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24 janvier 2015 6 24 /01 /janvier /2015 00:18

Syriza : "Nos partenaires et soutiens en France sont de gauche"

 

Photo : Pierre Andrieu/AFP
Photo : Pierre Andrieu/AFP
Dans un communiqué de son bureau de presse publié hier, Syriza a réagi aux propos du Front national et s'en distingue nettement. Nos amis grecs nous ont demandé de le transmettre aux rédactions.

Le voici: "La montée de SYRIZA et des forces progressistes en Europe est un bastion contre la montée de l’extrême droite que représente Marine Le Pen, mais aussi un message pour la défense de la démocratie contre ses ennemis. Nos partenaires et nos soutiens français sont divers et ils s'élargissent. Ils sont de gauche, comme l'a prouvé le meeting du 19 janvier à Paris".

Parti communiste français

 

http://www.humanite.fr/syriza-nos-partenaires-et-soutiens-en-france-sont-de-gauche-563327

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24 janvier 2015 6 24 /01 /janvier /2015 00:16

Syriza leur donne le tournis

 

« L’espoir vient ». Une affiche de Syriza dans le centre-ville d’Athènes.
Photo : Louisa Gouliamaki/AFP
L'éditorial de Jean-Paul Piérot. "Onze millions de Grecs donnent le tournis à toute l’oligarchie européenne, de Bruxelles, où siège la Commission, à Francfort, qui abrite les bureaux feutrés de la BCE."

Onze millions de Grecs donnent le tournis à toute l’oligarchie européenne, de Bruxelles, où siège la Commission, à Francfort, qui abrite les bureaux feutrés de la BCE. Ils hantent les nuits des hiérarques du FMI, qui avaient brandi la menace de l’asphyxie financière pour tenter de contraindre les députés d’élire un président présenté par un pouvoir discrédité. Pendant des semaines, une pression formidable fut exercée sur le Parlement par la sainte alliance de l’eurolibéralisme, pour qu’il prive le peuple d’une élection législative anticipée, seul moyen constitutionnel de sortir le pays du marasme où l’ont plongé conjointement la droite et le Pasok (parti socialiste). Athènes, la patrie de Démosthène, réclamant la démocratie, c’est plus qu’en put supporter Angela Merkel, qui osa évoquer l’exclusion de la Grèce de la zone euro au cas où Syriza remporterait le scrutin ! Mais la chancelière allemande ne fut pas seule, loin s’en faut, pour soutenir, un peu lourdement, son ami politique Antonis Samaras. Le conservateur grec obtint également l’appui d’un socialiste français, Pierre Moscovici, devenu commissaire européen. Il n’est pas sûr que ces prises de position n’aient pas finalement été aussi contre-productives qu’une corde soutenant un pendu. Tout se passe comme si plus les chantres de la politique austéritaire ont défilé à Athènes pour tenter de sauver la mise au gouvernement, plus la gauche grecque et son leader, Alexis Tsipras, ont accru leur capital de confiance auprès de la population.

N’ayant pu convaincre que Syriza serait « anti-européenne » ou « populiste », certains essaient de faire bonne figure, de tenter par avance d’amortir l’impact d’un vote qu’ils redoutent pourtant. D’autres tentent de polluer la montée de la gauche, telle Marine Le Pen qui prétend « souhaiter sa victoire ». Une minable manœuvre pour tenter redorer le blason brun d’une extrême droite dont une partie est compromise par un soutien à la coalition sortante et une autre dans des actions criminelles.

« L’espoir vient », proclame le slogan de Syriza. Pour la gauche, dans toute l’Europe.

 

http://www.humanite.fr/syriza-leur-donne-le-tournis-563348

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24 janvier 2015 6 24 /01 /janvier /2015 00:15

Au cœur d’athènes, une officine fait de la résistance à l’austérité

 

Photo : Stefania Mizara
Sofia Tzitzikou au dispensaire social KIPA sur l’avenue Mesogion, vaste artère qui relie Athènes à Marathon.
Photo : Stefania Mizara
Pharmacienne, Sofia Tzitzikou est l’un des piliers du dispensaire social d’Omonia, dans le centre d’Athènes. Avec son compagnon, 
Thanassis Kourtis, un Kurde originaire de Syrie, elle résiste à l’austérité en donnant chaque jour sens au mot « solidarité ».
http://www.humanite.fr/au-coeur-dathenes-une-officine-fait-de-la-resistance-lausterite-563409
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24 janvier 2015 6 24 /01 /janvier /2015 00:11

Dix voix solidaires du peuple grec et de Syriza

et Gérald Rossi

Mercredi, 21 Janvier, 2015
L'Humanité
Photo : Patrick Nussbaum
Photo : Patrick Nussbaum
Après le succès du meeting parisien, dix voix expriment leur soutien : Susan George, Pierre Larrouturou, Guillaume Balas, Ana Azaria, Pierre Laurent, Jean-Luc Mélenchon, Cécile Duflot, Jeannette Habel, Clémentine Autain et Liem Hoang Ngoc.
  • «Une politique de punition des peuples qui ne dit pas son nom » par Susan George, présidente d’honneur d’Attac
Attac apporte toute sa solidarité à Syriza non seulement parce que son programme est le seul en mesure de changer le destin des Grecs humiliés, appauvris, meurtris, attaqués de toutes parts, privés d’avenir et d’espérance. Mais aussi parce que la victoire de Syriza peut être une victoire pour tous, en provoquant un réexamen de fond en comble de la dette grecque. Et partant de la dette de tous les pays de l’Union européenne. Nous sommes face à un discours quasi religieux et à une politique de punition des peuples qui ne dit pas son nom et qui, surtout, ne dit jamais que les prêts de la troïka à la Grèce ont servi essentiellement à rembourser les banques françaises et allemandes. Ces prêts n’ont en rien contribué au bien-être du peuple grec. Au contraire, ils ont augmenté la dette qui l’écrase et ils aggravent les atteintes aux droits de l’homme. Une commission d’audit de la dette grecque établie par un gouvernement Syriza découvrirait très vite tous les éléments de ce que les juristes appellent la dette odieuse. Une dette odieuse, illégitime, qui ne peut pas et ne doit pas être intégralement remboursée. Personne n’a élu la troïka, ni les dirigeants des banques françaises et allemandes ni les gouverneurs de la Banque de France ou de la Bundesbank. Nous en avons assez de la stupidité économique et des conséquences désastreuses de la politique néolibérale qu’ils nous imposent. 
 
  • «Les Grecs continuent 
de se battre. Ils croient encore 
à la démocratie, malgré l’Europe qui les a humiliés » par Pierre Larrouturou, porte-parole de Nouvelle Donne
 
Nous avons tous la conviction de vivre un moment crucial de l’histoire de la Grèce, de l’histoire de notre pays, de l’histoire de l’Europe. Partout, les peuples n’en peuvent plus de ces politiques d’austérité. Au bout de cinq ans de crise aiguë, alors qu’ils sont des millions à souffrir physiquement, avec de multiples difficultés pour vivre au quotidien, se nourrir, se soigner, se loger… les Grecs continuent de se battre. Ils croient encore à la démocratie, malgré l’Europe qui les a humiliés. Je note qu’aux européennes, ils ont voté à 60 %, beaucoup plus qu’en France et dans d’autres pays, et comme économiste, je veux dire une conviction : ce que dit Syriza est crédible et possible, en particulier sur la question cruciale de la dette. Si la Grèce pouvait se financer à 0,4 % comme le fait la France, elle serait en équilibre budgétaire. 
 
On nous dit parfois que nous sommes des extrémistes. Mais qui peut trouver normal que les banques empruntent le matin à 0,1 % et prêtent à la Grèce l’après-midi à 9 %. Soit 90 fois plus. Pourquoi ? Parce qu’elle est mal notée par les agences de notation. Si la note était meilleure, la Grèce ne serait plus en déficit ! 
 
Demain, si François Hollande le voulait, il pourrait dire : puisque la Banque centrale ne peut pas prêter directement à la Grèce, la France va financer la Grèce à 0,2 % via la Caisse des dépôts. Ce serait tout à fait légal et techniquement réalisable. C’est tout à fait possible, mais c’est une question de volonté politique. 
 
  • «Aujourd’hui, en Grèce, un parti de gauche peut prendre 
le pouvoir. Il peut faire bouger 
des lignes » par Guillaume Balas, député européen, membre du PS
 
Après le choc que vient de vivre notre pays et la réponse magnifique du peuple disant que ce n’est pas moins de démocratie ni de République qui résoudrait nos problèmes, je me suis réinterrogé sur la campagne européenne que nous avons tous vécue. J’y ai participé sur une liste dont le mot d’ordre était : l’austérité de Bruxelles n’est pas la solution. 
 
