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22 octobre 2010 5 22 /10 /octobre /2010 19:58

Publié en 1879, le roman de Jules Vallès L’Enfant attaquait la société de son temps avec l’arme du réalisme. Il s’en prenait en particulier à la famille – un fils souffre-douleur de sa mère, un père lointain, avec qui toute communication est impossible et qui le bat aussi à l’occasion – et au monde scolaire.

 

Jules Vallez – qui orthographiera plus tard son nom : Vallès – est né au Puy-en-Velay en 1832 d’un père instituteur et d’une mère fille de paysans. La famille déménage ensuite, au gré des différentes nominations du père, qui prépare l’agrégation et tente de la faire vivre tant bien que mal, à Saint-Étienne puis à Nantes. En 1848, Jules est envoyé par son père pour étudier à Paris à la pension Lemeignan qui, dans L’Enfant, deviendra Legnagna. Ses résultats scolaires étant peu satisfaisants, son père le rappelle à Nantes. Mais il repart pour Paris en 1851. Là, après avoir exercé de multiples emplois précaires, il entre dans le journalisme et écrit pour Le Nain jaune et Le Figaro. Ses articles sont publiés dans deux recueils, le premier en 1865, intitulé Les Réfractaires, et le second, en 1866, La Rue. Ils reflètent le sincère engagement de Vallès pour les classes ouvrières. En 1871, il est nommé à la Commune qu’il défend dans son journal, Le Cri du peuple. Condamné à mort à la fin de l’insurrection, il trouve refuge à Londres. C’est là qu’il commence à rédiger sa trilogie autobiographique, Jacques Vingtras. Le premier volume, L’Enfant, paraît d’abord en feuilleton dans le journal Le Siècle, à l’été 1878. Il est publié l’année suivante. Rentré à Paris en 1880, il fait paraître le deuxième volume, intitulé Le Bachelier, en 1881, où Vallès raconte les péripéties de Jacques tentant de se faire une place dans le journalisme. Jules Vallès meurt en 1885 et c’est à titre posthume qu’est publié le dernier épisode de sa trilogie, L’Insurgé, où il faisait le récit de son engagement dans la Commune. Dans L’Enfant, Vallès s’attaque aux injustices de la société bourgeoise et notamment à deux de ses institutions : l’école et la famille.

 

 

Jacques Vingtras

 

 

L’Enfant relate, en vingt-cinq courts chapitres, la période de la vie de Jules Vallès, qui s’étend jusqu’en 1851, en racontant l’enfance de Jacques Vingtras. Ce livre est dédié « à tous ceux qui crevèrent d’ennui au collège ou qu’on fit pleurer dans la famille, qui, pendant leur enfance, furent tyrannisés par leurs maîtres ou rossés par leurs parents ». Le premier souvenir mentionné par Jacques concerne, justement, les coups qu’il reçut de sa mère. Le collège, quant à lui,  est une « prison ». Les vacances sont des moments de liberté pour le héros.

 

Vient le déménagement à Saint-Étienne, où Jacques se trouve, au lycée, dans la classe de son père. La famille connaît « un drame », en fait la liaison adultère du père avec une habitante de Saint-Étienne, en 1845. Dans le roman, le départ pour Nantes apparaît comme la conséquence de cet adultère alors qu’il résulte du succès du père à l’écrit de l’agrégation.

 

À Nantes, Jacques fait ses humanités et a une liaison avec madame Dévinol. Cette liaison cause le départ de Jacques pour Paris. Mais ce qui n’est pas dit dans le roman, c’est que ce départ vient aussi des activités politiques de Vallès qui avait manifesté en février 1848 avec les républicains nantais. Après son passage à la pension Legnagna, Jacques doit rentrer à Paris. Là, il défend l’honneur de son père, qui s’est fait insulté par le frère de l’un de ses élèves : il se bat en duel mais est blessé. Cette « délivrance » constitue sa sortie de l’enfance et son entrée dans la vie d’homme.

 

 

La famille et l’école, principales cibles de L’Enfant

 

 

Ce roman a un intérêt historique important. Il est celui d’un écrivain engagé, qui exprime sa révolte contre la société bourgeoise de la Monarchie de Juillet. Il met en cause les deux institutions fondamentales de cette société, la famille et l’école.

