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6 septembre 2012 4 06 /09 /septembre /2012 00:36

Chili : La droite réveille son anticommunisme contre Camila Vallejo et le mouvement étudiant

 

La classe dirigeante chilienne a utilisé l’épouvantail de l’anticommunisme pour entreprendre une politique destinée à préserver ses privilèges. Elle a inoculé dans l’inconscient collectif la terreur d’une doctrine appelée à subvertir l’ordre établi en provoquant « l’instabilité dans la région » et en présentant une « caractéristique totalitaire et annihilatrice de la personne humaine» [1].

Depuis un certain temps déjà la «classe dirigeante» a tout compris. Contrôler les esprits revient moins cher – en effort, argent, sueur et sang – que prendre en main le large éventail de la répression. De fait, il est plus coûteux pour elle de contraindre les peuples à abandonner leurs aspirations de justice, de liberté, d’indépendance, en somme, de dignité.
L’anticommunisme est depuis le début du XXe siècle le principal argument et le socle sur lequel se sont construites les campagnes de terreur visant à sauvegarder les privilégiés.

Les photos truquées de chars russes en face du palais La Moneda ont contribué à empêcher l’élection d’Allende lors de la campagne présidentielle de 1964, mais pas en 1970. En fin de compte, ce sont les tanks et les avions de facture étasunienne qui ont détruit La Moneda et toute la vie civique du pays en 1973.

Dire qu’aujourd’hui la droite est consternée constitue un euphémisme. Leur patrie de rêve, si chèrement bâtie, est actuellement contestée par une nouvelle génération d’étudiants. Au point que certains mettent déjà en garde le Chili sur les dangers de l’ingouvernabilité ou ceux encourus par le vide du pouvoir [2].

L’image de la présidente de la Fédération des étudiants de l’université du Chili (FECH) a surgi comme l’une des figures les plus visibles de ce mouvement étudiant. La FECH est entre toutes les organisations estudiantines existantes la plus prestigieuse, importante et ancienne du pays. Camila Vallejo est membre des Jeunesses communistes et lors du dernier Congrès de son organisation, elle a intégré le Comité central. La jeune étudiante en géographie, âgée de 23 ans, possède plus d’une qualité. Intelligence, clarté des idées, discours accessible et beauté juvénile lui confèrent un certain charisme. Elle a réussi à faire sortir de ses gongs plusieurs analystes et adversaires politiques de droite comme de gauche.

La Junta Militar: César Mendoza, José Toribio Merino, Augusto Pinochet, Gustavo Leigh. (Photo: El Mercurio)

Le plus insupportable pour eux, c’est que Camila Vallejo revendique haut et fort son militantisme et son école communistes. Ils trouvent inconcevable qu’une dirigeante communiste soit dotée d’attributs situés aux antipodes des références inculquées par la campagne anticommuniste. Cette dernière exige de penser que les communistes sont des êtres abjectes dénués de toute humanité comme l’indiquait Merino (Santiago José Toribio Merino Castro), membre de la junte militaire. Au demeurant, selon la doctrine anticommuniste, une femme marxiste ne peut pas être si talentueuse, de pareilles qualités sont exclusivement réservées aux dirigeants de l’élite. Malheureusement, la droite se retrouve orpheline et dans l’incapacité d’avoir un leader du même acabit.

Le nombre de manipulations, insinuations, attaques et menaces perpétrées contre Camila Vallejo, en seulement six mois, sont stupéfiantes et grossières. Elles montrent le degré de confusion et de décomposition dans lequel sont embourbés les défenseurs du système. Aucun autre leader étudiant n’a accumulé une aussi grande quantité d’agression. La droite sait qu’en attaquant les dirigeants communistes, elle s’en prend à l’ensemble du mouvement social. La tactique droitière passe par discréditer les dirigeants, démoraliser les participants ou semer la discorde au sein du mouvement social.

Hermógenes, ancien député du Parti National.

La panoplie de la droite inclue entre autres des menaces physiques proférées ouvertement contre des fonctionnaires et des délégués. Les images utilisées rappellent un passé récent où le terrorisme d’état disposait de la vie des chiliens. Des épithètes tels que « en tuant la chienne on se débarrasse de la portée »*, « tu peux disparaître sans laisser de trace » ont circulé via twitter, ainsi que d’autres indélicatesses prononcées par les partisans de Pinochet à l’exemple de Hermógenes [3] (ancien député du Parti National et chroniqueur du quotidien El Mercurio). Ces propos ont provoqué un rejet massif de la part de la population produisant en définitive un effet opposé à celui recherché.

Quant aux politiciens de droite, ils ont plutôt opté pour la disqualification : « Vallejo n’a pas les compétences d’un leader», « elle se comporte comme un politique », « elle discrédite le pays », «  femme moitié diable », etc. [4] Critiques situées dans la droite logique du dictat néolibéral qui interdit à un dirigeant social de faire de la politique, ce domaine étant exclusivement réservé aux politiciens professionnels telle que le préconise la Constitution de Pinochet actuellement en vigueur. Les auteurs de ces accusations souhaitent que leur influence sur l’opinion publique soit aussi forte que celle exercée par l’ascendant moral de la classe dirigeante. En considérant que la droite a réussi à asseoir son autorité dans la société en imposant son hégémonie politique au peuple chilien.

Il existe aussi les attaques tendancieuses et sournoises qui prennent généralement la forme d’études réalisées par des analystes indépendants. Ils affirment appuyer les justes revendications des étudiants mais disqualifient Camila Vallejo. La manipulation atteint alors son sommet. Cette catégorie englobe des déclarations, soi-disant impartiales, faîtes par des analystes d’institutions proches du monde intellectuel.

Carlos Huneeus, directeur du Centre d’études de la réalité contemporaine (CERC), reconnaît la légitimité des demandes des étudiants et prophétise en même temps que «Vallejo n’a pas d’avenir au PC » [5]. Il cherche à la convaincre de s’éloigner du Parti Communiste. De même, l’épouse de ce dernier, Marta Lagos emploie une formule qui se veut impartiale «le mouvement étudiant n’est qu’un instrument de l’histoire. Camila Vallejo, le communisme, n’ont pas voix au chapitre. C’est simplement un fantôme qui apparaît pour confondre les lecteurs du journal El Mercurio » [6].  Elle conteste le rôle historique joué par les protagonistes des organisations de lutte du peuple chilien. Ebloui par la dirigeante, Arturo Alejandro Muñoz estime que « l’orientation de Recabarren et de Teitelboim la poussera à se fondre dans le moule et à se transformer en l’engrenage le plus bureaucratique et obséquieux de « l’appareil » du parti. A partir de ce moment là, notre fulgurante Camila représentera peu de risque pour le système néolibéral … ». Donc, il prédit à Camila Vallejo un triste naufrage politique si elle reste affiliée au Parti Communiste [7].