Après le vote, on m’a expliqué que nous sommes minoritaires même en additionnant les voix Front de gauche, écologistes et socialistes, et que, de fait, nous ne pouvons pas respecter ce programme. Pourtant, on ne peut ignorer que si la Grèce souffre tant, c’est à cause des politiques d’austérité. Le programme défendu par Syriza propose la mise en place d’une politique de rupture avec cette situation dramatique. Je suis socialiste, cela veut dire que je crois dans les valeurs de la démocratie et de la justice sociale, opposées aux non-valeurs capitalistes données en pâture à la jeunesse. Est-ce que Syriza aujourd’hui dit autre chose ? Est-ce que je dois être plus proche de ceux auxquels je me suis opposé pendant toute une campagne électorale ou bien est-ce que je suis plus proche de ceux qui disent singulièrement des choses qui ressemblent à ce que j’ai raconté pendant toute une campagne électorale ? 
 
Aujourd’hui en Grèce, un parti de gauche peut prendre le pouvoir. Il peut faire bouger des lignes. Et il sera bien difficile, après, de m’expliquer que, vraiment, on ne peut plus rien faire en Europe. 
 
  • «Les travailleuses du nettoyage licenciées par le ministère 
des Finances, symboles 
de la résistance sociale » par Ana Azaria, présidente de Femmes Égalité
 
Nous savons quel désastre humain a provoqué la politique d’austérité imposée par la troïka à la Grèce depuis cinq ans. Les licenciements, la diminution des salaires, la précarité, la destruction du système de santé, la détérioration des services publics ont affecté l’ensemble du peuple grec mais ils ont touché particulièrement les femmes. À commencer par les femmes des milieux populaires. 
 
Parmi elles, les travailleuses du nettoyage licenciées par le ministère des Finances grec, en lutte depuis septembre 2013, sont devenues le symbole de la résistance sociale. La situation que nous vivons en France comporte des similitudes. La politique d’austérité pousse de nombreux secteurs de notre fonction publique dans les bras de la sous-traitance. 
 
Dans nos écoles, les cantinières et les femmes de ménage sont en lutte à Strasbourg contre l’externalisation de leur service. Dans les gares parisiennes de la SNCF, les travailleuses qui nettoient les toilettes luttent contre un nouveau contrat qui va intensifier leur exploitation. Le peuple grec en lutte veut la chute du gouvernement Samaras et aspire au changement politique. Avec son programme anti-austérité, son engagement à l’appliquer et à tenir tête à la troïka, Syriza représente un espoir. Mais ce qui se passe en Grèce est aussi un espoir pour nous. C’est une brèche qui peut s’ouvrir, toute une dynamique contre la politique néolibérale en Europe qui peut se mettre en route. 
 
  • «Il faut engager la refondation démocratique et sociale 
de l’Europe entière, et la Grèce peut ouvrir le chemin » par Pierre Laurent, secrétaire national du PCF
 
Dimanche prochain le peuple grec peut relever la tête et nous aider à faire de même dans tous les pays européens. Enfin, la victoire d’un peuple européen est possible. C’est possible parce que le peuple grec n’a plus peur. Les marchés financiers, le FMI, la Commission européenne, Angela Merkel et d’autres multiplient les efforts pour terroriser les citoyens grecs. Mais ils ont perdu cette bataille, cela ne marche plus. Non seulement le peuple grec a trop souffert mais le programme de Syriza est le seul qui soit sérieux et réaliste pour sortir la Grèce de la crise. C’est le seul capable de faire face aux urgences sociales et au chômage de masse, de répondre aux exigences de redressement économique, d’assainissement démocratique face au système clientéliste existant. Ce programme est bon pour la Grèce et pour l’Europe que l’austérité étouffe. Cette victoire de Syriza serait une nouvelle chance donnée à toute l’Europe. Cette chance que François Hollande a gâchée en 2012 quand il n’a pas renégocié le pacte budgétaire européen. 
 
Désormais, notre gouvernement prétend que le peuple grec est libre de choisir ses gouvernants mais qu’il a pris des engagements auxquels il ne pourra pas déroger. Or si le peuple grec choisit Syriza, le respect de la démocratie impose de permettre au nouveau gouvernement d’appliquer son programme et de négocier à partir de celui-ci et non pas à partir des exigences des banques et de la troïka. Les forces libérales multiplieront les pressions, c’est pourquoi notre solidarité doit être durable, populaire, citoyenne. 
 
Cette victoire peut prouver que l’austérité n’est pas la seule voie, que relever le Smic, reconstruire le Code du travail sont des mesures plus utiles au redressement économique que la loi Macron que certains voudraient nous faire voter dans quelques semaines. Il faut engager la refondation démocratique et sociale de l’Europe entière, et la Grèce peut ouvrir le chemin. 
 
  • « Commencer une nouvelle page de la belle histoire des peuples» par Jean-Mélenchon, député européen Parti de gauche
 
Une page va se tourner et nous en aurons fini avec le martyr des peuples pris à la gorge pour acquitter uniquement les intérêts des banques. Nous en attendons un effet domino. Du moment que l’on est patient et opiniâtre dans la lutte, que l’on trace son chemin sans jamais faire aucun compromis pourri avec qui que ce soit, que l’on garde le visage pur et franc, le programme clair, alors on finit un jour ou l’autre par trouver le grand élan qui permet de renverser la table. 
 
C’est ce qui va se passer à Athènes, c’est ce qui se passera inéluctablement à Madrid, et, un jour, à Paris. Je lis dorénavant que nous sommes au seuil de gagner en Grèce, que Syriza serait une sorte de variante sociale démocrate. 
 
Si tel est le cas, pourquoi les sociaux-démocrates étiquetés n’ont pas pris la décision de remettre en cause la dette publique, d’augmenter le salaire minimum, d’instaurer la gratuité de la santé et de l’électricité ? Il paraît aussi que Mme Le Pen souhaite la victoire de Syriza mais le parti allié au sien, le parti Laos, gouverne en Grèce avec la droite et les sociaux-démocrates. Maintenant, on va commencer à parler dru sur ce continent. La dette de la Grèce ne peut pas être payée. 
 
Par conséquent, il faut que le gouvernement allemand comprenne que l’annulation de la dette qui a été bonne pour son pays, après la déroute de 1945 qu’il avait fallu lui infliger, est aussi bonne pour la Grèce qui n’a rien fait à personne. Et personne ne nous fera jamais oublier que M. Papandréou, président de l’Internationale socialiste, a appliqué le premier plan d’austérité et capitulé séance tenante devant les décisions de la troïka. Il n’est d’avenir qu’à la condition de rompre absolument avec le monde pourri et de commencer une nouvelle page de la belle histoire des peuples. 
 
«Nous devons faire vite bouger les politiques ankylosées d’une Europe qui s’étouffe d’elle-même et étouffe ses peuples» par Cécile Duflot, ancienne ministre du Logement, Europe Écologie-les Verts
 
Ma famille politique, c’est celle qui refuse la loi de la fatalité, celle qui se bat jour après jour contre les inégalités, celle qui n’accepte pas de croire qu’il n’y a qu’une seule politique. C’est la digue contre l’égoïsme libéral qui veut que le chacun pour soi devienne la norme et qui pense que le profit est la mesure de toute chose. 
 
Mes amis écologistes et moi en avons assez de prendre des leçons de responsabilité de la part d’irresponsables politiques, assez aveugles pour ne pas voir que, partout en Europe, la politique d’austérité conduit des millions de personnes désespérées à se détourner de l’idée européenne et à se jeter dans les bras des nationaux populistes. Nous voulons une autre politique en Europe, comme nous voulons une autre politique en France. Ce n’est pas une incantation, mais un appel à ouvrir une nouvelle séquence politique. C’est ici que prend sens notre soutien clair et entier à la dynamique politique de Syriza. Sa victoire changerait la donne. En Grèce, un peuple reprend espoir, relève la tête et nous ouvre le chemin. 
 
Cela nous met nous-mêmes au défi de forger une voie pour l’espoir dans notre propre pays. Nous devons faire bouger les lignes, les doctrines et les actes de la vieille gauche orthodoxe, non seulement sur la question économique mais aussi sur la question écologique pour reconstruire une vraie perspective de transformation, d’émancipation et de protection pour la planète, pour les hommes et pour les femmes. 
 