 

D’emblée, les rapports entre la mère et son fils sont présentés : dès le premier paragraphe, Jacques raconte : « je n’ai pas été dorloté, tapoté, baisotté ; j’ai été beaucoup fouetté. » Ce ne sont pas seulement les coups et le fouet qu’il subit, mais aussi les humiliations et la souffrance psychologique. Le fouet fait tellement partie intégrante de la vie de Jacques qu’il en devient même une preuve de son identité.

 

Les rapports avec son père sont tout aussi compliqués. Le père est lointain, la communication est difficile. Il est un bourreau accessoire, celui qui remplace la mère. Quand son fils est son élève, c’est lui qu’il privilégie de « roulées magistrales »… Dans le récit, il est amoindri professionnellement – ainsi quand Vallès passe sous silence le succès de son père à l’écrit de l’agrégation, qui est pourtant la raison pour laquelle la famille déménage à Nantes.

 

En détruisant ainsi la famille, Vallès fait « œuvre de combat » selon ses propres termes, il exprime sa révolte contre la société bourgeoise. L’enfant, comme l’ouvrier, comme la femme, comme le nègre, comme les bonnes, est un paria de cette société et n’a aucune possibilité de revendication.

 

L’école ne s’en tire pas mieux. Le monde scolaire est lui aussi impitoyablement décrit. Les odeurs du collège : il « pue l’encre » et Vingtras se désespère : « Quelle odeur de vieux !... » Il évoque l’« infection », « cet aire empesté » constitué par les latrines situées juste à côté de la classe de Jacques, au lycée. De cet univers scolaire, Vallès dénonce aussi le caractère artificiel : dans le langage, l’utilisation de métaphores, la référence aux auteurs anciens, au latin, est imposée. Cela a pour effet d’abstraire, de généraliser les réalités que les mots désignent. On ne dira pas Liberté – trop dangereux, trop explosif – mais Libertas. Ce rejet de l’institution scolaire s’est d’ailleurs traduit, chez Vallès, par la proposition d’une mesure radicale lorsqu’il manifestait avec les républicains en février 1848 : la suppression de tout concours ou examen.

 

L’arme de Jules Vallès est le réalisme, avec lequel il dépeint la petite bourgeoisie mais aussi le monde paysan. Ce dernier apparait avec ses personnages traditionnels, les bonnes, les paysans, les compagnons. Ainsi, l’oncle Joseph, un paysan devenu ouvrier, est « compagnon du devoir ». Les scènes traditionnelles de la campagne apparaissent aussi : les marchés, les foires, le labourage…

 

 

La critique de la petite bourgeoisie

 

 

Mais ce qui intéresse Vallès c’est surtout le monde de la petite bourgeoisie tout juste sortie de sa campagne et qui connaît la misère dans les villes provinciales. Ce roman éclaire cette classe moyenne en train de croître en France. Le père de Jacques, tout comme celui de Vallès, a suivi un processus d’ascension sociale typique de l’époque : ce paysan est entré au séminaire puis a suivi ses études au collège royal du Puy. La famille habite des taudis : « la maison que nous habitons est dans une rue sale, pénible à gravir. »

 

Madame Vingtras est la figure typique de la paysanne venant d’accéder à la petite bourgeoisie et soucieuse de garder son rang. Elle a adopté les principes de cette bourgeoisie. Par exemple, lorsqu’elle défend à son fils de donner aux pauvres parce qu’ils font un mauvais usage de l’argent. L’épargne également est l’une de ces vertus bourgeoises très bien mise en application par madame Vingtras : « Les dix sous ne rentraient pas dans la famille – ils allaient se coucher dans une tirelire. » Et garder son rang, outre l’épargne, passe aussi par la respectabilité : « Je dois faire de très grands pas, c’est plus homme, puis ça use moins les souliers. »

 

Justement, dans L’Enfant, un chapitre – le treizième – est intitulé « L’Argent ». Il pourrait être aussi le titre du roman. Cet argent, c’est celui que l’on épargne mais c’est aussi, et surtout, celui dont on manque. Ainsi, la dernière phrase du livre est celle prononcée par madame Vingtras qui, voyant la tâche de sang sur le pantalon de son fils, qui a été blessé au duel, ne trouve rien d’autre à dire : « Une autre fois, Jacques, mets au moins ton vieux pantalon ! » Ou encore : « Vingt sous sont vingt sous. Avec l’argent d’un pot de fleurs, elle peut acheter un saucisson. » En voyage, il faut économiser. Ainsi, un soir, les Vingtras arrivent à une auberge pour y passer la nuit. Mais la mère annonce qu’ils ne prendront pas de dîner : « Coucher seulement ; nous mangerons en nous réveillant. » Et la nuit, les trois se réveillent « par moments, au bruit que font nos intestins. »

