma intendiamo strettamente questa unità alla base. Vale a dire per gli attivisti e le clientele politiche.

Perché questa unione possa esistere, devono scomparire ciò che noi chiamiamo “gli argini”, che ha creato il Sistema. Che cosa sono? Queste sono le persone all’estrema destra e all’estrema sinistra, che sono incaricate di frenare il malcontento e di prevenire che si possano unire tutti i malcontenti, quelli che un giornalista francese ha chiamato “i nemici del Sistema”, in un grande movimento anti-Sistema. In Francia, è per esempio il ruolo assegnato a destra a Marine Le Pen e a sinistra a Mélenchon.

Qual è lo scopo di Marine Le Pen? Non è la rivoluzione in Francia. Ma diventare un ministro in un grande governo di destra. Un vecchio scenario già giocato in Italia da Gianfranco Fini. E fino a quando si oppongono destra e sinistra, estrema destra ed estrema sinistra, anti- fascisti e nostalgici del fascismo, il Sistema dispone di una totale tranquillità. È, per usare un linguaggio più diretto e più banale, una sorta di ‘sfruttamento della prostituzione agli estremi’, organizzata dai sostenitori del Sistema.

# STATO & POTENZA: Un’altra grande forza dell’Unione Europea, la Germania.

Come valutate il ruolo svolto dalla Germania negli ultimi anni?

Luc MICHEL: Lo giudico molto negativamente!

La Germania, che cos’è? Un po’, su scala ridotta, come una piccola Unione Europea. La Germania è un gigante economico ma un nano politico. La politica di Berlino è totalmente sotto il controllo della NATO e degli Stati Uniti. Questi ultimi, inoltre, giocano molto intelligentemente. Lasciano ai paesi europei, che loro occupano dal 1944, la nostalgia della loro passata grandezza. E la Germania ha una chiara nostalgia del ruolo geopolitico che ha svolto nel II° Reich di Bismarck e di Guglielmo II e nel III Reich di Adolf Hitler, in particolare nei paesi baltici, nell’Europa centrale e dei Balcani. Tutto questo a cosa serve? All’espansione della NATO verso l’Est!

Cos’ha fatto la Germania per 20 anni?

Ha giocato un ruolo fondamentale nella distruzione della Jugoslavia, sostenendo l’indipendenza slovena e croata. La Germania, e in particolare il generale della Bundeswehr, ha anche svolto un ruolo molto sporco nei paesi baltici, sostenendo gli ultra-nazionalisti baltici, nostalgici della Collaborazione, che mantengono l’agitazione anti-russa.

E guardate cosa sta succedendo ora in Ucraina!

È davvero un’operazione guidata da Berlino e dai suoi servizi segreti per rovesciare il legale e legittimo governo di Yanukovich. Per sostituirlo con un regime filo-occidentale. Un regime fantoccio. Un solo esempio. Il probabile futuro candidato della NATO dell’opposizione unita alle elezioni presidenziali in Ucraina nel 2015, il pugile Klichko, ha un passaporto tedesco. Il suo partito è stato fondato a Monaco di Baviera (questo non s’inventa!). L’estrema destra dei gruppi neo- fascisti, i “benderisti”, questi nostalgici ucraini di Bendera, dei pogrom anti-ebraici, anti-polacchi e anti-russi degli anni 1941-1945, anche queste persone sono sotto il controllo del BND (il servizio segreto tedesco) fin dai primi anni ’50 con il famoso generale Gehlen. Che ci riporta al ruolo giocato da Adolf Hitler nella direzione di quella parte dei servizi segreti nazisti che si occupavano dell’agitazione antisovietica nei paesi dell’Est.

La Germania ha quindi un ruolo estremamente negativo.

Ho detto prima sulle “illusioni circa un Asse Parigi- Mosca”. A volte le persone parlano di un asse Parigi-Berlino-Mosca e continuano a filosofeggiare su di esso ma, lo ripeto, non basandosi su niente. Basta guardare all’Ucraina.

Ma, invece, c’è un enorme potenziale.

Che cos’è? È una tradizione della politica tedesca dal 1918, e ci ricongiungiamo qui all’universo del Nazional-bolscevismo, che è “l’orientamento verso l’Est”.

Se l’Unione Europea si disintegra, o se la UE torna ad un confederalismo morbido, o se il blocco della NATO si disgrega, l’alleanza naturale della Germania sarà con la Russia. Così, invece di essere un elemento di confronto, la Germania diventerà un ponte tra le due Europa. Tra l’Unione Europea e la seconda Europa eurasiatica che Mosca sta cercando di costruire.

# STATO & POTENZA:

Veniamo all’Italia.

Come valuta il ruolo svolto dall’Italia negli ultimi anni?

Luc MICHEL: Quando vedo l’Italia e la sua vita politica che seguo quotidianamente, penso inevitabilmente al Belgio. La vedo, come per il Belgio, come uno Stato quasi fallito. Vedo come una casta politica abbia condotto un intero paese al saccheggio. Vedo l’inefficienza, la corruzione e gli stessi partiti. Ricordate che i due paesi europei che sono stati dominati dalla Democrazia cristiana, sono proprio il Belgio e l’Italia.

Vedo anche una seconda cosa, e ci si ricollega a quanto detto sulla Germania, che è la nostalgia neo-coloniale. L’Italia ha giocato per troppo tempo una sporca carta colonialista in Libia, dai tempi della lotta del grande condottiero Omar Mukhtar. E oggi, vediamo che la NATO affida all’Italia la ricolonizzazione della Libia attraverso la creazione di un esercito coloniale fantoccio.

L’Italia, il Belgio e perfino la Francia non avrebbero, in questo settore, una così grande importanza se presi da soli. Ma l’importanza è nell’analisi del fenomeno generalizzato. Questo è ciò che i marxisti chiamavano la “borghesia compradora”. Si riferivano, in quel momento, alla borghesia dell’impero portoghese, in particolare a quella di Macao, che ha aiutato i portoghesi a colonizzare.

La classe politica dell’Unione Europea, è una grande borghesia compradora. Che cosa significa? Significa che queste persone non hanno più il potere politico e che per mantenere la dominazione in quanto classe dirigente economica – la dominazione economica, il potere della borghesia – hanno deciso di sottomettersi al potere politico degli Stati Uniti.

Quando gli Stati Uniti sono intervenuti in Europa, il 6 giugno del 1944, non sono venuti per liberare l’Europa, ma per occuparla. Nel linguaggio, usato fino ad oggi dagli storici, dai militari e dai generali americani, lo sbarco in Normandia si chiama “invasione”. Così è più chiaro! Non “Liberazione” o “Lo sbarco”. Ma “Invasione!”.

Gli americani non sono più ripartiti. Sono sempre lì dal 1944. Qual è la loro tecnica? Utilizzare in tutta Europa una borghesia compradora. Per parlare direttamente, direi che la classe politica europea è costituita dagli sconfitti del 1939-1940. E in Germania e in Italia dagli sconfitti del 1944-1945.