Nous devons faire vite bouger les politiques ankylosées d’une Europe qui s’étouffe elle-même et étouffe ses peuples. Le combat de Syriza ne s’arrête pas aux frontières grecques, c’est le combat de tous pour une Europe plus juste. 
 
  • «Il faut montrer qu’une autre politique est possible car les dirigeants européens ont peur 
de la contagion» par Jeannette Habel, coprésidente de la Fondation Copernic
Un espoir se lève en Europe et ce qui se passe en Grèce est un événement potentiellement historique. Face au désastre humanitaire, à la véritable contre-révolution sociale que connaît la Grèce, il est possible de transformer l’espoir en victoire. La tâche de l’heure, c’est d’empêcher que cette victoire soit confisquée. Les dirigeants européens vont tout faire pour enfermer le nouveau gouvernement de Syriza dans la « cage de fer » des traités européens. 
 
Le chantage est sur la table : « Il faut poursuivre les réformes structurelles, respecter les engagements pris par les précédents gouvernements, déclarent les dirigeants européens. Sinon on vous coupera les vivres et les crédits. » Mais de quels engagements parle-t-on ? Syriza devra respecter les engagements qu’il a pris envers son peuple, pas les diktats imposés par la troïka. Les dirigeants européens brandissent le drapeau de la démocratie, mais les masquent tombent. 
 
La Grèce est un test démocratique pour toute l’Europe. Enfin, c’est à Athènes que se joue le sort des politiques d’austérité. C’est pourquoi la solidarité envers le peuple grec est non seulement importante pour eux, mais décisive pour nous. Pour desserrer la poigne d’acier de Mme Merkel et de la Commission européenne, il faut montrer qu’une autre politique est possible car les dirigeants européens ont peur de la contagion. 
 
 
  • «Nous avons d’autres rêves du côté de l’émancipation humaine » par Clémentine Autain, Ensemble (Front de gauche)
 
Nous croyons comme Syriza que la lutte contre le chômage et la précarité passe par l’affirmation de nouveaux droits, que c’est une des conditions pour parvenir à fédérer le peuple. Et nous savons que les mesures liberticides sont le corollaire des politiques néolibérales qui défendent la logique austéritaire que nous combattons. 
 
Dans ce contexte, nous savons que la mobilisation populaire en Europe est un atout pour que Syriza puisse mettre en œuvre sa politique. Nous sommes loin du courant promis par la tradition socialiste mais qui lui a tourné le dos. En témoignent, entre autres, les déclarations du ministre Emmanuel Macron pour qui les jeunes de France doivent rêver d’être milliardaires. Nous soutenons Syriza et nous avons d’autres rêves du côté de l’émancipation humaine, du côté de la socialisation des moyens de production, du côté de la liberté, à mille lieux du monde qu’ils sont en train de construire.
 
Si Syriza gagne en Grèce, puis Podemos en Espagne en décembre, cela donnera du souffle pour porter en France et plus largement en Europe les voix de la transformation sociale et écologique. Nous aurons davantage d’arguments pour convaincre du bien-fondé d’un programme de rupture. Quand Syriza était récemment à 3 ou 4 %, Podemos n’existait pas. Et ils sont désormais aux portes du pouvoir. Les choses peuvent aller vite, parce que cela correspond à la situation que nous traversons, parce que les populations sont tendues et que le désastre social que nous connaissons peut conduire au pire mais aussi au meilleur. 
 
 
  • « Les créanciers de la Grèce gagneraient à considérer avec sérieux les propositions faites par Syriza» par Liem Hoang Ngoc, ancien rapporteur du Parlement européen sur la troïka
 
Une victoire de Syriza ouvrirait de nouvelles perspectives en Grèce et en Europe. C’est sans doute pourquoi les tenants de la pensée unique prêtent à nos camarades grecs les pires intentions. Avant même le résultat des élections, la Grèce est sommée de respecter ses engagements auprès de la troïka (BCE, Commission européenne, FMI). Alors que le Parlement européen n’a jamais été consulté. C’est en réalité à la BCE et à l’Erogroup, instance informelle où la voix de l’Allemagne prédomine, que les décisions les plus controversées ont été prises. 
 
La dette grecque aurait pu être restructurée immédiatement pour éviter l’impact récessif d’une austérité budgétaire trop brutale. C’était d’ailleurs la position du FMI, mais la France, l’Allemagne et M. Papandréou lui-même se sont opposés à cette restructuration en suivant les banques. Du coup, la combinaison d’une austérité budgétaire brutale et d’une baisse des salaires, que pudiquement certains appellent dévaluation interne, a plongé le Grèce dans une situation qui a amputé le PIB de 25 % en quatre ans. Le chômage, la pauvreté ont explosé. 
 

Alors que la légitimité démocratique et le bilan économique de la troïka sont précaires, les créanciers de la Grèce gagneraient à considérer avec sérieux les propositions faites par Syriza. Elles sont parfaitement réalistes.

 

http://www.humanite.fr/dix-voix-solidaires-du-peuple-grec-et-de-syriza-563306

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24 janvier 2015 6 24 /01 /janvier /2015 00:07

Vassilis Vassilikos : « La troïka est une entreprise de déshumanisation »

Photo : Laurent Giaudou/Opale
Vassilis Vassilikosest écrivain, auteur de Z
Photo : Laurent Giaudou/Opale
Devenu mondialement célèbre au début des années 1970 avec l’adaptation pour le grand écran par Costa Gavras de son roman éponyme « Z » qui recevra l’oscar du meilleur film étranger à Hollywood, Vassilis Vassilikos, 80 ans, reste une personnalité très respectées de Grèce. Après le rétablissement de la démocratie, le Premier ministre Andreas Papandreou lui demandera de devenir directeur des programmes à la télévision en 1981, un poste qu'il occupe jusqu’en 1984. Candidat symbolique pour le parti de la Gauche démocrate (Dimar) qui recueille entre 1 et 3% des voix dans les sondages, il porte un regard lucide sur la société grecque actuelle, un regard mêlé d’inquiétude et d’espoir, sombre devant la percée de l’Aube Dorée, un peu plus clair devant la possible victoire de Syrisa dont son parti Dimar est proche idéologiquement, et qui pourrait sortir la Grèce des griffes de la Troïka. Vassilis Vassilikos qui passé de nombreuses années en France racontent aussi sa nostalgie vis à vis d'une influence culturelle de la France de plus en plus réduite en Grèce.

Vassilis Vassilikos, vous avez écrit, puis lutter depuis votre exil en France, contre la dictature des colonels (1967-1974). Quarante ans plus tard, la Grèce subit la politique de la Troïka (FMI, BCE, Commission européenne). Le peuple grec est-il selon vous victime d’une nouvelle dictature ?
Vassilis Vassilikos : Je pense en effet que la Troika est une forme de dictature même si pour moi le mot dictature recèle avant tout une connotation militaire.  Je préfère  dire  que la Troïka est une « entreprise de déshumanisation ».  Elle est le bras armé d’un processus anti-démocratique qui a commencé avec le traité de  Maastricht.  Dès le départ il y avait dans cette Europe monétaire contre laquelle j’ai lutté aux côté de Jean-Pierre Chevènement et Régis Debray en militant pour le non en 1992, tous les ingrédients de  cette déshumanisation. Le texte m’avait beaucoup choqué du fait de l’absence d’un mot tout au long des 12 000 pages du traité ; et ce mot c’était le mot Culture. Or sans culture dans un projet politique il ne peut y avoir de construction sociale. Aujourd’hui encore, je ne m’explique pas comment un homme comme François Mitterrand dont j’aime les écrits de jeunesse autant que j’aime ceux d’André Gide, comment un homme de culture d’une telle envergure,  a pu laisser faire ça ?  Vingt ans plus tard, l’Europe ne va pas bien, elle est malade. Et la Grèce en pâtit tout particulièrement. Ceci dit, la Troïka n’est pas seule responsables de la crise grecque. L’autre grande  responsabilité revient à Georges Papandreou fils qui n’a pas su négocier avec ces institutions là. Les Grecs avaient trois rêves dans leur vie : une maison, une voiture et une retraite. Tout ceci acquis après de longues années de luttes sociales et fratricides et dans l’idée que personne ne toucherait à ces acquis. Pendant plus de trente ans des générations de grecs ont donné 30% de leur salaire qui devait assurer leur retraite et qui sont partis en fumer.  Ces trois choses essentielles aux yeux du peuple grec était négociable avant de signer. Papandreou aurait dû simplement rappeler que notre pays n’était ni les Etats Unis, ni la France, ni la Grande Bretagne.

