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26 janvier 2015 1 26 /01 /janvier /2015 20:08

Rena Dourou : « Nous nous battons pour changer la Grèce et l’Europe »

Rena Dourou, ancienne responsable de la politique européenne de Synaspismos, la composante principale de syriza dont elle est une figure emblématique, fut députée en 2012 avant de démissionner en 2014 en raison de sa candidature à la présidence de l’Attique.
Photo Alkis Konstantinidis/Reuters
Dans l'Humanité Dimanche. Rena Dourou, 39 ans, est aujourd’hui à la tête de cette région qui comprend environ 40 % de la population grecque. Un test grandeur nature pour Syriza avant de gouverner le pays. Entretien.
HD. Quelles ont été vos premières actions en tant que présidente de la plus grande région de Grèce ?
RENA DOUROU. La première chose à faire dans une région qui, comme tout le pays, est ravagée par une crise humanitaire due à l’austérité imposée par la coalition gouvernementale, c’est de venir en aide à nos concitoyens les plus démunis. Pour faire cela, et marquer clairement les priorités de la nouvelle présidence, le budget alloué aux diverses aides a été augmenté de plus de 600 %, passant de 1,9 à 13 millions d’euros. Cela va permettre de loger des familles, de donner de l’eau et de l’électricité à des familles qui n’y ont plus accès, etc.
 
HD. Depuis la victoire de Syriza aux européennes, son avance ne cesse de croître. Comment l’expliquez-vous ?
R. D. Depuis longtemps, les sondages montrent l’aspiration sans cesse croissante de la société à un changement profond envers les politiques suicidaires d’austérité imposées par les créditeurs et appliquées par les gouvernements successifs depuis le début de la crise. Il est désormais clair pour tout le monde que, lors des prochaines législatives, quand elles auront lieu finalement, le pays va prendre son destin en main et changer de cap politiquement. Ce sera un changement immense tant pour la Grèce que pour l’Europe, et c’est pourquoi tout va être tenté par le gouvernement actuel pour l’arrêter, même si cela consiste à déstabiliser le pays. Mais le peuple mettra fin aux politiques d’austérité par les urnes ! Nous sommes en train de construire une coalition aussi large que possible. Cela fait maintenant plusieurs mois qu’Alexis Tsipras a appelé tous les citoyens qui ne veulent plus des politiques menées depuis 4 ans à passer outre les clivages politiques traditionnels pour sauver notre société et le pays.
 
« UNE CONFÉRENCE INTERNATIONALE EST NÉCESSAIRE POUR RÉSOUDRE LE PROBLÈME DE LA DETTE DES PAYS EUROPÉENS. CELA A ÉTÉ FAIT POUR L’ALLEMAGNE EN 1953... »
 
HD. Quelles seraient les premières actions d’un gouvernement Syriza ou d’un gouvernement dont Syriza serait la force majeure ?
R. D. Depuis le début de la crise, notre position est claire : il faut résoudre le problème de la dette de façon politique. Il faut organiser une conférence internationale pour résoudre ce problème pour tous les pays européens. Cela a été fait en 1953 à Londres pour l’Allemagne et sa dette, il faut le faire aujourd’hui pour les autres pays européens. Le but serait un effacement partiel, couplé à un moratoire sur le remboursement du reste, ainsi qu’une clause liant le remboursement à la croissance économique. Nous ne ferons rien d’unilatéral à moins d’y être poussés.
 
HD. Que symbolise pour vous la montée de Podemos en Espagne ?
R. D. Comme je vous l’ai dit, les problèmes de la crise actuelle concernent tous les pays européens. L’Espagne – comme la Grèce et le Portugal – continue d’appliquer les politiques d’austérité. Podemos n’est que le résultat des besoins et de la colère des citoyens contre ces politiques d’austérité qui leur sont imposées. En Italie, cela s’exprime par d’immenses manifestations. Tous ces mouvements ainsi que les citoyens européens qui les forment voient en Syriza un exemple et une inspiration, et Syriza apprend beaucoup des combats de ces peuples. C’est le même combat sur d’autres fronts. Nous nous battons pour changer la Grèce et l’Europe, comme Podemos se bat pour changer l’Espagne et l’Europe. Pour nous tous, le combat est double, local et européen, difficile mais nécessaire. Pour paraphraser André Malraux, l’Union européenne des années à venir sera démocratique, solidaire et sociale, ou ne sera pas.
http://www.humanite.fr/rena-dourou-nous-nous-battons-pour-changer-la-grece-et-leurope-558328
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26 janvier 2015 1 26 /01 /janvier /2015 20:07