Quando si capisce questo, si vede come la classe politica europea non è una classe che esercita il potere.

Ne sono un esempio lampante, attualmente, le avventure coloniali della Francia in Africa. Libia, Mali, Repubblica Centrafricana. Molti intellettuali africani fanno delle analisi carenti sotto questo aspetto. Dicono che è il ritorno della “Françafrique”. Cos’è la Françafrique? È quel termine dispregiativo con cui si è designata la politica africana della Francia, purtroppo, sotto il generale de Gaulle e i suoi successori. Questa era una realtà. C’era una politica africana francese indipendente fino a Giscard d’Estaing. Poi, gradualmente, siamo passati di nuovo ad una Francia in orbita americana. Da Sarkozy a Hollande, è completamente assoggettata alla politica estera di Washington.

La ‘Francafrique’ è ancora una realtà, ma una realtà solo nella misura in cui gli Stati Uniti accettano che la Francia possa ancora svolgere un ruolo politico in Africa e avere un’influenza economica.

Chi è il manovratore in Libia, Mali e Centrafrica?

È l’Africom. E il comando statunitense di Napoli. Coloro che non lo vedono, non possono capire che la Francia in Africa non è più imperialismo o neocolonialismo, ma la Francia di Francois Hollande è diventata solamente la fanteria coloniale di Washington.

# STATO & POTENZA:

La Russia ha sempre avuto un posto centrale nelle vostre analisi.

Come valuta il ruolo svolto dalla Russia negli ultimi anni?

Luc MICHEL: Ci tengo prima di tutto a farvi la stessa osservazione che ho fatto per la Francia. Amo la cultura russa. Ero sposato con una russa. Ho anche vissuto con un’ucraina. Io sono considerato, anche nelle false biografie di Wikipedia pubblicate contro di me dagli uffici mercenari della NATO, come un “slavofilo intellettuale”. Ma qui siamo nel campo emozionale, personale.

Ma la mia posizione nei confronti della Russia non è determinata dal sentimento. È determinata dalla geopolitica.

Attualmente in Europa, e questo era già vero negli anni ’70 e ’80, c’è solo uno Stato veramente indipendente da Washington, ed è la Russia. E prima c’era questo “Impero russo rosso” che era l’URSS. La Russia ha assunto una parte dell’eredità dell’Unione Sovietica, anche se è molto ridotta. È la seconda potenza nucleare globale. Ha i mezzi, le riserve, un immenso territorio, il petrolio e il gas, ma purtroppo non ha una grande popolazione. Questa è la realtà!

Al momento crediamo che l’unica chiave per la liberazione e l’unificazione della Grande-Europa provenga dalla Russia. Noi vediamo la Russia come il “Piemonte d’Europa”. Voi siete italiani. Sapete del ruolo che ha giocato il regno del Piemonte-Sardegna nel processo d’unificazione italiana, nel Risorgimento. Noi sogniamo un “Risorgimento grande-europeo”.

C’è un’altra analogia storica che mi piace, ed è quella della Macedonia.

Voi sapete che le Città greche, che condividevano una cultura e una civiltà comune, si combattevano. Esse non erano in grado di unirsi. Questo è simile a ciò che accade oggi nell’Unione Europea. E fu una potenza di cultura greca non appartenente al nucleo originario, il regno di Macedonia con Filippo e Alessandro, ad unificare la Grecia. Con la forza.

Prima, un ideologo troppo spesso sconosciuto, Isocrate, aveva teorizzato e convinto la leadership macedone della necessità di realizzare la “più-grande Grecia” unitaria. Che si è compiuta sotto il motto del geniale Isocrate: “Una sola Grecia, un solo popolo”.

Riteniamo quindi che la Russia possa e debba avere un “ruolo macedone”.

E noi concepiamo l’azione ideologica del PCN, la più importante in questa fase, come quella di un “Isocrate collettivo”…

Le ragioni, ovviamente, non si fermano qui. Viviamo in un mondo conflittuale e non virtuale. Nel mondo di oggi, non ci sono migliaia di campi. Noi non siamo come quei degenerati intellettuali francesi di estrema sinistra della politica politicante, quelli del “né-né”. Quando gli americani attaccarono da qualche parte, essi non erano per la NATO, ma in Libia per esempio, non erano neanche per Gheddafi. Nella vita, bisogna prendere una posizione. E più ancora in geopolitica.

Noi siamo quindi con la Russia, in quanto è il centro di resistenza alla NATO e agli Stati Uniti. E questo è riconosciuto anche dall’altra parte, dagli Stati Uniti e della NATO, dai geopolitici americani che la considerano come l’avversario principale.

La nostra Organizzazione è stata coinvolta nella maggior parte dei paesi dell’Europa orientale da oltre 15 anni.

Abbiamo aiutato, come meglio potevamo, nelle operazioni politiche, nella propaganda. Siamo andati nei paesi baltici e nella Jugoslavia morente. Siamo andati in Moldavia, in ‘Transnistria’, che in realtà si chiama ‘Repubblica moldava del Dniestr’. Siamo andati nel Caucaso, in Abkhazia, in Armenia. Siamo andati naturalmente in Russia e anche Ucraina, soprattutto durante le elezioni. Perché? Perché è la base che in quelle situazioni si vede.

Ho svolto personalmente, durante un periodo della mia vita negli anni 1998-2005, una grande attività per la difesa delle minoranze russe nei paesi baltici. Questa è una situazione che ho vissuto intimamente in quanto mia moglie era una russa di Riga.

# STATO & POTENZA:

Voi avete inoltre teorizzato la Russia come una “Seconda Europa”, sul solco del vostro “Impero euro-sovietico” degli anni ’80.

Cosa intendete dire con “Seconda Europa”?

Luc MICHEL: Questa è una tesi geopolitica che ho teorizzato nel 2006.

Vale a dire che il blocco che si sta ricostruendo intorno alla Russia – per esempio con il Gruppo di Shanghai, il Trattato per la Sicurezza Collettiva, lo Spazio Economico Eurasiatico, l’Unione doganale, l’Unione statale Bielorussia-Russia, ecc … – contribuisce a costruire un polo di potere in Oriente che è una ‘Seconda Europa’. Una Seconda Europa. Un’Altra Europa.

Siamo estremamente irritati dall’arroganza dei piccoli politici europei che non sono altro che i piccoli barboncini degli Stati Uniti e che pretendono di essere l’”Europa”. La Russia è anche l’Europa! Lo diciamo da 30 anni.

Non sono evidentemente l’unico a definirla come una ‘Seconda Europa’. Ci sono ideologi russi che la definiscono tale. Anche all’interno dell’Unione Europea, in particolare negli istituti della NATO nei paesi baltici, ci sono persone che si preoccupano di quest’altra Europa che si costruisce di fronte – e secondo alcuni contro- l’Unione europea.

E qui siamo nel cuore dell’attualità!