 

Jules Vallès livre donc une critique sévère de la petite bourgeoisie et exprime sa révolte et sa solidarité avec les parias de la société. Ainsi, Jacques s’écrie : « Je ne cacherai pas que j’ai été en prison, je le crierai ! je défendrai le DROITS DE L’ENFANT, comme d’autres les DROITS DE L’HOMME. » En réaction à l’autorité que son père exerce sur lui, il refuse de prendre le même métier que lui – professeur. Il écrit d’ailleurs à son père : « Je veux être ouvrier. » Il dit encore : « J’ai trouvé l’état qui me convient… » Jacques veut être imprimeur.

 

Cette révolte s’exprime aussi dans sa proximité avec les gens du petit peuple. « C’étaient des gens en tablier de cuir, en veste d’ouvrier et en culottes rapiécées, qui étaient le peuple dans ces livres […], et je n’aimais que ces gens-là. » « Ah ! vivent les charcutiers, nom d’une pipe ! Et les cordonniers aussi ! vivent les épiciers et les bouviers !  Vivent les nègres ! »

 

La proximité avec les catégories modestes, voire pauvres, de la population se traduit par l’usage que fait Jacques du langage direct : « J’ai été mêlé à la foule, j’ai entendu rire en mauvais français, mais de bon cœur. J’ai entendu parler du peuple et des citoyens, on disait Liberté et non pas Libertas. » L’usage du langage du petit peuple a une vertu révolutionnaire, c’est une manière pour Jacques de rejeter l’institution scolaire.

 

Le roman a été mal accueilli, si bien que le directeur du Siècle ne poursuivit pas la publication de l’histoire de Jacques Vingtras. Edmond de Goncourt évoque « l’odieux livre ». Brunetière écrit à propos de Vallès : « D’autres n’eurent pas écrit s’ils n’avaient pas aimé ; lui, au contraire, s’il n’avait pas haï. » Beaucoup ne pardonnent pas à l’auteur d’avoir pris position en faveur de la Commune. Les réactions sont donc porteuses aussi d’options politiques.

 

 

 

 

 

VALLÈS, Jules, L’Enfant, Paris, Gallimard, « Folio », 1973, préface de Béatrice Didier.

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22 octobre 2010 5 22 /10 /octobre /2010 19:52

Jules Vallès 1871

Paris, Free City


First Published: Le Cri du Peuple, Wednesday March 22, 1871;
Source: Jules Vallès, Le Cri du Peuple. Editeurs français réunis, Paris, 1953;
Translated: for marxists.org by Mitchell Abidor;
CopyLeft: Creative Commons (Attribute & ShareAlike) marxists.org 2005.


There is the working bourgeoisie and the parasitic bourgeoisie.

Those who Le Cri du Peuple attacks, who its editors have everywhere and always attacked, are the do-nothings, those who traffic in positions and have turned politics into a trade.

They’re a herd of chatterboxes, a mass of the ambitious, a seedbed of sub-prefects and state counselors.

They produce nothing but froth. Through shadowy banking systems or shameful stock market speculations they grab the profits produced by those who work – they’re shameless speculators who rob the poor and loan to kings, who played dice on the drums of Transnonain or December 2 and who are already thinking of ways to carve their bank out of the corpse of the bloodied fatherland.

But there is a working bourgeoisie, this one honest and valiant. It goes to the workshop wearing a cap, wanders in wooden clogs through the mud of factories, in the cold and the heat remains at its cash register or its office, in its small shop or its large factory, behind the windows of a boutique or the walls of a manufactory. It swallows dust and smoke, burns itself behind the workbench or the forge, helps out wherever needed. It is, with its courage and fears, the sister of the proletariat.

For it has its fears, its risks of failure, its days when bills come due. Thanks precisely to those parasites who need trouble and agitation in order to live, not one fortune is certain today. Nothing is stable: today’s boss is tomorrow’s laborer, and school graduates see their jackets worn to rags.

How many I know among those who are well-established and well-dressed who have the same worries as the poor, who sometimes ask what will become of their children and who would trade all their chances of happiness and profit for the certitude of a modest job and a tearless old age.