Rena Dourou, visage neuf de la gauche grecque

Européennes
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Newly elected governor of the wider Athens region Rena Dourou, who was backed by leftist Syriza party, waves to supporters in front of the University of Athens May 25, 2014. Greece's radical leftist Syriza rode a wave of anti-austerity anger to win the country's EU election but failed to deliver a knockout blow against Prime Minister Antonis Samaras's government, the official projection showed on Sunday. REUTERS/Alkis Konstantinidis (GREECE - Tags: POLITICS ELECTIONS)
REUTERS
Portrait. Élue députée en 2012, elle a quitté son poste, une fois désignée candidate au régionales, L’élégante quadragénaire s’est consacrée sans compter son temps et son énergie à cette campagne.

Athènes, envoyée spéciale. En politique, elle est un peu le double féminin d’Alexis Tsipras, incarnant à ses côtés le visage de la gauche alternative grecque. Rena Dourou a permis à Syriza de franchir une étape décisive dimanche soir, en remportant l’élection législative dans la région capitale, l’Attique, qui concentre un tiers de l’électorat grec et près de 40% du PIB du pays. Cette élégante quadragénaire, fille de policier, cultive une image de sérieux, sans rompre les liens qui l’unissent depuis longtemps aux mouvements sociaux. Comme Tsipras, elle a fait ses premières armes dans l’organisation de jeunesse de Synaspismos, la force composée d’ex-communistes qui a fondé Syriza. Comme lui, elle fut de tous les rendez-vous altermondialistes, du contre-sommet du G8 à Gênes au Forum social européen. Diplômée de géopolitique (elle a consacré son DEA aux difficiles relations gréco-turques), cette polyglotte maîtrisant parfaitement le Français a présidé, après son élection au Parlement, en 2012, la Commission des relations extérieures. « On peut être blonde et s’occuper de politique étrangère et de défense », raillait alors cette féministe prompte à tourner en dérision un machisme méditerranéen solidement ancré. Pour se consacrer pleinement à la campagne des régionales, Rena Dourou n’a pas hésité à démissionner de son poste de députée. « C’est une femme active, résolue, indépendante, dotée d’une forte personnalité », résume l’une de ses camarades. En apprenant son élection, à l’issue d’un scrutin serré, elle a promis de gérer la région « pour les citoyens, avec les citoyens ». En rupture avec la gestion austéritaire de son rival, Yannis Sgouros, que le soutien de la droite comme des sociaux démocrates n’a pas suffi à sauver, après deux mandats entachés par le clientélisme et par une gestion solitaire et autoritaire.

 

http://www.humanite.fr/rena-dourou-visage-neuf-de-la-gauche-grecque-536390

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26 janvier 2015 1 26 /01 /janvier /2015 20:05

Rena Dourou : "Avec Indignez-vous !, on doit un grand merci à Stéphane Hessel"

 

Rena Dourou : "Avec Indignez-vous !, on doit un grand merci à Stéphane Hessel"

MORT DE STÉPHANE HESSEL. Avec les Indignés de Madrid ou d’Athènes, l’appel de l’ancien résistant Stéphane Hessel avait  trouvé un écho concret dans les luttes contre la dictature des marchés. Irène Dourou, députée de Syriza, expliquait dans l'Humanité Dimanche, ce que Indignez-vous lui a apporté.

« En raison de 48 heures de repos obligatoire, coup de fatigue oblige, j'ai eu l'occasion de relire, en grec, le petit livre de Stéphane Hessel, Indignez-vous!. Il s'agit de ce jeune homme de 93 ans qui vient d'écrire un livre qui compte parmi les plus forts de ces dernières décennies. Et, à vrai dire, j'étais jalouse de ce court texte. En fait, j'aimerais remercier Stéphane Hessel de ce livre. D'avoir pris la décision d'écrire, au cours de cette période, si chargée politiquement, socialement, économiquement, et de nous offrir une boussole si précieuse. Car il s'agit d'une importante feuille de route, surtout pendant ces temps si difficiles, caractérisés par "le plus, encore plus", sans prendre en considération les conséquences de cette croissance destructive, qui domine actuellement sur notre planète.