Vous-même candidat de la Gauche démocratique (Dimar) lors de ces législatives anticipées, vous avez souvent critiqué Syriza. En 2012 par exemple, vous accusiez  ce jeune parti en pleine expansion,  de ne pas assez ouvrir le dialogue avec l’ensemble des composantes de la gauche grecque?  Deux ans plus tard, conservez vous ce sentiment là, et voyez vous dans la possible victoire de Syriza un espoir pour la Grèce et plus largement pour l’Europe ?
Vassilis Vassilikos : A l’époque, je vous rappelle que dans les couloirs de Syrisa, l’on parlait encore de sortie de l’Euro. Aujourd’hui, ils ont compris que ça n’était pas possible d’en sortir seul. Ce qui a permis à ce parti d’évoluer dans le bon sens. Je ressens désormais un sentiment d’injustice à l’égard de ce jeune parti qui s’apprête à prendre le pouvoir en devant gérer une situation d’urgence. Dans une union malade avec un pays moribond dans les mains, on ne peut pas faire grand-chose. Syriza pourra peut-être améliorer les conditions de vie immédiates des Grecs qui sont dans l’urgence. Mais nous ne sommes pas encore dans un moment de changement. Ce qui est dommage car la Grèce est un pays révolutionnaire au fond. Et s’il y a une chance infime de faire bouger les choses,  il  faudra de toute façon à Syrisa l’aide d’autres forces politiques comme les verts et notre parti Dimar (gauche démocratique) alors de nouvelles lignes de forces pourront naître.

Votre roman retranscrit sur écran par Costa-Gavras, Z, écrit en 1967, raconte comment dans une atmosphère anti-communiste primaire, la junte fasciste accède au pouvoir en commettant des crimes. Les événements d’aujourd’hui avec la poussée du parti néo-nazi d’Aube dorée, et les crimes commis par ce mouvement sont-ils de la même nature ?
Vassilis Vassilikos :La question que je me pose aujourd’hui, c’est pourquoi faut il qu’il y ait toujours un mort symbole dans une époque de pleine tension. Pourquoi faut-il toujours ce sacrifice pour que les gens bougent ?  Est-ce le christianisme qui fait ça ? « Mourir pour que tout refleurisse » Peut-être que c’est cela l’ Humain… je ne sais pas. Mais il y a quelque chose d’étrange, Au moment où se produisait l’assassinat de Pavlos Fyssas ( un rappeur grec assassiné par un membre néonazi de l’Aube dorée en 2013), on jouait Z au théâtre national. Or Z (zi) en langue Grec cela signifie « il est vivant ». Dans la mise en scène, il y avait les milices de l’Aube dorée qui remplaçaient les para-militaires qui étaient originairement décrit dans mon livre.  Et les jeunes qui ne connaissaient pas l’histoire de mon livre basé sur l’assassinat du député grec Grigoris Lambrakis par la dictature, ont trouvé écho dans cette pièce à ce qu’ils ont vécu. Ils étaient très émus. Il y a eu 5 représentations et à la fin de chacune d’entre elles ils criaient « Fyssas est vivant… » Moi j’en avais la chair de poule. La connexion entre les deux époques était faite. Mais selon moi les racines des deux tragédies ne sont pas les mêmes. A mon époque, la poussée fasciste  était la conséquence de la guerre civile qui aboutit au régime militaire et criminel des Colonels. L’Aube dorée est la conséquence directe de la crise économique. Il y a certes le noyau idéologique quasi hitlrien, le lien est là, mais cela concerne 200 personnes. Les autres sont des gens qui se sont peu à peu depuis une bonne dizaine d’années, infiltrés dans la société civile en aidant les grands-mères à traverser la rue, ou en donnant un peu d’argent de ci de là… à des Grecs de souche comme on dit en pointant du doigt l’étranger qui fait peur… C’est très curieux qu’un pays qui pendant un siècle et demi a été un peuple d’émigrants ne sache pas recevoir les gens qui viennent de pays en crise. Il faut dire que les médias dominants on su créer cette situation. En présentant les Albanais, les Roumains comme des voleurs et créant un climat de suspicion qui a permis à Aube Dorée d’éclore. Mais quand même cela m’étonne car je pense par ailleurs que les peuples ont une sorte d’ADN. Le peuple français a l’ADN révolutionnaire qui explose dans des circonstances qu’on ne peut pas prédire. Nous les Grecs, avons l’ADN d’un peuple occupé pendant des siècles avec les affres d’une vie d’immigrés sur notre propre terre. Nous avons donc l’habitude et l’intelligence de comprendre la souffrance de l’étranger en exil. Il ne faudrait pas que l’on perde cette mémoire là.

Vous avez beaucoup vécu en France. Quel regard aujourd’hui sur ce pays ?
Vassilis Vassiliko : Un monsieur que je ne connaissais pas et qui ne me connaissais pas non plus m’a parlé aujourd’hui au marché. Il m’a dit : « vous avez vu ils ont vendu des millions de Charlie Hebdo à Paris. Tout a été épuisé. C’était bien agréable d’entendre cet inconnu parler comme ça de Paris et de la France. Cette histoire a rallumé un vieil esprit qui nous relie  la France à la Grèce.
Evidemment je suis encore personnellement sous le choc de ce qui s’est passé à Paris et le meurtre perpétré dans les locaux de Charlie Hebdo. Mais étrangement, les manifestations du peuple français avec 3 ou 4 millions de personnes dans la rue ont fait se réveiller en Grèce un vieux  souvenir: la France est toujours un pays où le ferment démocratique ressurgit quand on s’y attend le moins, y compris et malgré les tentatives de récupérations du pouvoir et des partis dans cette affaire. La France est ce pays d’une alliance oubliée.  En ce sens je suis content que la Grèce reprenne conscience de cette vieille alliance avec la France. Ce drame a au moins réveillé ce beau et vieux souvenir. Car  le modèle culturel grec d’avant la mondialisation, s’inspirait fortement de la culture française dans un mouvement de flux et de reflux lié aux soubresauts de l’histoire. Dans cette perspective, la seconde guerre mondiale a rebattu les cartes. En 1947 lorsque les Etats Unis avec le président Truman à leur tête, ont adopté pour la première fois le dogme interventionniste, la Grèce fut le premier laboratoire de cette nouvelle politique. Le pays était en prise à la guerre civile et le péril communiste était dans toutes les têtes à Washington. Pour la première fois, les Américains prenaient la place de la Grande Bretagne dont l’empire s’effondre. Et le dogme a fonctionné. « Nous avons gagné en Grèce, donc nous allons intervenir dès que nous pouvons…en Corée, puis au Viet nam etc… » Dans le même temps, cette pensée pénètre bientôt l’intelligentsia qui était d’inspiration française. Des organismes liées à la politique culturelle américaine exportent des disques, des livres américains, des films hollywoodiens en Grèce…et les Grecs perdent peu à peu  la France. Et c’est paradoxalement l’arrivée de la junte en 1967 qui va donner un second souffle aux relations culturelles franco-grecques car beaucoup d’intellectuels viendront se réfugier à Paris. Dans les années 80, cette relation continuera d’exister au moins dans les premières années du premier mandat Mitterand, Papandreou arrivant lui aussi au pouvoir en 1981 avant que de nouveau les rivages de la France et de la Grèce ne s’éloignent.

Et vous-même dans cette histoire…
Vassilis Vassilikos : Moi ? J’ai connu la France dès mon plus jeune âge… ma mère avait appris le Français au couvent de Thinos, une île à moitié catholique où résidaient des Ursulines. J’ai donc vécu avec cette langue dès mon plus jeune âge. Et puis je suis allé au lycée Français de Salonique…là j’y ai découvert des amis qui ne m’ont jamais quitté depuis : Albert Camus, André Gide, Jean Paul Sartre… Plus tard d’autres écrivains beaucoup moins connus m’ont beaucoup touché… Aujourd’hui c’est Houellebecq qui fait l’actualité…un écrivain de grand talent j’en conviens…il a je le crois sincèrement redonné un souffle à la littérature française. Je viens d’ailleurs de lire son dernier livre Soumissions. Mais et ce n’est pas la première fois que l’on peut remarquer cela chez lui…je crains qu’il soit quelque peu à la dérive. Je crois qu’il s’éloigne de la raison malgré son talent. Maintenant il me fait penser à Oriana Fallaci, cette journaliste italienne que j’aimais beaucoup. Comme elle, il est passé de la critique à la paranoïa. Cette femme remarquable, elle avait était dans des réseaux de résistance à l’époque de Mussolini, elle fut l’amante de d’Alexandros Panagoulis, ce poète grec qui était mon héros. Mais son islamophobie la faite tomber dans la paranoïa. Et J’ai peur que Houellebecq, qui comme Fallacci est une personne très intelligente ne finisse dans la paranoïa. Il la touche dans ses livres. Mais la paranoïa littéraire est une chose, la paranoïa réelle en est une autre.