Quello che sta accadendo in Ucraina, non è questione di gas e di Mercati. È lo scontro tra due visioni opposte di Europa.

Da un lato, l’Unione Europea, vale a dire un’Europa economicamente e militarmente annessa agli Stati Uniti. Il nostro segretario generale Fabrice Beaur vi si riferisce abitualmente come ad “una colonia yankee”. Questa Europa che tenderebbe infine ad integrarsi in un insieme transatlantico. Lo dicono loro stessi.

Dall’altra parte e di fronte a questa, c’è una visione di un’Europa che è un’Europa indipendente, eurasiatica. E questa è la visione del presidente Putin. Sono rimasto particolarmente soddisfatto dall’ultimo discorso di Putin sullo stato della Russia nel 2013. Perché per la prima volta, Putin si oppone non solo al mondo occidentale in modo pragmatico, ma comincia a definire una nuova ideologia russa. È chiaramente una strategia per il futuro.

Diciamo “L’Europa da Vladivostok a Reykjavik” e non viceversa …

# STATO & POTENZA:

Un’ultima domanda. Che cosa vi aspettate nel 2014?

Luc MICHEL: Non mi aspetto niente di speciale. La nostra concezione dell’azione politica è quella di un disegno intenzionale. Siamo delle persone che dicono che bisogna lottare e camminare a testa alta.

Io sono considerato un nemico mostruoso dalla NATO e dal sistema belga. Non ho mai abdicato. Tengo duro. Rispondo ai colpi e generalmente lo faccio bene. Mi piace. Ed è così.

Sono infastidito dalla gente che si aspetta i miracoli, i cambi improvvisi, che si aspettano non so cosa e soprattutto cose che non esistono.

Vorrei in particolare richiamare l’attenzione sulla visione ottimistica ed irrealistica di alcuni. Si parla un po’ troppo spesso di un “collasso americano”. Ma parliamo francamente! Non c’è ancora al mondo che un’unica superpotenza mondiale, gli Stati Uniti.

In un determinato momento, in particolare l’intellettuale francese Emmanuel Todd ed io, abbiamo creduto che gli Stati Uniti stessero affondando lentamente. A causa della questione dell’energia e del petrolio. E purtroppo è arrivato il gas e il petrolio di scisto. E gli Stati Uniti saranno, entro il 2018, non solo autonomi, ma diventeranno un esportatore importante, dal punto di vista energetico, per almeno una generazione.

Dovete capire una cosa. È necessario leggere l’avversario. “Farsi insegnare dall’avversario è un onore”, ha detto il Generale Haushofer, riprendendo una vecchia massima romana.

Bisognerebbe leggere i geopolitici americani.

Uno dei principali, perché è uno dei portavoce della lobby militare-industriale degli Stati Uniti, è George Friedman. Egli è il capo dell’Istituto di ricerca strategica STRATFOR. Ha scritto recentemente due libri di prospettiva geopolitica, dove evoca chiaramente un “XXI secolo americano”. Lui e i suoi amici fanno una scommessa geopolitica sul crollo di Russia e Cina.

Il 2014 è, invece, un anno importante per la nostra Organizzazione transnazionale.

Noi andiamo a marcare due eventi – non a commemorare perché non siamo di quel genere -, un doppio anniversario:

* Da un lato, i 30 anni del PCN (Partito Comunitario Nazional-europeo), la cui nascita risale al suo primo Congresso nel giugno 1984 .

* Dall’altra parte, il 50° anniversario del documento fondante della nostra ideologia, il libro di Jean Thiriart “L’Europa. Un Impero di 400 milioni di uomini”, che è stato scritto nel 1964.

Sessant’anni d’ideologia comunitaria europea.

Trent’anni del legittimo erede di Jean Thiriart, il PCN.

L’idea e la realizzazione dell’idea in marcia, come direbbe il grande Mazzini.

Marcheremo questo doppio anniversario con numerosi eventi, soprattutto su Internet. Ma anche con la ripresa di alcune pubblicazioni editoriali, fuori dalle riviste e da Internet, con le “Edizioni Machiavelli” (fondate nel 1983).

# STATO & POTENZA:

Un’ultima parola per i nostri militanti e i nostri lettori?

Luc MICHEL: Vorrei davvero dire un’ultima parola ai lettori del vostro periodico. Mi piace molto il vostro titolo. L’avete ripreso da Zjuganov, dall’edizione italiana del suo libro, “Stato e Potenza”. Schermata 2014-01-05 a 9.15.29 PMSapete che Zjuganov, che rappresenta l’Eurasiatismo di sinistra è anche, da un punto di vista geopolitico, erede di Thiriart, che aveva incontrato a Mosca nell’estate del 1992. Proprio nell’edizione italiana di “Stato e Potenza”, si rende omaggio a Thiriart, al nostro “Impero euro-sovietico”. Quell’incontro, cui partecipò anche Egor Ligaciov, l’ex n°2 del PCUS, fu il risultato di dieci anni di lavoro del PCN, delle Edizioni Machiavelli, di Thiriart e mio. Dal 1983, abbiamo pubblicato e trasmesso in URSS, attraverso la frazione patriottica del PCUS e le sue reti, libri e riviste in russo …

Così mi piace il vostro titolo per questi motivi.

A volte siamo in disaccordo su cose secondarie. Ma voi insistete, come noi, sull’elemento centrale: il ruolo dello Stato.

Il problema della questione economica, il problema dell’Unione Europea, è la scomparsa dello Stato. Scomparsa voluta dalla Finanza cosmopolita liberale internazionale e dagli USA.

Mi avete dato il piacere di tradurre e pubblicare in italiano, nelle vostre colonne, uno dei miei più importanti editoriali del 2011 (**), dove ho spiegato che la vera divisione politica nel XXI secolo non sarà tra sinistra e destra, tra fascismo o antifascismo, tra capitalismo e socialismo, ma tra i sostenitori dello Stato contro i sostenitori del Mercato e del liberalismo.

È estremamente chiaro.

O noi andiamo a ricostruire un grande-Stato-europeo per garantire la sicurezza, per mantenere la civiltà, per risolvere tutti questi problemi che sono la mafia, la criminalità organizzata, la droga, la tratta di esseri umani… Problemi in gran parte legati alla scomparsa dello Stato.

O noi cadremo nel caos liberale. Caos organizzato. Perché nella giungla, solo il più forte, il più potente, può sopravvivere mangiando l’altro.

Questa non è la mia visione del mondo. Questo non è il futuro che voglio per l’Umanità.

L’Umanità è progredita quando è stata in grado di unirsi. L’Umanità è progredita culturalmente nell’alveo dei grandi Imperi e mai durevolmente e significativamente altrove.

È tempo, per tutti i sostenitori dello Stato nel mondo, di incontrarsi e, questa è la mia conclusione, di combattere insieme l’incubo del caos liberale.

Vi ringrazio.