Une mention spéciale pour le cas le plus paradoxal et regrettable représenté par l’historien Gabriel Salazar, Prix National d’Histoire 2006, qui n’hésite pas à déclarer que Camila Vallejo « a un langage fluide, elle n’est pas stupide, elle est belle mais elle n’a ni la force mentale suffisante pour les théories discursives, ni l’énergie pour diriger le mouvement ». De plus, Salazar souhaite l’opposer au mouvement étudiant. Il poursuit sa manoeuvre ridicule en affirmant que Camila, en recevant des ordres de son parti, a rejoint le mouvement avec le but de l’instrumentaliser pour atteindre ses propres fins [8]. Malheureusement, son obsession anticommuniste l’empêche de percevoir le mal que ses déclarations causent au mouvement étudiant, ainsi que le service qu’il rend à la droite.

Finalement, les tentatives de démolition et les boniments diffusés par la presse et les journalistes dépendants du système n’ont pas manqué. La Une de Ultimas Noticias (avec un titre sexiste) [9] et le comportement honteux du panel de l’émission de télévision « Tolerancia Cero» [10] représentent les deux cas les plus emblématiques.

En définitive, le problème de Camila Vallejo est le Parti communiste. Cette situation dérange beaucoup de monde.

A ne pas douter que le renouvellement de la direction des Fédérations sur le plan national en décembre 2011 confirmera la justesse de l’application des politiques, des tactiques et des stratégies aptes à répondre aux revendications des étudiants. Nous découvrirons alors les nouvelles manoeuvres et tentatives inventées par ces « analystes », faiseurs d’opinion, réticents à reconnaître et à accepter les choix du peuple chilien au moment où il se dote de ses dirigeants légitimes.

Publié le 30.10.2011 sur Rebelion.org

Traduction de Alexandra pour www.hastasiempre.info

Les parenthèses ont été ajoutées pour la compréhension du texte.

*« en tuant la chienne on se débarrasse de la portée »,  phrase prononcée par Pinochet suite à la mort de Salvador Allende en 1973.

Notes:

1.1. http://www.google.fr/#sclient=psy-ab&hl=fr&source=hp&q=declaraciones+de+la+junta+militar+chilena+sobre+marxismo&pbx=1&oq=declaraciones+de+la+junta+militar+chilena+sobre+marxismo&aq=f&aqi=&aql=1&gs_sm=e&gs_upl=84116l96462l7l96751l56l42l1l5l5l1l417l8718l0.22.18.1.1l47l0&bav=on.2,or.r_gc.r_pw.,cf.osb&fp=a96541c2730a716b&biw=1280&bih=905

1.2.    http://www.derechoschile.com/espanol/ideologi.htm

2.1.  http://radiografiamundial.com/rmblog/opinion/bosch/chile-el-camino-a-la-ingobernabilidad.html

2.2. http://www.elmostrador.cl/opinion/2011/08/18/ingobernabilidad-la-republica-paralela/

3.1.  http://prontus.ivn.cl/cambio21/site/artic/20110813/pags/20110813132532.html

3.2. http://www.lanacion.cl/tuitero-amenaza-de-muerte-a-camila-vallejo/noticias/2011-08-07/221111.html

3.3. http://www.lanacion.cl/camila-vallejo-amenazas-en-mi-contra-son-deplorables/noticias/2011-08-08/173232.html

3.4.http://latercera.com/noticia/nacional/2011/08/680-384750-9-padres-de-camila-vallejo-recurriran-a-la-justicia-por-amenazas-contra-su-hija.shtml

3.5 http://laradiodelsur.com/?p=49790

4.1. http://www.elmostrador.cl/noticias/pais/2011/10/11/evelyn-matthei-cuestiona-liderazgo-de-vallejo-y-jackson-es-como-negociar-con-arturo-martinez/

4.2. http://www.lasegunda.com/Noticias/Politica/2011/08/669991/hinzpeter-los-estudiantes-reconocen-no-tener-control-sobre-el-movimiento-pueden-terminar-en-cualquier-cosa

4.3. http://noticias.terra.es/2011/mundo/1014/actualidad/el-gobierno-acusa-a-vallejo-de-comportarse-como-una-lider-politica-en-lugar-de-estudiantil.aspx

4.4. http://prontus.ivn.cl/cambio21/site/artic/20110813/pags/20110813132532.html

4.5. http://www.emol.com/noticias/nacional/2011/08/20/498895/alcalde-labbe-califico-a-camila-vallejo-como-medio-endemoniada.html

5.  http://www.elmostrador.cl/noticias/pais/2011/10/11/la-proyeccion-politica-de-giorgio-y-camila/

6.  http://www.piensachile.com/secciones/opinion/9059-chile-sin-mascara

7.  http://www.granvalparaiso.cl/v2/2011/10/03/camila-vallejo-la-lider-que-la-izquierda-espera-y-la-derecha-teme/

8.  http://www.piensachile.com/secciones/opinion/9099-gabriel-salazar-los-politicos-estan-ajenos-a-la-realidad-y-estan-dando-un-espectaculo-penoso

9. http://www.cooperativa.cl/fech-repudio-sexista-portada-sobre-camila-vallejo/prontus_nots/2011-08-22/124524.html

10.  http://www.elclarin.cl/web/index.php?option=com_content&view=article&id=1565:gracias-cero-tolerancia&catid=5:cultura-y-espectaculos&Itemid=6

 

http://www.hastasiempre.info/?p=364

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6 septembre 2012 4 06 /09 /septembre /2012 00:35

Camila Vallejo: “Entendemos la lucha de los indignados, pero en Chile pasamos la etapa del descontento, esto es un proceso”

 

 

ELMOSTRADOR.CL – Camila Vallejo, presidenta de la Federación de Estudiantes de la Universidad de Chile (Confech) afirma que las demandas estudiantiles no surgieron de manera espontánea, sino que obedecen a “un proceso largo basado en un análisis profundo de lo que sucede en Chile, de la injusticia”, y aseguró que ahora “hay que mirar enfrente y construir una alternativa para el país”.