On doit un grand "merci" à Stéphane Hessel, car au lieu de savourer les exploits de son passé (survivant des camps nazis, résistant, membre de la commission de l'ONU qui a élaboré la Déclaration universelle des droits de l'homme en 1948), il devient, à nouveau, sans chercher de récompense, partie de l'avant-garde de nos jours et, comme dans le passé face au régime nazi, il montre la voie de la résistance, pas seulement aux jeunes mais également à tous ceux qui aspirent à surmonter l'impasse créée par la folie de la consommation sans borne et sans avenir. Utilisant des mots simples, qui vont directement au cœur et à l'esprit, Hessel nous interpelle : "Mettez fin à l'indifférence ! Les inégalités immenses entre les plus pauvres et les plus riches, l'épreuve que connaissent les droits de l'homme, la situation de la planète qui s'aggrave chaque jour, ne sont que quelques pistes pour exprimer notre indignation. Le monde d'aujourd'hui offre un tas de raisons pour faire de la résistance. Si vous cherchez, vous allez trouver des causes qui vont justifier votre indignation", nous dit Hessel.

Stéphane Hessel ne veut pas imiter les jeunes, comme certains le font (parmi eux également quelques Grecs). Il n'appelle pas à la révolte armée : "La non-violence est le moyen le plus sûr pour mettre fin à la violence", écrit-il, ayant compris que la force pacifique des peuples n'est autre que leur réelle indignation face au bouleversement de leurs droits acquis depuis des années. Il s'agit justement de la force exprimée tous les jours par des milliers de gens rassemblés sur la place de Syntagma. Beaucoup parmi eux, peut-être, n'ont jamais eu l"occasion de lire son appel. Certains ignorent même son existence. Pourtant ils sont en train d'exprimer son esprit. L'esprit d'un vrai RÉSISTANT, qui n'appartient pas seulement au XXe siècle mais également au XXIe !

Monsieur Stéphane Hessel, veuillez accepter nos remerciements qui viennent droit de notre cœoeur !

 

http://www.humanite.fr/rena-dourou-avec-indignez-vous-doit-un-grand-merci-stephane-hessel

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26 janvier 2015 1 26 /01 /janvier /2015 20:04

Rena Dourou : "Une conférence nationale de Syriza pour réussir un parti pour et par le peuple"

Rena Dourou : "Une conférence nationale de Syriza pour réussir un parti pour et par le peuple"

Du 30 novembre au 2 décembre aura lieu, à Athènes, la Conférence nationale de Syriza. Fondée en 2004, cette coalition regroupe aujourd’hui 17 partis du spectre de la gauche. Sa principale composante est Synaspismos. Alexis Tsipras en est la figure politique la plus connue. Entretien avec la députée Rena Dourou sur les enjeux de cette conférence nationale.

En juin 2012, alors que Syriza avait des chances d’arriver en tête des élections législatives, la coalition avait déposé des statuts de parti pour s’assurer la prime de 50 sièges dont bénéficie le parti arrivé en tête. C’est, finalement, Nouvelle démocratie (droite) qui est arrivé 1er, qui a raflé les 50 sièges supplémentaires à la Vouli, et qui dirige un gouvernement de coalition soutenu par le Pasok (social-démocratie), et Dimar (centre-gauche). Cependant, l’instabilité politique règne aujourd’hui en Grèce. Syriza incarne, dans les urnes désormais, dans les rues de plus en plus, la principale force de rupture avec l’austérité. Aussi, en cas d’élections anticipées, elle pourrait arriver en tête. En outre, le paysage politique grec, extrêmement morcelé à gauche, et le système électoral, forcent cette coalition à se transformer. Enfin, sur le fond, les points de convergence entre toutes les forces de Syriza sont plus importantes que leurs divergences. Le premier d’entre eux : mettre un terme aux mémorandums signés entre les différents gouvernements depuis 2010, avec la troïka (BCE, UE, FMI) et mettre un coup d’arrêt à l’austérité. Pour toutes ces raisons, Syriza se transforme.