# STATO & POTENZA: Grazie Luc Michel.

___________________

(*) Sul tema sensibile del voto dei Le Pen a favore del Grande mercato transatlantico al Parlamento europeo, si può consultare questo documento indiscutibile:

http://www.votewatch.eu/en/eu-trade-and-investment-agreement-negotiations-with-the-us-motion-for-resolution-after-paragraph-10–2.html

(**) Luc MICHEL, La scissione vera e propria in Russia (come altrove): patrioti statalisti contro liberali, Stato & Potenza:

http://www.statopotenza.eu/1372/la-scissione-vera-e-propria-in-russia-come-altrove patrioti-statalisti-contro-liberali

LM - INTERVIEW Stato & Potenza VF (2014 01 06) IT (2)

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4 juin 2014 3 04 /06 /juin /2014 01:58

 

PCN-TV - RT weekly news 2014 001 (2014 01 05) ENGL

 

Main topics of the week:

Jihadist terror in Volgograd / Catastrophe in Centrafrica /

Far-right rise in EU / Sochi games /

PCN-TV with RT – PCN-SPO / 2014 01 06/

The Russian TV channel ‘RT’ news – former ‘Russia Today’ – for an alternative information to the dual language, double standards, lies and propaganda of the NATO’s medias …

Video on:

https://vimeo.com/83808730

Main topics of the week:

RT News – January 5, 2014/

ISLAMIST TERROR: The Southern Russian city of Volgograd mourns the 34 victims of two jihadist terror attacks. With dozens of injured people still in hospital – RT brings you the story of one of the survivors – a 9-year-old girl who’s life was saved by a stranger;

CENTRAFRICA: The Central African Republic stands on the brink of a humanitarian catastrophe as violence in the country reaches critical levels, this despite a French-led military mission allegedly aimed at bringing stability to the state. The French military contingent fails to stem a wave of bloodshed that’s gripped the Central African Republic as the UN raises the alarm of a looming humanitarian crisis there; RT talks to medical group Doctors Without Borders about the carnage ravaging the state, as even hospitals and doctors become targets;

FAR-RIGHT IN EU: Europe sees a rise of far right groups across the region, as the financial crisis undermines public trust in governments – forcing people to look for alternatives;

SOCHI GAMES: And, the bright minds working on bright lights – we report on a one of a kind illumination system, set up by engineers for the Winter Olympics in Sochi.

RT / PCN-TV

http://www.lucmichel.net/2014/01/05/pcn-tv-alternative-information-2014-001-rt-news-of-the-week/

________________________

https://vimeo.com/pcntv

https://www.facebook.com/PCN.NCP.TV

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4 juin 2014 3 04 /06 /juin /2014 01:57

 

PCN-TV - RT daily news 2014 001 (2014 01 05) ENGL

 

 Main topics of the week:

Jihadist terror in Volgograd / Catastrophe in Centrafrica /

Far-right rise in EU / Sochi games /

PCN-TV with RT – PCN-SPO / 2014 01 06/

The Russian TV channel ‘RT’ daily news – former ‘Russia Today’ – for an alternative information to the dual language, double standards, lies and propaganda of the NATO’s medias …

Video on:

https://vimeo.com/83808730

Main topics of the week:

RT News – January 5, 2014/

ISLAMIST TERROR: The Southern Russian city of Volgograd mourns the 34 victims of two jihadist terror attacks. With dozens of injured people still in hospital – RT brings you the story of one of the survivors – a 9-year-old girl who’s life was saved by a stranger;

CENTRAFRICA: The Central African Republic stands on the brink of a humanitarian catastrophe as violence in the country reaches critical levels, this despite a French-led military mission allegedly aimed at bringing stability to the state. The French military contingent fails to stem a wave of bloodshed that’s gripped the Central African Republic as the UN raises the alarm of a looming humanitarian crisis there; RT talks to medical group Doctors Without Borders about the carnage ravaging the state, as even hospitals and doctors become targets;

FAR-RIGHT IN EU: Europe sees a rise of far right groups across the region, as the financial crisis undermines public trust in governments – forcing people to look for alternatives;

SOCHI GAMES: And, the bright minds working on bright lights – we report on a one of a kind illumination system, set up by engineers for the Winter Olympics in Sochi.

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4 juin 2014 3 04 /06 /juin /2014 01:56

 

PIH - LM rpdc et mediamensonges (2014 01 04) FR (1)

Luc MICHEL for PCN- INFO / 2014 01 04 /

avec The Washington Post – PCN -SPO /

http://www.scoop.it/t/pcn-spo

https://www.facebook.com/PCN.NCP.press.office

La Corée du Nord et son nouveau leader sont devenus la bête noire n°1 des Occidentaux et des médias de l’OTAN aux ordres.

La République populaire démocratique de Corée (RPDC) développe en effet une politique d’indépendance nationale, basée sur la dissuasion nucléaire, qui est un intolérable défi à l’impérialisme américain. Une politique basée sur une version nord-coréenne de la « dissuasion du faible au fort », théorisée par notre ami le Général Gallois pour la France du général de Gaulle (1) …

Donc la propagande des USA et de ses valets de l’OTAN se déchaine. Tout y passe, ad nauseam, sur des scénarios débiles made in Hollywood qui sortent du droit des castings pour les méchants des ‘James Bond’.

‘DIE ANOTHER DAY’ ET LE PCN …

On notera à ce sujet qu’un des films de la série 007, ‘Die another day’, ciblait directement la RPDC. Nous avions à l’époque lancé une campagne de boycott contre le film et le clip de la chantezuse Madona qui en était tiré.

Même TECHNIKART (n° 72, 2003 05 01), le top du magazine culturel français, en avait parlé (avec un humour qui nous avait amusé, nous aimons le second degré …), sous le titre « FAUT-IL BOYCOTTER LE CINÉMA US ? » (2) : « On citera le délicieux Luc Michel, président du Parti Communautaire National-Européen (brrr !) qui nous invite à nous mobiliser contre « le sida culturel de Hollywood » (sic) en boycottant « Madonna et James Bond ». Cet homme de goût n’a visiblement pas aimé le single de la blonde sexuelle pour Meurs un autre jour » …

LE DERNIER MEDIAMENSONGE :

« KIM JONG-UN A-T-IL EXÉCUTÉ SON ONCLE À L’AIDE DE 120 CHIENS AFFAMÉS » ?

Le dernier médiamensonge sur et contre la RPDC est un cas d’école. Car la propagande hollywoodienne des médias de l’OTAN a perdu toute limite et toute raison : « Kim Jong-Un a exécuté son oncle à l’aide de 120 chiens affamés » (sic) !