También manifestó su deseo de “proyectar políticamente este movimiento, porque por primera vez, una demanda sectorial pasó a ser un movimiento social que incluye a muchos sectores”.

Después de cerca de seis meses de protestas, el movimiento estudiantil, que demanda una educación pública gratuita, sigue marcando la agenda política del país. Este martes se inicia un nuevo paro de 48 horas.

Estudiantes, profesores, ambientalistas y la Central Unitaria de Trabajadores, uno de los principales sindicatos chilenos, secundan la protesta, que tendrá su acto principal en las manifestaciones convocadas para el miércoles por la tarde.

En vísperas de estas jornadas de movilización, BBC Mundo habló en París con Camila Vallejo, una de las caras visibles del movimiento.

Vallejo, de 22 años y estudiante de Geografía, se encuentra en Europa junto a otros tres representantes estudiantiles chilenos desde el viernes para exponer sus demandas e intentar “internacionalizar” el movimiento.

- Viajaron a Europa para reunirse con instituciones internacionales e intelectuales. ¿De los consejos que les han dado los intelectuales, cuál es el que más le ha gustado?

El filósofo Edgard Morin nos dio confianza. Nos dijo que la educación superior no puede estar legada al mercado, sino que tiene que garantizarse una educación pública porque los países la necesitan para su desarrollo.

Y Stéphane Hessel (el autor del libro “¡Indignaos!”) nos empujó a fortalecer las comunicaciones y la instalación de nuestras ideas a nivel mundial, a difundir nuestras propuestas por todos los medios.

- Hablando de Stéphane Hessel ¿cree que el movimiento estudiantil chileno entronca de alguna manera con los movimientos sociales como los indignados y Occupy Wall Street?

- El movimiento estudiantil chileno no parte de los indignados. No es un movimiento espontáneo, sino un proceso largo basado en un análisis profundo de lo que sucede en Chile, de la injusticia.

Entendemos la lucha de los indignados, pero en Chile pasamos la etapa del descontento. Ahora, hay que mirar enfrente y construir una alternativa para el país.

- Teniendo en cuenta que ya existen protestas estudiantiles en otros países ¿cómo cree que se puede internacionalizar el movimiento?

- Los diferentes movimientos – en Chile, Colombia, Brasil, Francia, España – no surgen por copia, sino que tienen particularidades.

Pero se visualizan como un todo. Es la lucha de quienes han despertado para construir un modelo de sociedad distinto a nivel nacional e internacional. Existe una coherencia, que es una resistencia a un modelo privatizador o un avance hacia la conquista de este derecho.

En Francia, nos reunimos con la UNEF (Unión Nacional de los Estudiantes de Francia). Nos dieron cuenta de la concientización que están haciendo para resistir la privatización encubierta que está generando el gobierno. Estamos en distintos procesos, pero tenemos los mismos objetivos, y existen lazos de solidaridad internacional entre la juventud.

-¿Qué modelo educativo contempla para Chile?

Ningún estudiante ha querido copiar nada. Chile piensa en un modelo propio, que permita la integración de todos y que sea gratuito. Queremos una educación que pueda transformar la sociedad y de la que salgan profesionales capaces de construir la democracia.

- ¿Cómo ve el futuro del movimiento estudiantil?

El movimiento estudiantil se debate en una coyuntura determinante, después de cinco meses de movilización. Hay que pensar en cómo avanzar de forma táctica para que siga.

Hoy en día, está roto el diálogo con el gobierno. Va a trabajar las reformas de las de becas estudiantiles y nos está excluyendo de esta discusión, que quiere pasar al Parlamento.

Así que, por más que no confiemos en el Parlamento, vamos a tener que hacer un trabajo hacia ellos. Queremos que no legisle la ley de presupuesto de la nación mientras no hayan proyectos de ley que sean de mutuo acuerdo con los estudiantes en materia educacional.

- ¿No piensa que su protagonismo va en detrimento del movimiento estudiantil en su conjunto?

La personificación del movimiento se debe a los políticos y los medios de comunicación. Es una estrategia que se utiliza muy frecuentemente con los que se levantan con reivindicaciones sociales. En Chile se aplica mucho, y creo que en otros países del mundo también.

En Cuba se habla de castrismo, en Venezuela de chavismo. Todo se personifica con los supuestos líderes, y no se ve que es un proceso compartido por mayoría. En el fondo se les trata de destruir para de paso derribar al movimiento.

Así hemos estado como más vulnerables. Me han acusado de estar manipulada por el partido comunista, de cobrar por las entrevistas que doy. Me han dicho que estoy lucrando con todo esto.

- Está a punto de titularse. ¿Piensa seguir con el movimiento a pesar de ello?

En tema estudiantil, voy a seguir participando, dependiendo de las próximas elecciones de la FECh. Vamos a estar construyendo, con todos mis compañeros que no son cara visible. Y queremos proyectar políticamente este movimiento, porque por primera vez, una demanda sectorial pasó a ser un movimiento social que incluye a muchos sectores.

- ¿Piensa en una carrera política?

Yo soy militante, estoy dispuesta a ponerme a disposición de las necesidades de construcción que tenga tanto este movimiento, como otro.

En el ámbito de las próximas elecciones, creo que no es algo particular mío, sino que los jóvenes tienen que inscribirse en los registros electorales como candidatos a concejal. Que vayan a disputar los municipios a la derecha, o a quienes no están de acuerdo con responder a nuestros planteamientos que son justos.

Ahora los jóvenes se están interesando en la política, y tienen que asumir esta responsabilidad. Tenemos que hacernos cargo y llevar un proyecto construido participativamente. Y por eso tenemos que tener vocación de poder, pero en el buen sentido de la palabra.