Quel est l’objectif de cette conférence ? Quelle étape marque-t-elle ?

Rena Dourou. Cette conférence marque une étape très importante, de maturité en vue des évolutions importantes à venir, qu’il s’agisse d’échéances électorales ou des mouvements sociaux. Nous essayons de nous prémunir en vue de changements radicaux en passant par un processus de refondation de notre outil commun, c’est-à-dire de notre parti. Car en fait il ne s’agit aujourd’hui pas d’un parti unifié mais d’une coalition de plusieurs composantes. Sans perdre la vitalité qu’apportent à notre effort commun les différentes sensibilités de gauche, notre pari est de fonder un outil de gauche, pluraliste, démocratique, en mesure de répondre aux défis cruciaux imposés par la crise économique et sociale. L’enjeu est décisif : nous n’avons pas le luxe du temps et devons agir vite et de façon efficace. Car la société, les gens qui souffrent ne peuvent plus attendre. Du succès de cette conférence dépendra l’avenir de la nouvelle formation. Une formation politique du peuple et pour le peuple !

La question de la sortie de la Grèce de la zone euro sera-t-elle abordée lors de la conférence nationale ? Quelles réponses sont élaborées ?

Rena Dourou. Syriza est en train de préparer un programme de gouvernement crédible qui prévoit la façon dont nous mènerons notre politique à l’intérieur de la zone euro. C’est dans ce cadre que nous préparons l’évolution de notre parti. Nous demandons la participation à ce processus de tous les citoyens qui se sentent proches des revendications de Syriza ; nous leur demandons de venir vers nous, de s’inscrire au nouveau parti et de participer activement à ses activités. La formation de cette nouvelle force politique veut changer la donne politique. Au cours de cette étape, nous nous occuperons des questions de structure et d’organisation. Car l’enjeu est fondamental est de réussir un parti pour et par le peuple.

Que vise Syriza s’il devait arriver en tête d’élections anticipées ? Une politique de gauche peut-elle être menée en Grèce actuellement et en suivant quelles priorités ?

Rena Dourou. Syriza envisage très sérieusement la question des alliances. Si Syriza arrive en tête des élections, il va créer un gouvernement où il serait au centre d’une coalition. Notre culture politique est caractérisée par l’idée des alliances. Et nous adressons déjà un appel vers les électeurs des autres partis de gauche car ce sont eux qui vont imposer leur choix à leurs leaders.

Une politique de gauche doit être basée sur la question économique et sociale, imposée par la politique de rigueur. La situation y est très critique : il faut arrêter le désastre en cours et essayer de changer la politique actuelle. Une tâche énorme mais nécessaire qui demande la mobilisation de ces couches sociales qui subissent, sont frappées, et punies actuellement par l’application des lois du mémorandum de rigueur.

 

http://www.humanite.fr/rena-dourou-une-conference-nationale-de-syriza-pour-reussir-un-parti-pour-et-par-le-peuple

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26 janvier 2015 1 26 /01 /janvier /2015 20:03

Rena Dourou : "Le changement en Grèce, c’est dimanche !"

candidate de Syriza aux élections législatives en Grèce.
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Rena Dourou : "Le changement en Grèce, c’est dimanche !"