L’histoire est aussitôt reprise en boucle sur toute la médiasphère atlantiste. La source : un journal de Hong Kong, présenté comme « proche du parti communiste chinois ». Le journal qui rapporte » l’information » précise que « les hommes ont été complètement dévorés ». « Aujourd’hui, plus d’informations sur son exécution sont parvenues » ajoute l’AFP : « Selon le journal Wen Wei Po, proche du parti communiste chinois, Jang Song Thaek aurait été déshabillé et jeté dans une cage, avec ses cinq plus proches collaborateurs. 120 chiens, qui avaient été affamés pendant trois jours, les ont alors rejoints… L’exécution a ainsi duré une heure, sous les yeux de Kim Jong-un et près de 300 spectateurs » (resic). On suppose que comme Blofeld, le méchant des premiers James Bond, Kim Jong-un caressait aussi son chat favori pendant l’exécution …

Derrière le médiamensonge, la réalité plus banale d’une purge « contre la corruption » en RPDC.

Mais aussi contre le lobby pro-chinois en RPDC, devenu trop envahissant. On sait que Jang Song Thaek, oncle du dirigeant nord-coréen Kim Jong-un, a été condamné à mort et exécuté en décembre pour haute trahison. L’agence de presse officielle de la RPDC, KCN, affirme « qu’il cherchait à « renverser l’état par des méthodes méprisables pour s’emparer du pouvoir ». Il était également accusé de « consommation de drogues et d’avoir dépensé l’argent du parti dans des casinos ».

LE ‘WASHINGTON POST’ REVELE LE MEDIA-MONTAGE :

“NO, KIM JONG UN PROBABLY DIDN’T FEED HIS UNCLE TO 120 HUNGRY DOGS”

Quelques heures plus tard, le Washington Post titrait « No, Kim Jong Un probably didn’t feed his uncle to 120 hungry dogs » et dénonçait le média-montage, affirmant qu’il « n’en était rien ». Il semble qu’il y a encore aux USA, mais singulièrement pas dans l’UE natoisée, des journalistes qui ne confondent pas journalisme et prostitution médiatique …

Max Fisher, le journaliste du Washington Post, affirme que ce n’est « probablement pas vrai ». Pour Max Fisher, la source chinoise -Wen Wei Po- ne « cite pas l’origine de son information ». De plus, le média de Hong Kong, loin d’être proche du PCC, « a la réputation d’être sensationnaliste » et de « propager des histoires qui ne sont pas toujours vraies ». De plus, aucun autre média chinois n’a relevé l’information précise encore Fisher. Pareil pour les médias de la Corée du Sud. L’argumentaire du journaliste ne s’arrête pas là, comme on peut le lire sur le site du Washington Post (**). Notamment sur la presse de Hong-Kong qui rappelle étroitement la presse de Caniveau britannique stytle Murdoch.

Et malgré tout çà, le nez dans la merde comme un chien malpropre, les médias de l’OTAN continuent à diffuser « l’info », en la sachant bidonnée, mais y ont ajouté des guillemets et du conditionnel. Quand au démenti, vous l’attendrez longtemps !

Source douteuse, aucune vérification des faits, fausses infos : toute la crapulerie qui envahit comme une insoutenable puanteur les médias de l’OTAN s’étale ici au grand jour. Et on y trouve bien plus de 120 chiens enragés …

Luc MICHEL

(1) Lire : LM, l’esprit du Gaullisme revit en Corée du Nord, PCN-INFO, 2006 10 23,

sur http://www.pcn-ncp.com/PIH/pih-061023.htm

(2) Un article révélateur de notre écho et de notre influence, malgré la consigne du silence total sur nos Réseaux :

Faut-il boycotter le cinéma US ?, TECHNIKART, n° 72, 2003 05 01,

Sur http://www.technikart.com/archives/4975-faut-il-boycotter-le-cinema-us

(3) Max FISHER, No, Kim Jong Un probably didn’t feed his uncle to 120 hungry dogs, THE WASHINGTON POST, 2014 01 03,

sur http://www.washingtonpost.com/blogs/worldviews/wp/2014/01/03/no-kim-jong-un-probably-didnt-feed-his-uncle-to-120-hungry-dogs/

________________________

http://www.scoop.it/t/pcn-spo

https://www.facebook.com/PCN.NCP.press

 PIH - LM rpdc et mediamensonges (2014 01 04) FR (2)

PIH - LM rpdc et mediamensonges (2014 01 04) FR (3)PIH - LM rpdc et mediamensonges (2014 01 04) FR (4)

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4 juin 2014 3 04 /06 /juin /2014 01:56

 

PIH - FB sécession à Lviv (2014 01 02) FR 1

 

Fabrice BEAUR pour PCN-Info/

avec PCN-SPO – Regnum / 2014 01 02 /

http://www.scoop.it/t/pcn-spo

https://www.facebook.com/PCN.NCP.press.office

Alors que les médias de l’OTAN – style Le Monde ou Libé – évoquent parfois une « tentation sécessionniste » en Crimée ou dand l’Est pro-russe, c’est de Lviv, le cœur du nationalisme ukrainien anti-russe (jadis celui du fascisme antisémite bendériste), que viennent des velléités sécessionnistes …

Le Conseil régional de la région de Lviv (Lvov en Polonais, dans l’ouest de l’Ukraine) vient le 17 décembre 2013 dernier d’outre-passer ses pouvoirs en privant de tous pouvoirs les représentants de l’Etat central ukrainien.

Il s’agit d’une violation flagrante de la Loi de la part des députés du parti « SVABODNA » dont le caractère fasciste n’est pas contestable de part son passé et ses actions présentes. Les nostalgiques de Bendera ou des divisions ukrainiennes de la Waffen SS. Et le noyau dur de l’opposition pro UE/US. Ce Svabodna dont les députés ont été élu dans l’Ouest en octobre 2012 sur un programme … xénophobe et anti-européen !

La décision illégale du Conseil régional de Lviv est donc clairement sécessionniste.

A ce petit jeu du mauvais perdant qui refuse de rentrer dans le rang de la Loi et passe aux menaces de dislocation de l’Etat ukrainien, nous ne sommes pas sûr, une fois encore, que le gagnant sera cette Ukraine de l’Ouest agricole qui vit des transferts financiers du gouvernement central en provenance des régions industrielles de l’Est.

Et si nous ne sommes pas la veille d’une division de l’Etat d’Ukraine en deux parties, dans l’hypothèse d’une telle situation que ferait cette région, et au meilleur des cas avec Kiev, sans les régions de l’Est et du Sud qui si elles devaient choisir une autre destinée serait de rejoindre la Fédération de Russie ?