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6 septembre 2012 4 06 /09 /septembre /2012 00:35

Camila Vallejo est invitée aux festivités pour les 50 ans de l’UJC

   

 

La Havane, 2 avril 2012 (Cubadebate-RHC).- La dirigeante universitaire chilienne, Camila Vallejo, est arrivée à La Havane pour participer aux festivités à l’occasion du 50è anniversaire de l’Union des Jeunes Communistes, l’UJC.

Camila Vallejo, vice présidente de la Fédération des étudiants de l’Université du Chili, se réunira avec des étudiants. Elle leur parlera des expériences des journées de lutte entreprises par les étudiants chiliens en faveur d’une éducation publique gratuite et de qualité et du renforcement des mouvements sociaux dans son pays.

Durant son séjour à Cuba, Camila Vallejo présentera son livre « Podemos cambiar el mundo, « Nous pouvons changer le monde ».

Elle est accompagnée de Carole Cariola, Secrétaire Générale des Jeunesses Communistes du Chili et de Luis Lobos, Secrétaire d’Organisation des JC.

Dans des déclarations à notre station de radio, Leira Sánchez membre du Bureau National de l’UJC et Responsable des Relations Internationales a mis l’accent sur l’importance de cette visite. Elle s’est référée aux liens très étroits existant entre nos deux organisations.

« Un moment essentiel pour notre organisation, au milieu de ces festivités, est de pouvoir partager avec la jeunesse communiste chilienne. Sa secrétaire générale aura un programme chargé d’échanges avec des universitaires cubains.

C’est aussi une occasion pour nous de constater les liens historiques qui ont toujours existé entre nos organisations et de renouveler notre engagement à continuer à travailler pour les consolider ».

Se référant au programme d’activités de la délégation chilienne, Leira Sanchez a précisé :

« Dans le cadre du programme nous avons prévu des échanges avec des étudiants de diverses universités du pays, notamment de La Havane et de Villa Clara, des universités des sciences pédagogiques, des sciences médicales, des sciences de l’informatique, de telle sorte que nos invités puissent connaître des détails de notre système d’enseignement supérieur. »

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6 septembre 2012 4 06 /09 /septembre /2012 00:34
AU CHILI, LE PRINTEMPS DES ÉTUDIANTS
SANTIAGO-DU-CHILI, LE 22 SEPTEMBRE 2011. «CONTENU EXPRESSION», PROCLAME LE SERRE-TÊTE DE CETTE MANIFESTANTE. PHOTO IVAN ALVARADO
« Ce mouvement a surpris la société, observe M. Carlos Ominami, économiste et ministre de l’économie dans le gouvernement du démocrate-chrétien Patricio Aylwin entre 1990 et 1992. Plus de deux cent mille personnes sont descendues dans la rue. Les familles venaient manifester avec les jeunes. » M. Gabriel Muñoz, coordinateur du mouvement à la faculté de philosophie, résume : « Les étudiants se mobilisent depuis quatre mois pour dénoncer la logique néolibérale dans l’éducation, revenir à une éducation gratuite et l’ouvrir aux travailleurs. En face, il y a un gouvernement qui défend les intérêts des entreprises et des puissants. »
Le mouvement de la société ne se réduit cependant pas à l’impressionnante rébellion des enfants des classes moyennes. Dès janvier 2011, Punta Arenas, tout au sud de ce pays long de quatre mille trois cents kilomètres, entrait en ébullition pour protester contre une augmentation brutale du prix du gaz : pendant une semaine, la population a bloqué la ville par une grève générale.
Puis, en avril et mai, les rues de Santiago se sont emplies pour manifester contre des projets de barrages hydroélectriques en Patagonie : dans un pays où l’écologie n’avait jamais vraiment pénétré les programmes politiques, plus de quatre-vingt mille personnes ont refusé la destruction de sites vierges. A partir du mois de mai, la contestation étudiante prenait son essor, soutenue par une majorité du peuple chilien, et conduisait à une remise en cause du système politique jamais vue depuis la fin de la dictature en 1990 (1).

 

DES CARTELS AVEC L'IMAGE DU PRÉSIDENT PIÑERA AVEC CASQUE DE LA POLICE ANTIÉMEUTES, À VALPARAISO. PHOTO JOURNAL EL PAIS
Le mouvement Patagonie sans barrages s’opposait au projet HidroAysén : cinq grands barrages sur les fleuves Pascua et Baker, destinés à fournir de l’électricité aux compagnies minières du nord du pays. Une ligne à haute tension devait déchirer le pays sur deux mille trois cents kilomètres pour transporter le courant. Contesté depuis plus de trois ans par une coordination d’organisations écologistes, l’initiative avait été approuvée sans coup férir par le gouvernement. Jusqu’à ce que les manifestations massives, en mai, changent la donne : M. Piñera a dû stopper le projet, repoussant la décision d’un an.
Comment expliquer cette rébellion inattendue ? Pour Raúl Sohr, journaliste et écrivain, « personne ne connaît les fleuves concernés, mais quelque chose s’est produit dans l’inconscient collectif : une explosion de colère contre les oligopoles, contre la subordination de l’Etat aux intérêts commerciaux, contre le grand capital qui fait ce qu’il veut. L’idée que le sud du Chili est pur a aussi rassemblé ».
L’affaire a révélé la concentration du secteur énergétique entre trois groupes, Endesa-Enel (italien), Colbún et ASE Gener (chiliens), dont le gouvernement suit les injonctions. Mais le secteur de l’énergie n’est pas un cas isolé. Selon Andrés Solimano, économiste et animateur du Centro Internacional de Globalización y Desarrollo (Ciglob), «  la propriété est fortement concentrée dans les banques, le commerce, les mines, les médias, où les deux quotidiens dominants, El Mercurio et La Tercera, appartiennent à deux conglomérats. Par exemple, la famille Luksic figure sur la liste Forbes des cinq cents plus grandes fortunes mondiales et possède la Banque du Chili, des mines de cuivre, des sociétés énergétiques, et l’une des principales chaînes de télévision. Quant au président de la République, Sebastián Piñera, il est lui-même milliardaire ». Pour Juan Pablo Orrego, coordinateur du Conseil de défense de la Patagonie, « ce pays est dirigé par une oligarchie : une poignée de familles y possèdent un patrimoine énorme ».