Vassilis Vassilikos est écrivain, auteur de Z

 

http://www.humanite.fr/vassilis-vassilikos-la-troika-est-une-entreprise-de-deshumanisation-563094


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24 janvier 2015 6 24 /01 /janvier /2015 00:04

Στις 25 Ιανουαρίου, είμαστε όλοι Ελληνες!

Reuters
Σλαβόι Ζίζεκ Σλοβένος φιλόσοφος και ψυχαναλυτής
Reuters
Αυτοί που επικρίνουν τους δημοκρατικούς θεσμούς μας, διαμαρτύρονται συχνά για τις εκλογές που δεν παρουσιάζουν ποτέ στους ψηφοφόρους πραγματικές επιλογές. Κατά κανόνα καλούμαστε να επιλέξουμε μεταξύ ενός κεντροδεξιού και ενός κεντροαριστερού κόμματος, των οποίων τα προγράμματα είναι σχεδόν αδιαφοροποίητα. Η 25η Ιανουαρίου, θα είναι μια εξαίρεση στο κανόνα: όπως στις 17 Ιουνίου 2012, οι έλληνες ψηφοφόροι θα πρέπει να σταθμίσουν στη πλάστιγγα από τη μια μεριά το κατεστημένο κι από την άλλη τον ΣΥΡΙΖΑ.

Δεν είναι λοιπόν καθόλου περίεργο που αυτή η πραγματική επιλογή πανικοβάλλει σήμερα τους ανθρώπους του κατεστημένου. Γι΄ αυτό απειλούν σκιαγραφώντας μια κοινωνία που βυθίζεται στο χάος, στη φτώχεια και στη βία αν το “κακό” κόμμα βγεί νικητής. Η απλή δυνατότητα μιας νίκης του ΣΥΡΙΖΑ κάνει όλες τις διεθνείς αγορές να τρέμουν. Και χωρίς έκπληξη παρατηρούμε την επανεμφάνιση της ιδεολογικής προσωποποίησης: οι αγορές ξαναρχίζουν να μιλούν σαν ζωντανοί άνθρωποι, εκφράζοντας την “ανησυχία” τους για τις συνέπειες της εκλογής μιας κυβέρνησης χωρίς λαϊκή εντολή συνέχισης της δημοσιονομικής λιτότητας.

Σιγά σιγά, πίσω από τά σχόλια του ευρωπαϊκού κατεστημένου μιας πιθανής νίκης του ΣΥΡΙΖΑ στην Ελλάδα, αναδύεται ένα όραμα. Την καλύτερη διατύπωση αυτού του οράματος τη βρίσκουμε στο άρθρο των Financial Times ( 19/12/2014), που υπογράφει ο Gideon Rachman : “Ο αδύνατος κρίκος της ευρωζώνης είναι οι ψηφοφόροι της”. Στον ιδανικό κόσμο που οραματίζεται το κατεστημένο, η Ευρώπη θα μπορούσε να απαλλαχθεί από τον “αδύναμο κρίκο”, αφήνοντας στους εμπειρογνώμονες την εφαρμογή των απαραίτητων οικονομικών μέτρων. Και αν θα έπρεπε να συνεχιστεί ο θεσμός των εκλογών, ο σκοπός τους θα ήταν η επιβεβαίωση της συναίνεσης των εμπειρογνωμόνων.

Από αυτή τη σκοπιά, οι ελληνικές εκλογές φαντάζουν σαν εφιάλτης. Πως λοιπόν το κατεστημένο θα μπορούσε να αποφύγει αυτή τη καταστροφή; Ο πιο σίγουρος τρόπος θα ήταν ο εκφοβισμός των ψηφοφόρων, λέγοντάς τους: “Νομίζετε πραγματικά πως υποφέρετε αυτό το καιρό; Και που να δείτε! Αν ο ΣΥΡΙΖΑ έρθει στην εξουσία, θα νοσταλγήσετε τη ξένοιαστη ζωή που περάσατε μέχρι τώρα!”

Θα μπορούσαμε επίσης να φανταστούμε πως ο ΣΥΡΙΖΑ εγκαταλείπει την Ευρώπη (ή πως η Ευρώπη τον διώχνει) με απρόβλεπετες συνέπειες, ή, πως η άσκηση της εξουσίας του καταλήγει σε ένα “θλιβερό συμβιβασμό”. Αυτή η τελευταία δυνατότητα θα μπορούσε μάλιστα να δημιουργήσει έναν άλλο φόβο: όχι τον φόβο μιας “μη ορθολογικής” συμπεριφοράς του ΣΥΡΙΖΑ μετά τη νίκη του, αλλά αντίθετα, τον φόβο ότι ο ΣΥΡΙΖΑ θα ενδώσει σε ένα “ρεαλιστικό” συμβιβασμό που θα απογοητεύσει τους ψηφοφόρους του, δημιουργώντας έτσι δυσαρέσκεια, την ενέργεια της οποίας δεν θα μπορούσε πια να χρησιμοποιήσει ο ΣΥΡΙΖΑ ως καλό αγωγό ...

Τι περιθώρια ευελιξίας θα μπορούσε να έχει μια κυβέρνηση ΣΥΡΙΖΑ; Παραφράζοντας τον αμερικανό πρόεδρο Μπους, δεν θα πρέπει να υποτιμάμε την διαβρωτική δύναμη του διεθνούς κεφαλαίου, κυρίως όταν αυτή συνδυάζεται με τη δολιοφθορά ενός ελληνικού γραφειοκρατικού διεφθαρμένου και πελατειακού κράτους. Μπορεί πραγματικά να επιβάλει ριζικές αλλαγές μια νέα κυβέρνηση υπό αυτές τις συνθήκες ;

Τη παγίδα αυτή διατυπώνει με σαφήνεια ο Τομά Πικετί στο βιβλίο του “Το κεφάλαιο στον εικοστό πρώτο αιώνα”, υποστηρίζοντας πως πρέπει να αποδεχτούμε τον καπιταλισμό ως μόνο αξιόπιστο σύστημα. Κατά συνέπεια, δεν έχουμε άλλα περιθώρια από το να επιτρέψουμε στον καπιταλιστικό μηχανισμό να λειτουργεί ελεύθερα, στη δική του σφαίρα, αναθέτοντας παράλληλα την άσκηση της ηθικής δικαιοσύνης σε ένα δημοκρατικό θεσμό εξουσίας, ο οποίος θα ρυθμιζει τους κανόνες που διέπουν το οικονομικό σύστημα, αναλαμβάνοντας επίσης την ανακατανομή του πλούτου.

Η λύση αυτή είναι ουτοπική με την στενότερη ερμηνεία του όρου. Ο Πικετί ξέρει καλά πως το μοντέλο που προτείνει θα μπορούσε να λειτουργήσει μόνο αν εφαρμοστεί σε διεθνή κλίμακα, χωρίς το εμπόδιο των συνόρων των εθνικών κρατών. (Διαφορετικά, το κεφάλαιο θα μπορούσε να βρει καταφύγιο στις χώρες με μειωμένη φορολογία). Μια διεθνής λύση τέτοιου τύπου, προϋποθέτει την ύπαρξη ενός υπερεθνικού οργάνου εξουσίας που θα διαθέτει και το κύρος και τα απαραίτητα μέσα ελέγχου. Η δημιουργία ωστόσο ενός τέτοιου θεσμού, είναι αδιανόητη στο πλαίσιο του σημερινού καπιταλιστικού συστήματος και των παρελκομένων πολιτικών μηχανισμών. Αν υπήρχε αυτή η
δυνατότητα, το πρόβλημα των οικονομικών και κοινωνικών ανισοτήτων θα είχε ήδη επιλυθεί. Για να βγούμε από αυτόν τον φαύλο κύκλο, δεν υπάρχει παρά μια λύση. Να κόψουμε τον γόρδιο δεσμό και να αναλάβουμε ένα σχέδιο δράσης. Ξέροντας, πως δεν πρέπει να περιμένουμε τις τέλειες συνθήκες για να δράσουμε: κάθε πρωτοβουλία λαμβάνεται εξ ορισμού “πριν”. Χρειάζεται πάντα μια αρχή για να οριστεί μια καινούργια πράξη. Αρκεί μόνο να συνυπολογιστούν οι μεταγενέστερες συνέπειές της.