It is this whole world of workers who fear ruin and unemployment who make up Paris, the great Paris. Why in all our misery as men and citizens wouldn’t they take each other by the hand? And why, in this solemn moment, wouldn’t we try for once and for all to wrest this country – where we are brothers in effort and danger – from that eternal uncertainty which allows adventurers to always succeed, and obliges honest men to always suffer and tremble!

Fraternity was queen the other day before the cannons and under the bright sun. It must remain queen and Paris must take a solemn decision – a decision that will be the only correct one and will only take its place in history if it manages to avoid civil war and returns to the war with the victorious Bismarck.

As for ourselves, we are ready to impose nothing, to suffer everything in this painful circle of fatality, on condition that the freedom of Paris remain safe, and that the flag of the republic shelter, in an independent city, a courageous people of workers.

Workers and bourgeois: several hundred years ago, in that Germany from which came the cannons that struck us, four cities declared themselves free cities; for centuries they were great and proud, rich and calm. In all corners of the world they were heard, and they cast merchandise and gold on all the shores!

In order to untie the Gordian knot that had bound together our recent misfortunes other than with the saber, there is only one word:

PARIS, FREE CITY!

Through the intermediary of the peoples’ representatives we will immediately negotiate with the government of Versailles for a status quo without battle, and with the Prussians for the settling of indemnities.

No blood will be shed, the cannons will remain cold, the barracks will close and the workshops reopen and work recommence.

Work recommences! This is the inflexible necessity, the supreme desire. Let us all come to agreement so that everyone finds tomorrow his work. Citizens of all classes and ranks: this is salvation!

Paris, a free city, returns to its labors.

This secession would save the provinces from their fears and the faubourgs from famine.

Bordeaux said: Down with Paris!

We for our part cry out: Long live France, Long live Paris! And we promise to never extend to that France that slanders us the hand that they took as a threat.

It’s between Montrouge and Montmartre that, whatever the circumstances will always beat the heart of the country, which we’ll always love and which will return to us in the end.

Several cities – precisely those feared by the moderates – can also negotiate so they can live free and take part in the great federation of republican cities.

To those who fear that they would suffer from isolation, we would respond that there are no frontiers high enough to prevent labor from crossing them, industry from razing them, commerce from poking holes in them.

Labor! The cities with high chimneys that spit the smoke of factories, with their great workshops and long counters; cities made fertile don’t die! Even peasants don’t kill the goose that lays the golden eggs!

Having a flag of its own, Paris could no longer be defamed or threatened, and it will remain the able seeker, the happy finder who invents beautiful plans and great instruments, who will be forever implored to put its seal on this metal or that cloth, on this toy or that weapon, on this cup or that basin, on the mould of a porcelain or the silk of a gown! It will remain master and king.

PARIS, FREE CITY

No more blood spilled! Rifles at rest! Mayors are named and magistrates elected. And then to work! To work! The bell tolls for work and not for combat.

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22 octobre 2010 5 22 /10 /octobre /2010 19:51

Jules Valles 1871

March 26


Source: Jules Vallès, le Cri du Peuple. Editeurs francais Réunis, Paris, 1953;
First Published: Le Cri du Peuple Tuesday March 28, 1871;
Translated: for marxists.org by Mitchell Abidor;
CopyLeft: Creative Commons (Attribute & ShareAlike) marxists.org 2004.


What a day!

The warm and clear sun that gilds the cannon mouths, the odor of bouquets, the trembling of the flags! The murmuring of that Revolution that passes peacefully and beautifully like a blue river, those flutterings, those glimmerings, those brass fanfares, those bronze reflections, those blazings of hope, this perfume of honor: there is in this that which is needed to intoxicate the victorious republican army with pride and joy.

O great Paris!

Cowards that we are, we already spoke of leaving you and distancing ourselves from your faubourgs that we believed dead!

Pardon us, fatherland of honor, city of salvation, bivouac of the Revolution!

Whatever happens, even if we should be again defeated and were to die tomorrow, our generation has been consoled! We have been repaid for twenty years of defeat and anguish.

Bugles, ring out in the wind; drums, beat in the fields!

Embrace me, comrade with gray hair like mine! And you, child playing marbles behind the barricades, come, let me embrace you, too!

March 18 saved everything for you, my little one! Like us, you could have grown up in the fog, struggled in the mud, rolled in blood, died of hunger and shame, suffered the unspeakable pain of the dishonored!