Nous assistons ici peut être à un ban d’essai des forces occidentales qui manœuvrent une fois encore. Un plan B de dislocation de l’Etat ukrainien ? Après l’échec du plan A, la « révolution de couleur » du ‘Maidan bis’ à Kiev …

FB

Photo : Manifestation à la gloire de Bendera et du fascisme antisémite, anti-russe et anti-polonais ukrainien, organisée par Svobodna et autres partisans « des valeurs de l’UE » selon Lady Ashton …

______________________

En Russe, sur Regnum :

http://www.regnum.ru/news/polit/1747395.html

 PIH - FB sécession à Lviv (2014 01 02) FR 2

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4 juin 2014 3 04 /06 /juin /2014 01:55

 

 

LM - NNK Expo Beaubourg Modernité (2014 01 01) FR (1)

 

LUC MICHEL pour NNK /

avec Centre Beaubourg – NNK – La Libre Belgique / 2014 01 01 /

Neue Nationaleuropäische Kultur / Новая Национальная-европейская Культура /

https://www.facebook.com/NNK.org

L’Expo-phare de l’Année 2014 …

« Modernités plurielles 1905-1970″,

au Musée national d’Art moderne, au Centre Pompidou (Paris)

« Modernités plurielles » est une exposition-manifeste, proposant une vision de l’art moderne renouvelée et élargie. Puisant dans les richesses de sa collection, le Centre Pompidou présente pour la première fois une histoire mondiale de l’art de 1905 à 1970. Au travers d’un parcours de plus de 1 000 oeuvres, avec 400 artistes et 47 pays représentés, cette relecture enrichie de l’histoire de l’art nous plonge au coeur de la diversité exceptionnelle des formes artistiques. Ouverte aux différents pays du monde comme à des esthétiques très variées, « Modernités plurielles » illustre les rapports complexes et dynamiques entre modernité et identité, universalité et culture vernaculaire, qui traversent toute l’aventure de l’art moderne »

- Catherine Grenier (commissaire de l’expo)

« Ré-accrochage culotté au Centre Pompidou, à Paris, avec « Modernités plurielles » pour la période 1905-1970. Les immenses collections du musée sont revues selon de nouveaux critères, une nouvelle histoire de l’art, mettant en lumière les mouvements artistiques des autres continents, trop négligés (…) Certes, celui qui veut être initié à la « grande » histoire de l’Art moderne et ses chefs-d’œuvre sera dérouté par le parcours. Et il y a nombre de tableaux qui nous semblent de second choix, à notre œil peu habitué à les voir. Mais cet accrochage est bien stimulant pour nous faire comprendre que l’histoire de l’art n’est pas un arbre droit montant jusqu’à nous avec une avant-garde montrant le chemin, mais est plutôt un arbuste, touffu, avançant dans toutes les directions et dont on peut redécouvrir des branches qui furent jadis célébrées et fêtées, et, ensuite, oubliées au nom du discours dominant sur la modernité »

- La Libre Belgique (Bruxelles)

# I : UNE EXPO CONTRE L’INSTITUTION OCCIDENTALE DE L’ART

Le Centre Pompidou a pris la bonne habitude de modifier de temps en temps son accrochage permanent sur l’Art moderne (1905-1970) afin de montrer, sur tout le cinquième étage, une tout autre histoire de l’art que la suite des chefs-d’œuvre ultra-connus et recherchés du public. Ce serait facile pour lui d’aligner les Picasso, Cézanne et autres Duchamp, et de raconter le XXe siècle selon les écoles « certifiées » d’avant-garde : abstraction, cubisme, dada, surréalisme, etc.

Mais ce serait le méconnaître car, comme le dit la commissaire Catherine Grenier, « l’histoire de l’art déployée sur les cimaises du musée n’est qu’une construction intellectuelle, un récit légitimé par l’institution ». « Ne sont retenus en priorité que les artistes dont l’œuvre répond aux canons institués et qui participent à l’histoire collective par leur implication dans les mouvements modernistes. » Les autres, pourtant célèbres à leur époque, furent jetés dans les poubelles de l’Histoire. Et elle parle d’une conception occidentale, « schématique, téléologique, autoréférentielle ».

UN AUTRE REGARD SUR L’HISTOIRE DE L’ART DU XXe SIECLE :

UN MONDE MULTIPOLAIRE AUSSI EN ARTS …

Une tout autre histoire de l’art du XXe siècle est possible.

Le Centre Pompidou l’avait brillamment montré avec « Elles », en 2009, qui n’exposait que des artistes féminins, oubliés pour la plupart des accrochages précédents. Ce fut un parcours passionnant qui a changé la donne. Depuis lors, au Pompidou en tout cas, la part des artistes femmes a monté en flèche.

« Cette fois, le propos est encore plus ambitieux. Il s’agit de montrer que le grand mouvement de la modernité, occidental, linéaire, etc., est une vision tronquée et partisane, et qu’il y a eu tout au long du XXe siècle des mouvements artistiques novateurs intéressants en Amérique latine, aux Etats-Unis avant guerre, au Moyen-Orient, en Chine et même en Afrique noire dont on montre, au Pompidou, une première ébauche d’une histoire de l’Art moderne sur ce continent avec, par exemple, les grandes sculptures d’Aniedi Okon Akpan », commente La Libre Belgique.

« Il s’agit de montrer aussi que des mouvements nouveaux ont été injustement oubliés, surtout les « nouveaux réalismes », car ils n’entraient pas dans les canons d’une histoire de l’art linéaire et occidentale. Montrer, enfin, la place de l’architecture, de la photographie, des revues d’art, du design, dans ces « modernités plurielles ». »

Cela nous vaut 1000 œuvres de 400 artistes (choisies parmi les 76000 œuvres des collections du musée), « dans un très long parcours, souvent déroutant et intriguant, qui heurte nos idées reçues et nos conceptions du « beau » en Art moderne ».

DECOLONISER L’ART ?

DECONSTRUIRE LA VISION DE L’ART MODERNE

Dans ce travail de « déconstruction » et de décolonisation, comme aurait dit Derrida, on y retrouve bien sûr les icônes bien connues de Picasso, Cézanne, Picabia, Arp, Kandinsky, Dix, Pollock et les autres. « Mais elles deviennent minoritaires par rapport à des centaines d’œuvres d’artistes inconnus pour nous ». C’est pourquoi le titre de l’accrochage parle de « modernités plurielles ».

« Dans cette vision, il n’est plus question de raconter les seuls maîtres et la seule influence des courants nés à Paris, Moscou ou New York, mais aussi d’analyser, dans un monde devenu multipolaire, les échanges, les transferts, les résistances », analyse La Libre.

L’EXPO :

UNIVERSALITÉ OU IDENTITÉ ?

Les visiteurs peuvent découvrir plus de deux cents oeuvres inédites de la collection : oeuvres remises en lumière, nouvelles acquisitions et dons. La préparation de cette présentation s’est accompagnée d’un programme de recherche ambitieux sur les collections, ainsi que d’une politique d’acquisition active. L’exposition révèle ainsi toute la diversité d’une collection au premier rang mondial pour sa qualité, mais aussi, ce qui est moins connu, la première pour le nombre de pays et d’artistes représentés.

Le parcours commence par deux œuvres fortes se faisant face, et exprimant deux visions du monde moderne :

- vision d’espoir avec l’immense tableau d’Amédée Ozenfant, « Les quatre races » (1928), avec l’espoir d’un monde uni et d’une humanité réconciliée.