Είναι δηλαδή εντελώς ουτοπικό να φανταστούμε πως μπορούμε να διατηρήσουμε το καπιταλιστικό σύστημα όπως λειτουργεί σήμερα, προσθέτοντας απλά έναν υψηλότερο φορολογικό συντελεστή σύμφωνα με τον Πικετί.

Και τι γίνεται με το φαραωνικό δημοσιονομικό χρέος; Η ευρωπαϊκή πολιτική απέναντι στις υπερχρεωμένες χώρες όπως η Ελλάδα, μπορεί να συνοψιστεί ως εξής: «επέκτεινε και προσποιήσου» ( επέκτεινε την εξόφληση των δανείων και προσποιήσου ότι όλα τα χρέη τελικά θα εξοφληθούν).

Γιατί όμως η αυταπάτη της εξόφλησης είναι τόσο πεισματική; Δεν είναι μόνο γιατί η σκέψη της εξόφλησης του χρέους είναι καθησυχαστική για τους γερμανούς ψηφοφόρους. Ούτε γιατί η διαγραφή του ελληνικού χρέους θα οδηγούσε άλλες χώρες όπως η Πορτογαλία, η Ιρλανδία, η Ισπανία, να διατυπώσουν το ίδιο αίτημα.

Οχι. Η εμμονή αυτή πηγάζει μόνο από την θέληση κάποιων να μην εξοφληθεί εντελώς το χρέος. Οι πιστωτές και οι διαχειριστές του χρέους κατηγορούν επίσης τις υπερχρεωμένες χώρες πως δεν αισθάνονται αρκετά ένοχες. Τις κατηγορούν μάλιστα πως αισθάνονται αθώες. Η πίεση αυτή αντιστοιχεί απόλυτα στο υπερεγώ της ψυχανάλυσης. Οπως σωστά το είχε διατυπώσει ο Φρόυντ, το παράδοξο του υπερεγώ είναι πως η ενοχή είναι ανάλογη της υπακοής στις ηθικές προσταγές του. Φανταστείτε λοιπόν έναν διαστροφικό δάσκαλο που δίνει δύσκολες εργασίες στους μαθητές του και τους χλευάζει σαδιστικά όταν τους βλέπει να διακατέχονται από άγχος και πανικό. Ο κύριος στόχος της χορήγησης του χρηματικού δανείου δεν είναι η εξόφλησή του με κέρδος. Είναι η απεριόριστη επέκταση του για να υποχρεώσει τον οφειλέτη να παραμένει σε κατάσταση διαρκούς εξάρτησης και υποταγής.

Πριν από δέκα χρόνια, η Αργεντινή αποφάσισε να εξοφλήσει το χρέος της στο ΔΝΤ, πριν από τη λήξη της ταχθείσας προθεσμίας (με τη βοήθεια της Βενεζουέλας). Η αντίδραση του ΔΝΤ ήταν απορίας άξια: αντί να επιδείξει ικανοποίηση για την αποπληρωμή του δανείου, το ΔΝΤ (ή μάλον οι ανώτατοι αξιωματούχοι του) ανησύχησε μήπως η Αργεντινή εκμεταλλευτεί την νέα ελευθερία και ανεξαρτησία της έναντι των διεθνών χρηματοπιστωτικών ιδρυμάτων, και εγκαταλείψει την δημοσιονομική λιτότητα, κάνοντας ανεύθυνες δαπάνες...

Το χρέος χρησιμοποιείται ως δικαίωμα ελέγχου και επιβολής κανόνων στον οφειλέτη. Για τον λόγο αυτό, πρέπει να διατηρείται πάντα σε μια κλίμακα προοδευτικής εξέλιξης. Κατά συνέπεια, υπάρχει μόνο μια προφανής, σωστή λύση: Αφού όλοι γνωρίζουν ότι η Ελλάδα δεν θα μπορέσει ποτέ να εξοφλήσει το χρέος της, θα πρέπει να βρεθεί το απαραίτητο θάρρος για την διαγραφή του. Οι οικονομικές συνέπειες είναι εύκολα διαχειρίσιμες. Χρειάζεται μόνο πολιτική βούληση.

Αυτή είναι και η μόνη μας ελπίδα να σπάσει ο φαύλος κύκλος της νεοφιλελεύθερης τεχνοκρατίας και των αντιμεταναστευτικών νευμάτων. Αν δεν κάνουμε κάτι, άλλοι, όπως η Χρυσή Αυγή ή το UKIP, θα το κάνουν στη θέση μας.

Στις Σημειώσεις για τον ορισμό της κουλτούρας, ο μεγάλος συντηρητικός Τ.Σ. Ελιοτ, επισημαίνει ότι κάποιες φορές, η μόνη δυνατή επιλογή είναι μεταξύ αίρεσης και απιστίας. Δηλαδή κάποτε, ο μόνος τρόπος αναβίωσης μιας θρησκείας είναι η ρήξη με το ετοιμοθάνατο δόγμα. Σ΄αυτό ακριβώς το σημείο βρισκόμαστε αυτή τη στιγμή στη σχέση μας με την Ευρώπη: Μόνο μια νέα “αίρεση” (που εκπροσωπεί ο ΣΥΡΙΖΑ ) μπορεί να σώσει αυτό που αξίζει να σωθεί από την ευρωπαϊκή κληρονομιά: τη δημοκρατία, την εμπιστοσύνη στο λαό, την ισότιμη αλληλεγγύη... Αν ο ΣΥΡΙΖΑ ηττηθεί, η Ευρώπη που θα επικρατήσει θα είναι η “Ευρώπη των ασιατικών αξιών” που δεν έχει βέβαια καμιά σχέση με την Ασία: υποδηλώνει μόνο την τάση του σύγχρονου καπιταλισμού αναστολής της δημοκρατίας.

Η πιο πολύτιμη ευρωπαϊκή κληρονομιά μας θα έχει τεθεί σε κατάσταση ομηρείας...

Μετάφραση: Βασιλική Παπαδάκη

 

http://www.humanite.fr/stis-25-ianoyarioy-eimaste-oloi-ellines-563322

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24 janvier 2015 6 24 /01 /janvier /2015 00:01

À Paris, des voix s’élèvent pour que l’espoir l’emporte en Grèce

Photo : Patrick Nussbaum
Pour tous, une victoire de Syriza en Grèce symboliserait l’espoir d’un virage politique à visage humain en Europe.
Photo : Patrick Nussbaum
Le gymnase Japy, à Paris, était lundi soir le point de convergence de la gauche politique, syndicale et associative qui a apporté son soutien à Syriza. Sa possible victoire dimanche donnerait du poids à ceux qui, en Europe, portent une alternative de gauche aux politiques d’airain menées en faveur des marchés.

Paris, Athènes, même combat. Lundi soir, au gymnase Japy du 11e arrondissement de la capitale, plus de 1 500 personnes se sont rassemblées en solidarité avec le peuple grec et pour soutenir Syriza. La coalition menée par Alexis Tsipras, qui incarne la gauche radicale et progressiste, peut l’emporter lors des législatives grecques du 25 janvier prochain. L’espoir et les vœux de victoire ont réchauffé les cœurs de tous les participants, invités par le Front de gauche et Attac, auxquels se sont joints Europe Écologie-les Verts, Nouvelle Donne et l’aile gauche du PS. Pierre Laurent, Jean-Luc Mélenchon, Cécile Duflot, Guillaume Balas, et tous les autres représentants politiques, ont rappelé à tous que l’avenir de toute l’Europe, aujourd’hui, se joue en Grèce. Une victoire de Syriza sonnerait le départ d’un renouveau d’une union continentale au service des peuples, et concerne tous ceux qui sont confrontés au dogme d’une austérité qui n’en finit plus de briser les politiques de justice sociale et 
de solidarité. Parce que, pour eux, le combat est commun, qu’il concerne aussi bien le pays où fut inventé la démocratie que celui des droits de l’homme, les militants rassemblés à Paris, lundi, ont apporté un soutien total au peuple grec, pour la Grèce, et pour l’Europe.