That’s all finished!

We have bled and cried for you. You will reap our heritage. Son of the hopeless, you will be a free man.

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22 octobre 2010 5 22 /10 /octobre /2010 19:50

Jules Vallès 1871

The Vote


Source: Oeuvres. Paris, Gallimard, 1990;
Translated: for marxists.org by Mitchell Abidor;
CopyLeft: Creative Commons (Attribute & ShareAlike) marxists.org 2009;
First Published: in Le Cri du Peuple, March 29, 1871.


The elections have taken place.

The act of popular sovereignty was accomplished in a city bristling with men in arms, shining with bayonets, and bruised by cannon wheels.

In the midst of this military gear it voted, serene and threatening, deposing its cannonballs in the ballot box. But passing through these lines of sentinels, this camp standing around a red flag, liberty suffered not a single wound, not one!

It is now one week that this “minority” of pillagers and assassins holds Paris under its rifle butt.

Who has this rifle hit? Has it crushed a head? Smashed a window?

Answer, wretches! Answer, imbeciles!

You wanted to put the republic on a stretcher; we had it borne on a shield. What was supposed to be a battle was a festival.

It depends upon us that every day of social childbirth have this grandeur and joy; on us and on you, who aren’t going force us to beat the charge on our drums, right?

And starting tomorrow we will see at work the slandered and the wounded that make up the victorious list, full of unknown names, just as the Assembly of the Third Estate was full of men who made what the world calls the French Revolution.

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22 octobre 2010 5 22 /10 /octobre /2010 19:41

Jules Vallès 1871

A Choice Must Be Made


Source: Jules Vallès, le Cri du Peuple. Editeurs francais réunis, Paris, 1953;
First Published: Le Cri du Peuple Thursday April 6, 1871;
Translated: for marxists.org by Mitchell Abidor;
CopyLeft: Creative Commons (Attribute & ShareAlike) marxists.org 2005.


The white flag against the red flag: the old world against the new! Who will win: the descendants of Hoche [1] or the grandchildren of Cathelineau [2]?

It’s the white flag that covered the vile soldiers. It’s the red flag that was defended by honest soldiers!

The red flag: it floats over two hundred battalions of féderés, the victors in Paris. In the past two weeks of victory, not one single man has compromised the idea of virtue. Not a single crime was committed; in this glorious chaos not one woman was insulted, not one loaf of bread stolen, not one enemy bruised.

During the battles, behind the serried flags, there was not a single violation of the rules of war, not a single violation of honor.

And if under the fire of Mont-Valerien it has been said that a few companies broke, it’s not that anyone was frightened; rather the idea of treason suddenly overcame people’s spirits, and it takes Paris, even on days of combat, two hours to recover its sang-froid and glory in the face of treason.

But it didn’t even take it two hours.

How admirable! Before the aggression and weakness of the cowards, in front of this fort from which death descended; among those roads where chouans and Corsicans waited in ambush; behind a curtain of cannons, an army of brave men, commanded by improvised generals honored the Republic with a day of defense and a night of assault: blood was offered up like water!

They advanced before battalions that cried out: “We are brothers,” and who raised their rifle stocks in the air! On two occasions, yesterday and today, the rifles betrayed and they assassinated Parisians who believed in fraternity! Twice, in Neuilly and Chatillon!

An end must be put to this!

What do you say, you men of all ranks and all classes, workers from the Twentieth arrondissement or bourgeois of the Second!

Paris can’t be either massacred or dishonored with impunity!

An end must be put to this!

In order to do this there are two paths to follow!

Either go to Versailles or else remain in Paris!

If we go to Versailles, we must do so like a torrent!

Let all of Paris set itself in motion, and let the women follow the men, let the children follow the mothers, let the ninety-two of the Commune be in the middle of this.

Forward!

Thus spoke of a handful of Reds! Well, here are a million heads!

Forward!

We remain at the bridgeheads, the cannons at the ready, rifles aimed, and we wait!

Deputies, chosen by the Commune will demand the right to eternal and unassailable independence for the city under arms: FREE PARIS!

Paris abandons to France the right to allow itself to be bloodied and degraded. And strong in its past, sure of its future, it commits itself to living its life of labor and honor! Deep down it knows that the world cannot do without Paris and that under all skies its freedom and its genius are needed!

But let us decide!

No skirmishes, down with strategy. I only believe in you, O! Revolution!