 

 

Le mouvement étudiant « s’est constitué sur le refus des barrages, note Enrique Aliste, sociologue à l’université du Chili. Dans les manifestations, on retrouvait beaucoup de ces jeunes ». Désormais, les étudiants remettent en cause le coût très élevé des études et la privatisation de l’enseignement supérieur. Car, au Chili, l’éducation est la plus chère du monde après les Etats-Unis, et presque totalement privatisée. « Les ressources des universités ne proviennent de l’Etat qu’à 15 %, contre 80 % à 90 % dans les années 1970, explique Solimano. Les universités fonctionnent comme des entreprises : elles cherchent à dégager des profits. Une loi de 1981 les en empêche, mais elle a été contournée par la création de filiales qui permettent aux universités de se louer leurs propres bâtiments à des prix élevés. » Les universités n’enregistrent pas de profits mais leurs filiales les amoncellent.
Résultat : les étudiants payent de 1 à 2 millions de pesos par an (de 1 500 à 3 000 euros), dans un pays où le produit intérieur brut (PIB) par habitant est plus de trois fois inférieur à ce qu’il est en France. M. Muñoz, par exemple, débourse 1,7 million de pesos par an pour son année universitaire. « 70 % des étudiants s’endettent pour payer leurs études », affirme-t-il. Les étudiants ou leurs familles. Mme Gina Gallardo, qui vit dans une commune populaire de la banlieue de Santiago et dont le mari travaille comme dessinateur industriel, explique : « Mon fils étudie la musique, il a déjà une dette de plusieurs millions de pesos ; ma fille est en deuxième année de dessin. Tout ce qu’on gagne, peso par peso, on le verse à l’université. »
 


LA CONFÉDÉRATION D'ÉTUDIANTS DU CHILI (CONFECH) PRÉSENTERA UN RECOURS DEVANT LA COMMISSION INTERAMÉRICAINE DES DROITS DE L'HOMME (CIDH), CONTRE LA VIOLENCE POLICIÈRE.
La protestation va bien au-delà d’une revendication pécuniaire. « Vouloir des universités gratuites et appartenant à l’Etat constitue un changement de paradigme culturel, analyse Solimano. Auparavant, le libre jeu des forces du marché était associé à la prospérité. On commence à remettre en question la nécessité de devoir payer les services sociaux, le contrôle des grands groupes sur les médias ou encore la concentration de la richesse. En fait, les étudiants constituent la pointe avancée d’une protestation générale contre un capitalisme élitiste qui extrait la rente de toutes les activités : le logement, les études, les médicaments, les banques, etc. »
Car la privatisation de l’économie est générale, l’enseignement supérieur, la production de l’énergie, le système de santé, les retraites, la gestion des eaux, une large partie de la production du cuivre ayant été privatisés durant la dictature du général Augusto Pinochet (1973-1990) et parfois ensuite.
PHOTO IVAN ALVARADO
Le Chili connaît certes une prospérité induite par une croissance économique forte. « Le pays est riche dans son sous-développement, résume Sohr. Il n’est pas endetté. L’espérance de vie a augmenté, la mortalité infantile est faible. Mais, pour 80 % des gens, la situation demeure très difficile. Les attentes se sont davantage accrues que la satisfaction matérielle, et il y a un endettement énorme des ménages. » De surcroît, vingt ans de prospérité macroéconomique ont conduit à une répartition très inégale des richesses, de plus en plus mal supportée : au Chili, le coefficient de Gini, qui mesure les inégalités, atteint 0,54, contre 0,38 en moyenne dans les pays de l’Organisation de coopération et de développement économiques (OCDE), que le Chili a rejoints en 2010 (2).
Egalement discutés, les choix en matière d’économie. Celle-ci repose sur l’exploitation des ressources naturelles, à commencer par le cuivre, dont le Chili est le premier producteur mondial. Cette production dépend aux trois quarts de compagnies privées, dont beaucoup sont étrangères et exportent leurs profits. Mais le secteur minier reste privilégié. Ainsi, le frère de M. Piñera, José, ministre du travail sous la dictature, avait élaboré dans les années 1980 une loi organique constitutionnelle sur les mines : toujours en vigueur, elle prévoit qu’en cas de nationalisation il faudrait payer à l’investisseur les «  valeurs présentes » de tous les revenus cumulés jusqu’à l’extinction de la ressource minérale une somme prohibitive. «  D’une certaine façon, observe l’économiste Marcel Claude, la loi considère que le cuivre appartient à l’entreprise qui l’exploite, pas au Chili. » En 1992, une loi sur la fiscalité a encore avantagé les entreprises minières, afin d’attirer les investissements étrangers. Si bien que, « entre 1993 et 2003, les entreprises étrangères n’ont pas payé un dollar d’impôt sur leurs profits », ajoute-t-il. «  Après 2003, la hausse des cours du cuivre les a conduites à en verser ; mais alors que Codelco, l’entreprise publique, assure 27 % de la production, elle paye 6,8 milliards de dollars au fisc, soit bien plus que les 5,5 milliards déboursés par les entreprises minières étrangères, qui assurent 73 % de la production. » De surcroît, les règles sur l’environnement sont très laxistes. Or les rejets et résidus miniers créent d’importants problèmes de pollution.
Derrière l’éducation, c’est donc le système économique chilien qui est contesté par le peuple. Et dans la foulée, le mouvement ébranle aussi le système politique. En effet, précise Sohr, «  les étudiants demandant l’éducation gratuite, l’Etat leur a dit qu’il n’y pas assez d’argent. Ceux-ci ont répondu qu’il fallait augmenter les impôts. Mais le gouvernement s’est défendu en arguant que la Constitution ne le permettait pas. “Eh bien, écrivons une nouvelle Constitution !”, ont conclu les étudiants ».