Ils disent non à Juncker, oui à Tsipras. Non à une Commission européenne qui impose l’austérité en sacrifiant les peuples, oui aux Grecs qui veulent élire Syriza pour une alternative à gauche. « Le rapport de force nous est extrêmement défavorable à l’échelle du continent, mais cela peut changer. L’étincelle, le vrai changement, peut venir d’une victoire lors des législatives en Grèce. C’est pour cela que je suis là ce soir », lance Jean. Membre de l’Union des étudiants communistes, le jeune homme de vingt-cinq ans était au milieu des militants rassemblés lundi soir au gymnase parisien de Japy, drapeau au poing. « La Grèce a été le laboratoire de mesures austéritaires qui ne servent qu’à empirer la situation. C’est pareil en France : même si elles sont moins brutales, elles avancent et détruisent. Quand je vois que l’Université d’Athènes a été fermée, je me dis qu’il y a danger, je me dis que l’avenir de nos jeunes est lié à celui des jeunes Grecs. Il faut combattre ensemble pour reprendre le pouvoir. Il n’y a pas de crise, mais des puissants qui se gavent sur le dos des autres », assène-t-il. Très critique à l’égard du projet européen sous sa forme actuelle, il rêve d’un virage à visage humain.

« Pour ouvrir quelque chose 
de neuf en Europe »

Comme pour tous les autres présents ce soir-là, la Grèce symbolise l’espoir. L’espoir de la fin de l’hégémonie de la droite, de la troïka, de l’austérité imposée par les dirigeants, d’Angela Merkel à François Hollande, qui font souffrir injustement les peuples et mettent à mal le projet européen. André, cinquante-huit ans et membre de la CGT, opine : « Il faut soutenir Syriza pour ouvrir quelque chose de neuf en Europe, pour redonner du souffle et de la crédibilité à la gauche. Pour prouver que la gauche, en Espagne, en Italie, en France, peut gagner et diriger sans trahir ses électeurs. C’est urgent. » C’est urgent et possible, n’en déplaise aux représentants de l’Union qui font campagne pour la droite, pour marginaliser Syriza, en menaçant le peuple grec de sanctions. « Nous, peuples d’Europe, ne céderons pas à ce chantage honteux. Toute ma solidarité va à la Grèce », martèle Jean-Charles, quarante et un ans, et militant du Parti de gauche. « Les Grecs ne sont pas les moutons noirs de l’Europe, poursuit-il. Ce ne sont pas des fainéants mais des gens qui souffrent. J’ai beaucoup d’estime pour eux. Ils sont en première ligne pour combattre la logique autoritaire de Bruxelles. Ils sont en première ligne pour défendre, réclamer et réaliser une Europe du progrès social, de la souveraineté populaire, où la démocratie a encore un sens, sans diktat de la finance. Je suis de tout cœur avec eux. »

Alexis Tsipras, qui brigue le poste de premier ministre en Grèce, était la figure de proue de la Gauche unitaire européenne lors des dernières élections européennes. La solidarité de mise à l’époque est toujours d’actualité. « Nous organisons des collectes pour que les Grecs qui ne vivent pas en Grèce puissent y aller pour voter, car il n’y a dans ce pays ni procuration ni possibilité de vote à l’étranger », lance tout sourire Alain, militant communiste. Une démarche nécessaire, qui enthousiasme les Grecs sur place, mobilisés en plein Paris. « On s’est engagé parce que chez nous, dans notre famille, chez nos amis, il y a beaucoup de souffrance », relate Chryssa, membre de Syriza. Autour d’elle, de nombreux jeunes venus entre 2011 et 2012, à cause de l’austérité imposée chez eux. Paris, c’est son prénom, est, lui, arrivé en 2007, et ne compte pas rentrer pour le moment. « Mes amis restés en Grèce sont passés d’un Smic de 400 euros pour huit heures par jour à cent euros par mois pour un travail d’une heure hebdomadaire », s’alarme-t-il.

Lukas, membre de Syriza et du PCF, a vu son père subir cette situation et attend beaucoup de l’élection du 25 janvier. « Le programme de Syriza répond aux aspirations les plus concrètes des citoyens. Il prévoit de remettre le Smic à 700 euros, ce qui sera une première bouffée d’air frais pour nombre d’entre eux. » David, à Nouvelle Donne, attend lui aussi beaucoup de mesures phares : « Syriza refuse de payer la dette. Il faudra alors soutenir la Grèce. Il s’agira de renverser les dogmes libéraux. Ce gouvernement va devoir résister », mesure-t-il. « Nous devons tous ensemble changer le rapport de force, y compris au sujet du traité transatlantique et pour de réelles réformes écologiques, pour une Europe solidaire, plus politique et moins technocratique », ajoutent Amélie et Timothée, des jeunes écologistes.

Poursuivre la lutte sur le terrain 
de la mobilisation populaire

En attendant la fin de l’oppression de la finance à l’échelle européenne et à l’intérieur de chaque État, d’autres solutions d’entraide existent pour la Grèce. Julie, quarante et un ans, est membre d’Attac et du Collectif France-Grèce pour la santé. « Comme leur système de santé a été brisé, des docteurs et des personnels médicaux se sont auto-organisés pour créer des dispensaires et des pharmacies. Nous collectons des dons, du matériel médical et établissons des contacts directs avec des Français pour les soutenir », explique-t-elle. Tout cela fait chaud au cœur, avant la victoire espérée de Syriza, dimanche. « Mais ça n’est pas seulement sur le terrain électoral que l’on fera reculer la finance, prévient Michel, militant d’Ensemble. C’est aussi sur le terrain des luttes et des mobilisations populaires. Il faut marcher sur ces deux jambes. C’est indispensable. »

Soirée de soutien au peuple grec aujourd’hui à Nantes
Dans le cadre de la campagne « Soutenons le droit du peuple grec à prendre en main son destin », lancée en France début 2015, les partis du Front de gauche (PCF, PG, Ensemble, GU), Nouvelle Donne et l’Union syndicale Solidaires organisent aujourd’hui une soirée d’information et de solidarité avec le peuple grec, à 20 heures à Nantes, salle de la Manufacture des tabacs. Anastassia Politi, membre de Syriza-Paris, sera présente. Au 10 bis, boulevard Stalingrad (tramway ligne 1, arrêt : Manufacture). 
http://www.humanite.fr/paris-des-voix-selevent-pour-que-lespoir-lemporte-en-grece-563296
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23 janvier 2015 5 23 /01 /janvier /2015 23:59

La jeunesse grecque en salle d’attente pour un avenir réel

Photo : Aris Messinis / AFP
« Il faut faire prendre conscience aux gens que la crise n’est pas une fatalité », prévient Nasos Heliopoulos, candidat dans la première circonscription de la capitale. Ici, l’enthousiasme de jeunes militants de Syriza, à Athènes, lors des européennes en 2014.
Photo : Aris Messinis / AFP
Premières victimes de la crise avec des chiffres du chômage insultants (55 % chez les 18-25 ans et 45 % chez les 26-35 ans), les jeunes Grecs attendent de Syriza un changement radical. Pour eux, l’espoir se trouve dans la lutte ici mais aussi dans d’autres horizons.
http://www.humanite.fr/la-jeunesse-grecque-en-salle-dattente-pour-un-avenir-reel-563305
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23 janvier 2015 5 23 /01 /janvier /2015 23:57

Elias Nikolakopoulos : « Syriza peut diriger avec un gouvernement minoritaire »

Photo : Aris Messinis/AFP
« Alors qu’en 2012, il y avait un coude-à-coude permanent. Aujourd’hui, 70 % des Grecs s’attendent à une victoire de Syriza, ce qui est nouveau. »
Photo : Aris Messinis/AFP
Elias Nikolakopoulos est 
l’une des voix les plus écoutées de Grèce. Politologue, commentateur régulier à la télé et à la radio des événements politiques, il est le meilleur spécialiste du système électoral.

Athènes (Grèce),
 envoyé spécial.


Quelles sont les tendances pour ces 
législatives 2015 par rapport 
à 2012 ?

Elias Nikolakopoulos : La grande différence avec 2012 est bien sûr le renforcement de Syriza. Depuis le début de la campagne le parti d’Alexis Tsipras a toujours gardé sur Nouvelle Démocratie (ND) une avance dans les sondages de 3 à 4 %, alors qu’en 2012, il y avait un coude-à-coude permanent avec une alternance en tête de sondage. Aujourd’hui aussi, 70 % des Grecs s’attendent à une victoire de Syriza, ce qui est nouveau. La grande majorité du peuple se prépare à cette éventualité non pas comme un souhait partagé mais une prévision ressentie communément. Autre observation, il y a une consolidation du nouveau bipartisme Syriza-ND, né en 2012. Certes, nous ne sommes pas encore aux 85 % des voix que se partageaient le Pasok et ND jusqu’en 2010, mais aujourd’hui nous atteignons dans ce bipartisme incomplet les 65 % de voix, contre 52 % pour les législatives de 2012.