Àtrois jours du scrutin crucial en Grèce, le président français est intervenu dans le débat électoral. Il a accordé une interview à Olga Tremi, la présentatrice vedette du 20 heures de la chaîne privée Méga, dans laquelle, tout en niant vouloir intervenir dans le débat, il a appelé les Grecs à faire très attention à leur choix 
de dimanche. Sinon, le danger guette… Quel sorte de danger ? La sanction : 
être obligés de quitter la zone euro. 
Tout en niant vouloir donner des leçons, M. Hollande nous a prévenus : attention, sinon… Avec tout le respect que j’ai pour le nouveau président des Français, il faut quand même lui signaler l’état de délabrement dans lequel se trouve déjà la Grèce. Par exemple, dans plusieurs hôpitaux manque le matériel le plus élémentaire (pansements, seringues…). Sait-il que, dans les écoles, cette année, 
les élèves n’avaient pas de livres, que 
le système de Sécurité sociale s’est effondré en raison des politiques de rigueur appliquées sans aucun égard pour les plus faibles qui aujourd’hui se trouvent obligés de payer leurs médicaments ? La perspective d’une 
sortie de la zone euro ne réjouit personne mais comment demander aux gens, qui sont au bout du rouleau, de voter pour ceux qui veulent continuer la même politique ? Le président de la République française a parlé avec respect pour le peuple grec – rien à voir avec l’air hautain de plusieurs représentants non élus de l’Union européenne qui ont tendance à traiter le peuple grec comme un gosse mal élevé. Mais, au fond, il n’a pas dit autre chose qu’eux : vous devez continuer la même politique, sinon, exit de la zone euro ! L’enjeu de ce scrutin est tout autre : soit on prend les mêmes et on continue dans la voie tracée par le FMI, la BCE 
et la Commission, la voie de la rigueur, des baisses de salaires, des pensions, etc. ; soit on décide de changer radicalement 
de politique en mettant l’accent sur 
le retour de la croissance, la solidarité, l’emploi. De cette façon le peuple grec deviendra le nouveau paradigme pour les peuples européens. Le paradigme selon lequel on peut rejeter les diktats des marchés, des banques et de leurs représentants. François Hollande 
vient d’être élu avec le slogan : 
« Le changement, c’est maintenant. » Justement, Monsieur le président, dimanche, en Grèce, on va tout changer !

 

http://www.humanite.fr/rena-dourou-le-changement-en-grece-cest-dimanche

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26 janvier 2015 1 26 /01 /janvier /2015 20:01

Rena Dourou : "L’Aube Dorée a depuis longtemps, en toute impunité, imposé sa loi "

Rena Dourou : "L’Aube Dorée a depuis longtemps, en toute impunité, imposé sa loi "

La députée de Syriza, a été agressée, ce matin, sur la plateau de la chaîne grecque Antenna 1, par un député de Chryssi Avghi, l’extrême-droite néofasciste, lors d'un débat en vue des législatives du 17 juin prochain. Elle réagit en exclusivité pour l’Humanité.fr.

Rena Dourou, vous avez été agressée sur un plateau télévision par un député de Chryssi Avghi. Pourquoi ? L’extrême-droite se sent-elle décomplexée suite aux résultats des élections du 6 mai ?

Rena Dourou. L’extrême droite se sent surtout décomplexée en raison de la politique menée par les deux partis qui sont au pouvoir depuis des décennies, leur peu de considération pour la politique d’immigration. En fait, les socialistes et les conservateurs ont laissé faire les fachos dans les banlieues dites « difficiles » où l’Aube Dorée a depuis longtemps, en toute impunité, imposé sa loi, c’est-à-dire sa violence contre les étrangers, en présentant cette violence comme une « solution efficace » face à l’ immigration.

Pourquoi Syriza et le KKE ont-ils été visés lors de cet acte de violence ?

Rena Dourou. Ces deux partis ont été visés parce que la Gauche a toujours été la cible préférée de l’extrême droite. Mais pour ce qui est de SYRIZA, il faut souligner que la rhétorique électorale adoptée récemment par la Nouvelle Démocratie [le parti de droite, NDLR] à l’égard de notre parti, emploie un argumentaire qui fait penser à un retour aux origines d’une droite dure, avec des relents d’anticommunisme primaire...

Comment la situation politique évolue-t-elle en Grèce ?

Rena Dourou. La crise économique est en train de se transformer en crise de démocratie, comme on l’avait déjà souligné depuis le début de la crise de la dette. Il n’est aujourd’hui plus seulement question de sauver l’économie mais notre démocratie.

 

 

http://www.humanite.fr/rena-dourou-laube-doree-depuis-longtemps-en-toute-impunite-impose-sa-loi

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26 janvier 2015 1 26 /01 /janvier /2015 19:59

Alexis Tsipras : « Angela Merkel n'est pas la propriétaire de l'Europe »

Alexis Tsipras : « Angela Merkel n'est pas la propriétaire de l'Europe »

Alexis Tsipras a été reçu par les députés du PCF et du Front de gauche à l'Assemblée nationale ce lundi après-midi. Le leader de Syriza, coalition la mieux placée dans les intentions de vote des Grecs avant les législatives du 17 juin, appelle les Européens à rompre avec l'austérité et à changer de stratégie pour l'Union européenne.