 PHOTO FELIPE TRUEBA
Car la Constitution imposée en 1980 pendant la dictature n’a pas été abolie en 1990 quand les gouvernements de la Concertation, regroupant dans une alliance de centre-gauche les démocrates-chrétiens, les socialistes et les sociaux-démocrates, ont repris l’exercice du pouvoir. Elle est façonnée pour empêcher toute transformation réelle de l’héritage politique et économique de l’ère Pinochet. D’une part, les lois organiques requièrent une majorité parlementaire des quatre septièmes pour être modifiées ou abrogées. D’autre part, le système électoral défini par la Constitution pour le Parlement est une formule binominale tarabiscotée qui fait en sorte que la tête de liste du parti parvenu en seconde position obtient un mandat, même si les deux premiers candidats de la liste arrivée en tête recueillent chacun davantage de voix. Conçu pour garantir la prédominance au Parlement des partis de droite issus de la dictature, le mécanisme a obligé les formations de la Concertation à s’unir malgré des options divergentes.
« La majorité culturelle est plus forte que la majorité politique, observe M. Marco Enríquez-Ominami, un candidat surprise issu de la gauche qui a récolté 20 % des voix à la présidentielle de 2009. Mais le système électoral est bloqué. Pour changer vraiment, il faut avoir 80 %des voix. Pinochet a fait du bon boulot… » M. Guido Girardi, situé à la gauche de la Concertation, et président du Sénat, explique : « La Concertation, c’est comme si, en Allemagne, chrétiens-démocrates et sociaux-démocrates étaient obligés de rester ensemble en permanence. Beaucoup de ses membres adhèrent à l’idéologie néolibérale. Cela conduit à l’immobilisme, et l’on ne peut pas trouver d’issue aux crises. »

 

CARICATURE DU PRÉSIDENT CHILIEN, LE MILLIARDAIRE CONSERVATEUR SEBASTIÁN PIÑERA. JOURNAL EL PAIS
Ainsi, depuis 1990, la Concertation a continué la politique économique de la dictature. Tout s’est passé comme si, pour assurer la transition et éviter la moindre tentation de retour des militaires, elle avait échangé la libéralisation politique contre le maintien des intérêts économiques dominants. «  Le Chili a été le laboratoire du néolibéralisme, concède M. Girardi. La gauche, comme partout, mais encore plus qu’ailleurs, s’en est accommodée. »
En tout cas, le système politique perd de sa légitimité, comme le montre le taux d’abstention de plus en plus élevé : la participation électorale n’est plus que de 62 %, contre 95 %en 1990.
Cette situation rend difficile l’évolution du mouvement social, qui ne trouve pas de représentation politique à ses demandes de changement. Mais jusqu’où veut-il aller ? La grève générale des 24 et 25 août n’a pas connu le succès escompté. Les manifestations, à nouveau massives, ont cependant été réprimées par la police, qui a tué par balle un adolescent de 16 ans, Manuel Gutiérrez. La réprobation suscitée par cet acte a entraîné le limogeage du général Sergio Gajardo, responsable de la police dans la région de Santiago, qui avait couvert le meurtre. A la suite de ce drame (et de l’accident d’avion du 2 septembre), le mouvement social cherchait à retrouver, à la mi-septembre, un nouvel élan.
Selon M. Enríquez-Ominami, « les gens dans les rues sont des citoyens mais aussi des consommateurs. Ils ne sont pas pour la rupture ». Faute de parti politique capable de porter la parole populaire sur la scène institutionnelle et de forcer une réforme de la Constitution, le Chili se trouve ainsi au milieu du gué. « La situation est sans retour, une porte s’est ouverte, estime M. Girardi. Si cela ne change pas aujourd’hui, cela changera demain. C’est l’expression d’un phénomène plus grand, plus profond, qui se déroule à l’échelle de l’humanité : on vit une crise profonde du néolibéralisme, de l’individualisme exacerbé, du marché. »
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6 septembre 2012 4 06 /09 /septembre /2012 00:34

Camila Vallejo : « fière d'être communiste »

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De nos jours les idées des communistes prennent tout leur sens car elles s’articulent avec la prise des conscience des gens », a affirmé Camila Vallejo, la dirigeante, militante des Jeunesses communistes et l’un des principaux leaders du mouvement étudiant qui depuis six mois réclame des réformes structurelles dans l’éducation. 

Dans un dialogue avec la presse étrangère, Camila Vallejo a signalé que l’inégalité au Chili « est insupportable, elle n’a plus sa place, les gens ne la tolèrent plus, et c’est de là que naît la nécessité de prendre conscience, mais aussi d’analyser l’origine de cette situation et de la combattre de façon organisée. C’est cette question et rien d’autre que nous avons posée historiquement en tant que communistes », a-t-elle précisé. 

« Si on me demande quel sens cela a aujourd’hui d’être communiste, je dirais que c’est plus important que jamais. En ce moment, je suis très fière d’être communiste », a-t-elle ajouté. 

À propos du mouvement étudiant qu’elle dirige, Vallejo a souligné que celui-ci doit « résister et se renforcer », et elle a reconnu qu’il se trouve dans un moment « très difficile » du fait de l’usure provoquée par la longue période de mobilisations.

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6 septembre 2012 4 06 /09 /septembre /2012 00:33

«Le vrai communisme n’a jamais existé» Camila Vallejo

«Le vrai communisme n’a jamais existé» – Camila Vallejo

Nous ne représentons pas qu’un phénomène latino-américain. D’autres mouvements émergent, en Europe et ailleurs dans le monde.» -Camila Vallejo
Étudiants, unissez vous! Le cri de ralliement ne vient pas que du Québec. Au Chili, le mouvement étudiant prend une couleur révolutionnaire, avec à sa tête Camila Vallejo, ou «Comandante Camila», jeune femme de 24 ans qui rêve, comme Che Guevara, d’une révolution communiste, mais sans recours aux armes. Métro a rencontré cette nouvelle figure emblématique.

L’Union soviétique n’a-t-elle pas démontré que le communisme est voué à l’échec?
Je crois que le vrai communisme n’a jamais vraiment existé. Les régimes mis en place dans le passé s’inscrivaient dans un contexte défavorable pour leur développement, avec une bureaucratie et une autocratie extrêmes. Le communisme est un idéal qui ne s’est développé pleinement nulle part. À la base, le communisme implique une société où chacun partage des conditions de vie égales, où chacun a accès à ce dont il a besoin et contribue, par son travail, à la communauté, selon ses capacités. On parle d’une société sans classe, où les hommes et les femmes se sentent réellement libres et se réalisent pleinement sur les plans moral, matériel et intellectuel.