- Et, en face, le tableau terrifiant d’Ismaël de la Serna, « Europe » (1935), montrant une vision hallucinée et prophétique d’une humanité qui s’avance vers le désastre.

Le parcours chronologique est fait de multiples salles thématiques formant, chaque fois, une exposition : Primitivismes, Blaue Reiter, Futurisme, Modernités américaines, Leiris l’homme intégral, Kandinsky, Construire la révolution, jusqu’au Cinétisme et à la construction de la ville indienne.

Si on y retrouve Klee, Kandinsky, Picabia, jusqu’à Bacon, on met plutôt l’accent sur Wilfredo Lam et Natalia Gontcharova – figure de proue du Constructivisme russe – mais aussi, curieusement, sur le futuriste et « musicaliste » français Henry Valensi, ou sur les « naïfs » comme Maria Blanchard, Rosario de Velasco, Germaine van der Steen ou Aristide Caillaud. « Qui connaît des artistes femmes comme Suzanne Roger, Louise Janin, Behdjade Sadr ou Huguette Caland  ? » interroge avec pertinence La Libre.

Une place importante est donnée aux revues d’art et à ces « passeurs » que furent Michel Leiris et André Breton (dont on montre le bureau reconstitué).

L’art d’Amérique latine est présent dans de nombreuses sections de cet accrochage : « Composition universelle » , « Anthropophagie », « Indigénisme », « Art déco », « Totémisme », « Architecture d’Amérique latine », « Cinétisme », et plusieurs salles monographiques. L’exposition révèle l’importance de la collection dans ce domaine : plus de 740 oeuvres, de 176 artistes issus de treize pays différents, parmi lesquelles les fonds historiques remarquables de Joaquín Torres-García, Wilfredo Lam, Roberto Matta. Deux dons exceptionnels de l’artiste Gyula Kosice et de la fondation Jesús Rafael Soto, ainsi que de nombreux dons particuliers d’oeuvres cinétiques et conceptuelles, ont récemment contribué à un enrichissement significatif de la collection, dont cet accrochage témoigne.

Toute une salle revient sur le mouvement « anthropophage » au Brésil où il s’agissait de « manger » l’art occidental pour en faire un art « indigène ». L’Art déco y a une place spéciale, comme l’architecture moderne coloniale.

# II : HISTOIRE, ARTS, REVOLUTIONS ARTISTIQUES :

UNE PERSPECTIVE MONDIALE

On retrouve des échos des projets esthétiques révolutionnaires qui ont agité le XXe siècle sur tous les continents. Ceux des « magiciens de la terre » dit La Libre.

On suit avec cette exposition une histoire de l’art du XXe siècle qui ne peut être dissociée de son contexte politique (guerres, colonisation), et qui, comme le dit Catherine Grenier, pose sans cesse les questions de base : « Comment définir l’Art moderne ? Quel est le rôle de l’art et de l’artiste ? Utopie ou prophétie ? Universalité ou identité ? »

Catherine Grenier expose sa vision de l’expo : « Contextuelle, l’exposition resitue les grands maîtres des avant-gardes au sein des réseaux d’échanges et d’émulations artistiques caractéristiques de cette période de remise en cause et d’inventions foisonnantes. Transdisciplinaire, elle montre les croisements et les confluences entre les différents arts (arts plastiques, photographie, cinéma, architecture, design…), comme l’interaction de l’art moderne avec les pratiques traditionnelles et les expressions non artistiques. Décentrant le regard pour englober des territoires et des pratiques périphériques ou méconnus, elle propose de nombreuses découvertes et établit de nouvelles narrations. Les principaux mouvements, comme les constellations esthétiques plus diffuses, y sont revisités. Ainsi, par exemple, les deux configurations privilégiées de la vie artistique cosmopolite parisienne que sont la première et la seconde École de Paris (avant et après-guerre), sont reconsidérées dans toute leur diversité ».

L’ART HORS DES PAYS OCCIDENTAUX A AUSSI COMPTÉ ET EXISTÉ

« Attentive aux différentes expériences vécues par les artistes dans les pays occidentaux et non occidentaux, l’exposition tresse une histoire commune, tout en proposant les repères historiques diversifiés nécessaires. Pour cela, un principe nouveau de présentation est adopté : une très large documentation, composée de revues d’art du monde entier, est disposée à proximité des œuvres », précise Catherine Grenier.

« Adoptant une perspective historique, l’exposition suit un principe chronologique. Mais elle témoigne aussi des temporalités ouvertes et discontinues que génèrent les échanges et les processus de réaction des artistes aux propositions formulées par les avant-gardes. En confrontant la perspective canonique de la succession linéaire des mouvements à une histoire tracée à partir des marges et des périphéries, elle substitue à l’histoire des influences une cartographie des connexions, des transferts, mais aussi des résistances ».

« Au-delà de l’élargissement international qui caractérise l’ensemble de l’exposition, celle-ci propose aussi un panorama plus ouvert des formes de la création esthétique. Sont ainsi considérées des esthétiques jusqu’alors peu représentées ou sous-estimées. Une large section est notamment consacrée à la présentation de la pluralité des réalismes des années 1920-1940, notamment développés dans les pays latino-américains. La mouvance du « réalisme magique » et ses échos internationaux sont représentés aux côtés du surréalisme international, dont la présentation est associée à la figure fédératrice d’André Breton. Sur un autre registre, plusieurs oeuvres emblématiques de l’art naïf et de l’art brut sont insérées dans le parcours. Enfin, l’intérêt manifesté par les artistes pour les arts non occidentaux, pour les arts populaires, ou encore pour la vie moderne et les arts appliqués, est restitué dans plusieurs sections qui reconstituent ce « regard élargi » caractéristique de la période moderne. »

REGARDS SUR LES ARTISTES ARABES, AFRICAINS OU CHINOIS

La scène artistique française, attirant des artistes du monde entier venant se former ou en exil, a été particulièrement cosmopolite jusqu’à la Seconde Guerre mondiale. Les années 1950-1970 ont de même connu un afflux d’artistes des diverses régions du monde. La collection du Centre Pompidou conserve le témoignage de cette histoire, avec notamment de nombreuses oeuvres de scènes artistiques qui sont en cours de redécouverte. C’est le cas notamment, pour la période moderne comme pour l’après-Seconde Guerre mondiale, des artistes asiatiques, en particulier chinois et japonais, auxquels est consacrée une section.

La collection du Centre Pompidou permet de présenter au public à la fois les formes modernistes des artistes asiatiques implantés dans les pays occidentaux (Léonard Foujita, Takanori Oguiss, Liu Haisu, Zao Wou-Ki), et celles des artistes de l’école traditionaliste (« Peintures à l’encre ») qui optent pour une alternative culturelle à la modernité occidentale. Parmi ces artistes chinois et japonais qui adaptent la tradition à quelques-uns seulement des caractères modernes, certains sont aujourd’hui très célèbres, comme Zhang Daqian, Wang Yachen et Xú Bihóng. Introduites pour la première fois dans le parcour s du musée, ces oeuvres rappellent le débat nourri qui a agité les communautés artistiques asiatiques, entre la volonté de participer à la modernité européenne et celle d’affirmer une identité panasiatique.