Quels sont les scénarios les plus
 probables pour dimanche prochain ?

Elias Nikolakopoulos : La majorité absolue, soit 151 sièges (sur 300) au Parlement, dépend de deux facteurs : le pourcentage au niveau national et le nombre de voix qui restent sans représentation. Proportionnellement à ce nombre de voix issu de l’addition des partis qui n’auront pas atteint le seuil des 3 %, la majorité absolue peut s’atteindre en obtenant 35 à 38 % des votes. Le parti arrivé en tête pourra non seulement récupérer ces voix sans représentation mais aussi profiter du système de bonus de 50 sièges attribués au vainqueur lui permettant d’arriver à 151. Mais à mon avis, Alexis Tsipras pourrait aussi gouverner dans un gouvernement de minorité si celle-ci est de l’ordre de 145 à 147 députés. Un équilibre est possible si Syriza gagne avec 33 ou 34 % dimanche prochain. Ce qui aujourd’hui paraît le scénario le plus probable. Or avec 145 députés au Parlement, il ne peut y avoir de majorité alternative. Car pour qu’une majorité alternative se forme, il faudrait que le reste des autres partis qui regrouperont entre 120 et 125 sièges (Pasok et la Nouvelle Démocratie – NDLR) fasse une alliance et avec le Parti communiste de Grèce, et avec Aube dorée (parti néonazi – NDLR) qui, à eux deux, avoisineront les 30 sièges. Ce qui est évidemment impossible.

Sur quels partenaires éventuels Syriza pourra-t-il s’appuyer en Europe ?

Elias Nikolakopoulos : Je m’attends pour ma part à un bras de fer très violent entre Bruxelles et le futur gouvernement grec qui deviendra le premier parti de gauche radicale à gouverner dans l’Union européenne (UE). Il y aura de la part de l’UE une position punitive contre la Grèce pour ne pas favoriser l’émergence de forces similaires en Espagne ou ailleurs. En revanche, il y a des forces en Europe, je veux parler de certains pays où la gauche sociale-démocrate est au pouvoir, qui seront des alliés potentiels. Depuis quelques semaines, ils commencent à comprendre que c’est dans leur intérêt d’accepter Syriza comme futur gouvernant de 
la Grèce et donc futur partenaire en Europe. Je le vois en Italie, et même dernièrement en France avec, certes, un point d’interrogation.

 

http://www.humanite.fr/elias-nikolakopoulos-syriza-peut-diriger-avec-un-gouvernement-minoritaire-563302

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23 janvier 2015 5 23 /01 /janvier /2015 23:56

Syriza promet de rendre des couleurs à l'écran noir d'ERT

Photo : Stefania Mizara
Les journalistes bénévoles d’« ERT open » dans leurs locaux, à Athènes.
Photo : Stefania Mizara
La fermeture sans préavis de la radiotélévision publique grecque, le 11 juin 2013, avait entraîné la mise à la porte de près de 2 700 salariés. Opposés au « coup d’État de l’écran noir », plusieurs centaines d’anciens de l’ERT continuent de produire bénévolement des programmes

Un curieux mélange d’effervescence,d’euphorie et d’inquiétude règne, ce matin, dans les locaux d’« ERT open ». L’épilogue de près de vingt mois de lutte est-il aussi proche que nous l’assurent les journalistes de l’audiovisuel public licenciés qui font vivre, bénévolement, la radio publique ? Tous en sont convaincus : si la gauche arrivait au pouvoir à Athènes, dimanche prochain, la réouverture de la radiotélévision publique serait son premier geste. L’écran noir de l’ERT avait suscité un profond émoi dans la société grecque. Il est devenu, bien audelà des frontières du pays, un symbole de la brutalité des mesures d’austérité dictées par la troïka et appliquées avec zèle par le gouvernement de coalition dirigé par le conservateur Antonis Samaras.

Ils tiennent à bout de bras 19 chaînes de radios locales

La fermeture sans préavis de la radiotélévision publique grecque, le 11 juin 2013, avait entraîné la mise à la porte de près de 2 700 salariés, dont 677 journalistes, licenciements jugés « non valides » en première instance par la justice. Depuis, la chaîne Nerit, créée pour remplacer l’ERT, n’a pas tenu les promesses d’indépendance éditoriale. Les accusations de népotisme et de gaspillage dont le gouvernement Samaras accablait l’ERT n’épargnent pas la nouvelle chaîne, qui, sèche et hésitante, connaît un naufrage en termes d’audience.

Plusieurs centaines d’anciens de l’ERT opposés au « coup d’État de l’écran noir » continuent, eux, de produire bénévolement des programmes radiophoniques et télévisés. Ils tiennent à bout de bras 19 chaînes de radios locales et une chaîne de télévision régionale, à Thessalonique. Sans salaires, avec la seule énergie d’une lutte, qui, répètent-ils, ne concerne pas seulement leurs emplois, mais la démocratie. Vaggelis Papadimitriou est de ceux-là. Nous le retrouvons dans les étroits studios qu’occupent ces quelques irréductibles dans la banlieue d’Athènes, juste en face de l’imposant immeuble historique de l’ERT, aujourd’hui surmonté du glacial logo de Nerit. Après vingt ans d’expérience comme reporter au service politique de la radio publique, ce journaliste a appris sa mise à l’écart et celle de ses confrères en découvrant l’écran noir de l’ERT. Si sa situation matérielle est, comme celles de tous les bénévoles en lutte, désastreuse, il a découvert avec l’expérience d’« ERT open » une nouvelle façon de faire son métier.

« Syriza l’emportera et nous retrouverons notre travail. Mais il est hors de question de jouer les petits soldats d’une quelconque propagande, comme celle que distille la nouvelle chaîne Nerit. Nous rêvons d’une radio télévision libre, avec plus de démocratie et une réelle liberté d’opinion. Nous n’accepterons aucune tutelle gouvernementale », tranche-t-il. Face au micro, l’invité de l’émission politique du jour est Odysséas Boudouris. Ce médecin, fondateur de la section grecque de Médecins du monde, siège au Parlement. D’abord élu sous les couleurs du Pasok, il en a été exclu en 2012 pour avoir refusé de voter pour le second plan d’austérité. Passé par Dimar (Gauche démocrate), il est aujourd’hui candidat à Athènes pour Syriza. « Participer à des émissions d’“ERT open” n’est pas seulement un acte de solidarité. Les programmes alternatifs proposés ici rencontrent une large audience, assure-t-il. La fermeture de l’ERT symbolise l’autoritarisme avec lequel se sont imposées les politiques néolibérales. Il leur fallait bafouer la démocratie et la légalité pour contrôler l’opinion publique. Si la gauche gagne ces élections législatives, la réouverture de l’ERT devra être immédiate et revêtir un aspect symbolique positif. »

L’austérité a durement affecté le secteur des médias

Au-delà de l’affaire ERT, l’austérité a durement affecté le secteur des médias, jugé trop peu rentable ou trop récalcitrant. Dans le classement mondial de Reporters sans frontières, la Grèce a perdu plus de cinquante places en l’espace de cinq ans. En 2013, le pays se classait à la 99e place. « La mise au pas de ceux qui produisent l’information est une condition de l’austérité. Depuis quatre ans, sur ordre du pouvoir politique, les grands médias répètent aux Grecs qu’ils méritent ce qui leur arrive. Des milliers de journalistes ont été licenciés, des reporters sont régulièrement cibles de violences policières lorsqu’ils couvrent des manifestations et des luttes sociales », constate George Youkakis, du syndicat des journalistes de la presse écrite.

Un épisode récent résume bien l’idée que les tenants de l’austérité se font de la liberté de la presse et du rôle des journalistes. À la veille de l’élection avortée du président grec par le Parlement, le premier ministre Antonis Samaras s’est invité sur les écrans de télévision. Il a fait lui-même les questions et les réponses, concluant par ces mots : « C’est fini, bonne nuit. » « Les deux journalistes censés conduire l’entretien n’ont pas décroché un mot. Ils se sont contentés de hocher la tête. De vrais pots de fleurs », grince Vaggelis Papadimitriou. Dans la ruche de l’« ERT open », tous sont absorbés par la couverture de la campagne électorale. Suspendus aux résultats de dimanche, les journalistes veulent croire que l’ERT, « fermée pour des raisons politiques, rouvrira grâce à une décision politique ».

 

http://www.humanite.fr/syriza-promet-de-rendre-des-couleurs-lecran-noir-dert-563204

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Published by Stéphane Parédé
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