Le Chili est prospère. Pourquoi devrait-il changer?
Le produit intérieur brut de notre pays est de 15 000 $US par habitant, mais cette richesse ne profite pas à la majorité de la population : 5 % des personnes les plus riches gagnent 800 fois plus que les 5 % des Chiliens les plus pauvres. Le mécontentement du peuple ne tient pas qu’à une idée abstraite, mais s’ancre dans des conditions matérielles réelles. Il faut amorcer un débat de fond au sujet de notre conception du développement et du modèle de développement que nous voulons. Est-ce que nous voulons le modèle néolibéral actuel, qui provoque la concentration des pouvoirs économiques, culturels et politiques? Ou un modèle qui permet le plein développement des êtres humains, l’accès à une qualité de vie, le respect de la dignité et la garantie des droits?

Lors d’un voyage en Allemagne, vous avez été constamment accompagnée des représentants officiels du Parti communiste. Ont-ils peur de vous laisser parler librement?
Nous avons toujours été un collectif. Rien n’est développé individuellement et toutes nos idées sont le résultat d’un consensus. Notre travail est entièrement intégré. Contrairement à l’image projetée par les médias, notre action n’est pas le fait d’une seule personne, mais d’un mouvement. Mais je ne crois pas que quelqu’un ait peur de me voir m’exprimer par moi-même.

Est-ce que la révolution communiste va se répandre?

Nous croyons à une révolution communiste non violente, sans recours aux armes. Nous misons sur la démocratisation au Chili. Nous voulons faire les choses à notre façon et redonner le pouvoir au peuple chilien. Au Chili, le communisme est perçu comme quelque chose de lointain, mais il émerge, il chemine vers un processus de démocratisation réussi.

Croyez-vous que le mouvement pourrait séduire ailleurs en Amérique latine?
Dans la région, nous partageons des pages d’histoire assez semblables. Nous avons subi des dictatures mili­taires et la colonisation par les États-Unis et l’Europe. Les pays de l’Amérique latine ont tenté de former des États indé­pendants économiquement et politiquement, de retrouver leur indépendance et leur identité propre. Nous, du mouvement étudiant, organisons des conférences afin de définir des stratégies et des politiques. Nous avons également des suggestions quant à la façon d’unifier le mouvement étudiant sur le marché du travail, de retrouver le droit à l’éducation, de lutter contre la répression et de continuer à nous opposer à l’impérialisme, au capitalisme et au néolibéralisme, selon les pays. Mais nous ne représentons pas qu’un phénomène chilien ou latino-américain. D’autres mouvements similaires émergent, en Europe et ailleurs dans le monde
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6 septembre 2012 4 06 /09 /septembre /2012 00:32

Regards sur Camila Vallejo Dowling

Camila Vallejo © Myriam Paz Hernandez

Elle est chilienne, elle n’a que 23 ans mais son visage a déjà fait la une de Courrier International, du supplément féministe Las 12 du journal argentin Pagina 12 et aussi de l’hebdomadaire allemand Die Zeit.

Comment expliquer un tel succès médiatique ? C’est simple : Camila Vallejo Dowling, militante du parti communiste chilien, est l’une des têtes du mouvement d’étudiant-e-s et lycéen-ne-s chilien-ne-s qui lutte depuis cinq mois pour obtenir une éducation publique gratuite et de qualité pour tous.

Ce mouvement a réussi à défier le gouvernement de droite libérale de Sebastián Piñera, qui a vu sa cote de popularité baisser à 22%, le plus bas niveau pour un gouvernement depuis la dictature d’Augusto Pinochet. Le mouvement, au contraire, est soutenu par 89% de la population (1).

Sa beauté, sa jeunesse, et le fait d’être femme politique – elle est présidente de la Fédération des étudiant-e-s de l’Université du Chili – dans un pays encore très machiste, lui ont valu des attaques très dures de la droite libérale et conservatrice chilienne.

Des attaques et des menaces non voilées

Quelques membres du gouvernement mais aussi des hommes et des femmes politiques de droite ont vu en Camila la figure « du mal » : la femme qui attirerait, grâce à sa beauté, les hommes vers le péché. Dans le cas présent, le péché serait de faire revenir la politique dans les foyers et de lutter pour changer la société.

Autrement dit, mettre fin au manque d’intérêt vis-à-vis la politique exprimé par les Chilien-ne-s, notamment les jeunes, depuis la fin de la dictature en 1990, puis pendant tout le processus de transition politique  jusqu’aujourd’hui. Manque d’intérêt qui bien évidemment ne sert qu’à ceux qui sont au pouvoir et ne veulent pas changer les règles du jeu.

Cristian Labbé, qui a été membre de la police secrète de Pinochet, aujourd’hui maire de Providencia – une mairie bourgeoise de la capitale –, a accusé la jeune dirigeante d’être « une demoiselle qui conteste et mobilise la moitié d’un pays parce qu’elle a un visage comme ensorcelé. Parce qu’elle est belle ou parce qu’elle est à moitié intelligente, elle a le pays à ses pieds » (El Mostrador, 20 août 2011).

La secrétaire exécutive du Fonds du livre a écrit sur son compte Twitter « une fois la chienne morte, plus de chiens à sa poursuite », phrase inspirée de celle que prononça  Pinochet contre Salvador Allende pendant l’attaque de La Moneda au moment du coup d’Etat en 1973… La fonctionnaire, dont la phrase a été perçue comme une menace contre la jeune dirigeante et a déclenché une vaste polémique, a dû démissionner de son poste (Pagina 12, 19 août 2011).

Pire encore, quelques jours après, un sociologue de droite a menacé de mort la jeune dirigeante. Elle est depuis sous protection policière.

Eviter d’être déstabilisée pour ne pas oublier les problèmes importants

Et pourtant Camila Vallejo semble ne pas trop s’inquiéter de ce qui lui arrive. Lors de sa visite qu’elle et trois autres dirigeants du mouvement font à Paris depuis le 14 octobre, la jeune étudiante en géographie nous explique qu’elle préfère dénoncer la méthode utilisée, qui vise « à personnaliser le mouvement », pour ensuite « attaquer directement le dirigeant en le menaçant, en propageant des informations trompeuses, et des accusations afin de mieux attaquer le mouvement dans son ensemble ».

« Nous avons abordé cette situation avec responsabilité tout en essayant d’éviter des discussions sur le sujet qui nous feraient oublier les questions importantes, structurelles, que sont les changements en matière d’éducation et de démocratie dans notre pays. Nous voulons en effet un autre modèle de société, une manière différente de faire de la politique, d’exercer la démocratie à laquelle nous pourrons tous participer », affirme Camila Vallejo.