L’exposition éclaire aussi la production artistique des artistes du Maghreb et du Moyen-Orient, dont un ensemble d’oeuvres conséquent, complété d’acquisit ions récentes, est notamment présenté dans la section consacrée aux développements des abstractions dans les années 1950-1970. Sont montrées pour la première fois des oeuvres de Baya, Abdelkader Guermaz, Farid Belkahia, ou encore Huguette Caland.

S’agissant de l’Afrique, cette présentation comprend pour la première fois une salle évoquant les différentes expressions artistiques qui s’y sont développées durant les années 1950-1970, dont l’histoire documentée reste encore à écrire.

FEMMES ARTISTES DU MONDE ENTIER

Cette histoire de l’art, ouverte à un plus grand nombre d’expressions artistiques, convoque aussi un nombre accru d’oeuvres de femmes artistes : ce sont quarante-huit artistes de dix-neuf pays différents que les nombreuses sections qui composent l’exposition représentent.

Aux côtés des figures reconnues, comme Natalia Gontcharova ou Sonia Delaunay, figurent ainsi des artistes importantes mais dont le rôle et l’oeuvre ont été oubliés ou minorés, alors même que plusieurs d’entre elles, comme Maria Blanchard, Chana Orloff, Pan Yuliang ou Baya, avaient bénéficié de leur vivant de la reconnaissance de leurs pairs et d’une visibilité publique. Avec entre autres, des oeuvres de Frida Kahlo, Suzanne Roger, Maruja Mallo, Tamara de Lempicka, Alicia Penalba, Behjat Sadr.

VERS UNE HISTOIRE MONDIALE GLOBALISEE DE L’ART

Ecoutons pour Alain Seban, président du Centre Pompidou, exposer son projet :

« Dès mon arrivée à la tête du Centre Pompidou en 2007, j’ai placé la globalisation de la scène artistique au coeur de la réflexion à mener. Le rayonnement international du Centre Pompidou est un objectif stratégique. C’est l’enjeu majeur du 21e siècle pour un musée d’art contemporain. L’art est devenu global. Notre collection se veut universelle, elle doit donc refléter cette nouvelle géographie de la création en s’ouvrant aux scènes émergentes, proposer des lectures plus ouvertes de l’histoire de l’art moderne et contemporain, des lectures nécessairement plurielles qui ne peuvent plus se réduire à l’histoire canonique de la modernité occidentale. Cela implique de réorganiser le musée et de trouver de nouveaux moyens pour élargir la collection. Nous avons choisi de mettre l’accent sur la recherche et la coopération qui nous permettent de construire des réseaux de partenaires à travers le monde. Cette ouverture s’exprime d’abord à travers une gestion dynamique des collections et une volonté d’ouverture vers les pays non occidentaux. Créé en 2009, le programme « Recherche et Mondialisation » s’attache à la mise en place d’une politique d’actions et d’acquisitions tournée vers les scènes artistiques émergentes. Cette initiative a déjà favorisé l’achat d’oeuvres d’importants artistes d’Amérique latine et des pays d’Afrique du Nord, d’Afrique subsaharienne, du Moyen-Orient et d’Asie du Sud. Le Centre Pompidou a aussi fortement développé sa stratégie d’itinérances internationales et la présentation de ses collections à l’étranger. »

# III : UN RAPPEL DE LA GRANDE INFLUENCE DE L’EUROPE DE L’EST DANS L’ART MODERNE ET LES AVANT-GARDES ARTISTIQUES

« Les différentes sections de salles, organisées comme de micro-expositions, tracent à la fois la fortune internationale de certaines impulsions modernistes (expressionnisme, futurisme, constructivisme, etc.), comme elles présentent les mouvements locaux nés en lien ou en réaction à ces impulsions ».

Ainsi, par exemple, la salle consacrée aux « expressionnismes » réunit la gamme très large des artistes (Macke, Kirchner, Nolde, mais aussi Picasso, Matisse, Delaunay) comme des formes d’art, convoqués par l’Almanach du Blaue Reiter, conçu par Vassily Kandinsky – l’un des leaders des avant-gardes constructivistes et suprématistes, nées en Russie – et Franz Marc.

L’exceptionnel fonds documentaire de la Bibliothèque Kandinsky est mis à contribution pour « proposer un parcours à travers les modernités au sein même de l’accrochage « Modernités plurielles ». » Des revues d’art en provenance de tous les continents (Ma, Zenit, Proa, Život , Black Orpheus, Souffles) sont associées à la présentation des oeuvres et guident la visite. Ces documents, d’une formidable qualité plastique, témoignent des connexions, des échanges – parfois des disputes – animant une scène de l’art moderne déjà beaucoup plus mondialisée que ce que nous en avons retenu.

L’exposition s’attache à montrer l’amplitude des développements internationaux des avant-gardes artistiques. Les salles consacrées au « Futurisme international » – dont on oublie trop souvent la branche russe – montrent la pluralité des réactions à la proposition futuriste : simultanéisme, rayonnisme, vibracionisme, synthétisme… Elles réunissent des oeuvres d’artistes de divers courants, traversées par l’idée de la représentation du mouvement et de la vitesse : Balla, Boccioni, Duchamp-Villon, Picabia, Larionov. L’ouverture du champ géographique fait apparaître des oeuvres importantes d’artistes moins connus (Yakoulov, Baranoff-Rossiné, Souza-Cardoso). Un focus redécouvre un artiste injustement oublié, Henry Valensi, dont l’oeuvre « musicaliste » se situe au croisement du cubisme et du futurisme.

Plus étudiées, mais encore insuffisamment connues, les scènes artistiques de l’Europe centrale, dont certains artistes ont contribué au Constructivisme comme plus tard à l’art conceptuel, sont aussi mises en avant.

Que l’on approuve ou pas toutes les positions prises par les organisateurs de cette exposition, il s’agit là incontestablement de l’expo-phare de l’année 2014. Un vaste panorama de l’art du XXe siècle. Et une contribution au dialogue des cultures que nous opposons, au NNK comme ailleurs, au « clash des civilisations ».

Luc MICHEL

Photos :

Alfonso Angel Ossorio, Red Egg [Oeuf Rouge], 1942, Aquarelle et encre de Chine sur papier collé sur carton, 61,8 X 35 Cm, (Photo © reproduced with the permission of The Ossorio Foundation, Sally Vanasse and Nicole Vanasse. Photo: © Collection Centre Pompidou, dist. RMN-GP / Béatrice Hatala)

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https://www.facebook.com/NNK.org

http://www.lucmichel.net/category/xi-luc-michel-nnk-culture/

LM - NNK Expo Beaubourg Modernité (2014 01 01) FR (2)

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