Le chef de la coalition de gauche s'est exprimé aux côtés de Pierre Laurent, président du Parti de la gauche européenne, et Jean-Luc Mélenchon, candidat Front de gauche à la dernière présidentielle française. Il a affirmé que le sort de la Grèce devait se décider dans les urnes grecques et non à Berlin, chez la chancellière allemande Angela Merkel, à Francfort, siège de la Banque centrale européenne, ni à Washington, au FMI.

"La Grèce est un pays souverain"

"La Grèce est un pays souverain. Ce n'est pas à Mme Merkel de décider si nous allons avancer vers un référendum ou non. Mme Merkel doit comprendre qu'elle est un partenaire comme les autres (...) dans une eurozone sans locataire ni propriétaire", affirmait le leader de Syriza avant de se rendre à Berlin ce mardi.

 

Vidéo l'Humanité.fr : "Mme Merkel n'est pas la propriétaire de l'Europe"

 

http://www.humanite.fr/monde/tsipras-la-grece-est-souveraine-cest-elle-de-decider-496984

 

Les législatives devront sanctionner le plan d'austérité imposé à la Grèce par l'Union européenne, le FMI et la BCE. "Il n'y a rien à négocier dans le mémorandum. On ne négocie pas avec l'enfer. Ce qu'il s'agit de rediscuter, ce n'est pas le mémorandum, mais la dette publique", a-t-il fait valoir.

Quant à François Hollande, qu'Alexis Tsipras souhaitait rencontrer, le leader de Syriza explique "comprendre qu'il ne veuille rencontrer que des chefs de gouvernement". Mais, prévient-il, "François Hollande ne pourra renier facilement ses promesses, sinon il deviendra Hollandreou." Il reprend ainsi le jeu de mot de Jean-Luc Mélenchon durant la campagne présidentielle. "François Hollande doit comprendre qu'il lui faudra répondre à des questions cruciales. Si le peuple français a envoyé Nicolas Sarkozy en vacances au Maroc, c'est pour faire une autre politique que celle de Nicolas Sarkozy."

 

Vidéo de l'Humanité.fr : Alexis Tsipras et les promesses de François Hollande

 

 

 

http://www.humanite.fr/monde/tsipras-la-grece-est-souveraine-cest-elle-de-decider-496984

 

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26 janvier 2015 1 26 /01 /janvier /2015 19:58

Grèce: Syriza contre-attaque aux critiques de Daniel Cohn-Bendit

Grèce: Syriza contre-attaque aux critiques de Daniel Cohn-Bendit

Exclusivité l'Humanité.fr.  Dans une lettre que nous révélons ce vendredi, Syriza, par la plume de sa députée Rena Dourou, répond aux attaques répétées à son encontre du député Vert allemand au Parlement européen Daniel Cohn-Bendit.

Syriza a décidé de ne plus rien laisser passer des jugements de Daniel Cohn Bendit à son encontre. Ce vendredi,  la députée grecque Rena Dourou a démonté les arguments de l'euro-député qui amalgame les propositions du parti de la gauche radicale avec celui d'Aube dorée, parti néo-nazi grecque, et qui déforme et dénigre les propositions du mouvement mené par Alexis Tsipras ("C’est un programme de mensonge. C’est complètement idiot. Et c’est de la folie").

Pour des raisons électoralistes

"Vous, une icône de la révolte de mai 68, vous avez choisi comme cible, au cours de votre conférence de presse aux côtés du représentant des Verts grecs, M. Chrysogelos, la gauche, SYRIZA, et non pas les socialistes ou les conservateurs qui, pourtant, sont responsables de la faillite actuelle de notre pays! Pour des raisons électoralistes, c’est-à-dire rejeter une coalition des Verts avec la gauche, vous avez choisi de vous tourner contre SYRIZA, en ridiculisant et en déformant son programme et ses propositions", écrit Rena Dourou.