Elle ajoute : « Nous savons que les attaques et les menaces se produisent lorsque il existe des abus de pouvoir et lorsque le gouvernement a peur d’affronter l’opposition et de ne pas avoir la capacité d’affronter le débat qu’elle suscite. »

Mais Camila Vallejo ne s’est-elle pas sentie attaquée en tant que femme ? Bien sûr : « Les positions les plus réactionnaires se conjuguent avec les positions les plus machistes ou les plus misogynes. »

Nous devons interrompre le dialogue : l’amphithéâtre de l’université Paris 7, rempli de jeunes étudiant-e-s français mais surtout de Chilien-ne-s, attend avec impatience les jeunes dirigeants Giorgio Jackson, Francisco Figueroa (2) et Gabriel Iturra (3), qui sont aussi les porte-parole du mouvement.

Face à un public conquis d’avance, les quatre jeunes parlent de construire une nouvelle société, une nouvelle gauche chilienne. Historiquement, au Chili, la gauche et la Concertacion (4) n’ont jamais été des alliées pour les mouvements de femmes et les féministes. Même pendant le gouvernement de Michelle Bachelet, de 2006 à 2010. Cette nouvelle gauche serait-elle une alliée pour les Chiliennes ?

Myriam Paz Hernández – EGALITE

 

(1) Sondage réalisé par le Centro de Estudios de la Realidad Contemporanea (Cerc), août-septembre 2011.

(2) Giorgio Jackson est président de la fédération des étudiants de l’Université catholique du Chili. Francisco Figueroa est vice-président de la Fédération des étudiants de l’Université du Chili.

(3) Gabriel Iturra est dirigeant de l’Assemblée de coordination des lycéens.

(4) Coalition de partis de centre-gauche qui a gouverné le Chili depuis la fin de la dictature 1990 jusqu’à l’arrivée au pouvoir de Sebastián Piñera en mars 2010.

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6 septembre 2012 4 06 /09 /septembre /2012 00:32

Une responsable étudiante chilienne désignée Personne de l’année par un journal britannique (14 février 2012)

Une responsable étudiante chilienne de 23 ans a été désignée « Personne de l’année 2011 » par un journal britannique. Camila Vallejo a reçu les honneurs du quotidien The Guardian, dépassant des personnalités d’importance, comme la chancelière allemande Angela Merkel. Vallejo, l’ancienne Présidente de la Fédération des étudiant(e)s de l'Université du Chili (FECH), a réuni 78 pour cent des voix des lecteurs.

Les fédérations étudiantes chiliennes se sont engagées avec les syndicats de l’éducation dans un combat de tous les instants pour le droit fondamental des citoyen(ne)s à une éducation gratuite de qualité. Ensemble, ils ont manifesté dans tout le pays pendant plusieurs mois l’année dernière.  

Ils réclament une réforme profonde du système d’éducation dérivé de la politique d’éducation du Président Piñeira qui reflète à son tour les politiques de la dictature militaire de Pinochet des années 1980.

Plus de 50 pour cent de la population chilienne paye pour l’éducation. Les groupes les plus vulnérables sont concentrés dans des écoles publiques municipales qui reçoivent seulement un peu plus de la moitié des frais d’inscription. Le reste va aux écoles privées qui sont financées par l’Etat et reçoivent également des paiements directement des familles.

Vallejo a récemment affirmé que les étudiant(e)s poursuivraient leur combat pour une éducation gratuite de qualité. Dans un entretien avec  weltnetz.tv, une plateforme indépendante, elle a expliqué : « Pour la première au Chili, les étudiants se sont organisés. Cela a provoqué de nombreuses discussions politiques sur les problèmes de l’éducation et les solutions à cette crise. »

Un système d’éducation privé « n’est plus soutenable socialement, cela renforce les inégalités. Cela ne garantit pas la qualité et ce système est utilisé pour réaliser des bénéfices. Et l’Etat fuit ses responsabilités », a-t-elle ajouté.

Visite allemande

Vallejo a récemment visité l’Allemagne où elle avait été invitée par la Fondation Rosa Luxemburg et un des membres nationaux de l’IE, le Gewerkschaft Erziehung und Wissenschaft (GEW). Elle a profité de cette occasion pour tenir des discours dans plusieurs villes allemandes, accompagnée par un autre responsable étudiant et militant, Karol Cariola, ainsi que par le membre du conseil d’administration de Central Unitaria de Trabajadores de Colombia (CUT), Jorge Murúa.

Au cours de leurs interventions, ils ont abordé le combat des étudiant(e)s et des enseignant(e)s contre les frais d’inscription et la nécessité d’une réforme du système d’éducation chilien principalement privé. Ces discussions ont rencontré un grand succès et ont été couvertes de manière significative par les médias allemands et internationaux. 

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6 septembre 2012 4 06 /09 /septembre /2012 00:15

Día Internacional de la Mujer Indígena

(5 de septiembre)

 

 

Día Internacional de la Mujer Indígena (5 de septiembre) El día 5 de septiembre, fue instituido como el Día Internacional de la Mujer Indígena, el año 1983, por el Segundo Encuentro de Organizaciones y Movimientos de América en Tihuanacu, Bolivia, en honor de la heroína Bartolina Sisa, valerosa y aguerrida mujer indígena Aimara, quien por haberse opuesto a la dominación y la opresión de los conquistadores españoles, fuera brutalmente asesinada y descuartizada el 5 de septiembre de 1782, en la Paz, Bolivia. Actualmente muchas comunidades indígenas de Bolivia, Perú, Chile y Argentina, le rinden homenaje, al igual que a las heroínas de la Coronilla (valerosas mujeres cochabambinas lideradas por la anciana no vidente Manuela Gandarillas y la esposa de Esteban Arze, Manuela Rodríguez, decidieron organizarse y armarse para enfrentar a las fuerzas realistas, pese a que sabían la desproporción que existía, y con sacrificio y valentía lucharon en contra de la corona española durante la batalla sostenida en la colina de San Sebastián, Coronilla, el 27 de mayo de 1812), como una de las mujeres más valientes de la época.

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6 septembre 2012 4 06 /09 /septembre /2012 00:15

 

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