There is a choice to be made: levée en masse, a march on Versailles, the flood; or else we negotiate – with the world! – FREE PARIS!

But we must hurry up and choose.

Versailles imprisoned or Paris a free city!

There is no other way.

But we must at all cost avoid the continuation of this anguish and bloodshed. We don’t care about the blood of gendarmes and disguised informers that will not fertilize, but rather will soil the earth. But that of the revolution must not flow, drop by drop!

Let us make a supreme resolution! And in the meanwhile, watch over us, National Guard of Paris! Watch over the city!

Don’t advance, don’t retreat! Be soldiers, you who could be heroes!

Watch over us! And may the Commune decide!

Le Cri du Peuple Thursday April 6, 1871


1. Republican general of the Revolutionary period

2. Royalist commander of the Revolutionary period.

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22 octobre 2010 5 22 /10 /octobre /2010 19:40

Jules Vallès 1871

Our People


Source: Jules Vallès, le Cri du Peuple. Editeurs francais réunis, Paris, 1953;
First published: Le Cri du Peuple, Friday April 7,1871;
Translated: for marxists.org by Mitchell Abidor;
CopyLeft: Creative Commons (Attribute & ShareAlike) marxists.org 2006.


They held out against an army. Before these improvised soldiers the General Staff of illustrious generals was forced to line up, worried and grave, trembling and desperate!

All those victors of Algeria and Mexico, those who triumphed in Italy, this whole old plumed world, covered in spittle and glory had to remain silent.

Constables and gendarmes had to be signed up at so much a head, at three francs a day; rehabilitation had to be promised to the bohemia of Legitimacy and the Empire; it was necessary to distribute crosses to these and to promise posts to those in order to obtain a forward march for the removal of a few barricades and the conquering of a few positions. My god, yes!

What can be said of these poor victories! What do they prove once we realize that at the last minute the fédérés suddenly shook free the triumph, and that there was hesitation and disarray among those captains who saw those civic battalions come on, return and return again, indomitable and proud, ready to be mowed down rather than lower their flag before the enemy!

The Revolution is safe! Nothing that the calculations of treason or the chance of battle could bring can do anything in the future against republican Paris. Even if a million men were to pass over these paving stones they couldn’t crush the harvest!

Look then! These insurgents were called gypsies and bandits! Their generals were possessed of the sang froid of heroes, and from their smashed faces they have spit their blood in the face of the assassins!

Not a single example of hesitation or weakness has been cited! Duval, Henry, Flourens and all the others laughed in the face of their executioners!

Such chiefs have never been seen; unknown chiefs issued from the people. What mattered the taking of this redoubt, the conquest of that field, the occupation of that hill?

It was a matter of showing that with neither plan nor discipline the people knew how to face up to the strategists and statesmen; that a corner of the world called Paris put the entire past, monarchical, clerical and military in its place and thwarted it! It was necessary to cook something up, to lie and betray in order to have the appearance of winning for a day!

Noble Paris! Proud city! Throng of heroes!

How sad and proud they looked today behind Henry’s coffin, he who was killed from afar by the fire of Mont Valerien.

“Vengeance!” said some

“We only want justice,” said most of them.

And the very father of the victim asked that the assassins of his son be forgiven! Perhaps at that very moment Gallifet and his drunken officers amused themselves with the agonies of our people and laughingly recounted how they had executed our men before a firing squad and then crushed them under their boots by the corner of a wall!

Will this last long? Paris must declare itself!

Will it be the march on Versailles? Will it be the freeing of Paris?

FREE PARIS

We will return to this, like Cato and Carthage! Every day, until our tongues have been cut out.

We can all agree on this! But we must hurry!

We must hurry, because the people are sometimes subject to terrible furies that demand fearful reprisals.

They are given the example of crime: prisoners slaughtered and wounded, men who are finished off! And if it were to see red tomorrow and call for a head for a head, an eye for an eye, a tooth for a tooth!

Men of feeling, honest men, republicans, you must hurry!

Do you want a Paris that is a free city, a happy city? Or do you want a furious Paris, even if it has been crushed and defeated?

Let’s go! Let the upstairs and the downstairs come to terms and make peace within the next two days. Whoever works: small boss, poor worker, forward and live! We want our freedom! ... Or death!

And in keeping with the answer given we will join together, in labor or in combat!

Time is passing, and blood overflows, the blood of our people! But it is time to close the wound!

FREE PARIS!

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