Cohn-Bendit fait le jeu des deux partis au pouvoir depuis 38 ans

Cette dernière réfute dans le programme de Syriza la proposition d'«un salaire minimum à 1.300 euros», comme l'assure Daniel Cohn Bendit. Elle s'érige ensuite contre le "peu de respect pour le peuple grec et ses institutions démocratiques" du député européen qui prédit le pire, en cas de victoire de Syriza le 17 juin lors des législatives: "Les gens, à qui elle aura fait des promesses non tenues, descendront dans la rue. Avec le risque de chaos social et de recours à l’armée. Il existe des précédents en Grèce!"

Elle dénonce enfin ces attaques répétées de Daniel Cohn-Bendit à l'encontre de Syriza, reprises "en boucle par tous les médias, surtout ceux qui soutiennent les deux partis au pouvoir depuis 38 ans. Ce sont les mêmes médias qui ont passé sous silence vos positions sur le coût de l’armement militaire sur les finances publiques de la Grèce... Un détail certes révélateur qu’aurait dû vous inquiéter..."

 

  • A lire aussi:

"Quel gâchis, M. Cohn-Bendit", lettre ouverte de Rena Dourou, députée Syriza

"Angela Merkel n'est pas propriétaire de l'Europe", Alexis Tsipras

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26 janvier 2015 1 26 /01 /janvier /2015 19:55

Merci la Grèce

L’éditorial de Jean-Paul Piérot. "Le peuple grec vient de donner à l’Europe tout entière une magnifique leçon de démocratie, de maturité politique et de courage."

Le peuple grec vient de donner à l’Europe tout entière une magnifique leçon de démocratie, de maturité politique et de courage. Les deux partis qui ont dominé la vie politique pendant des décennies – le parti socialiste Pasok et la droite Nouvelle Démocratie – ont conduit le pays au bord du gouffre avant que les politiques d’austérité, dictées par la troïka (Commission européenne, FMI et la BCE), ne commencent à l’y précipiter tout à fait. Leur discrédit a été sanctionné dans les urnes, clairement, puissamment, calmement. Tous les dirigeants européens et des institutions financières qui se sont employés pendant des semaines à menacer, à faire la leçon, tels des docteurs Diafoirus, sur l’air d’il n’y a pas d’alternative à la saignée, se sont également disqualifiés.

La dévastation sociale qui a été imposée, au nom du remboursement de la dette et du renflouement des banques, aux salariés, aux retraités, à la jeunesse aurait pu – il y a des exemples ailleurs – favoriser un vote de repli, de vaine protestation. Il n’en a rien été. En plaçant largement en tête Syriza et son chef de file, Alexis Tsipras, les Grecs ont choisi la gauche qui propose une alternative progressiste, sociale et démocratique à la politique d’austérité.

L’espoir vient, ont répété les militants de la gauche pendant toute la campagne. Aujourd’hui, l’espoir est là pour la Grèce, mais aussi pour l’Europe. Rarement scrutin national n’avait été autant observé dans toute l’UE que celui qui vient d’ouvrir une brèche dans l’eurolibéralisme. Bien sûr, dimanche, les grands prêtres de la politique d’austérité étaient rongés d’inquiétude, et ils avaient raison de l’être. Mais, dans toute l’Europe, chez les salariés, au sein d’une gauche qui ne renonce pas à la transformation sociale, le vote grec est une excellente nouvelle. Il ouvre la possibilité de remettre en cause, à une échelle beaucoup plus vaste, le dogme de l’Europe libérale, de la concurrence libre et non faussée, que les Français rejetèrent par référendum, il y a tout juste dix ans. À cette époque, les dirigeants européens et Nicolas Sarkozy avaient réussi à étouffer un temps la démocratie. Elle rejaillit avec une force décuplée du côté d’Athènes. Le combat pour l’Europe sociale prend une nouvelle vigueur. Merci la Grèce.

 

http://www.humanite.fr/merci-la-grece-563599

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26 janvier 2015 1 26 /01 /janvier /2015 19:54

Tsipras, conscience grecque et clairvoyance européenne

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Ses adversaires le décrivent comme un démagogue prêt à quitter la zone euro. Alexis Tsipras est en fait un pro-européen convaincu, sûr que l’Union est menacée d’éclatement si elle reste sourde au désarroi des peuples.
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